04/10/2014

Washington à la recherche de rebelles « modérés »

Les stratèges du Pentagone parlent de «rebelles modérés». Il s'agit dans leur esprit d'opposants au régime syrien «fréquentables»  par opposition aux groupes islamistes dangereux comme l’Etat Islamique ou le Front al-Nosra, le représentant d’al-Qaïda en Syrie. 

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03/10/2014

3 octobre - Guerre entre l'Occident et le califat islamique

Allemagne
Des islamistes philippins liés à el-Qaëda ont annoncé hier 2 octobre qu'ils décapiteraient un de leurs deux otages allemands le 17 octobre si, à cette date, leurs revendications n'étaient pas satisfaites. Les rebelles du groupe Abou Sayyaf ont capturé ces deux Allemands en avril 2014 alors qu'ils voguaient sur un yacht entre l'île de Palawan, dans l'ouest des Philippines, et l'État malaisien de Sabah. Les rebelles exigent une rançon de 5,6 millions de dollars et l'arrêt du soutien de l'Allemagne à la coalition conduite par les États-Unis contre les jihadistes en Syrie et en Irak.
Jihadistes allemands
Deso Dogg alias Abou Talha Al-Almani (Abou Talha L'Allemand), un ancien rappeur allemand du groupe «ghetto» veut maintenant couper les têtes avec des couteaux à beurre en Syrie. LiveLeak-dot-com-665_1412348958-Deso-Dogg-Denis-Cuspert-Abu-Talha-al-Alm_1412349619_jpg_resized.jpg

Abou Talha al-Almani

 

 

 

 

 

 

 

Des informations avaient prétendu qu’il avait été tué le 20 avril 2014 au cours de combats fratricides entre Jihadistes. Le journal allemand Die Welt a cité des Jihadistes prétendant le contraire. En fait, il y aurait eu confusion sur l’identité de la personne décédée. Il s’agirait d’un autre Abou Talha al-Almani.
Des Vidéos récentes semblent confirmer qu'il est encore en vie! De nouvelles rumeurs prétendent qu’il serait devenu un  membre du cercle autour du calife lui-même - Ibrahim al-Baghdadi.
Vidéo concernant des jihadistes allemands (en langue allemande) :
https://www.youtube.com/watch?v=Kxzis-1WdxM&feature=p...

Australie
L’Australie annonce son intention de participer aux frappes aériennes en Irak contre le califat islamique :
https://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&...
Dernière heure : Le jihadiste australien Mohamed Elomar pourrait avoir été tué au cours d’un raid de la coalition internationale contre un building proche de la frontière turque,  le 2 octobre.

Canada
Le Canada va participer aux frappes aériennes contre l'EI en Irak
Le Premier ministre canadien Stephen Harper a présenté vendredi au Parlement une motion prévoyant l'envoi d'avions de chasse en Irak qui participeront, pendant six mois, à la campagne de frappes aériennes contre le groupe Etat islamique.
La Chambre des communes doit formellement entériner cette motion lundi 6 octobre lors d'un vote qui ne devrait être qu'une formalité pour M. Harper car son parti dispose au Parlement d'une large majorité.

France
Une base française près de la Libye pour combattre les islamistes
L'armée française est en train d'établir une base dans le nord du Niger dans le cadre d'une opération visant les activistes liés à al-Qaïda qui évoluent dans la zone sahélo-saharienne, du sud de la Libye à la Mauritanie, a-t-on appris de responsables. La France a pris l'initiative des efforts pour repousser les islamistes dans la région depuis son intervention au Mali, en 2013, et a redéployé ses troupes cette année dans le cadre de l'opération régionale de contre-terrorisme « Barkhane ». Quelque 3 000 soldats français opèrent ainsi au Mali, au Burkina Faso, au Niger et au Tchad, pays à cheval sur la bande sahélienne, avec l'objectif d'éradiquer la menace islamiste dans la région. Un millier d'autres hommes, au Gabon et au Sénégal, fournissent un soutien logistique.
La lamentable histoire de jihadistes français
(vidéo en langue anglaise) :
https://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&...

Grande Bretagne
Un nouvel otage britannique exécuté
L'otage britannique Alan Henning a été décapité si l'on en croit une nouvelle vidéo mise en ligne par l'Etat Islamique aux environs de 20H30 GMT, vendredi 3 octobre. Henning est un chauffeur de taxi venu en Syrie dans un but humanitaire. La vidéo annonce que l'Américain Peter Kassig serait le prochain otage qui pourrait être décapité. Kassig est un vétéran de la guerre d'Irak. Ils s'occupait de blessés dans un hôpital libanais. Il a alors démarré un programme de Special Emergency response and assitance pour aider les réfugiés syriens.

Vidéo de l'Etat Islamique concernant Alan Henning
La vidéo sera interrompu avant l'exécution :
https://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&...

Pays Bas
Les huit avions de combat F-16 néerlandais prenant part à la coalition internationale contre l'État Islamique (EI) pourraient débuter "dès ce week-end" leurs opérations en Irak, ont indiqué vendredi les Pays-Bas. Ces appareils seront basés en Jordanie, mais le centre de commandement des opérations se trouvera au Qatar.
"Je vous informe qu'il est possible que les F-16 néerlandais débutent dès ce week-end les opérations dans le cadre de la lutte contre l'EI", a indiqué la ministre de la Défense Jeanine Hennis-Plasschaert dans une lettre envoyée au parlement néerlandais.
Les avions participeront dans un premier temps au soutien de troupes irakiennes et kurdes au sol. Ils pourront aussi être utilisés pour des "attaques de cibles non-mobiles de l'EI", selon la même source.
Les Pays-Bas déploient également 250 militaires pour cette mission, et 130 autres militaires pour entraîner les forces armées irakiennes.
L'engagement néerlandais est quant à lui pour le moment limité à l'Irak. La Haye a indiqué que les Pays-Bas ne participeraient pas aux opérations en Syrie sans mandat international.

USA
Un projet de base de rebelles syriens formés par les USA provoque la polémique
Le projet américain de créer en Géorgie un camp d'entraînement américain pour former des combattants de l'opposition syrienne risque de tendre les relations entre Moscou et Tbilissi, selon le ministère des Affaires étrangères de Russie. Le projet, si tant est qu’il ait existé, a été démenti par la Géorgie.
A cette occasion, les médias russes n’ont pas manqué de souligner le peu d’efficacité des frappes aériennes de l'armée US et des alliés contre les positions de l’ÉI.

Les raids aériens suffiront-ils ?
Les experts militaires américains commencent à reconnaître que les opérations aériennes contre le califat islamique pourrait prendre plusieurs années. 
Pour l’instant, Barack Obama prévoit de poursuivre les bombardements en Irak et en Syrie, et d'augmenter l'aide militaire au profit de l’armée irakienne et de l'Armée syrienne libre (ASL).

L’administration Obama rêve toujours de s’appuyer sur des rebelles syriens « fréquentables »
Et c’est là que le bât blesse. Tout d’abord, les brigades rebelles considérées comme « fréquentables » par l’Etat-major américain ont du mal à résister aux offensives de l’armée assadiste qui profite des raids aériens de la coalition sur les Jihadistes pour se concentrer sur les autres fronts. Ensuite, même les combattants des brigades rebelles dites « modérées » sont furieux contre l’intervention américaine et de ses alliés qui épargne leur ennemi numéro 1, à savoir le régime de Bachar el-Assad. On a constaté sur le terrain la désertion de nombreux combattants qui ont rejoint l’Etat Islamique.  On voit mal, dans ces conditions, comment le Pentagone pourrait faire des brigades rebelles « fréquentables » une force de frappe contre les Jihadistes du Front al-Nosra ou de l’Etat Islamique. Sans compter que pour le régime, le fait que Washington affiche clairement son intention de s’appuyer sur des brigades rebelles contribue à rendre flou l’objectif réel de la coalition. 
Cette politique américaine n’est pas nouvelle et s’est déjà soldée par un échec. Les rebelles formés en Jordanie et renvoyés en Syrie ont été incapables de changer le rapport de force sur le terrain. Pire, des brigades entières ont rallié l’Etat Islamique. Visiblement, Washington ne tient pas compte des échecs antérieurs. Quant aux soldats des divisions mécanisées irakiennes, dotés d’un armement formidable laissé par l’armée des Etats-Unis lorsqu’elle a quitté l’Irak, ils n’ont résisté que quelques heures, dans le meilleur des cas, laissant aux Jihadistes tout leur matériel et leur armement.

Washington a voulu utiliser la carte jihadiste en Irak comme en Syrie
Cherchant à tout prix à renverser Bachar al-Assad, Washington a fermé sciemment les yeux sur l'apparition dans la région de nouveaux groupes radicaux sunnites – des filiales d'Al-Qaïda dont l'EI. Les stratèges de la Maison blanche, du Pentagone et de la CIA espéraient jusqu'au bout envoyer ce nouveau monstre terroriste sur Damas. La saisie de huit provinces du nord-ouest de l'Irak par les jihadistes de l’Etat Islamique au cours d’une campagne éclair a été une véritable douche froide pour les stratèges du Pentagone. Ce cafouillage américain est d’autant plus surprenant qu’on aurait pu croire que ces spécialistes avaient fini par comprendre l’Irak après toutes les années passées dans le pays et la guerre qu’ils ont déjà eu l’occasion de mener contre les mêmes Jihadistes. Dans une récente interview, Obama a déclaré que ses services de renseignements avaient sous-estimé la menace émanant des islamistes radicaux. Quel toupet ! La Maison blanche était parfaitement informée de cette menace par les nombreuses agences de renseignement américaines. Mais Washington voulait mettre la pression sur l’Iran et, sans doute, forcer une issue sur les négociations nucléaires, en laissant l’Arabie saoudite lancer les tribus s’allier à l’Etat Islamique bousculer l’armée irakienne et provoquer le départ du premier ministre irakien Nouri al-Maliki. La seule chose qu’on peut dire est que l’opération a mal tourné. Un général avait pourtant tiré la sonnette d’alarme. Il s’agit du général Michael Flynn, chef des renseignements militaires au Pentagone. Il avait publié en février 2014 un rapport très clair au sujet de la dangerosité de l’Etat Islamique (alors appelé Etat Islamique d’Irak et du Levant). C'est seulement après l'exécution de citoyens occidentaux, y compris américains, qu'Obama a été contraint de réagir aux événements.

Joe Biden, vice-président américain  accuse les alliés arabes des Etats-Unis
Le discours du vice-président des Etats-Unis, Joe Biden, à l’occasion d’une conférence sur la politique des Etats-Unis au Moyen Orient lors du forum de John Kennedy Jr de l'université de Harvard dans l'Etat du Massachusetts, a laissé l’auditoire incrédule. Cela faisait pourtant des semaines qu’on répétait la même chose. Joe Biden a reconnu que les alliés arabes et musulmans des Etats-Unis avaient armé les Jihadistes syriens, y compris le Front al-Nosra (al-Qaïda en Syrie)
Joe Biden a affirmé  que les terroristes d'al-Qaida  avaient reçu des fonds et des armes des alliés de Washington dans la région, soulignant que "les alliés se livraient à une guerre par procuration entre sunnites et chiites".
«Notre plus gros problème était nos alliés dans la région, les Turcs sont de grands amis, ainsi que les Saoudiens et les résidents des EAU et autres. Mais leur  seul intérêt était de renverser  le président syrien Bachar Assad et pour cela ils ont mené une guerre par procuration entre les  sunnites et les  chiites et ils ont fourni des centaines de millions de dollars et des dizaines de milliers de tonnes d'armes à tous ceux qui acceptaient de lutter contre al-Assad ".
Biden a ajouté  «mais les gens qui ont reçu ces sommes et ces armes  étaient des militants du Front al-Nosra et d' Al-Qaïda sans compter d'autres éléments extrémistes venant d'autres régions du monde. Pensez-vous que j'exagère? Regardez le résultat."
Mais Biden a voulu se montrer rassurant en affirmant que les alliés des Etats-Unis avaient "pris conscience  de leur erreur et accepté de se joindre  à la coalition antiterroriste  dirigée par Washington".

La déclaration de Joe Biden 。
https://www.youtube.com/watch?v=w04YE5zRmc8&feature=p...

Une station de la CIA à Gaziantep
La CIA a une importante base à Gaziantep (sud de la Turquie) et dispose déjà d’un nombre considérable d’officiers – plus important même que les services de renseignement turc, selon un correspondant local.

Jean René Belliard (Auteur de Beyrouth, l'enfer des espions)

 

28/09/2014

28 septembre 2014 - Nouvelles des guerres du Moyen Orient

La Coalition internationale frappe au centre de la Syrie
Les Etats-Unis ont mené pour la première fois des frappes samedi 27 septembre contre le les Jihadistes de l’Etat islamique (EI) dans la province de Homs, au centre de la Syrie, alors que les bombardements étaient jusqu'à présent concentrés sur l'est et le nord du pays. Les raids de la coalition internationale sur des cibles situées en Syrie, qui ont débuté mardi 23 septembre, sont menés maintenant "presque en continu", a souligné un responsable américain.
Les frappes ont eu lieu dans la partie désertique de la province, dans la zone d'Al-Hammad, à l'est de la cité antique de Palmyre, loin de la ligne de front avec les forces régulières  qui contrôlent la ville de Homs, la troisième du pays.
D'autres raids ont été effectués contre des positions de l'EI à Manbij, une des rares villes tenues par les jihadistes dans la province d'Alep (nord), et dans la province de Raqqa (nord), le fief des califatistes.

Bataille pour Aïn el-Arab (Kobane en kurde)
Des raids aériens ont également visé les concentrations de Jihadistes de l'EI qui mènent une offensive contre la ville kurde d'Aïn al-Arab (Kobané en kurde), à la frontière turque.
Vidéos kurdes
Vidéo mise en ligne par les Kurdes montrant le franchissement de la frontière turco-syrienne par les volontaires kurdes :
https://www.youtube.com/watch?v=d1kMXX9B518&list=UUNE...
Une vidéo mise en ligne par les Kurdes montre des Jihadistes sous le feu kurde :
https://www.youtube.com/watch?v=e9lugUC_XiU&feature=p...
Vidéo du califat islamique :
Une vidéo mise en ligne par l’Etat Islamique montre l’offensive contre la ville kurde de Kobane (Syrie) - Impressionnant :
https://www.youtube.com/watch?v=lDJBHpkxtiA&feature=p...
Les Jihadistes de l’Etat Islamique prétendent pouvoir se rendre maître de la deuxième ville du Kurdistan syrien en moins d’une semaine.

Le Royaume Uni, le Danemark et la Belgique rejoignent la coalition internationale contre le califat islamique
La Grande Bretagne, le Danemark et la Belgique viennent de décider de rejoindre la coalition internationale contre le califat islamique.
Moins de 24 heures après la décision prise par le Parlement britannique, des chasseurs-bombardiers de la Royal Air Force (RAF) survolaient samedi 27 septembre l'Irak, prêts à frapper des positions de l’Etat islamique (EI). Six chasseurs-bombardiers Tornado de la Royal Air Force, basés sur la base chypriote d’Akrotiri, sont susceptibles de contribuer aux raids aériens au-dessus de l’Irak.  Les avions sont équipés de bombes à guidage laser et de missiles.
Outre les Tornado, la RAF dispose aussi dans la région d'un avion de surveillance RC-135 Rivet Joint qui permettra d’identifier les cibles potentielles.
"Il y a des cibles mobiles, des convois de combattants de l'EI que nous pouvons repérer avec une surveillance que nous allons renforcer", a expliqué vendredi le ministre de la Défense britannique, Michael Fallon.
Le Danemark a également décidé d’envoyer sept avions de chasse F-16 pour aider à combattre le califat islamique en Irak, a déclaré le Premier ministre, Helle Thorning-Schmidt, vendredi 26 septembre.
"Je suis très heureux qu'il y ait maintenant une large coalition, y compris les pays de la région qui veulent ... contribuer,» a-t-elle dit lors d'une conférence de presse, ajoutant que les avions de chasse danois ne participeraient pas au bombardement de cibles en Syrie.

Alliés arabes
En Syrie, les Américains ont pour l'heure été aidés par cinq alliés arabes - Jordanie, Arabie saoudite, Emirats arabes unis, Qatar et Bahreïn - mais la France n'exclurait plus de frapper des cibles situées dans ce pays. La question est "posée", souligne une source au ministère de la Défense.

Installations pétrolières
La coalition a mené vendredi et samedi des frappes contre des installations pétrolières tenues par les jihadistes dans la province de Deir ez-Zhor (est de la Syrie). On sait, par ailleurs, que l'EI a arrêté le pompage dans six champs pétroliers par peur des bombardements.
L'EI, qui contrôle des raffineries en Irak et en Syrie, vend du pétrole en contrebande et en tirerait des bénéfices évalués entre 1 et 3 millions de dollars par jour, selon des experts.

Le Front al-Nosra (al-Qaïda en Syrie) menace à son tour
Le Front Al-Nosra, branche syrienne d’Al-Qaïda, a menacé, samedi 27 septembre, de représailles « dans le monde entier », ceci pour protester contre les bombardements effectués par l’armée de l’air américaine, depuis mardi 23 septembre, de cibles de l’Etat Islamique et du Front al-Nosra en Syrie.
« Ces États ont commis un acte horrible qui va les mettre sur la liste des cibles des forces jihadistes dans le monde entier », a prévenu le porte-parole d’Al-Nosra dans une vidéo diffusée sur internet, dénonçant ces frappes comme une « guerre contre l’islam ».

La Brigade Souqour esh-Sham rejoint le Front al-Nosra
On a appris aujourd’hui que la brigade Souqour esh-Sham, qui faisait partie de l’Armée Syrienne Libre, avait décidé de rejoindre le Front al-Nosra, sans doute à la suite des frappes aériennes de la coalition internationale. Pour elle, ces bombardements sont une assistance à l'armée de Bachar el-Assad. Cette brigade est financée par les hommes d’affaires des pays du Golfe et par de Syriens établis à l’étranger :
http://www.liveleak.com/view?i=165_1411919148

Des frappes américaines en Syrie ont tué sept civils, selon HRW qui veut une enquête
Les frappes aériennes américaines sur le nord-ouest de la Syrie ont tué au moins sept civils, a déploré l'organisation Human Rights Watch (HRW) appelant à l'ouverture d'une enquête sur une éventuelle violation du droit de la guerre.
L’ONG base ses informations sur le témoignage de trois habitants du village syrien de Kafr Deryan, dans la province d'Edleb, via un lien Skype, selon lesquels au moins deux hommes, deux femmes et cinq enfants auraient été tués par des tirs de missiles tôt mardi 23 septembre.
HRW précise toutefois que les "informations sont non confirmées" et que les deux hommes décédés pourraient être des combattants du front Al-Nosra.
Des images vidéo ont cependant été mises en ligne récemment et qui tendraient à confirmer que les frappes de la coalition ont tué des civils.
"Les Etats-Unis et leurs alliés en Syrie devraient prendre toutes les précautions possibles pour éviter de toucher des civils", a déclaré le vice-directeur de HRW pour le Moyen-Orient, Nadim Houry, dans un communiqué.
"Le gouvernement américain devrait enquêter sur de possibles frappes illégales qui auraient tué des civils, rendre publiques les conclusions et s'engager à prendre des mesures en cas de mauvaise conduite", ajoute-t-il.
"Les informations sur la mort d'au moins sept civils dans des frappes pour lesquelles il n'y avait peut-être pas d'objectif militaire légitime posent la question de savoir si les frappes étaient illégales et devraient être l'objet d'une enquête," conclut HRW.

Pas de modification de la politique U.S. envers Bachar el-Assad
Alors que les frappes en Syrie se poursuivent, le secrétaire d'Etat américain John Kerry a répété que la guerre contre l'EI ne contribuait en rien au maintien au pouvoir du président Bachar al-Assad.
La guerre que mènent les Etats-Unis contre l’Etat Islamique (EI) ne contribuera en rien au maintien au pouvoir du président syrien Bachar al-Assad, a assuré vendredi 26 septembre le secrétaire d'Etat américain John Kerry.
De nombreuses voix s’étaient en effet élevées pour s’inquiéter de ce que les Etats-Unis pourraient finalement contribuer à secourir Bachar el-Assad en attaquant les concentrations jihadistes en Syrie.
"Dans cette campagne, il ne s'agit pas d'aider le président syrien Bachar al-Assad", a répondu John Kerry dans une tribune du journal Boston Globe.
"Nous ne sommes pas du même côté qu'Assad. Il est même l'aimant qui a attiré des combattants étrangers de dizaines de pays", venus se battre dans les rangs de l'EI, a argumenté le ministre américain.
Il a répété que le président "Assad avait perdu depuis longtemps toute légitimité" pour rester au pouvoir.
John Kerry réagissait à des propos du Premier ministre irakien Haïdar al-Abadi dans le New York Times selon lesquels Washington lui aurait assuré que les frappes en Syrie ne viseraient pas le pouvoir de Damas.
"Nous avons eu une longue conversation avec nos amis américains et ils ont souligné que leur objectif en Syrie n'était pas de déstabiliser la Syrie", mais bien de "réduire les capacités" du groupe EI, a déclaré M. Abadi, cité par le journal.
Des diplomates américains ont martelé cette semaine que les Etats-Unis combattaient à la fois le groupe EI et le régime syrien, et qu'ils avaient opté pour une "voie alternative": entraîner et équiper les rebelles syriens modérés qui se battent contre deux ennemis.
L'aide à l'opposition syrienne non jihadiste "renforcera les conditions d'un éventuel règlement négocié d'une fin de conflit", a insisté M. Kerry, qui n'a pas abandonné l'idée d'une solution politique en Syrie selon les contours du processus de Genève. La dernière conférence internationale dite Genève-2 en janvier en Suisse avait totalement échoué.
L’administration américaine se trouve dans une situation délicate, obligée à la fois de rassurer Russes et Iraniens que l’opération menée en Syrie vise uniquement les Jihadistes. Les assurances données à Damas par plusieurs intermédiaires confirment, d’ailleurs, cet objectif américain. Mais il reste le problème de la révolte syrienne qui a été à l’origine de l’émergence de Jihadistes de plus en plus violents. Et les récentes déclarations du Qatar ne vont pas contribuer à rendre clair l’objectif poursuivi par les Etats-Unis.

Le Qatar réclame des frappes contre le pouvoir syrien
Le prince du Qatar cheikh Tamim ben Hamad al-Thani a considéré que la bataille commandée par les Etats-Unis contre Daesh ne réussira pas si le président syrien Bachar el-Assad reste au pouvoir.
Dans une interview à la chaine de télévision américaine CNN, Tamim a dit : « Oui, nous devons faire face au terrorisme, mais je pense que la cause principale de tout ce qui se passe est le régime en Syrie. Ce régime doit être puni ».
Il a ajouté : « Si nous pensons que nous allons nous débarrasser des mouvements terroristes et laisser ces régimes, surtout le régime syrien, tous ces mouvements terroristes reviendront de nouveau ».
Il a fixé les objectifs du Qatar : « se débarrasser des groupes terroristes » en Syrie. Mais « l’objectif à long terme doit être celui d’attaquer le régime syrien. Tout ce qui se passe est dû au régime syrien, et nous devons le punir ».
Tamim a une nouvelle fois démenti que le Qatar finance les groupes radicaux, assurant son engagement dans la coalition internationale qui mène des frappes aériennes contre Daesh.
« Nous ne finançons par les extrémistes. Si vous parlez de certains groupes en Syrie et en Irak, nous les considérons tous des organisations terroristes », a-t-il dit, refusons que tous les groupes « islamistes » soient considérés comme terroristes, en allusion aux Frères musulmans et au Hamas.

Dempsey: une opération terrestre
Pour le chef d'état-major interarmées américain, le général Martin Dempsey, les  frappes aériennes ne suffiront pas à venir à bout des Jihadistes.
"Les raids aériens de la coalition contre l'EI cette semaine en Syrie ont désorganisé les structures de commandement du groupe jihadiste et réduit ses capacités logistiques, mais cela ne suffit pas", a affirmé vendredi 26 septembre lors d'une conférence de presse au Pentagone le plus haut gradé américain cité samedi par la BBC.
Et d'ajouter que la force terrestre était nécessaire, mais qu'elle ne devait pas être une force américaine.
Les Etats-Unis devront donc faire appel à des forces locales. En Irak, il n’y aura pas de gros problèmes à trouver des alliés. L’armée irakienne, les Peshmergas kurdes et les milices chiites sont prêtes à coopérer avec la coalition internationale pour venir à bout de l’EI. Il n’en sera pas de même en Syrie où les premiers efforts américains pour trouver, former et armer des rebelles « modérés » se sont révélés décevants.

Lavrov: demande une coopération avec les autorités de Damas 
En Syrie, les Américains vont se retrouver face à la Russie dont le soutien à Bachar el-Assad est indéfectible. Vladimir Poutine a d’ailleurs rappelé, mardi, 23 septembre, que les frappes devaient se faire avec l'accord de Damas.
Vendredi 26 septembre, le chef de la diplomatie, Sergueï Lavrov, a réaffirmé que la guerre anti-jihadiste devait se faire dans un cadre juridique international et "en coopération avec les autorités syriennes". Moscou veillera à ce que les actions militaires entreprises par la coalition contre les Jihadistes ne se transforment pas en actions contre l’armée assadiste.

Des Turcs manifestent en faveur de Daesh à Istambul
Une manifestation de soutien au peuple syrien, qui s’est vite qui s'est vite tranformée en manifestation de soutien à Daesh (Etat Islamique), a eu lieu à Istanbul en Turquie, sous les yeux des policiers turcs.
«  En traversant les rues du quartier Fateh à Istanbul, les manifestants ont arboré les drapeaux et des slogans de soutien à Daesh, et affirmaient vouloir soutenir ceux qui ont combattu pour le jihad en Irak et en Syrie et qui sont tombés en martyre pour Dieu », ont rapporté des medias turcs.
Les manifestants ont également scandé des slogans hostiles à l’impérialisme américain.
L’appel à ce rassemblement a été lancé par un mouvement turc qui se fait appeler le Hezbollah turc. Il s’agit en fait d’une organisation kurde armée qui a été fondée à la fin des années 70 du siècle dernier pour faire face au parti kurde le plus populaire, le parti des travailleurs kurdes (PKK), aux tendances laïques. Elle s’est fait remarquer par sa violence non seulement contre ce dernier, mais aussi contre ceux qui divergent avec elle. C’est le Hezbollah Turc qui est derrière l’assassinat du dirigeant islamique Ezzeddine Yalderim qui était le président une association caritative islamique, a indiqué Arab-Press.
A noter que le PKK a lancé une mise en garde au gouvernement turc l’accusant de mener une guerre contre le peuple kurde, et menaçant de reprendre la lutte armée à partir du mois prochain.
Cette position kurde est intervenue en riposte au refus turque de laisser paser des combattants kurdes vers la Syrie pour prêter main forte à la communauté kurde attaquée par Daesh.
Les volontaires turques ont quand même réussi à franchir la frontière pour rejoindre leurs frères syriens :
https://www.youtube.com/watch?v=hjaNFau2wkk&list=UUNo...

Les forces irakiennes repoussent une attaque jihadiste à 40km de Bagdad
Les forces pro-gouvernementales irakiennes appuyées par des raids aériens ont repoussé dimanche une attaque des jihadistes du groupe Etat islamique contre la localité d'Amriyat al-Fallouja, à une quarantaine de kilomètre à l'ouest de Bagdad, selon des sources de sécurité.
Aux alentours de 01H00 locale (22H00 GMT), les combattants de l'EI ont lancé une attaque "sur deux fronts" et "les combats ont duré cinq heures", a affirmé à l'AFP le responsable de la police locale, Aref al-Janabi, en précisant que des membres de tribus sunnites s'étaient joints aux soldats et policiers pour défendre la ville.
"L'aviation est intervenue et a tué quinze" combattants jihadistes, a-t-il assuré.
Le chef militaire de l'EI dans la ville voisine de Fallouja, qu'il a désigné sous le nom de Moullah Jassem Mohammad Hamad, a péri au cours de l'offensive, selon lui. Ce décès a été confirmé par un officier des renseignements dans la province d'Al-Anbar, où se situe Amriyat al-Fallouja.

Mais l’armée irakienne a subi plusieurs défaites depuis ces derniers jours
La nouvelle de l’échec de l’offensive jihadiste à Amriyat al-Fallouja va peut être remonter le moral de l’armée irakienne. Elle en aura d’autant plus besoin qu’elle a essuyé plusieurs défaites au cours des derniers jours dans la province d'Al-Anbar, avec notamment l'attaque de bases par des jihadistes au nord de Fallouja.
Selon un responsable de sécurité, au moins 155 combattants pro-gouvernementaux ont été tués ou portés disparus dans un raid contre une base à Saqlawiya il y a une semaine. Les jihadistes ont assuré avoir tué 300 d'entre eux.

Situation au Kurdistan irakien
Les Peshmergas poursuivent lentement leur avance, libérant village après village. La difficulté est due au fait que les Jihadistes de l’EI ont piégé les secteurs abandonnés et les artificiers kurdes doivent « nettoyer » les lieux centimètres par centimètres à leurs risques et périls :
https://www.youtube.com/watch?v=7FwzqsazsWE&list=UUNo...

Jean René Belliard (Auteur de Beyrouth, l'enfer des espions)