24/11/2014

22 et 23 novembre 2014 – Nouvelles des guerres du Moyen Orient

Front irakien

Ramadi (100km à l’ouest de Bagdad)
L'État islamique (EI) a lancé depuis la nuit du jeudi 20 au vendredi 21 une offensive majeure pour s'emparer de la totalité de la ville irakienne de Ramadi dont la prise lui permettrait d'asseoir son autorité sur la province occidentale stratégique d'al-Anbar, frontalière de la Syrie.
L’EI a lancé une sattaque surprise depuis le nord, l'ouest, l'est et le sud, en faisant notamment exploser des voitures piégées. 25 des 37 positions que l’armée irakienne et les milices pro-gouvernementales contrôlent à Ramadi ont été attaquées en même temps, ce qui donne une idée de l’ampleur de l’offensive.  Les jihadistes, qui ciblent le centre-ville visé par des tirs de mortier depuis la nuit, ont réussi à prendre le quartier de Madiq, mais « la police, l'armée et les forces tribales (alliées) sont parvenues à stopper l'attaque », a indiqué un responsable.
Aux dernières nouvelles en date du dimanche 23 novembre, les Jihadistes encercleraient le siège du gouvernorat de la province d’al-Anbar à l’intérieur de Ramadi, prenant au piège des éléments de la police. Les policiers auraient appelé à l’aide, le bâtiment étant encombré de morts et de blessés.
Pour sa part, un membre du conseil provincial, Azzal al-Fahdawi, a appelé à un « soutien de l'armée de l'air » irakienne ou des avions de la coalition internationale menée par les États-Unis. Pour rappel, la quasi-totalité de la province d'al-Anbar, qui jouxte aussi l'Arabie saoudite et la Jordanie, est contrôlée par les jihadistes et la prise de Ramadi, son chef-lieu, constituerait une importante victoire. De son côté, la coalition a mené plusieurs raids près de Ramadi au cours des dernières 72 heures, a annoncé hier le commandement américain chargé de la région (Centcom).
Cette vidéo (langue arabe) tournée par l’armée irakienne nous fait faire un tour des quartiers de Ramadi encore aux mains de l’armée (Houz, Andalous, Mal’am, Mu’alimin) :
https://www.youtube.com/watch?v=RV07oCgPeew&feature=p...

Les Jihadistes de l’EI exécutent une vingtaine de membres de tribus près de Ramadi
Le groupe takfiriste Daech a tué 23 membres des tribus Al-Bou Mahal et al-Bou Fahad lors d'une attaque à al-Sijariyah, à l’est de la ville de Ramadi, ont indiqué samedi 22 novembre un chef tribal et un officier de police. Les Jihadistes ont attendu que les combattants des tribus aient épuisé leurs munitions pour les capturer et les exécuter. Les Jihadistes seraient arrivés dans la localité d’al-Sijariyah sans armes en prétendant qu’ils étaient des étudiants. Ils auraient alors reçu des armes et commencé l’attaque, tuant 25 membres de la tribu Al-Bou Fahad.
L’armée et les tribus ont réussi à reprendre la localité, tuant une vingtaine de Jihadistes.

Vidéo d’une scène de combat dans le désert de la province sunnite d’al-Anbar
Cette vidéo (côté jihadiste) prise par un cameraman qui semble être ouzbek montre des combattants de l’EI tenter de fuir dans une zone désertique avant d’être atteints par des tirs de l’armée irakienne :
http://www.liveleak.com/ll_embed?f=b6f3e1018444

Violents affrontements à Jalawla (nord est de Bagdad) - Suite de la précédente parution
L’armée irakienne poursuit son offensive pour tenter de reprendre aux Jihadistes de l’EI la localité de Jalawla, après avoir repris celle d’Imam Weiss. Cette région est proche de la frontière iranienne.
Les résultats de la bataille sont confus. On annonçait, dimanche 23 novembre, que les Peshmergas kurdes se seraient rendus maîtres de 80% de la localité  de Jalawla au prix de lourdes pertes qui s’élèveraient à une vingtaine de tués et plus de quarante blessés. Selon certaines informations, les combats seraient finis et les Jihadistes se seraient enfuis. Selon d’autres informations, la bataille se poursuivrait.
La vidéo suivante (langue kurde), mise en ligne par les Kurdes, ne semble pas prouver que les Peshmergas se soient rendus maîtres de la localité de Jalawla :
https://www.youtube.com/watch?v=c4vknSJ6GAk&feature=p...
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Activité de la coalition internationale
Le CENTCOM a mis en ligne les films de quatre frappes aériennes contre des cibles de l’Etat Islamique dans la region de Kirkuk (Kurdistan) :
https://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&...

Offensive de printemps de la coalition internationale ?
Les Etats-Unis et leurs alliés prépareraient une grande offensive pour le printemps prochain dans le but de venir à bout de l’Etat Islamique.
L’opération serait dirigée par un officier supérieur américain, le lieutenant-général James Terry. Il est possible que son commandant en second soit un officier supérieur britannique, le lieutenant-général Tom Beckett. Le mois prochain, le lieutenant-général Beckett prendra la relève comme conseiller principal de la défense pour le Moyen-Orient (DSAME), un poste laissé vacant par le lieutenant-général Simon Mayall, qui prend sa retraite après quatre ans dans le rôle.
On a cependant quelques doutes sur la réussite d’une possible offensive pour le printemps prochain. Les Kurdes, pour commencer par eux, ne seraient pas en mesure de pousser plus au sud à l’intérieur de l’Irak sans une réaction négative de la part des tribus sunnites de la région. Quant à l'armée irakienne, elle est considérée par les Sunnites comme une milice chiite. Compte tenu de ces difficultés, les Américains réfléchiraient à la possibilité d’armer les tribus sunnites qui accepteraient de prendre les armes contre l’Etat Islamique. L’opération pourrait être menée conjointement avec l’Arabie saoudite et la Jordanie avec le risque toujours possible que certains groupes armés rallient soudain les Jihadistes de l’EI.

Le lieutenant-général Tom Beckett

Lieutenant-général Tom Beckett.jpg

Lieutenant-général Tom Beckett

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le lieutenant-général Tom Beckett a été déployé en Irak en 2003. Il commandait le 1er Bataillon du Régiment de parachutistes auquel  les Red Caps, ou Royal military police, étaient attachés. Huit membres des Red Caps avaient été massacrés au début de l’insurrection contre la présence britannique dans les provinces du sud du pays. On a accusé à l’époque les officiers supérieurs, dont Tom Beckett, qui commandaient les Red Caps, de négligence ayant entraîné leur mort. 
Le lieutenant-général Beckett prend la direction de la DSAME en raison du départ à la retraite du lieutenant-général Simon Mayall - un officier qui était considéré comme le principal expert de l'armée britannique sur les affaires arabes. Le lieutenant-général Mayall a dirigé la DSAME pendant quatre ans, mais sa retraite intervient seulement trois mois après que le Premier ministre l’ait nommé comme son envoyé spécial au Kurdistan - un rôle clé dans la guerre contre l'EI. Le départ du lieutenant-général Mayall est un coup dur en raison de sa compréhension de la politique moyen-orientale et du Jihad, selon Gareth Stansfield, professeur et expert du Moyen-Orient.

Jordanie
La campagne de marginalisation du mouvement des Frères Musulmans se poursuit. Après avoir été écarté du pouvoir en Egypte, déclaré organisation terroriste par les pays du Golfe, les Frères Musulmans devront faire désormais très attention à leurs propos en Jordanie.
Bani Rsheid Zaki, le numéro deux du Front d’Action Islamique, la version jordanienne des Frères musulmans, a été arrêté jeudi 20 novembre après avoir critiqué avec virulence les Émirats arabes unis pour avoir classé le mouvement islamiste sur leur liste noire.
Bani Rsheid avait qualifié sur Facebook le gouvernement émirati de « premier parrain du terrorisme ». « Les Émirats jouent le rôle de policier américain dans la région et (...) servent le projet sioniste (...) Ils agissent contre les mouvements de libération nationale, soutiennent les coups d'État et financent les groupes d'espionnage », a-t-il ajouté, en appelant à « chasser » ce pays du Conseil de coopération du Golfe, de la Ligue arabe et de l'Organisation de la coopération islamique.

Les Frères musulmans rejetés vers l’Etat Islamique ?
La persécution des mouvements revendiquant leur appartenance aux Frères Musulmans risque bien de pousser un grand nombre d’entre eux vers l’Etat Islamique. Plusieurs manifestations dans ce sens ont eu lieu ici ou là, comme en témoigne la dernière manifestation en date qui a eu lieu en Egypte. Les manifestants affichent ouvertement leur appartenance aux Frères Musulmans en faisant le signe de la Rabia (quatre doigt levés) :
https://www.youtube.com/watch?v=Hg1k47N4lDU&feature=p...

Front syrien

Damas et sa banlieue
Nouvelle vidéo russe des combats de Jobar (banlieue de Damas). Il s’agit d’une vidéo en langue russe dans le secteur VI de Jobar. Le cinéaste gagne la première ligne, séparée d’une dizaine de mètres des positions adverses – Exceptionnel :
http://www.liveleak.com/ll_embed?f=9730e1bcbfa9
La vidéo (langue russe) ci-dessous montre les combats dans le secteur VII de Jobar.
L’infanterie de l’AAS s’est retirée de la ligne de front pour laisser manœuvrer les tanks accompagnés par les Marines pour les protéger des tirs des armes antichars des rebelles. La première partie de la vidéo est la suite de la vidéo ci-dessus – Exceptionnel :
http://www.liveleak.com/ll_embed?f=a11e85a99ddf

Province d’Alep
Le Front al-Nosra, la branche syrienne d’al-Qaïda, a lancé, samedi 22 novembre 2014, une violente offensive contre deux villages chiites situés dans la province septentrionale d’Alep.
"Offensive des moudjahidines (...) dans les villages de Nebbol et Zahra et leurs environs et prise de plusieurs positions importantes", a indiqué le groupe jihadiste sur son compte Twitter pour la région d'Alep.
"Il s'agit de l'attaque la plus violente contre ces deux villages depuis le début de leur siège il y a un an et demi", a indiqué à l'AFP Rami Abdel Rahmane, directeur de l'OSDH. Alors que les rebelles avançaient dimanche au sud de Zahra, il a précisé que c'était la première fois qu'ils progressaient dans cette zone. Les villages sont défendus par des membres de la Défense nationale appuyés par le Hezbollah chiite libanais et des miliciens chiites irakiens.
L’objectif de l’attaque est de provoquer un relâchement de la pression imposée par l’AAS contre les Jihadistes du Front al-Nosra dans la ville d’Alep.

Nouvelle vidéo de la brigade Noureddine al-Zanki. La vidéo montre des combattants de la brigade de l’ASL (Armée Syrienne Libre) bombardant les positions de l’AAS dans le quartier de Salah ed-Dine avec leur gros mortier (exceptionnel) :
https://www.youtube.com/watch?v=by1VE0Pzy7U&list=UUtk...

Aïn el-Arab (Kobane en kurde)
Les combattants kurdes de l’YPG progressent dans toutes les directions à l’intérieur de Kobane, ainsi qu’aux environs de la ville. Ils prennent les Jihadistes en embuscade jusqu’à 25km à l’ouest de la localité, à 15km au sud et jusqu’à 35km à l’est. Les Kurdes ne cherchent pas à réoccuper le terrain pour l’instant, se livrant seulement à des opérations de guerrilla contre les Jihadistes.

Champ gazier d’al-Chaer – les combats se poursuivent
Les combats entre l'Etat islamique et l’Armée Arabe Syrienne (AAS) se poursuivent dans le désert du centre de la Syrie pour le contrôle du champ gazier d’al-Chaer.
L'État islamique a brièvement occupé le champ d’al-Chaer à deux reprises, une première fois en juillet 2014, exécutant des dizaines de membres du personnel et des forces de sécurité. L'armée syrienne en a repris le contrôle plus tôt ce mois-ci, mais les combats continuent à l'ouest de la ville de Palmyre.
L'agence de nouvelles SANA dit laconiquement ce matin (22 novembre) : "Une unité de l'armée a ciblé des groupes terroristes et détruit leurs armes dans les environs du champ d’al-Cha'er, un gisement de gaz important utilisé pour alimenter les usines de production d'énergie." Selon des informations non confirmées, 21 soldats syriens et des miliciens auraient été tués.
Le contrôle du champ gazier par le gouvernement syrien est très important à l’approche de l’hiver, saison où les besoins énergétiques sont plus élevés. En octobre, le gouvernement avait du réduire les subventions sur le carburant diesel et le mazout de chauffage, et augmenter les prix jusqu'à 33%.
La vidéo montre le célèbre colonel Suhail al- Hassan (surnommé « le Tigre ») faire le tour du site gazier après sa reprise en novembre :
https://www.youtube.com/watch?v=tfNjAN3SIns&feature=p...

La brigade islamiste  Fajr al-Islam perd son commandant
Cette vidéo mise en ligne montre la dépouille de Tariq al-Zoubi, le commandant de la brigade. Rappelons que la brigade Fajr al-Islam coopère avec l’Etat Islamique :
http://www.liveleak.com/ll_embed?f=9db2da6df9f0

Yémen

Al-Qaïda menace les Houthis chiites
Qassem al-Rimi, le chef militaire d'el-Qaïda au Yémen (AQPA), a promis de frapper plus fort les houthis dans un message audio mis en ligne le 20 novembre sur des sites jihadistes. « Aux houthis, nous disons : attendez-vous à des horreurs qui feront blanchir les cheveux des enfants . « Ce qui s'est passé à Sanaa n'est qu'un échauffement qui précède le combat », a déclaré al-Rimi en référence aux nombreux attentats anti chiites revendiqués par el-Qaïda, dont celui qui a fait une cinquantaine de morts le 9 octobre dans la capitale yéménite. « Vous êtes notre cible aujourd'hui (...) et n'imaginez pas que vos crimes resteront impunis », a-t-il poursuivi à l'intention des miliciens chiites.

Al-Qaïda se divise quant à sa position vis-à-vis de l’Etat Islamique
Harith Nazari, le leader d’al-Qaïda au Yémen (AQPA), est apparu sur une vidéo pour réfuter  officiellement l’autorité de l’Etat Islamique. Il prête au contraire allégeance au Mollah Omar, le chef des Talibans pakistanais, comme en témoigne cette vidéo (langue arabe) :
https://www.youtube.com/watch?feature=player_detailpage&a...
Ce message risque de diviser fortement les membres d’al-Qaïda dans la péninsule arabique (AQPA) car il apparaît que la base est très favorable au califat islamique proclamé par Abou Baker al-Baghdadi.
Le message de Harith Nazari ne fait pas l’unanimité non plus au sein des instances dirigeantes de l’AQPA. Mamum Hatim, un membre influent de l’organisation jihadiste yéménite a exprimé publiquement son désaccord avec le communiqué de Nazari. Va-t-on assister à un début de dissidence au sein de l’AQPA entre partisans et adversaires d’une allégeance à l’Etat Islamique ? A suivre …

Les Houthis clament leur amitié envers la Russie
Saleh al-Samad, chef du bureau politique du mouvement Ansar Allah (Houthis) et conseiller du président yéménite, veut établir des relations avec la Russie pour faire face à la politique "agressive" des Etats-Unis. C’est ce qu’il a déclaré  dans une interview à RIA Novosti.
"Nous apprécions énormément le rôle de la Russie soutenant l'axe de résistance au projet américain qui sème l'arbitraire depuis l'éclatement de l'Union soviétique", a indiqué al-Samad.
"Nous souhaitons établir des relations avec les Russes pour s'opposer au projet des Etats-Unis qui cherchent à contrôler le monde entier", a dit le dirigeant chiite yéménite.
Le mouvement chiite rebelle Ansar Allah (les partisans d'Allah) a pris pratiquement sans combats la capitale Sanaa, les provinces sud-ouest du Yémen et Al Hudaydah, ville portuaire sur la mer Rouge.
Le président yéménite Abd Rabbu Mansour Hadi et la délégation des insurgés ont conclu, sous la médiation des Nations unies, un accord de règlement de la crise prévoyant la mise en place au Yémen d'un nouveau gouvernement.

Califat islamique

Les camps d’entraînement de l’Etat Islamique au Moyen Orient
Cette carte montre l’étendue des centres d’entraînement de l’Etat Islamique en Irak et en Syrie :
EI training camps.png             
Rouge : Etat Islamique
Noir ; Front al-Nosra
Bleu : Autres groupes jihadistes

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

550 « Allemands » ont rejoint le califat islamique
Thomas de Maisière, le ministre de l’intérieur allemand, a révélé que 550 Allemands avaient rejoint l’Etat Islamique pour faire le jihad en Syrie et en Irak. 
"D'après les dernières estimations dont nous disposons, le nombre a encore progressé. Nous tablons désormais sur 550. Il y a encore quelques jours nous avions dit 450", a déclaré M. de Maizière lors d'une interview vendredi 21 novembre 2014 à la chaîne de télévision allemande Phoenix.
"En comparaison des dernières années, il s'agit d'une forte augmentation", a ajouté le ministre, précisant que si une majorité des candidats au jihad partis dans ces régions étaient des hommes, quelques femmes avaient également fait le voyage.
"Ces jeunes gens (...) se sont radicalisés en Allemagne, au sein de cette société. (...) C'est pourquoi la prévention doit accompagner la répression", a poursuivi M. de Maizière.
Sur le sol allemand, quelque 230 personnes sont actuellement considérées comme des menaces potentielles, dont "on ne peut pas exclure, et dans certain cas c'est même très probable, qu'elles préparent un attentat", a-t-il estimé.
Le gouvernement allemand avait annoncé mi-octobre de futures mesures permettant le retrait des cartes d'identité de présumés islamistes radicaux pour les empêcher de partir combattre en Syrie ou en Irak.

Plus de 500 jihadistes « britanniques » combattent dans les rangs de l’EI
La plupart d’entre eux se trouveraient en Syrie. 35 d’entre eux auraient déjà perdu la vie dans les combats et les bombardements.

Un Jihadiste « Britannique » et un « Français » tués dans les combats de Kobane
Après le « Britannique » Abou Abdullah al-Habashi, tué dans des combats à Kobane (mon blog du 21 novembre), on a appris la mort d’un autre Jihadiste « britannique ». Il s’agit d’un dénommé Abou Dharda (20 ans). Dharda vient d'un milieu Colombien-somalien et a grandi à l'ouest de Londres. Il s’est rendu en Syrie en Décembre 2013, entrant par la Turquie. On croit que Dharda a été interrogé par la police antiterroriste dans un aéroport britannique au moment de son départ, mais il aurait été autorisé à poursuivre son voyage après avoir satisfait les agents sur le but de son voyage.
Un « Français » a également été tué d’une balle dans la tête dans la même localité. Il s’agit d’Abou Suhayb al-Fransi :

Abou Suhaib al-Fransi.jpg

 

Abou Suhayb  al-Fransi
 

 

 

 

 

 

 

 

Coalition internationale

Etats-Unis
La vision géopolitique d’Elliott Abrahms
Elliot Abrahms, ex-consultant des présidents US Ronald Reagan  et Georges Bush junior, a fait un discours sur la politique américaine en Syrie devant la commission des relations étrangères de la Chambre des représentants.
Au cours de son discours sur la stratégie que Washington devrait adopter en Syrie, Abrahms a souligné que le Hezbollah était la cible qu’il fallait absolument éliminer afin de pouvoir réaliser les intérêts américains dans la région.

Deux axes en conflit
Abrahms a divisé sa présentation autour de deux axes: «l’axe du Hezbollah, l'Iran, la Russie, qui soutient Assad, et l'axe des États-Unis, l’Europe et les pays du Golfe, qui veut son départ».
Il a ensuite expliqué que « toute approbation de la part des États-Unis de permettre à Assad de faire partie du pouvoir durant la prochaine période sera considérée comme «une défaite pour Washington et une victoire pour Téhéran.»
A la question de  « qui va gagner? » dans cette bataille du Moyen-Orient, il a répondu qu’il allait de soi que les Etats-Unis devaient en sortir victorieux. Le problème est comment ?

Vaincre le régime syrien pour détruire le Hezbollah
Pour Abrahms il faut «remplacer le régime d’Assad par un régime sunnite qui évoluera en un Etat sunnite, ce qui serait «une défaite pour la Russie, l'Iran et le Hezbollah.»
Il a ajouté : «Vaincre le régime syrien permettra de détruire le Hezbollah au Liban» soulignant que  «la puissance du parti a augmenté au Liban durant ces dix dernières années, mais la transformation qui se produit en Syrie peut être le début de son déclin. Cela serait en notre faveur certainement ».

Sécurité d’Israël
Concernant la sécurité d’Israël, Abrahms a déclaré que «la Syrie assure un pont entre l'Iran et le Hezbollah, autrement dit,  l'Iran est aux frontières avec Israël via le parti, ce qui pose un grave problème, et donc si Assad tombe.. Tout  va changer».

Et l’Etat Islamique (Daesh) ?
Abrahms a fait remarquer que «pour vaincre Daech il faut changer l'équation en Syrie». Comment? «En plus de l'armement de l'opposition ... il faut frapper les forces de l’air syriennes»,  sous le prétexte qu’ «Assad utilise cette force pour bombarder son peuple».

Participation du Liban
Abrahms a déclaré au cours de l’audience qu’ '«une partie libanaise était  mécontente de la participation du Hezbollah en Syrie, en particuliers les chiites, qui se demandent pourquoi leurs fils meurent dans la défense de Bachar al-Assad?».
L’intérêt d’Abrahms pour le Liban remonte à l’an 2000, époque au cours de laquelle des hommes politiques américains considérés comme des faucons, tels que Richard Perle (chef du comité consultatif sur les affaires de défense sous le règne de George W. Bush), Daniel Pipes, Paula Dobriansky, Douglas Viet et Jeane Kurkpatrick avaient noué des relations avec des hommes d’affaires libanais, tels que Ziad Abdelnour, Daniel Nassif, Nabil al-Haj, Habib Malik, Samir Boustani, Charles Sahioun. C’est à la suite de ces contacts que les Etats-Unis – et la France – ont exigé, quelques années plus tard, le départ des soldats syriens du Liban.

France
Des Mirage de l'armée française sont désormais "positionnés" en Jordanie pour lutter en Irak contre l'organisation Etat islamique (Daesh).
La France avait annoncé mercredi le déploiement de six Mirage 2000-D en Jordanie, en plus des neuf Rafale basés aux Emirats arabes unis.

Grande Bretagne
Les commandos du SAS opèrent sur le terrain irakien
Des commandos du SAS britanniques, opérant au sol, occasionnent des pertes sévères aux Jihadistes de l’Etat Islamique dans le désert irakien.
Les commandos britanniques sont sur le terrain irakien depuis bientôt quatre semaines et font un véritable carnage parmi les Jihadistes. Ils ont tellement dépensé de munitions pour les mitrailleuses et les fusils des tireurs d’élite qu’on a été obligé de refournir les stocks prématurément.
Les commandos, lourdement équipés, sont transportés avec leurs quads par les hélicoptères Chinook de la RAF en profondeur à l’intérieur du territoire du califat islamique. Ils sont déposés à 90km de leur cible et se positionnent dans le plus grand secret pour attendre l’ennemi.
 «Notre tactique est d’inspirer la terreur de Dieu au sein de l’Etat Islamique car ils ne savent pas où nous allons et ils ne peuvent franchement rien faire pour nous arrêter. »
 «Nous atteignons leur moral. Ils peuvent courir et se cacher quand ils voient des avions dans le ciel, mais ils ne peuvent pas nous voir ou nous entendre. Nos tireurs d'élite amènent le facteur de la peur à un autre niveau; les terroristes ne savent pas ce qui se passe. Ils ne voient que leurs collègues gisant dans le sable ».
Les commandos du SAS visent principalement les voies d'approvisionnement à l’ouest de l'Irak et les check-points mis en place par les Jihadistes pour intercepter les véhicules et enlever les passagers pour extorquer de l'argent.
Les opérations sont minutieusement préparées. Les images des sites potentiels faites par les drones et les UAV (véhicules aériens sans pilote) sont soigneusement étudiées au préalable. Les communications radio de l’adversaire sont également écoutées avec attention, ceci dans le but d’identifier les postes de commandement et les dirigeants.  
Une fois que les officiers supérieurs du SAS ont identifié une cible, les commandos sont briefés pour recevoir les ordres opérationnels. Ils quittent alors leur base secrète et montent à bord d'une flotte d'hélicoptères - avec les quads déjà rangés dans la soute.
Il ne reste plus, pour les pilotes, qu’à entrer les coordonnées de la zone de désert où ils devront poser les Chinooks. Une fois posés, les commandos débarquent leurs quads, préparent leurs GPMG (General Purpose Machine Guns) et les fusils Barrett des snipers.
Les commandos n’ont plus qu’à s’approcher de leurs cibles dans le plus grand secret, les éliminer et disparaître à nouveau dans le désert pour gagner leur point de rembarquement.

Les commandos du SAS autorisés à tuer les Jihadistes « britanniques » en Irak et en Syrie
Les forces d'élite britanniques du SAS ont reçu l’ordre d'éliminer plutôt que de capturer les Jihadistes britanniques qui combattent aux côtés de l'État islamique et qui participent à sa terreur sanguinaire.
Le SAS n’a plus la mission d’essayer de capturer les « Britanniques » qui se battent dans les rangs de l’ Etat islamique. L’ordre est à présent de les tuer – kill only.
"Nous ne voulons pas les ramener au Royaume-Uni pour être jugés pour qu’ils se vantent des atrocités qu’ils ont commises et des vidéos qu’ils ont faites. Ils peuvent mourir dans la poussière en Irak. Ils ont semé la tempête, maintenant ils doivent la récolter.»
L’élimination physique de terroristes « britanniques » combattant dans une guerre étrangère par des membres des forces armées pourrait potentiellement poser des problèmes légaux. Mais le gouvernement a donné son feu vert à l’action du SAS  après une série d'atrocités auxquelles des « Britanniques » ont joué un rôle central. 
Jusqu'à présent, le SAS, en coordination avec les Américains, avait joué un rôle limité en Irak. Sa seule mission était de coordonner les frappes aériennes des bombardiers de la RAF et des Reaper Drones contre les Jihadistes de l’Etat Islamique. Ils avaient également pour mission de conseiller les forces irakiennes et de former les miliciens kurdes à mener des attaques contre l’Etat Islamique. Mais malgré des pertes importantes, les Jihadistes de l’EI restent une force importante et ils occupent toujours une vaste zone à cheval sur l’Irak et la Syrie.
Les ordres viennent de changer et le SAS a maintenant la mission d’éliminer physiquement les dirigeants de l’EI et de pourchasser  les Jihadistes « britanniques » grâce aux renseignements (Sigint) et les mettre hors de combat.
Dans un incident séparé, les super flics de l’anti-terrorisme ont monté à bord d’un avion en provenance de Jordanie, à l’aéroport de London Heathrow, jeudi 20 novembre, pour appréhender un homme âgé de 19 ans, originaire de Coventry, et soupçonné de préparer un attentat. Au début de l’année 2014, trois jeunes originaires de Coventry avaient rejoint les Jihadistes au Moyen Orient.

Jean René Belliard

 

 

 

 

08/11/2014

6 au 8 novembre 2014 – Nouvelles des guerres du Moyen Orient

La guerre fait rage entre les Islamistes sunnites, encore appelés Jihadistes, et le reste du monde. Et cette lutte à mort est multiforme. Elle l’est en raison de la diversité des adversaires – chiites, occidentaux, armées nationales, forces laïques, et tous ceux qui refusent de passer sous l’autorité des partisans de la charia. Et elle est multiforme en raison de la diversité des Jihadistes eux-mêmes dont beaucoup n’ont que peu ou pas de relations avec l’islam mais sont simplement animés par une haine féroce de « l’establishment ».
Il est nécessaire, par conséquent, de passer en revue les divers théâtres où ces affrontements ont lieu. On s’aperçoit, à considérer la liste de plus en plus longue des régions affectées par ce conflit, qu’on se dirige petit à petit vers ce qu’on pourrait appeler une guerre mondiale.

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29/10/2014

Guerres du Moyen orient – le 29 octobre 2014

Liban

Tripoli
Le calme est de retour dans la capitale du Nord, après plusieurs jours d'affrontements qualifiés des plus violents entre l'armée et des groupes islamistes. Ayant pour la première fois investi le quartier de Bab el-Tebbaneh qui servait de place forte aux Islamistes, l'armée a affirmé mardi 28 octobre qu'il n'était pas question qu'elle se retire de ce quartier, du moins tant que ceux qui sont recherchés par la justice ne seront pas arrêtés.

Les responsables des affrontements ont pris le large
Mais encore une fois, les interrogations fusent pour savoir qui est responsable de la disparition des éléments armés et, notamment, des principaux responsables, à savoir le cheikh wahhabite Khaled Hoblos, et les deux chefs jihadistes membres du Front al-Nosra, Chadi Mawlawi et Oussama Mansour. Ce n’est pas la première fois que les responsables d’affrontements avec l’armée libanaise s’évaporent dans la nature lorsque l’armée sort victorieuse des affrontements. Déjà, en 2007, Chaker al-Absi, le chef de Fatah al-Islam qui avait provoqué un violent conflit de trois mois contre l’armée libanaise dans le camp de Nahr el-Bared, proche de Tripoli, s’était envolé lorsque les militaires avaient finalement mis hors de combat les dernières poches de résistance dans le camp. La même chose était arrivée au Cheikh Ahmad Assir, un imam salafiste, lorsque l’armée était venu à bout de son mouvement insurrectionnel dans la banlieue de Saïda.
Certains affirment que les éléments armés ont réussi à s’échapper en se faufilant parmi la population civile qui fuyait en masse les zones de combats. C'est cette thèse qu'avalise d'ailleurs l'ancien ministre Ahmad Karamé, qui a démenti mardi 28 octobre les informations selon lesquelles l'armée aurait volontairement ouvert un point de passage pour laisser filer les combattants.

Tripoli n’est ni Damas ni Bagdad
L’insurrection provoquée par un cheikh wahhabite (pro-saoudien), cheikh Khaled Hoblos, n’a pas réussi pour de nombreuses raisons. La première est que les Libanais, échaudés par quinze ans de guerre et témoins des immenses destructions en Syrie voisine, ainsi que par la cruauté des Jihadistes de l’Etat islamique ou du Front al-Nosra, ne sont pas prêts à tout détruire, même pour « punir » le Hezbollah chiite de son intervention en Syrie. Le fait que ce soit un imam wahhabite qui ait appelé les soldats sunnites à déserter montrait à l’évidence qu’on cherchait à créer un conflit au Liban pour un objectif qui n’était pas libanais. Enfin les éléments du Front al-Nosra présents à Tripoli, et menés par Chadi Mawlawi et Oussama Mansour étaient trop isolés (physiquement dans une mosquée de Bab el-Tebbané) et coupés de la population et des leaders locaux pour avoir la moindre chance de l'emporter sur l'armée libanaise.

Le Front al-Nosra à Tripoli
Les éléments du  Front al-Nosra présents à Tripoli ne représentaient pas une menace très sérieuse pour l’armée libanaise et la paix civile au Liban. Du moins, tant que la population sunnite de la ville, pourtant enflammée par la colère devant la prise en main rampante du Hezbollah sur des pans entiers du pouvoir libanais, ne décidait pas de les rejoindre dans le combat. Le Front al-Nosra reconnaît aujourd’hui que l’environnement à Tripoli n’était pas propice à leurs actions.
Le Front ne comprenait qu’une trentaine d’éléments retranchés à l'intérieur de la mosquée Omar ben Massoud dans le quartier sunnite de Bab el-Tebbané.
Le leader du Front al-Nosra de Tripoli, Chadi Mawlawi, avait été arrêté en 2012 par la Sûreté générale dans les bureaux de l'ancien ministre Mohammad Safadi, avant d'être relâché sur pression sunnite.  Il avait participé aux nombreux rounds de violence entre le quartier sunnite de Bab el-Tebbané et le quartier alaouite de Jabal Mohsen.

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Chadi Mawlawi

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Oussama Mansour avait également pris part aux combats entre Sunnites et Alaouites.
Les deux hommes avaient prêté allégeance au Front al-Nosra en septembre 2014.

Le Front al-Nosra reconnaît son échec et une erreur de jugement à Tripoli
Les discussions vont bon train au sein de la mouvance jihadiste, notamment sur les réseaux sociaux. Nombreux sont ceux qui pensent que le Front a été entraîné malgré lui dans un affrontement avec l’armée. L’appel du cheikh wahhabite n’aurait joué aucun rôle en ce qui concerne l’affrontement entre Jihadistes et l’armée, affirment de nombreux Jihadistes sur les réseaux sociaux. Tout aurait en fait commencé, affirment les Jihadistes, lorsque le salafiste Ahmad Salim Mikati et plusieurs membres de son groupe armé avaient été arrêtés par l’armée. « Le groupe du cheikh Abou Hoda (Ahmad Salim Mikati) a aussitôt ouvert la bataille dans les souks en coordination avec des partisans de l’Etat islamique dès qu’a été connue l’arrestation d’Ahmad Salim Mikati. Et les autres groupes, dont le Front al-Nosra, ont été entrainés malgré eux dans la bataille, de peur d’être accusés de manque de soutien ».

La tension persiste
Pour l’instant, si l’ensemble de la classe politique soutient l’armée, les tensions persistent dans le pays, notamment dans la Bekaa où ce n’est pas seulement l’armée libanaise qui est en confrontation avec les Jihadistes, mais également le Hezbollah chiite.
Or, c’est précisément le Hezbollah, sa puissance militaire et son implication dans la guerre en Syrie, qui est à l’origine de beaucoup de tensions au Liban. C’est ce qu’a répété Samir Jisr, député de Tripoli (Membre du Bloc du Futur), qui, tout en affichant sa satisfaction de voir l'armée parachever le plan de sécurité commencé en avril 2014 à Tripoli, a également mis l'accent sur le fait que « tous les cas d'extrémisme au Liban sont des réactions au comportement du Hezbollah et à son arrogance ».

Front irakien

Nouveaux massacres de membres de tribus hostiles au califat islamique
Après la tribu Chaitat, établie dans la province de Deir ez-Zhor, à l’est de la Syrie, les Jihadistes de l’EI s’en sont pris à une nouvelle tribu, cette fois en Irak. Ils ont exécuté 46 membres de la tribu al-Bounimer, établie dans la province sunnite d’al-Anbar, à l’ouest de l’Irak. La tribu al-Bounimer avait pris les armes contre l’EI. Les Jihadistes s’étaient emparés de la zone occupée par cette tribu à l’issue de combats la semaine dernière.

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Des membres de la tribu al-Bounimer massacrés par l'EI.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Tikrit
Mardi 28 octobre 2014, un important contingent militaire a été aéroporté sur la base de Spyker près de Tikrit pour renforcer les unités de l’armée engagées dans des opérations au nord de la ville. Les renforts comprennent plus de 500 hommes et de nombreux véhicules et blindés.
L’armée irakienne est engage depuis de longs mois dans des offensives dont l’objectif est la libération de la ville de Tikrit et de Baïji.

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Renforts de l'armée irakienne sur la base Speicher

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Bataille de Jafr al-Sakhar
60km au sud de Bagdad. Cette bataille s’est soldée par la défaite des califatistes.
Vidéo d’une heure montrant la bataille :
https://www.youtube.com/watch?v=QKLk8WM3Re4&feature=p...

Activité de la coalition internationale
Le Centcom a mis en ligne plusieurs vidéos des raids aériens au-dessus de l’Irak.
Vidéo d’une cible jihadiste  à l’ouest de Mossoul :
https://www.youtube.com/watch?feature=player_detailpage&a...

Front syrien

Aïn el-Arab (Kobane en kurde)
Les Peshmergas en route vers Kobane
Les premiers renforts de combattants kurdes irakiens à destination de la ville syrienne kurde de Kobané assiégée par les Jihadistes ont atterri dans la nuit du mardi 28 au mercredi 29 octobre 2014 à l'aéroport de Sanliurfa (sud de la Turquie).
Ces combattants "peshmergas", dont le nombre n'a pas été précisé, ont aussitôt pris la route à bord de trois bus pour la frontière turco-syrienne, distante d'une cinquantaine de kilomètres, escortés par quatre blindés de l'armée turque et un véhicule de police.
Les forces de sécurité turques ont immédiatement fermé la route qui mène à la frontière, bloquant les nombreux journalistes qui tentaient de suivre le convoi.
Outre le contingent qui a atterri à Sanliurfa, un convoi d'une quarantaine de véhicules chargés d'armes lourdes est également attendu en Turquie, via la ville frontière turque de Silopi, pour rallier Kobané.
Vidéo des forces kurdes en Turquie :
https://www.youtube.com/watch?feature=player_detailpage&a...

La coalition internationale poursuit ses bombardements autour de Kobane
L'armée de l’air américaine a poursuivi ses frappes aériennes mardi 28 et mercredi 29 octobre 2014 contre les Jihadistes d’ l’Etat islamique assiégeant la ville syrienne de Kobane.
Des avions de chasse et des bombardiers américains ont mené huit raids aériens près de Kobané au cours des dernières 24 heures. Ils ont détruit cinq positions tenues par les jihadistes de l'EI, une "petite unité" de combattants, six véhicules, un bâtiment ainsi qu'un poste de commandement et de contrôle, a indiqué mercredi le centre de commandement américain pour le Moyen-Orient et l'Asie centrale (Centcom), dans un communiqué.
Vidéo :
https://www.youtube.com/watch?v=yZH56YvyZ64&feature=p...

Des membres de l’Armée Syrienne Libre traversent la Turquie pour gagner Kobane
Entre 50 et 150 combattants de l'Armée syrienne libre (ASL), fidèles au colonel Abdel Jabbar Oqaidi, sont rentrés en Syrie depuis la Turquie par le poste frontière de Mursitpinar dans la nuit du mardi 28 au mercredi 29 octobre pour participer à la défense de Kobané face à l'EI. Mais il semble que l’arrivée des renforts de l’Armée Syrienne Libre ne fasse pas l’unanimité au sein des Kurdes de Syrie. Les combattants de l’YPG, notamment, promettent d’empêcher l’entrée des Arabes syriens dans la ville de Kobane. Ils demandent aux rebelles syriens d’aller combattre l’EI ailleurs, comme à Manbij ou Jarablous, par exemple.

Alep
Les combattants de la brigade Noureddine Zanki bombardent l’AAS (Armée Arabe Syrienne) dans le quartier d’al-Rashdin à l’aide de leur « canon de l’enfer ». Vidéo :
https://www.youtube.com/watch?feature=player_detailpage&a...
et
https://www.youtube.com/watch?feature=player_detailpage&a...

Edleb
Les Jihadistes du Front al-Nosra (al-Qaïda en Syrie), aidés par d’autres rebelles, ont lancé une attaque surprise sur Edleb, dans le nord de la Syrie, lundi 27 octobre 2014 à l’aube. Ils se sont emparés de plusieurs positions de l’AAS (Armée Arabe Syrienne) autour de la ville et même, brièvement, plusieurs postes à l’intérieur, y compris le bâtiment du gouverneur.
L’AAS a engagé des hélicoptères de combat pour tenter de dégager les routes menant, notamment à la colline de Mastoumeh tombée entre les mains des rebelles.
Pour l’instant, les médias syriens tentent d’occulter l’offensive contre Edleb, expliquant, au contraire, qu’il y a bien eu une attaque de rebelles mais que ceux-ci se sont repliés après avoir subi de lourdes pertes. 
Les rebelles, qui sont maîtres d’une grande partie de la province d'Edleb depuis 2012, essayent maintenant de couper Edleb du reste du pays, obligeant l’AAS à s’engager sur un nouveau front, ce qui pourrat mettre un terme aux succès remportés par l’armée depuis quelques mois.

Champ pétrolier de Chaer
Les Jihadistes de l’Etat islamique ont repris leur offensive contre le champ pétrolier de Chaer situé près du célèbre site archéologique de Palmyre, dans le centre du pays. Ce champ avait déjà été capturé en juillet 2014 par les Jihadistes au terme de combats qui avaient fait 270 morts, en majorité exécutés par l'EI. L'armée syrienne avait repris le site pétrolier et gazier d'Al-Chaer après de violents combats.
Mardi 28 octobre, les Jihadistes réussissaient à s’emparer à nouveau du champ pétrolier de Chaer. L’AAS aurait eu au moins trente tués dans les combats qui ont duré toute la journée du mardi 28 et du mercredi 29 octobre. Les pertes des Jihadistes seraient également assez importantes. 
Le pétrole constitue pour l’Etat islamique une importante source de revenus grâce à plusieurs champs pétroliers qu’il a capturés en Irak comme en Syrie. La revente de pétrole sur le marché noir  rapporterait environ un million de dollars par jour à l'organisation depuis la mi-juin, a estimé récemment David Cohen, sous-secrétaire américain au Trésor en charge de la lutte contre le terrorisme.

Homs
La ville de Homs a de nouveau été ensanglantée par un attentat. Une trentaine de personnes ont été tuées, mercredi 29 octobre 2014, au cours d’un attentat à la voiture piégée qui a frappé le quartier alaouite d’al-Zahra, à l’est de la ville de Homs.
Cette attaque intervient près d'un mois après un double attentat devant une école qui avait tué 48 enfants et quatre adultes à Akrama, un autre quartier alaouite.
Les quartiers rebelles de Homs, surnommée un temps "capitale de la révolution" contre le régime Assad, ont été repris fin avril par le régime, après deux ans d'un siège asphyxiant et de bombardements. Seule l'enclave de Waer, un quartier populaire dans le nord-ouest de la ville, reste aux mains des insurgés et est bombardée presque quotidiennement par l'armée.

Front yéménite

Ce conflit s’inscrit dans l’affrontement régional entre Chiites et Sunnites.
Les rebelles chiites, les Houthis, poursuivent leur progression au centre du pays. Ils ont pris la ville  de Radhma, commandant l'accès au sud, après des affrontements meurtriers avec des tribus sunnites armées.
Située sur la route entre la capitale Sanaa et Aden, Radhma se trouve au nord-est d'Ibb, capitale de la province de même nom. Elle était considérée comme un fief des islamistes sunnites du parti Al-Islah en guerre contre les Houthis.
A Ibb, des houthis se sont emparés dans la nuit du QG de sécurité de la ville, d'où ils ont chassé les officiers. Ils contrôlent désormais la totalité de la capitale et l'ensemble de la province d'Ibb, à l'exception de la ville d'Udhayn qui restent aux mains d'al-Qaïda.
A Radah, dans la province voisine de Baïda, douze houthis ont été tués dans une embuscade nocturne tendue par des insurgés d'al-Qaïda.
Les houthis ont ignoré un appel lancé dimanche par le président Abd Rabbo Mansour Hadi leur demandant de "retirer immédiatement leurs hommes de toutes les villes et provinces (qu'ils ont prises), y compris Sanaa".

Jean René Belliard