03/12/2014

3 décembre – Nouvelles des guerres du Moyen Orient

Le fait marquant est l’entrée en lice de l’Iran dans la lutte contre l’Etat Islamique. Curieusement, l’Arabie saoudite menace la Syrie et al-Qaïda dans la Péninsule Arabique (AQPA) exécute une attaque contre la résidence de l’ambassadeur iranien à Sanaa, la capitale du Yémen. Un avertissement à l'Iran ?

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01/12/2014

30 novembre et 1er décembre 014 - Guerres contre l'Etat Islamique

Front irakien

Milices chiites irakiennes
Il s’agit de l’une des rares vidéos montrant les miliciens chiites s’entraînant au combat contre les jihadistes de l’EI en Irak. Remarquez les armes américaines : MP5 et M16.
https://www.youtube.com/watch?v=grUCKODvbOQ&feature=p...

La coalition bombarde des miliciens chiites par erreur dans la province de Diyala
Visiblement une absence de communication entre les milices chiites et la coalition internationale.
Vidéo :
http://www.liveleak.com/ll_embed?f=00930afce01a

Corruption
Le Premier ministre irakien, Haïdar al-Abadi, a annoncé une intensification de la lutte contre la corruption après avoir découvert que le pays payait des salaires à 50 000 soldats fictifs, un chiffre équivalent à quatre divisions.
Il y a trois sortes de Fadhaiyin (comme on les appelle en arabe). La première catégorie s’explique par le fait que chaque officier a droit à cinq gardes du corps. Il en prend deux et touche le salaire des trois autres. La deuxième catégorie est au niveau de la brigade, lorsqu’un commandant de brigade inscrit quarante à cinquante soldats supplémentaires qui n’existent que sur le papier. C’est de loin le nombre le plus important. La dernière catégorie remonte au mois de juin lorsque des milliers de soldats ont été tués, ont disparu ou déserté. Leurs commandants ont alors occulté leur disparition. Le problème est qu’un chef de brigade, pour conserver son poste, doit donner d’importants pots-de-vin à ses supérieurs, ce qui explique que la corruption est généralisée dans l'armée irakienne.

Deux millions de déplacés en Irak
Plus de 2 millions de personnes sont déplacées par les violences en Irak. C'est ce qu'ont annoncé des organisations humanitaires dimanche 30 novembre. Le problème nouveau est que la neige commence à tomber au Kurdistan irakien, qui accueille une grande partie d'entre elles. Et des milliers d'autres personnes continuent à fuir leurs foyers, en particulier dans la région de Kirkouk, a mis en garde la mission d'assistance des Nations unies.

Front libyen

400 morts en six semaines à Benghazi
Environ 400 personnes ont été tuées en six semaines de combats intenses entre les forces pro-gouvernementales libyennes et les groupes islamistes à Benghazi.
L’armée nouvellement formée par le gouvernement (celui reconnu par la communauté internationale), soutenue par les forces de l’ancien général Khalifa Haftar, avait débuté son offensive contre les Salafistes de Benghazi à la mi-octobre pour les expulser de la zone de l'aéroport et de plusieurs camps militaires que l'armée avait perdus pendant l'été.
Les combats sont concentrés depuis trois semaines autour du port commercial de la ville. Le porte-parole du général Khalifa Haftar, Mohamed El Hejazi, a déclaré que ses forces avaient encerclé les islamistes dans la zone portuaire. "Tous les types d'armes, y compris des avions, sont utilisées en appui de l'infanterie pour traiter avec les Islamistes."
Les Salafistes répondent selon leur tactique coutumière qui est de lancer des attaques-suicide. La dernière en date a eu lieu le 1er décembre contre le QG des forces de sécurité à Jdabiya, au sud-ouest de Benghazi.

Un commandant de l’armée de l’air tué dans une embuscade à Ajdabiya le 28 novembre
L’évènement n’est pas unique en soi, mais Ajdabiya n’était pas considérée jusqu’ici comme une localité en proie à la violence.  Le colonel Abdul Majid Kaseh al-Zwai commandait une des brigades impliquées dans les combats de Tripoli.

Deux gouvernements
Rappelons que deux gouvernements clament leur légitimité, avec chacun leur premier ministre et propre armée.
En Août 2014, le Premier ministre Abdullah al-Thinni et son cabinet ont été forcés de quitter Tripoli pour trouver refuge à l'est de la Libye lorsque le groupe appelé l’Aube de la Libye (Fajr al-Libya) s’est emparé de la capitale.
L’Aube de la Libye a mis en place son propre gouvernement et son parlement, mais ceux-ci n’ont pas été reconnus par les Nations Unies et les puissances mondiales.
La situation s’est encore compliquée par les combats de Benghazi où l'ancien général Khalifa Haftar a fusionné sa force avec l'armée d’Abdullah al-Thinni, en vertu d'un mandat du Parlement élu, fidèle d’al-Thinni.

L’Egypte et la Tunisie ont fermé leurs frontières
La situation devient extrêmement chaotique en Libye, à tel point que l’Egypte et la Tunisie ont décidé de fermer leurs passages frontières.

Les sociétés occidentales évacuent leurs employés
La société coréenne Daewoo a évacué la plupart de ses employés de Libye. Un catamaran a pris 112 personnes à son bord, des employés coréens, du Bangladesh et de Thailande pour les amener à Malte, le 28 novembre 2014. En août, 289 personnes avaient déjà été évacuées de Libye.
Des employés de l’entreprise italienne ENI ont été pris dans une embuscade par des voleurs de grands chemins alors qu’ils regagnaient en bus la ville de Tripoli à partir des champs pétroliers d’el-Fil.

Front syrien

Un plan américain pour armer des rebelles syriens contre l’EI
Le ministre de la garde nationale saoudienne, le prince Metheb ben Abdallah ben Abdel Aziz a affirmé qu’un plan américain avait été conçu pour accélérer l’armement de rebelles syriens parallèlement à leurs entrainements.
Dans une interview avec la chaine de télévision al-arabiya accordée depuis Washington, Metheb a indiqué que le plan américain est destiné à accentuer la lutte contre Daech (Etat islamique) et le terrorisme.
« Nous, en Arabie, combattons le terrorisme et l’extrémisme dans la région. Ils sont très optimistes au sujet de  l’éradication du terrorisme et ils sont heureux du rôle de la coalition dans la région qui œuvre pour en finir avec Daech ».
« Pour les Américains, l’Irak n’est pas une priorité, mais plutôt la Syrie. Il se peut qu’il y ait des divergences entre l’Arabie et les Etats-Unis au sujet de la Syrie. La priorité du roi saoudien était une intervention rapide en Syrie, pour ne pas permettre que des actes terroristes soient commis par Daech, le front al-nosra et autres. Je pense que s’ils avaient entendu le point de vue du roi dès le début, aucune force terroriste n’aurait existé dans la région », a-t-il dit lors de cette interview.
A propos du lancement du processus d’entrainement des miliciens en Syrie dans quelques mois, Metheb a dit : « J’ai entendu de l’administration US que les entrainements dureront pour longtemps. Il nous faut deux plans qui vont de pair : le premier stipule un armement rapide de toute l’opposition syrienne, avec l’aide de commandants chargés de dresser des projets militaires et d’unifier les plans. L’armée Syrienne Libre était toujours confronté au problème du manque de munitions et d’armes après chaque avancée sur le terrain. Le deuxième plan consiste en un entrainement rapide des combattants ».
Interrogé sur le conflit régional sur l’opposition syrienne, le ministre saoudien a souhaité que « tous les frères de l’opposition syrienne s’attachent à la sécurité et à la stabilité en Syrie. Mais s’ils commencent dès maintenant à s’entretuer pour le pouvoir, ceci dissipera la force de l’ASL ».
Pour lui, les Américains ne doivent avoir aucune relation avec le régime syrien. Il rappelle les propos du président Obama qui a affirmé que la crise en Syrie ne pouvait être résolue en présence de Bachar el-Assad.
Une affirmation qui pourrait avoir légèrement évoluée depuis qu’Américains et Syriens échangent des informations par l’entremise des Irakiens sur l’Etat Islamique en Syrie.

Des responsables de la CIA en Syrie
Une mission de la CIA s’est récemment rendue en Syrie, pour coordonner la lutte contre l’Etat Islamique.
«Une mission américaine s’est rendue, récemment, via le Liban, en Syrie, ont annoncé, lundi, des sources bien informées au journal libanais "Al-Jumhurria". «Cette visite se fait, en raison de relations sécuritaires directes entre la Syrie et les Etats-Unis», toujours, d’après les mêmes sources. Cette mission, qui s’est rendue, via le Liban, en Syrie, comprend des responsables de la CIA, précisent les mêmes sources. «Cette visite est effectuée, dans le cadre de coordinations, dans la lutte  contre Daech.

Aïn el-Arab (Kobane en kurde)
Le fait que les Jihadistes de l’Etat Islamique aient pu attaquer le poste frontière entre Kobané et la frontière turque à partir du territoire turc provoque des remous au sein de la classe politique turque.
Le politicien kurde et ancien candidat à la présidentielle, Selahattin Demirtas exige une enquête pour déterminer comment des Jihadistes ont pu mener une attaque en Syrie à partir du territoire national turc, samedi 29 novembre 2014.
Est-ce que les villages (turcs) évacués par l'État l'ont été pour faciliter le passage des gangs du groupe EI ? » s’est interrogé l’homme politique.
Le PKK, le Parti démocratique kurde, a également accusé la Turquie d’abriter des Jihadistes de l’Etat Islamique sur son sol. Dans un communiqué publié samedi 29 novembre, le PKK a affirmé que les Jihadistes utilisaient des silos à blé en territoire turc comme base de départ pour leurs attaques contre Kobané. Il s’agirait selon lui d’un scandale des autorités sécuritaires turques.
«  Comme nous l’affirmons depuis des mois, ceci prouve une fois de plus que l’EI est supporté (à partir de l’intérieur de la Turquie) » était-il écrit dans le communiqué.
Ankara a démenti dans les termes les plus catégoriques ces accusations. Le bureau du premier ministre, Ahmet Davutoglu, affirme qu’Ankara a pris toutes les mesures nécessaires le long de la frontière syro-turque, niant le fait que l’attaque jihadiste contre le poste frontière ait eu lieu à partir du territoire turc.

Les Jihadistes ont subi de lourdes pertes à Kobané
La dernière attaque en date menée par les Jihadistes de l’Etat Islamique contre Kobané a été extrêmement coûteuse en hommes et matériel pour eux en raison des bombardements menés par les avions de la coalition internationale (une trentaine pour la seule journée du samedi 29 novembre), ainsi qu’en raison de la farouche résistance opposée par les Kurdes dans la ville et autour du poste frontière. On parle d’une cinquantaine de Jihadistes de l’EI mis hors de combat.
En tout, ce sont cinq attaques-suicide qui ont été menées par les Jihadistes contre les positions de leurs adversaires, dont deux contre le poste-frontière contrôlé par les Kurdes. Des responsables du principal parti kurde syrien PYD et l'OSDH (Office Syrien des Droits de l’Homme) ont affirmé que les kamikazes de l'EI étaient venus « du côté turc » de la frontière.

Vidéo
La vidéo suivante montre les combats de Kobane et les raids de la coalition internationale :
https://www.youtube.com/watch?v=4Fl5X_D8IVU&feature=p...

La coalition internationale a bombardé Raqqa
Les avions de la coalition ont également conduit samedi soir, 29 novembre, de nombreuses frappes sur Raqqa et dans les environs de cette ville du Nord devenue la « capitale » de l'EI. Une trentaine de positions jihadistes auraient été la cible des bombardiers. « Cela faisait longtemps qu'un nombre aussi élevé de cibles n'avaient pas été visé », a souligné Rami Abdel Rahmane, fondateur de l’OSDH.
Les bombardements de la coalition internationale et de l’aviation syrienne auraient provoqué la mort de 200 personnes au moins en une semaine.
En représailles, les Jihadistes de l’EI ont exécuté quatre militaires syriens et traînés leurs corps dans les rues de la ville.

Damas
Nouvelle russe sur les combats de Djobar (banlieue de Damas). Les films russes sont toujours aussi impressionnants :
https://www.youtube.com/watch?list=UU3wZesPkjsxlnywLiT8Ie...

Ghouta orientale (est de Damas)
L’assassinat de chefs rebelles se poursuit dans la Ghouta orientale sans qu’on sache actuellement s’ils ont été exécutés par l’Etat Islamique ou pour le compte du gouvernement syrien.
L’un des dirigeants est Hassan Rahib, commandant de la brigade al-Ummah. Il a été tué à Harasta, domanche 30 novembre.
L’autre est Yousef Abdul Wahhab, un commandant de Jeich al-Islam (l’armée de l’Islam) soutenue et armée par l’Arabie saoudite. Il a été assassiné dans le village d’al-Reihan, près de Douma. Il s’agit du troisième commandant de Jeich al-Islam assassiné dans la Ghouta orientale.

Youssef Abdul Wahhab.jpgWahhab
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Province de Lattaquié
Une vidéo (langue russe) sur les atrocités commises dans la province de Lattaquié par le Front al-Nosra :
https://www.youtube.com/watch?list=UU3wZesPkjsxlnywLiT8Ie...

Ailleurs en Syrie
Dans les provinces de Deraa et d'Alep, des raids de l'armée syrienne ont fait hier 29 morts, dont sept femmes et trois enfants, a rapporté l'OSDH. La veille, toujours selon l'ONG, le Front al-Nosra, branche syrienne d'el-Qaëda, a exécuté 13 combattants de l'opposition, après que l'un d'entre eux ait tué un commandant jihadiste.

Le Programme Alimentaire Mondial (PAM) suspend son aide aux réfugiés syriens
Le Programme alimentaire mondial des Nations unies (PAM) a annoncé lundi 1er décembre qu'il était contraint de suspendre son aide à 1,7 million de réfugiés syriens du fait d'un manque de financements.
Le PAM  précise qu'il n'est plus en mesure de fournir des coupons alimentaires à ces réfugiés syriens vivant en Jordanie, au Liban, en Turquie, en Irak et en Egypte.
"Sans ces coupons du PAM, de nombreuses familles vont connaître la faim. Pour des réfugiés qui luttent déjà pour survivre à l'hiver, les conséquences de l'arrêt de cette assistance seront dévastatrices", poursuit le PAM.
Les besoins de financement de l'agence de l'Onu sont de 64 millions de dollars pour le mois de décembre pour venir en aide aux réfugiés syriens.

Tunisie

La Tunisie fait face à l'essor d'une mouvance jihadiste armée depuis la révolution de janvier 2011. Les soldats, policiers et gendarmes sont régulièrement tués dans des embuscades, des explosions et des affrontements, notamment dans la région frontière entre la Tunisie et l'Algérie. Cette région frontalière est également une zone de trafics en tout genre.

Jihadistes tunisiens avec l’Etat Islamique
La Tunisie est l’un des principaux pays fournisseurs de combattants jihadistes à l’Etat Islamique. La photo ci-dessous montre un groupe d’entre eux. Le personnage au premier rang (le deuxième à partir de la gauche) est Kamel Zarrouk :

Kamel Zarrouk.jpg
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Un gendarme tunisien décapité par des jihadistes en Tunisie
Un gendarme tunisien qui n'était pas en service a été enlevé et décapité dimanche 30 novembre dans la région montagneuse du Kef (nord-ouest) par des Jihadistes.
L'agent voyageait en voiture avec son frère lorsque leur véhicule a été immobilisé par des hommes armés qui cherchaient à voler les deux passagers. Les assaillants ont alors découvert que la victime était un agent des forces de l'ordre et l'ont enlevé et tué.
Le frère du gendarme est sain et sauf.
Les autorités ont aussitôt lancé une opération de "ratissage" dans cette région montagneuse non loin de la frontière algérienne.

Israël

Nouvel incident sécuritaire en Israël
Une jeune Palestinienne de 20 ans a  attaqué un Israélien au couteau près de Gush Etzion, en Cisjordanie, le blessant légèrement. Les forces de sécurité ont tiré sur l’assaillante, la blessant sérieusement. Israël a connu une série d’attaques au couteau ou à la voiture bélier depuis l’automne 2014.

Jean René Belliard

24/11/2014

22 et 23 novembre 2014 – Nouvelles des guerres du Moyen Orient

Front irakien

Ramadi (100km à l’ouest de Bagdad)
L'État islamique (EI) a lancé depuis la nuit du jeudi 20 au vendredi 21 une offensive majeure pour s'emparer de la totalité de la ville irakienne de Ramadi dont la prise lui permettrait d'asseoir son autorité sur la province occidentale stratégique d'al-Anbar, frontalière de la Syrie.
L’EI a lancé une sattaque surprise depuis le nord, l'ouest, l'est et le sud, en faisant notamment exploser des voitures piégées. 25 des 37 positions que l’armée irakienne et les milices pro-gouvernementales contrôlent à Ramadi ont été attaquées en même temps, ce qui donne une idée de l’ampleur de l’offensive.  Les jihadistes, qui ciblent le centre-ville visé par des tirs de mortier depuis la nuit, ont réussi à prendre le quartier de Madiq, mais « la police, l'armée et les forces tribales (alliées) sont parvenues à stopper l'attaque », a indiqué un responsable.
Aux dernières nouvelles en date du dimanche 23 novembre, les Jihadistes encercleraient le siège du gouvernorat de la province d’al-Anbar à l’intérieur de Ramadi, prenant au piège des éléments de la police. Les policiers auraient appelé à l’aide, le bâtiment étant encombré de morts et de blessés.
Pour sa part, un membre du conseil provincial, Azzal al-Fahdawi, a appelé à un « soutien de l'armée de l'air » irakienne ou des avions de la coalition internationale menée par les États-Unis. Pour rappel, la quasi-totalité de la province d'al-Anbar, qui jouxte aussi l'Arabie saoudite et la Jordanie, est contrôlée par les jihadistes et la prise de Ramadi, son chef-lieu, constituerait une importante victoire. De son côté, la coalition a mené plusieurs raids près de Ramadi au cours des dernières 72 heures, a annoncé hier le commandement américain chargé de la région (Centcom).
Cette vidéo (langue arabe) tournée par l’armée irakienne nous fait faire un tour des quartiers de Ramadi encore aux mains de l’armée (Houz, Andalous, Mal’am, Mu’alimin) :
https://www.youtube.com/watch?v=RV07oCgPeew&feature=p...

Les Jihadistes de l’EI exécutent une vingtaine de membres de tribus près de Ramadi
Le groupe takfiriste Daech a tué 23 membres des tribus Al-Bou Mahal et al-Bou Fahad lors d'une attaque à al-Sijariyah, à l’est de la ville de Ramadi, ont indiqué samedi 22 novembre un chef tribal et un officier de police. Les Jihadistes ont attendu que les combattants des tribus aient épuisé leurs munitions pour les capturer et les exécuter. Les Jihadistes seraient arrivés dans la localité d’al-Sijariyah sans armes en prétendant qu’ils étaient des étudiants. Ils auraient alors reçu des armes et commencé l’attaque, tuant 25 membres de la tribu Al-Bou Fahad.
L’armée et les tribus ont réussi à reprendre la localité, tuant une vingtaine de Jihadistes.

Vidéo d’une scène de combat dans le désert de la province sunnite d’al-Anbar
Cette vidéo (côté jihadiste) prise par un cameraman qui semble être ouzbek montre des combattants de l’EI tenter de fuir dans une zone désertique avant d’être atteints par des tirs de l’armée irakienne :
http://www.liveleak.com/ll_embed?f=b6f3e1018444

Violents affrontements à Jalawla (nord est de Bagdad) - Suite de la précédente parution
L’armée irakienne poursuit son offensive pour tenter de reprendre aux Jihadistes de l’EI la localité de Jalawla, après avoir repris celle d’Imam Weiss. Cette région est proche de la frontière iranienne.
Les résultats de la bataille sont confus. On annonçait, dimanche 23 novembre, que les Peshmergas kurdes se seraient rendus maîtres de 80% de la localité  de Jalawla au prix de lourdes pertes qui s’élèveraient à une vingtaine de tués et plus de quarante blessés. Selon certaines informations, les combats seraient finis et les Jihadistes se seraient enfuis. Selon d’autres informations, la bataille se poursuivrait.
La vidéo suivante (langue kurde), mise en ligne par les Kurdes, ne semble pas prouver que les Peshmergas se soient rendus maîtres de la localité de Jalawla :
https://www.youtube.com/watch?v=c4vknSJ6GAk&feature=p...
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Activité de la coalition internationale
Le CENTCOM a mis en ligne les films de quatre frappes aériennes contre des cibles de l’Etat Islamique dans la region de Kirkuk (Kurdistan) :
https://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&...

Offensive de printemps de la coalition internationale ?
Les Etats-Unis et leurs alliés prépareraient une grande offensive pour le printemps prochain dans le but de venir à bout de l’Etat Islamique.
L’opération serait dirigée par un officier supérieur américain, le lieutenant-général James Terry. Il est possible que son commandant en second soit un officier supérieur britannique, le lieutenant-général Tom Beckett. Le mois prochain, le lieutenant-général Beckett prendra la relève comme conseiller principal de la défense pour le Moyen-Orient (DSAME), un poste laissé vacant par le lieutenant-général Simon Mayall, qui prend sa retraite après quatre ans dans le rôle.
On a cependant quelques doutes sur la réussite d’une possible offensive pour le printemps prochain. Les Kurdes, pour commencer par eux, ne seraient pas en mesure de pousser plus au sud à l’intérieur de l’Irak sans une réaction négative de la part des tribus sunnites de la région. Quant à l'armée irakienne, elle est considérée par les Sunnites comme une milice chiite. Compte tenu de ces difficultés, les Américains réfléchiraient à la possibilité d’armer les tribus sunnites qui accepteraient de prendre les armes contre l’Etat Islamique. L’opération pourrait être menée conjointement avec l’Arabie saoudite et la Jordanie avec le risque toujours possible que certains groupes armés rallient soudain les Jihadistes de l’EI.

Le lieutenant-général Tom Beckett

Lieutenant-général Tom Beckett.jpg

Lieutenant-général Tom Beckett

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le lieutenant-général Tom Beckett a été déployé en Irak en 2003. Il commandait le 1er Bataillon du Régiment de parachutistes auquel  les Red Caps, ou Royal military police, étaient attachés. Huit membres des Red Caps avaient été massacrés au début de l’insurrection contre la présence britannique dans les provinces du sud du pays. On a accusé à l’époque les officiers supérieurs, dont Tom Beckett, qui commandaient les Red Caps, de négligence ayant entraîné leur mort. 
Le lieutenant-général Beckett prend la direction de la DSAME en raison du départ à la retraite du lieutenant-général Simon Mayall - un officier qui était considéré comme le principal expert de l'armée britannique sur les affaires arabes. Le lieutenant-général Mayall a dirigé la DSAME pendant quatre ans, mais sa retraite intervient seulement trois mois après que le Premier ministre l’ait nommé comme son envoyé spécial au Kurdistan - un rôle clé dans la guerre contre l'EI. Le départ du lieutenant-général Mayall est un coup dur en raison de sa compréhension de la politique moyen-orientale et du Jihad, selon Gareth Stansfield, professeur et expert du Moyen-Orient.

Jordanie
La campagne de marginalisation du mouvement des Frères Musulmans se poursuit. Après avoir été écarté du pouvoir en Egypte, déclaré organisation terroriste par les pays du Golfe, les Frères Musulmans devront faire désormais très attention à leurs propos en Jordanie.
Bani Rsheid Zaki, le numéro deux du Front d’Action Islamique, la version jordanienne des Frères musulmans, a été arrêté jeudi 20 novembre après avoir critiqué avec virulence les Émirats arabes unis pour avoir classé le mouvement islamiste sur leur liste noire.
Bani Rsheid avait qualifié sur Facebook le gouvernement émirati de « premier parrain du terrorisme ». « Les Émirats jouent le rôle de policier américain dans la région et (...) servent le projet sioniste (...) Ils agissent contre les mouvements de libération nationale, soutiennent les coups d'État et financent les groupes d'espionnage », a-t-il ajouté, en appelant à « chasser » ce pays du Conseil de coopération du Golfe, de la Ligue arabe et de l'Organisation de la coopération islamique.

Les Frères musulmans rejetés vers l’Etat Islamique ?
La persécution des mouvements revendiquant leur appartenance aux Frères Musulmans risque bien de pousser un grand nombre d’entre eux vers l’Etat Islamique. Plusieurs manifestations dans ce sens ont eu lieu ici ou là, comme en témoigne la dernière manifestation en date qui a eu lieu en Egypte. Les manifestants affichent ouvertement leur appartenance aux Frères Musulmans en faisant le signe de la Rabia (quatre doigt levés) :
https://www.youtube.com/watch?v=Hg1k47N4lDU&feature=p...

Front syrien

Damas et sa banlieue
Nouvelle vidéo russe des combats de Jobar (banlieue de Damas). Il s’agit d’une vidéo en langue russe dans le secteur VI de Jobar. Le cinéaste gagne la première ligne, séparée d’une dizaine de mètres des positions adverses – Exceptionnel :
http://www.liveleak.com/ll_embed?f=9730e1bcbfa9
La vidéo (langue russe) ci-dessous montre les combats dans le secteur VII de Jobar.
L’infanterie de l’AAS s’est retirée de la ligne de front pour laisser manœuvrer les tanks accompagnés par les Marines pour les protéger des tirs des armes antichars des rebelles. La première partie de la vidéo est la suite de la vidéo ci-dessus – Exceptionnel :
http://www.liveleak.com/ll_embed?f=a11e85a99ddf

Province d’Alep
Le Front al-Nosra, la branche syrienne d’al-Qaïda, a lancé, samedi 22 novembre 2014, une violente offensive contre deux villages chiites situés dans la province septentrionale d’Alep.
"Offensive des moudjahidines (...) dans les villages de Nebbol et Zahra et leurs environs et prise de plusieurs positions importantes", a indiqué le groupe jihadiste sur son compte Twitter pour la région d'Alep.
"Il s'agit de l'attaque la plus violente contre ces deux villages depuis le début de leur siège il y a un an et demi", a indiqué à l'AFP Rami Abdel Rahmane, directeur de l'OSDH. Alors que les rebelles avançaient dimanche au sud de Zahra, il a précisé que c'était la première fois qu'ils progressaient dans cette zone. Les villages sont défendus par des membres de la Défense nationale appuyés par le Hezbollah chiite libanais et des miliciens chiites irakiens.
L’objectif de l’attaque est de provoquer un relâchement de la pression imposée par l’AAS contre les Jihadistes du Front al-Nosra dans la ville d’Alep.

Nouvelle vidéo de la brigade Noureddine al-Zanki. La vidéo montre des combattants de la brigade de l’ASL (Armée Syrienne Libre) bombardant les positions de l’AAS dans le quartier de Salah ed-Dine avec leur gros mortier (exceptionnel) :
https://www.youtube.com/watch?v=by1VE0Pzy7U&list=UUtk...

Aïn el-Arab (Kobane en kurde)
Les combattants kurdes de l’YPG progressent dans toutes les directions à l’intérieur de Kobane, ainsi qu’aux environs de la ville. Ils prennent les Jihadistes en embuscade jusqu’à 25km à l’ouest de la localité, à 15km au sud et jusqu’à 35km à l’est. Les Kurdes ne cherchent pas à réoccuper le terrain pour l’instant, se livrant seulement à des opérations de guerrilla contre les Jihadistes.

Champ gazier d’al-Chaer – les combats se poursuivent
Les combats entre l'Etat islamique et l’Armée Arabe Syrienne (AAS) se poursuivent dans le désert du centre de la Syrie pour le contrôle du champ gazier d’al-Chaer.
L'État islamique a brièvement occupé le champ d’al-Chaer à deux reprises, une première fois en juillet 2014, exécutant des dizaines de membres du personnel et des forces de sécurité. L'armée syrienne en a repris le contrôle plus tôt ce mois-ci, mais les combats continuent à l'ouest de la ville de Palmyre.
L'agence de nouvelles SANA dit laconiquement ce matin (22 novembre) : "Une unité de l'armée a ciblé des groupes terroristes et détruit leurs armes dans les environs du champ d’al-Cha'er, un gisement de gaz important utilisé pour alimenter les usines de production d'énergie." Selon des informations non confirmées, 21 soldats syriens et des miliciens auraient été tués.
Le contrôle du champ gazier par le gouvernement syrien est très important à l’approche de l’hiver, saison où les besoins énergétiques sont plus élevés. En octobre, le gouvernement avait du réduire les subventions sur le carburant diesel et le mazout de chauffage, et augmenter les prix jusqu'à 33%.
La vidéo montre le célèbre colonel Suhail al- Hassan (surnommé « le Tigre ») faire le tour du site gazier après sa reprise en novembre :
https://www.youtube.com/watch?v=tfNjAN3SIns&feature=p...

La brigade islamiste  Fajr al-Islam perd son commandant
Cette vidéo mise en ligne montre la dépouille de Tariq al-Zoubi, le commandant de la brigade. Rappelons que la brigade Fajr al-Islam coopère avec l’Etat Islamique :
http://www.liveleak.com/ll_embed?f=9db2da6df9f0

Yémen

Al-Qaïda menace les Houthis chiites
Qassem al-Rimi, le chef militaire d'el-Qaïda au Yémen (AQPA), a promis de frapper plus fort les houthis dans un message audio mis en ligne le 20 novembre sur des sites jihadistes. « Aux houthis, nous disons : attendez-vous à des horreurs qui feront blanchir les cheveux des enfants . « Ce qui s'est passé à Sanaa n'est qu'un échauffement qui précède le combat », a déclaré al-Rimi en référence aux nombreux attentats anti chiites revendiqués par el-Qaïda, dont celui qui a fait une cinquantaine de morts le 9 octobre dans la capitale yéménite. « Vous êtes notre cible aujourd'hui (...) et n'imaginez pas que vos crimes resteront impunis », a-t-il poursuivi à l'intention des miliciens chiites.

Al-Qaïda se divise quant à sa position vis-à-vis de l’Etat Islamique
Harith Nazari, le leader d’al-Qaïda au Yémen (AQPA), est apparu sur une vidéo pour réfuter  officiellement l’autorité de l’Etat Islamique. Il prête au contraire allégeance au Mollah Omar, le chef des Talibans pakistanais, comme en témoigne cette vidéo (langue arabe) :
https://www.youtube.com/watch?feature=player_detailpage&a...
Ce message risque de diviser fortement les membres d’al-Qaïda dans la péninsule arabique (AQPA) car il apparaît que la base est très favorable au califat islamique proclamé par Abou Baker al-Baghdadi.
Le message de Harith Nazari ne fait pas l’unanimité non plus au sein des instances dirigeantes de l’AQPA. Mamum Hatim, un membre influent de l’organisation jihadiste yéménite a exprimé publiquement son désaccord avec le communiqué de Nazari. Va-t-on assister à un début de dissidence au sein de l’AQPA entre partisans et adversaires d’une allégeance à l’Etat Islamique ? A suivre …

Les Houthis clament leur amitié envers la Russie
Saleh al-Samad, chef du bureau politique du mouvement Ansar Allah (Houthis) et conseiller du président yéménite, veut établir des relations avec la Russie pour faire face à la politique "agressive" des Etats-Unis. C’est ce qu’il a déclaré  dans une interview à RIA Novosti.
"Nous apprécions énormément le rôle de la Russie soutenant l'axe de résistance au projet américain qui sème l'arbitraire depuis l'éclatement de l'Union soviétique", a indiqué al-Samad.
"Nous souhaitons établir des relations avec les Russes pour s'opposer au projet des Etats-Unis qui cherchent à contrôler le monde entier", a dit le dirigeant chiite yéménite.
Le mouvement chiite rebelle Ansar Allah (les partisans d'Allah) a pris pratiquement sans combats la capitale Sanaa, les provinces sud-ouest du Yémen et Al Hudaydah, ville portuaire sur la mer Rouge.
Le président yéménite Abd Rabbu Mansour Hadi et la délégation des insurgés ont conclu, sous la médiation des Nations unies, un accord de règlement de la crise prévoyant la mise en place au Yémen d'un nouveau gouvernement.

Califat islamique

Les camps d’entraînement de l’Etat Islamique au Moyen Orient
Cette carte montre l’étendue des centres d’entraînement de l’Etat Islamique en Irak et en Syrie :
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Rouge : Etat Islamique
Noir ; Front al-Nosra
Bleu : Autres groupes jihadistes

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

550 « Allemands » ont rejoint le califat islamique
Thomas de Maisière, le ministre de l’intérieur allemand, a révélé que 550 Allemands avaient rejoint l’Etat Islamique pour faire le jihad en Syrie et en Irak. 
"D'après les dernières estimations dont nous disposons, le nombre a encore progressé. Nous tablons désormais sur 550. Il y a encore quelques jours nous avions dit 450", a déclaré M. de Maizière lors d'une interview vendredi 21 novembre 2014 à la chaîne de télévision allemande Phoenix.
"En comparaison des dernières années, il s'agit d'une forte augmentation", a ajouté le ministre, précisant que si une majorité des candidats au jihad partis dans ces régions étaient des hommes, quelques femmes avaient également fait le voyage.
"Ces jeunes gens (...) se sont radicalisés en Allemagne, au sein de cette société. (...) C'est pourquoi la prévention doit accompagner la répression", a poursuivi M. de Maizière.
Sur le sol allemand, quelque 230 personnes sont actuellement considérées comme des menaces potentielles, dont "on ne peut pas exclure, et dans certain cas c'est même très probable, qu'elles préparent un attentat", a-t-il estimé.
Le gouvernement allemand avait annoncé mi-octobre de futures mesures permettant le retrait des cartes d'identité de présumés islamistes radicaux pour les empêcher de partir combattre en Syrie ou en Irak.

Plus de 500 jihadistes « britanniques » combattent dans les rangs de l’EI
La plupart d’entre eux se trouveraient en Syrie. 35 d’entre eux auraient déjà perdu la vie dans les combats et les bombardements.

Un Jihadiste « Britannique » et un « Français » tués dans les combats de Kobane
Après le « Britannique » Abou Abdullah al-Habashi, tué dans des combats à Kobane (mon blog du 21 novembre), on a appris la mort d’un autre Jihadiste « britannique ». Il s’agit d’un dénommé Abou Dharda (20 ans). Dharda vient d'un milieu Colombien-somalien et a grandi à l'ouest de Londres. Il s’est rendu en Syrie en Décembre 2013, entrant par la Turquie. On croit que Dharda a été interrogé par la police antiterroriste dans un aéroport britannique au moment de son départ, mais il aurait été autorisé à poursuivre son voyage après avoir satisfait les agents sur le but de son voyage.
Un « Français » a également été tué d’une balle dans la tête dans la même localité. Il s’agit d’Abou Suhayb al-Fransi :

Abou Suhaib al-Fransi.jpg

 

Abou Suhayb  al-Fransi
 

 

 

 

 

 

 

 

Coalition internationale

Etats-Unis
La vision géopolitique d’Elliott Abrahms
Elliot Abrahms, ex-consultant des présidents US Ronald Reagan  et Georges Bush junior, a fait un discours sur la politique américaine en Syrie devant la commission des relations étrangères de la Chambre des représentants.
Au cours de son discours sur la stratégie que Washington devrait adopter en Syrie, Abrahms a souligné que le Hezbollah était la cible qu’il fallait absolument éliminer afin de pouvoir réaliser les intérêts américains dans la région.

Deux axes en conflit
Abrahms a divisé sa présentation autour de deux axes: «l’axe du Hezbollah, l'Iran, la Russie, qui soutient Assad, et l'axe des États-Unis, l’Europe et les pays du Golfe, qui veut son départ».
Il a ensuite expliqué que « toute approbation de la part des États-Unis de permettre à Assad de faire partie du pouvoir durant la prochaine période sera considérée comme «une défaite pour Washington et une victoire pour Téhéran.»
A la question de  « qui va gagner? » dans cette bataille du Moyen-Orient, il a répondu qu’il allait de soi que les Etats-Unis devaient en sortir victorieux. Le problème est comment ?

Vaincre le régime syrien pour détruire le Hezbollah
Pour Abrahms il faut «remplacer le régime d’Assad par un régime sunnite qui évoluera en un Etat sunnite, ce qui serait «une défaite pour la Russie, l'Iran et le Hezbollah.»
Il a ajouté : «Vaincre le régime syrien permettra de détruire le Hezbollah au Liban» soulignant que  «la puissance du parti a augmenté au Liban durant ces dix dernières années, mais la transformation qui se produit en Syrie peut être le début de son déclin. Cela serait en notre faveur certainement ».

Sécurité d’Israël
Concernant la sécurité d’Israël, Abrahms a déclaré que «la Syrie assure un pont entre l'Iran et le Hezbollah, autrement dit,  l'Iran est aux frontières avec Israël via le parti, ce qui pose un grave problème, et donc si Assad tombe.. Tout  va changer».

Et l’Etat Islamique (Daesh) ?
Abrahms a fait remarquer que «pour vaincre Daech il faut changer l'équation en Syrie». Comment? «En plus de l'armement de l'opposition ... il faut frapper les forces de l’air syriennes»,  sous le prétexte qu’ «Assad utilise cette force pour bombarder son peuple».

Participation du Liban
Abrahms a déclaré au cours de l’audience qu’ '«une partie libanaise était  mécontente de la participation du Hezbollah en Syrie, en particuliers les chiites, qui se demandent pourquoi leurs fils meurent dans la défense de Bachar al-Assad?».
L’intérêt d’Abrahms pour le Liban remonte à l’an 2000, époque au cours de laquelle des hommes politiques américains considérés comme des faucons, tels que Richard Perle (chef du comité consultatif sur les affaires de défense sous le règne de George W. Bush), Daniel Pipes, Paula Dobriansky, Douglas Viet et Jeane Kurkpatrick avaient noué des relations avec des hommes d’affaires libanais, tels que Ziad Abdelnour, Daniel Nassif, Nabil al-Haj, Habib Malik, Samir Boustani, Charles Sahioun. C’est à la suite de ces contacts que les Etats-Unis – et la France – ont exigé, quelques années plus tard, le départ des soldats syriens du Liban.

France
Des Mirage de l'armée française sont désormais "positionnés" en Jordanie pour lutter en Irak contre l'organisation Etat islamique (Daesh).
La France avait annoncé mercredi le déploiement de six Mirage 2000-D en Jordanie, en plus des neuf Rafale basés aux Emirats arabes unis.

Grande Bretagne
Les commandos du SAS opèrent sur le terrain irakien
Des commandos du SAS britanniques, opérant au sol, occasionnent des pertes sévères aux Jihadistes de l’Etat Islamique dans le désert irakien.
Les commandos britanniques sont sur le terrain irakien depuis bientôt quatre semaines et font un véritable carnage parmi les Jihadistes. Ils ont tellement dépensé de munitions pour les mitrailleuses et les fusils des tireurs d’élite qu’on a été obligé de refournir les stocks prématurément.
Les commandos, lourdement équipés, sont transportés avec leurs quads par les hélicoptères Chinook de la RAF en profondeur à l’intérieur du territoire du califat islamique. Ils sont déposés à 90km de leur cible et se positionnent dans le plus grand secret pour attendre l’ennemi.
 «Notre tactique est d’inspirer la terreur de Dieu au sein de l’Etat Islamique car ils ne savent pas où nous allons et ils ne peuvent franchement rien faire pour nous arrêter. »
 «Nous atteignons leur moral. Ils peuvent courir et se cacher quand ils voient des avions dans le ciel, mais ils ne peuvent pas nous voir ou nous entendre. Nos tireurs d'élite amènent le facteur de la peur à un autre niveau; les terroristes ne savent pas ce qui se passe. Ils ne voient que leurs collègues gisant dans le sable ».
Les commandos du SAS visent principalement les voies d'approvisionnement à l’ouest de l'Irak et les check-points mis en place par les Jihadistes pour intercepter les véhicules et enlever les passagers pour extorquer de l'argent.
Les opérations sont minutieusement préparées. Les images des sites potentiels faites par les drones et les UAV (véhicules aériens sans pilote) sont soigneusement étudiées au préalable. Les communications radio de l’adversaire sont également écoutées avec attention, ceci dans le but d’identifier les postes de commandement et les dirigeants.  
Une fois que les officiers supérieurs du SAS ont identifié une cible, les commandos sont briefés pour recevoir les ordres opérationnels. Ils quittent alors leur base secrète et montent à bord d'une flotte d'hélicoptères - avec les quads déjà rangés dans la soute.
Il ne reste plus, pour les pilotes, qu’à entrer les coordonnées de la zone de désert où ils devront poser les Chinooks. Une fois posés, les commandos débarquent leurs quads, préparent leurs GPMG (General Purpose Machine Guns) et les fusils Barrett des snipers.
Les commandos n’ont plus qu’à s’approcher de leurs cibles dans le plus grand secret, les éliminer et disparaître à nouveau dans le désert pour gagner leur point de rembarquement.

Les commandos du SAS autorisés à tuer les Jihadistes « britanniques » en Irak et en Syrie
Les forces d'élite britanniques du SAS ont reçu l’ordre d'éliminer plutôt que de capturer les Jihadistes britanniques qui combattent aux côtés de l'État islamique et qui participent à sa terreur sanguinaire.
Le SAS n’a plus la mission d’essayer de capturer les « Britanniques » qui se battent dans les rangs de l’ Etat islamique. L’ordre est à présent de les tuer – kill only.
"Nous ne voulons pas les ramener au Royaume-Uni pour être jugés pour qu’ils se vantent des atrocités qu’ils ont commises et des vidéos qu’ils ont faites. Ils peuvent mourir dans la poussière en Irak. Ils ont semé la tempête, maintenant ils doivent la récolter.»
L’élimination physique de terroristes « britanniques » combattant dans une guerre étrangère par des membres des forces armées pourrait potentiellement poser des problèmes légaux. Mais le gouvernement a donné son feu vert à l’action du SAS  après une série d'atrocités auxquelles des « Britanniques » ont joué un rôle central. 
Jusqu'à présent, le SAS, en coordination avec les Américains, avait joué un rôle limité en Irak. Sa seule mission était de coordonner les frappes aériennes des bombardiers de la RAF et des Reaper Drones contre les Jihadistes de l’Etat Islamique. Ils avaient également pour mission de conseiller les forces irakiennes et de former les miliciens kurdes à mener des attaques contre l’Etat Islamique. Mais malgré des pertes importantes, les Jihadistes de l’EI restent une force importante et ils occupent toujours une vaste zone à cheval sur l’Irak et la Syrie.
Les ordres viennent de changer et le SAS a maintenant la mission d’éliminer physiquement les dirigeants de l’EI et de pourchasser  les Jihadistes « britanniques » grâce aux renseignements (Sigint) et les mettre hors de combat.
Dans un incident séparé, les super flics de l’anti-terrorisme ont monté à bord d’un avion en provenance de Jordanie, à l’aéroport de London Heathrow, jeudi 20 novembre, pour appréhender un homme âgé de 19 ans, originaire de Coventry, et soupçonné de préparer un attentat. Au début de l’année 2014, trois jeunes originaires de Coventry avaient rejoint les Jihadistes au Moyen Orient.

Jean René Belliard