06/07/2014

Dernières nouvelles d'AQPA (al-Qaïda dans la péninsule arabique)

Attaque d'el-Qaëda à la frontière Yémen/Arabie: cinq morts (nouveau bilan)

Lire la suite

09:07 Publié dans AQPA, Arabie saoudite, Yémen | Lien permanent | Commentaires (0) | | | | |

05/07/2014

Des dangers d’un Etat islamique

AQPA nous donne une idée de ce qu’est un Etat islamique
Parmi les organisations jihadistes les plus dangereuses – si tant est qu’on puisse établir des degrés dans ce genre d’activité – il y a AQPA, (al-Qaïda dans la Péninsule Arabique). Ce groupe « terroriste » résulte de la fusion, en 2008, des branches saoudienne et yéménite d’Al-Qaida. La branche saoudienne, exsangue après la répression menée par les forces de sécurité saoudiennes en réponse à la campagne sanglante des djihadistes (2003-2005), a rejoint la branche yéménite, apportant argent et savoir-faire. La branche yéménite fournit plutôt les hommes de main et les infrastructures nécessaires à la survie de l’organisation.
La première attaque d’el-Qaëda au Yémen remonte à 1992. Il s’agissait d’un attentat-suicide contre un hôtel d’Aden fréquenté par des militaires américains.

Al-Qaïda bien établi dans le sud
Les principaux points d’ancrage de l’AQPA sont les régions tribales du sud Yémen, dont celle de Marib (à l’est), le pays de la légendaire reine de Saba.

Un des groupes les plus dangereux pour les Etats-Unis
L’AQPA est considéré par les services de sécurité américains comme l’un des groupes les plus dangereux au monde. Si l’Etat Islamique en opération en Irak et en Syrie s’est rendu célèbre par la mise en scène d’exécutions spectaculaires, AQPA s’est surtout fait connaître par ses tentatives d’attentats sophistiqués contre les transports aériens ou sur le territoire américain. On impute, par exemple, à AQPA une tentative de faire exploser un avion de ligne américain le jour de Noël 2009.
Il semble que le rêve de tout jihadiste d’AQPA soit de répéter le « 11 septembre » en plus sanglant.

Une menace pour les Occidentaux en général
Parmi les « délicatesses » à garder en mémoire, on peut citer cet appel du 12 octobre 2010 apparu dans le numéro 2 du magazine jihadiste de langue anglaise « Inspire » dans lequel un dirigeant d’AQPA demande à tous les Musulmans de fixer des lames sur des SUV et de foncer sur les foules d’infidèles ! Ce magazine est publié par AQPA et est destiné à recruter des gens vivant en Occident volontaires pour le Jihad.  L’article intitulé « The ultimate mowing machine » montre comment équiper un gros 4X4 Ford pour le transformer en machine à tuer. L’article termine en conseillant aux terroristes de s’équiper d’armes à feu pour finir le travail avant de mourir en martyr. Les ennemis d’AQPA sont tous les pays censés supporter Israël. Il s’agit donc d’Israël, en premier lieu, suivi des Etats-Unis, La Grande Bretagne, le Canada, l’Australie, la France, l’Allemagne, le Danemark, la Hollande et d’autres pays encore.

Et pour les Saoudiens en particulier
Une attaque d’un poste frontière saoudien a eu lieu le 5 juillet 2014. Un garde-frontière saoudien et un soldat yéménite ont perdu la vie. AQPA a un long historique d’attaques contre l’Arabie saoudite.
Le Yémen et l’Irak, les deux pays frontaliers de l’Arabie saoudite, sont aujourd’hui les deux risques majeurs pour le Royaume wahabite. L’Etat islamique (EI) qui vient de s’emparer d’une grande partie de l’Irak sunnite, tout comme AQPA au Yémen nous ramènent au conflit ancestral qui oppose la famille al-Saoud aux fondamentalistes islamistes. Ce n’est pas une surprise, d’ailleurs, si AQPA, contrairement à la centrale jihadiste d’al-Qaïda a déclaré soutenir l’action de l’Etat islamique (EI) en Irak et en Syrie et si l’EI a déclaré avoir comme objectif de « libérer » La Mecque.

Les Américains prennent régulièrement les dirigeants d’AQPA pour cible
AQPA dispose d’artificiers extrêmement inventifs pour déjouer les contrôles mis en place dans les aéroports. Les services de sécurité occidentaux, américains en tête, cherchent par tous les moyens à les identifier et les éliminer. De temps en temps, les Américains arrivent à tuer l’un d’eux. Nasser al-Whayshi, le chef de l’AQPA est « liquidé », ainsi que le Saoudien Saïd al-Chehri, le numéro deux de l’organisation, spécialisé dans la conception de bombes. Cet ancien de Guantanamo, qui est passé par un programme de réhabilitation dans son pays, avait refait surface au Yémen. Il est tué par un missile le 23 janvier 2013. Al-Chehri était aussitôt remplacé par un autre artificier, le Saoudien Ibrahim al-Asiri, qui avait déjà conçu des colis piégés adressés aux États-Unis en 2010.
Un autre personnage influent de la mouvance jihadiste a été tué par un drone américain. Il s’agit  de l’imam radical Anwar al-Awlaqi. Ce yéménite, né aux Etats-Unis, n’a jamais fait officiellement partie d’AQPA. Mais il était en charge de la communication d’Al Qaida à destination du monde anglophone, via le site en ligne «Inspire». Il avait réussi à influencer un grand nombre de jihadistes étrangers, dont Umar Farouk Abdulmutallab,  cet étudiant nigérian, auteur de l’attentat avorté du vol Amsterdam-Detroit le 25 décembre 2009 ou encore le psychiatre de l’armée américaine, le major Nidal Hassan qui avait tué treize de ses camarades sur la base militaire de Fort Hood (Texas) en novembre 2009. On peut également citer Faisal Shahzad, cet Américain d’origine pakistanaise qui avait essayé sans succès de faire exploser un véhicule à Times Square en mai 2010, et d’autres encore. Tous se sont référés de cet idéologue, dont a dit qu’il pourrait avoir été proposé pour succéder à Oussama Ben Laden. Pour lui, il n’y avait nul besoin d’une fatwa pour tuer des Américains. Il n’y a donc rien d’étonnant à ce qu’il ait été l’une des cibles prioritaires de l’administration américaine. Un premier missile tiré par un drone américain l’avait raté le 7 mai 2005. Les Américains réussiront à atteindre leur cible six ans plus tard, le 23 septembre 2011.

Un dangereux artificier d’AQPA dans la ligne de mire U.S.

al-Asiri.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Il s’agit d’Ibrahim el-Asiri, dit Abou Saleh, un Saoudien de 32 ans, qui a remplacé Saïd al-Chehri comme artificier en chef d’AQPA. Ibrahim el-Asiri échappe depuis des années aux tirs de drones américains qui ont tenté à plusieurs reprises de l'éliminer. El-Asiri a échappé chaque fois à la mort. Il a même, au moins une fois, été donné pour mort avant que la nouvelle ne soit démentie. Il aurait formé une équipe de fidèles prêts à prendre sa place en cas de décès.
El-Asiri est aujourd’hui un expert en explosifs. En octobre 2010, el-Asiri avait fabriqué deux bombes dont les explosifs étaient cachés dans des cartouches d'imprimantes et envoyées dans des avions-cargos pour Chicago. Elles ont passé tous les contrôles et n'ont été découvertes que parce que les services secrets saoudiens avaient infiltré au sein d'Aqpa un agent qui leur a donné le numéro du vol, le trajet et jusqu'au numéro des colis. L'une a été arrêtée au départ, l'autre en transit à Londres.
Ibrahim el-Asiri, qui a étudié la chimie, utilise pour confectionner les bombes un explosif, à base de Tétranitrate de pentaérythritol (PETN), quasiment impossible à détecter. Les bombes ne contiennent aucune pièce de métal et peuvent donc passer sans encombre la quasi-totalité des contrôles aéroportuaires.
C'est avec de PETN qu'était constitué l'engin qu'il a placé en août 2009 dans les sous-vêtements de son frère cadet, Abdullah, qui s'est fait sauter au moment où il approchait du prince Mohammad ben Nayef, vice-ministre saoudien de l'Intérieur chargé de la lutte antiterroriste. Seul le kamikaze a péri. C’est encore de l’PETN que le Nigerian Omar Farouk Abdulmuttalab portait sur lui lorsqu’il a vainement tenté de faire sauter un avion en route vers Detroit, le 25 décembre 2009.
Selon un rapport confidentiel des services de renseignement américains, cité en 2012 par l'hebdomadaire Newsweek, al-Asiri aurait tenté, en coopération avec notamment un médecin syrien, de mettre au point l'implantation d'engins explosifs à l'intérieur de corps humains.

De nombreux étrangers au sein d’AQPA
Selon le président yéménite Abd Rabbo Mansour Hadi  70 % des membres d'AQPA sont des étrangers. Cette statistique se base, dit-il sur la présence dans les morgues du Yémen de cadavres de jihadistes originaires notamment du « Brésil, des Pays-Bas, d'Australie, de France et d'Allemagne ».

Le Yémen, un laboratoire de l’intervention américaine en Irak
Les Etats-Unis ont discrètement ouvert en 2008 un troisième front au Yémen. Il s’agit d’une opération secrète contre le réseau Al-Qaïda menée par des agents de l’antiterrorisme expérimentés, en même temps que certaines unités de commandos chargées des opérations secrètes. Parmi les missions qui leur ont été confiées figure la formation des forces de sécurité yéménites, des unités du ministère de l’intérieur et des garde-côtes aux techniques de l’antiterrorisme.
Le dispositif américain au Yémen est complété en Afrique orientale par la base aéronavale de Diego Garcia dans l’Océan indien et par une base à Djibouti.
Le positionnement américain à Djibouti a pour mission de détecter les groupes terroristes en liaison avec ceux du Moyen-Orient et de servir de plateforme opérationnelle pour sa guerre clandestine contre Al-Qaida au Yémen et en Afrique de l’est, en particulier en Somalie.
AQPA a naturellement tiré profit du chaos dans lequel le Yémen s’est retrouvé plongé en raison de La révolution dite du « printemps arabe » de 2011. AQPA en a profité pour prendre le contrôle de nombreuses régions et villes dans le sud et l’est du pays. Mais c’était sans compter sur la réaction des Etats-Unis qui ont aussitôt mis en place une stratégie de coopération avec les autorités et l’armée yéménites.
En avril 2014, Américains et Yéménites menaient une opération conjointe d’envergure, attaquant des camps d’entraînement et des bases d’AQPA, faisant de nombreuses victimes parmi lesquels beaucoup de jihadistes étrangers.
Mais il est certainement trop tôt pour crier victoire. Les jihadistes d’AQPA semblent avoir effectué un simple repli tactique dans les zones montagneuses, parfois en accord avec des tribus, ou fui vers des provinces plus au nord, comme Mareb et Baïda ou dans l'est du pays comme au Hadramout. « Le réseau n'a pas réellement perdu ses principaux fiefs dans le sud », selon une source tribale, proche de la mouvance extrémiste. En outre, « les tribus offrent un environnement favorable aux insurgés. Les chefs des tribus ne veulent pas voir l’armée entrer sur leurs terres. C’est la raison pour laquelle l'armée trouve des difficultés à chasser les membres d'el-Qaïda de ces zones tribales. Il faut ajouter à cela qu’il est difficile de faire le tri entre les membres des tribus et ceux d’al-Qaïda, compte tenu du fait qu’il s’agit souvent des mêmes.

Comme en Irak, la lutte anti-terroriste n’oublie pas le pétrole
La base américaine installée à Djibouti permet aux Etats-Unis de dominer l’extrémité orientale de la vaste bande pétrolière traversant l’Afrique considérée désormais comme vitale pour leurs intérêts stratégiques, une bande allant de l’oléoduc Higleg-Port Soudan (1600 km), dans le sud-est, à l’oléoduc Tchad-Cameroun (1000 km) et au Golfe de Guinée dans l’Ouest. Un poste d’observation américain en Ouganda donne aux Etats-Unis la possibilité de contrôler le sud Soudan où se trouve le gros des réserves soudanaises de brut.

Jean René Belliard (auteur de Beyrouth, l'enfer des espions)

09:00 Publié dans AQPA, Arabie saoudite, Etat Islamique, Etats-Unis, Irak, Pétrole, Yémen | Lien permanent | Commentaires (1) | | | | |

23/06/2014

Nouvelles de la guerre globale sunnites – chiites : 23 juin 2014

Front libanais

Interpellation à Beyrouth d'un kamikaze français
Un Français d'origine comorienne, soupçonné d'avoir voulu commettre un attentat suicide au Liban, faisait parti e d’un groupe de quatre jihadistes kamikazes entrés au Liban pour y commettre des attentats. C’est l’un de ces quatre hommes, un Syrien si l’on en juge par son accent, qui serait l'auteur de l'attentat suicide vendredi 20 juin contre le barrage des Forces de Sécurité Intérieure sur le col de Dahr el-Baïdar. 
Le Français avait été interpellé par la Sûreté générale libanaise dans un hôtel du quartier Hamra.  Il aurait reconnu au cours de son interrogatoire être venu au Liban pour y commettre un attentat suicide.

Front irakien

Tal-Afar
Le commandement de l’armée irakienne avait annoncé, il y a trois jours l’envoi de renfort pour reprendre la ville stratégique de Tal Afar prise en partie par les Islamistes sunnites. La contre-offensive est finalement un échec et l’armée a du abandonner le terrain, laissant l’EIIL seul maître de la région. Il n’y a plus, désormais, de troupes gouvernementales entre Mossoul et la frontière syrienne.

L’EIIL massacre ses prisonniers
Selon Qassem Atta, porte-parole du Premier ministre Nouri al-Maliki pour les affaires de sécurité, "des centaines de soldats ont été décapités, pendus (...) à Salaheddine, Ninive, Diyala, Kirkouk » par les jihadistes de l'EIIL".  une vidéo particulièrement odieuse a été mise en ligne par l'EIIL. Elle montre un officier de l'armée se faire décapiter.

Al-Walid, poste frontière entre l’Irak et la Syrie
Après avoir pris la localité de Rutbah à l’ouest de l’Irak, les Islamistes sunnites annoncent avoir occupé le poste frontière d’al-Walid entre l’Irak et la Syrie sur la route internationale 11. Mais les combats continuent entre l’armée irakienne et les islamistes pour le contrôle de ce poste frontière ainsi que pour le poste frontière entre l’Irak et la Jordanie où les affrontements ne sont pas terminés contrairement à ce qui avait été annoncé.

Ville frontière d’Al-Qaïm
Confirmation : l’EIIL a bien pris le contrôle de la ville irakienne d’al-Qaïm à la frontière avec la Syrie, face à la localité de Boukamal qui, elle, n’est pas entre les mains de l’EIIL mais du Front al-Nosra, le représentant officiel d’al-Qaïda en Syrie en guerre avec l’EIIL.

L’armée des Naqchbandis exécute le juge qui a condamné Saddam Hussein à mort
Raouf Abdul Rahman, le  juge qui, en 2006, a condamné à mort Saddam Hussein, ainsi que Barzan Ibrahim al-Tikridi, le demi-frère de Saddam Hussein et chef de la police secrète, et Awad al-Bandar, chef du tribunal révolutionnaire de Saddam,  a été exécuté par les membres de l’armée des Naqchbandis. Cette armée, rappelons-le, est composée d’un grand nombre d’officiers et de soldats de Saddam Hussein. Elle participe à l’assaut mené par les Islamistes sunnites contre le pouvoir irakien. Rahman avait été capturé par les Naqchbandis le 16 juin dernier. A noter qu’un Islamiste du parlement jordanien, Khalil Attieh, s’est publiquement réjoui de l’exécution du juge Rahman.

Front Yéménite

AQPA aux côtés du Front al-Nosra
Selon une information diffusée par un media américain, AQPA (Al-Qaïda dans la péninsule arabique), le représentant officiel d’al-Qaïda au Yémen et en Arabie saoudite, aurait annoncé son soutien à l’EIIL. Il semble que cette information soit fausse si l’on en croit l’arrivée en Syrie pour rejoindre le Front al-Nosra, d’un des membres d’AQPA les plus recherchés par le FBI : Sanafi al-Nasr. Ce saoudien est l’un des principaux dirigeants d’AQPA. Cette arrivée d’al-Nasr en Syrie semble confirmer que les récents succès de l’EIIL en Irak n’ont pas convaincu la centrale d’al-Qaïda de mettre un terme à la lutte fratricide que se livrent en Syrie son représentant, le Front al-Nosra, et la « bande d’al-Bagdadi », comme les adversaires de l’EIIL surnomment cette organisation.

Front jordanien
L’armée jordanienne a dépêché des renforts vers la zone frontière avec l’Irak. Ces renforts comprennent des tanks, des lance-roquettes multiples et des transports de véhicules blindés. Leur mission est d’empêcher toute infiltration d’éléments armés islamistes à partir du territoire irakien.

Les réseaux jihadistes à travers le monde

jihadist_groups_world_map_624_v5.gif

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Jean René Belliard (auteur de Beyrouth, l'enfer des espions)
  
 

 

19:21 Publié dans AQPA, Armée des Naqchbandis, Etat Islamique, Front al-Nosra, Irak, Jordanie, Syrie, Tal Afar, Yémen | Lien permanent | Commentaires (0) | | | | |