26/08/2014

Libye – L’aviation des Emirats Arabes Unis est bien intervenue en Libye

L’Arabie saoudite, l’Egypte et les Emirats Arabes Unis inquiets de la situation en Libye
L’Arabie saoudite, l’Egypte et les Emirats Arabes Unis étaient conscients du danger que représentait la situation en Libye. Pour mémoire, le pays est en proie à une guerre civile entre Islamistes et jihadistes d’un côté – ceux-là même qui étaient soutenus par le Qatar - et « libéraux » aidés par les Etats-Unis (en sous-main), l’Arabie saoudite, l’Egypte et les Emirats arabes unis.

Une réunion à Jeddah pour parler de la menace jihadiste
On ne sait pas s’il en a été question lors de la réunion tenue à hui clos, le dimanche 24 août à Jeddah entre le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Saoud al-Fayçal, ses homologues d'Egypte, des Emirats arabes unis et du Qatar et un conseiller de Jordanie.

Les Islamistes libyens accusent l’Egypte et les EAU d’avoir envoyé leurs avions
Toujours est-il que les Islamistes libyens ont accusé les Emirats arabes unis et l'Egypte d'avoir envoyé leurs aviations bombarder leurs positions près de l’aéroport de Tripoli pour soutenir leurs adversaires. Il est un fait que des avions « non identifiés » avaient attaqué à plusieurs reprises les positions islamistes. Mais l’Egypte a récusé ces accusations.

Deux officiels américains confirment l’engagement de l’aviation des EAU
Le lundi 25 août, des responsables américains ont confirmé que les Emirats avaient bombardé des milices islamistes en Libye en utilisant des bases égyptiennes. C’est la première fois depuis l’éclatement des révoltes arabes que l’armée des Emirats arabes unis s’aventurent au dans une intervention extérieure.

Le Qatar, une politique ambiguë
On a été surpris d'apprendre que le Qatar avait participé à la réunion de Jedda. Mais le Qatar, qui affirme avoir obtenu la libération d’un Américain détenu en Syrie après des « efforts acharnés », cherche désormais à prouver qu'il coopère lui-aussi dans la lutte contre des groupes Jihadistes alors que l’Arabie saoudite et les autres Emirats l’accusent de les soutenir.
Le Qatar obtient la libération d’un otage américain
Il est un fait que le ministère des Affaires étrangères a « réussi à obtenir » la libération dimanche 24 août de Peter Theo Curtis, otage pendant 22 mois du Front al-Nosra.
Le secrétaire d'État américain, John Kerry, a aussitôt appelé son homologue pour le « remercier ».
Ce n'est pas la première fois que Doha contribue ou joue un rôle-clé dans la libération d'otages. Depuis la diffusion il y a six jours de l'exécution du journaliste américain James Foley, assassiné par l'État islamique (EI) en représailles aux frappes américaines en Irak, le Qatar multiplie les gestes et les déclarations pour souligner qu'il n'a rien à voir avec l'islamisme radical. « Le Qatar ne soutient pas de groupes extrémistes, dont fait partie l'État islamique, d'une quelconque manière », a affirmé samedi le chef de la diplomatie Khaled ben Mohammad al-Attiyah. « Nous sommes choqués par leurs opinions, leurs méthodes violentes et leurs ambitions », a-t-il expliqué, ajoutant : « Il est en tout cas impératif de couper les fonds qui parviennent aux groupes extrémistes dans la région. »
Le Qatar a participé à la réunion de Jeddah
C’est sans doute pour bien marquer son opposition à l’islamisme radical que le Qatar a participé à la réunion interarabe de Jeddah.

Jean René Belliard (Auteur de Beyrouth, l'enfer des espions)

16:59 Publié dans Arabie saoudite, Egypte, Emirats Arabes Unis, Etats-Unis, Libye, Qatar | Lien permanent | Commentaires (2) | | | | |

25/08/2014

On en sait un peu plus sur l'identité du prince braqué à Paris

Le prince Abdel-Aziz ben Fahd
Le braquage, il y a environ une semaine, du convoi du prince Abdel-Aziz ben Fahd qui se dirigeait vers l'aéroport du Bourget, avait suscité  les spéculations et les rumeurs les plus diverses. S’agissait-il d’un simple braquage ou d’une affaire aux relents d’espionnage ou de terrorisme. Les rumeurs étaient alimentées par le fait qu’en dehors d’une coquette somme d’argent, le prince s’était fait « alléger » de documents importants. De quels documents importants pouvait-il bien s’agir ?
Les autorités judiciaires françaises ne faisaient rien pour calmer les spéculations. Elles effectuaient leur enquête dans la plus grande discrétion et avaient refusé de révéler l’identité du prince.
Il s’agissait en fait du prince Abdel-Aziz ben Fahd, un fils du roi Fahd, mort en 2005.

Des relations étroites avec l’ancien premier ministre libanais Saad Hariri
Le prince est connu pour entretenir des liens étroits avec l'ancien Premier ministre libanais, Saad Hariri. Et ce sont justement ces relations qui ont suscité les rumeurs. Saad Hariri est récemment revenu au Liban, après une longue absence due à des motifs sécuritaires. Il n’est pas revenu sans cadeaux. Il débarquait avec une promesse de cadeaux du roi Abdallah à hauteur d’un milliard de dollars. Cette somme est « théoriquement » destinée à l’achat par le Liban, dans les plus brefs délais, des armes et des équipements militaires dont l’armée libanaise à besoin d’urgence pour faire face à la menace jihadiste. L’aide saoudienne d’un milliard de dollars a été débloquée en toute hâte en raison des délais et atermoiements du gouvernement français dans l’exécution de sa promesse de fournir à l’armée libanaise des armes pour un montant de trois milliards de dollars payé par l’Arabie saoudite.  Ce contrat avait été signé lors d’une visite de Hollande au royaume wahhabite. Mais son exécution bute depuis sur des problèmes de commissions, d’entente sur le matériel et d’accord avec les Israéliens. Autrement dit sur tout. On peut s’interroger si cet accord n’a pas été conclu à la va-vite par une présidence française soucieuse de démontrer aux Français qu’elle faisait tout ce qui était possible pour résoudre sa crise économique et financière.

Le montant du vol ne serait pas de 250 000€ mais de 5 millions €
D’après des révélations en provenance des services de sécurité chargés de la protection de VIP, le montant du vol s’élèverait à 5 millions € et non pas à 250 000€ comme annoncé. Les documents volés, si l’on en croit les mêmes sources, concerneraient des actions au porteur d’une valeur de 200 millions de dollars. Peut-être s’agit-il effectivement d’actions au porteur. Peut-être pas.  On peut en effet s’interroger sur l’intérêt des braqueurs à s’encombrer de documents aussi inutiles et compromettants pour eux, s’agissant quand même de « malfaiteurs » bien informés (un fonctionnaire non diplomate de l'ambassade d'Arabie saoudite à Paris aurait été convoqué par le parquet) et bien entraînés et non pas d’amateurs. Les documents volés ont donc représenté un intérêt beaucoup plus grand pour les bandits ou les terroristes que de simples actions au porteur. Alors ?

Jean René Belliard (auteur de Beyrouth, l'enfer des espions)

10:52 Publié dans Abdel-Aziz ben Fahd, Arabie saoudite, France | Lien permanent | Commentaires (0) | | | | |

24/08/2014

Des temps difficiles pour les autorités officielles libyennes

Lutte à mort entre musulmans modérés et fondamentalistes
Le Parlement libyen, élu le 25 juin 2014 et dominé par les musulmans « libéraux » a remplacé le Congrès National Général (CGN) dominé par les Islamistes. Mais ces derniers n’ont pas l’intention de se laisser écarter du pouvoir. Ils ont retiré leur confiance au Parlement et au gouvernement provisoire et demandé au CGN de reprendre ses activités, ce qu’il a accepté de faire.

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