01/10/2014

Menaces jihadistes à travers le monde - 1er octobre 2014

Algérie
Les auteurs de l'assassinat du Français Hervé Gourdel ont été identifiés par les services de sécurité algériens.

Australie
La police australienne a procédé mardi 30 septembre à plusieurs perquisitions à Melbourne et a interpellé un homme qui a été inculpé de financement d'une organisation terroriste.
L'opération a été organisée après la transmission d'informations par le FBI.
Un homme de 23 ans a été appréhendé pour avoir fait transiter par une organisation terroriste connue et interdite quelque 12.000 dollars australiens (environ 10.500 dollars) à l'adresse d'un ressortissant américain.
"Il a financé quelqu'un pour faire le voyage des Etats-Unis en Syrie et cette personne, nous le supposons, est actuellement en train de se battre en Syrie", a commenté le chef adjoint de la police fédérale, Neil Gaughan.

Etats-Unis -  Il semble que le jihad inspire des personnes mentalement dérangées
Dans la localité de Moore, dans l’Oklahoma, un Américain de 30 ans, Alton Nolen, avait récemment tenté de convertir à l'Islam plusieurs de ses collègues de travail. Il a décapité l'une d'entre elles avec un couteau et en a blessé un autre après avoir appris qu'il était licencié.
Un autre incident de ce genre vient d’avoir lieu dans le Mississipi. Jacob Muriithi, né au Kenya, aurait menacé de décapiter une employée d'une maison de retraite d'Oklahoma City en invoquant le groupe jihadiste de l'Etat Islamique (EI). Il a été arrêté et inculpé pour activités terroristes et placé en détention, a indiqué la police locale le 29 septembre.
La femme avait dans un premier temps pris ces menaces pour une plaisanterie.
"Elle ne savait pas ce qu'était l’EI", a indiqué la police. M. Muriithi aurait proféré ses menaces le 13 septembre, affirmant qu'il "représentait l’EI" et, lorsqu'elle lui a demandé de quoi il s'agissait, il aurait répondu: "Ils tuent des chrétiens en leur coupant la tête".
A sa question du pourquoi l’EI se livrait à de tels actes, il lui aurait dit: "C'est comme ça, c'est ce que nous faisons", a indiqué le porte-parole de la police, ajoutant que l'homme l'avait ensuite menacée de l'attendre à la sortie de son travail pour "lui couper la tête avec une lame émoussée, (...) et ensuite le poster sur Facebook".

France
Selon le minister de l’intérieur français, le nombre de radicaux français rejoignant les organisations jihadistes en Syrie et en Irak a grimpé en flèche en 2014. On évalue leur nombre à un millier et les services de sécurité évaluent à 200 le nombre de ceux qui s’apprêteraient à rejoindre l’EI.

Maroc
Des jihadistes marocains voulaient "rallier" les meurtriers d'Hervé Gourdel en Algérie.
Une "cellule terroriste" a été démantelée en fin de semaine dernière dans le nord du Maroc et selon les premiers éléments de l’enquête, ses membres avaient décidé de "rallier" Jund al-Khilafa, le groupe jihadiste ayant revendiqué l'assassinat du Français Hervé Gourdel.
Les autorités marocaines et espagnoles ont annoncé vendredi 26 septembre avoir procédé au démantèlement "d'une cellule terroriste" chargée de "recruter des combattants pour le compte de l'organisation Etat islamique" (EI). Huit membres ont été arrêtés à Nador. Son chef présumé, un Espagnol d'origine marocaine, a été arrêté dans l'enclave voisine de Melilla, où il résidait.
Ce groupe avait pris pour nom "Ansar l'Etat islamique au Maghreb Al-Aqsa".
"Après l'intensification des frappes des forces de la coalition sur la région syro-irakienne et le durcissement des mesures sécuritaires contre les volontaires pour le jihad", ses membres avaient "décidé de rallier Jund al-Khilafa", du nom du groupe ayant prêté allégeance" à l'EI en Algérie, a ajouté le ministère de l'Intérieur dans un communiqué. Ils avaient également "intensifié leurs contacts avec des jihadistes marocains membres (de l'EI), qui planifiaient de regagner le royaume pour perpétrer des actes de barbarie"
De 1 500 à 2 000 jihadistes marocains combattent actuellement en Syrie et en Irak, selon Rabat, qui dit craindre qu'ils profitent de cette expérience pour commettre des attentats à leur retour.
Le gouvernement marocain vient, à ce titre, d'adopter un projet de loi visant à renforcer sa législation antiterroriste afin de lutter en particulier contre l'enrôlement de certains de ses ressortissants par l'EI.

Casablanca (Maroc)
Sur cette vidéo, on voit des supporters islamistes du raja de Casablanca acclamant Daesh et réclamant le jihad :
https://www.youtube.com/watch?feature=player_detailpage&a...

Tunisie
Des centaines de Tunisiens ont rejoint la Syrie et l’Irak pour participer au jihad. Un phénomène qui inquiète en Tunisie, ces vétérans aguerris pouvant représenter une menace à leur retour au pays.
La Tunisie fournirait le plus gros contingent d'étrangers sur le théâtre syrien, avec de 2.400 à 3.000 combattants. Tunis assure aussi avoir empêché le départ de 9.000 personnes, une donnée invérifiable.
Le phénomène n'est pas pour autant nouveau. Dès le début des années 2000, ils étaient en effet nombreux à rejoindre l'Afghanistan puis l'Irak.
Mohamed Iqbal Ben Rejeb, président de l'"Association de sauvetage des Tunisiens bloqués à l'étranger", note que le phénomène est d'autant plus inquiétant que les combattants recrutés ne sont pas uniquement des désœuvrés.
"L'âge des combattants tunisiens en Syrie varie entre 18 et 27 ans. La plupart sont des élèves ou des étudiants mais il y a aussi des fonctionnaires et ils appartiennent à toutes les classes sociales", souligne M. Ben Rejeb.
Les autorités ne sont guère bavardes sur le sujet même si le porte-parole du gouvernement tunisien, Nidhal Ouerfelli, considère le retour de ces takfiristes en Tunisie comme "la deuxième plus grosse menace aujourd'hui après la situation instable en Libye" voisine.
Interrogé par l'AFP, le ministère de l'Intérieur n'a pas voulu détailler sa stratégie en la matière: "Il n'y a que le bâton pour ces gens-là. On ne veut pas de leur retour en Tunisie", lâche simplement Mohamed Ali Aroui, son porte-parole.

Jean René Belliard (Auteur de Beyrouth, l'enfer des espions)

 

11:07 Publié dans Algérie, Etat Islamique, Etats-Unis, France, Maroc, Tunisie | Lien permanent | Commentaires (1) | | | | |

30/07/2014

Libye : Il faut maintenant parler de guerre civile

La guerre civile
On peut considérer aujourd’hui que la Libye est en proie à une violente guerre civile dont nul ne sait comment elle finira. Inutile de parler de « risques de guerre civile » ou d’utiliser des titres comme « la Libye au bord de la guerre civile », ou encore de chaos. La Libye n’est pas au bord de la guerre civile. Elle est en pleine guerre civile et le nombre des victimes va croître d’une manière exponentielle. Or, cette guerre civile nous intéresse au plus haut point car elle oppose des Musulmans libéraux - comme on les aime en Occident - à des Islamistes et des Jihadistes.

Nombreuses conséquences pour les pays voisins :
La guerre civile qui va ravager la Libye aura de nombreuses conséquences :

- Elle va signifier un très grave problème humanitaire pour l’Italie qui devra faire face à un accroissement considérable du nombre de « boat people » cherchant par tous les moyens à gagner l’Europe, même au péril de leur vie - C'est déjà le cas aujourd'hui, vous me direz. Il n’y a qu’à regarder les millions de réfugiés syriens qui s’entassent aujourd'hui dans des camps au Liban, en Turquie et en Jordanie pour deviner facilement ce qui attend l’Europe.

- Un problème sécuritaire extrêmement inquiétant pour les pays limitrophes de la Libye, en commençant par la Tunisie et l’Egypte. La Tunisie a d’ailleurs déjà déclaré qu’elle avait l’intention de fermer ses frontières aux réfugiés libyens. Cela a été annoncé par le ministre des Affaires étrangères, Mongi Hamdi, indiquant que 5000 à 6000 réfugiés libyens arrivaient chaque jour en Tunisie. Or,  l'économie tunisienne est précaire et le pays n'est pas en mesure de recevoir les milliers de réfugiés, a-t-il ajouté.
Mais fermer les frontières est plus facile à dire qu’à faire. Ces frontières sont poreuses, comme sont celles de l’Egypte et surtout de tous les pays du grand sud saharien déjà en proie à l’agitation jihadiste.  Déjà, la version jihadiste tunisienne, Ansar al-charia, a mis en ligne, aujourd’hui 30 juillet, un sérieux avertissement à l’armée tunisienne, la menaçant des pires conséquences si elle poursuivait ses actions sécuritaires contre les Jihadistes d’AQMI.

- Les gouvernements occidentaux semblent amnésiques et ne se souviennent plus du tout qu’ils ont contribué à la création d’un vide de l’autorité en se bornant à aider les rebelles à abattre le régime de Mouammar Kadhafi sans se soucier de ce qu’il adviendrait par la suite dans le pays et sans aider les nouvelles autorités libyennes  à reconstituer un Etat et des forces de sécurité. La seule décision prise à ce jour est celle d’évacuer les ressortissants nationaux comme si cela  suffisait.

Les jihadistes d'Ansar al-Charia ont mis en ligne quelques uns des équipements militaires capturés lors de la prise de la caserne des forces spéciales :

Benghazi - 01.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


On avait cru que le général Haftar bénéficiait de l’aide américaine
Notre curiosité avait été excitée par la personnalité du général Khalifa Haftar lorsque celui-ci avait déclaré vouloir débarrasser Benghazi des milices islamistes, dont l’une, Ansar al-Charia, avait été inscrite par Washington sur la liste des organisations terroristes. Les autorités américaines l’accusaient d’avoir joué un rôle dans l’assassinat de l’ambassadeur américain, le 11 septembre 2012. On pensait que la CIA était derrière le coup de force du général. Mais depuis le mois de mai, rien ne s’est passé. AFRICOM, l’agence américaine de lutte contre le terrorisme en Afrique et au Moyen Orient, ne semble pas avoir fait le moindre mouvement pour aider et équiper les hommes du général et leur permettre de chasser les Jihadistes de Benghazi. L’administration américaine n’était finalement intéressée qu’à capturer celui qu’elle considérait comme responsable de l’assassinat de son ambassadeur – une opération menée d’ailleurs avec la collaboration des hommes de Haftar – mais rien d’autre. Aujourd’hui, les rebelles islamistes ont conquis le quartier général des forces spéciales de l'armée libyenne, qui s’étaient ralliées au général Haftar. C’était la principale place-forte des partisans de Haftar à Benghazi.
Les forces spéciales commandées par le colonel Wanis Abou Khamada ont du abandonneur leur caserne située dans le quartier de Bouatni et se sont retirées hors de la ville, laissant 85 soldats morts derrière eux. C’est la pire défaite de l’armée face aux milices islamistes qu’elle prétendait combattre.
Il s’agit d’un coup dur pour le général Khalifa Haftar car les Forces spéciales s’étaient déclarées favorables au coup de force qu’il avait lancé à partir du 16 mai contre les Islamistes, même si elles n’étaient pas allées jusqu’à se placer sous ses ordres.

Le «Conseil de la Choura » seul maître de Benghazi
Le « conseil de la Choura des révolutionnaires de Benghazi », une alliance de groupes islamistes et jihadistes, contrôle désormais la base militaire et est seul maître de la seconde ville du pays.

L’exemple libyen inspire déjà d’autres Jihadistes
L’organisation jihadiste tunisienne Ansar al-Charia a cru bon profiter du succès des jihadistes libyens contre l'armée pour élever à son tour le ton et sommer les forces de sécurité et l’armée tunisiennes «de choisir entre la réconciliation ou la guerre».
Ansar al-Charia appelle les forces de sécurité et l’armée à «libérer leur esprit de la peur, à prendre le parti de la vérité, à revenir à leur religion et à leur nation, avant qu’il ne soit trop tard». Les Jihadistes déclarent qu'ils assimileront tous les membres des forces de sécurité qui ne leur obéiraient pas comme des infidèles et des mécréants.
«Les événements survenus sur la terre de Kairouan (comme les Jihadistes appellent la Tunisie) depuis le mois de mai (2014), œuvre de frères moujahidines basés dans les montagnes, est la meilleur preuve que vous ne comprenez que la logique de la force et n’écoutez que  le bruit des balles», lit-on dans le communiqué, par allusion aux attaques des forces de sécurité et de l’armée contre les Jihadistes du mont Chambi, à cheval sur la frontière entre l'Algérie et la Tunisie.

Jean René Belliard (auteur de Beyrouth, l'enfer des espions)

19:07 Publié dans Africom, Algérie, Ansar ach-Charia, AQMI, Benghazi, Egypte, Etats-Unis, Haftar Khalifa, Libye, Tunisie | Lien permanent | Commentaires (0) | | | | |

17/07/2014

14 soldats tunisiens tués par AQMI dans le mont Chaambi

Le Mont Chaambi
Le Mont Chaambi est un massif difficile d’accès à la frontière entre l’Algérie et la Tunisie. C’est un lieu traditionnel de passage pour tous les trafiquants et repris de justice. Les Jihadistes d’AQMI (al-Qaïda au Maghreb Islamique) s’y sont retranchés depuis le "Printemps arabe" et les affrontements y sont réguliers entre AQMI et l’armée tunisienne depuis avril 2013. 

Algérie et Tunisie face au même danger
Les autorités algériennes et tunisiennes se sont rencontrées à plusieurs reprises pour tenter de mettre au point une stratégie contre le danger jihadiste à la frontière entre les deux pays. Il a été décidé de renforcer la coopération aux frontières et de multiplier les patrouilles communes pour contrer AQMI. Plusieurs opérations de grande envergure avaient été menées contre les maquis jihadistes du Mont Chaambi en mai et août 2013. Mais ils n’ont pas, apparemment, réussi à les déloger de leur place forte.

14 soldats tués dans une attaque d’AQMI sur le mont Chaambi
Au moins 14 soldats tunisiens ont été tués mercredi 16 juillet dans une attaque imputée à AQMI sur le mont Chaambi, près de la frontière avec l'Algérie, où l'armée traque toujours les combattants jihadistes. Le bilan risque d’être encore plus lourd a annoncé le bureau de presse du ministère de la défense.

Jean René Belliard (auteur de Beyrouth, l’enfer des espions)

20:51 Publié dans Algérie, AQMI, Tunisie | Lien permanent | Commentaires (0) | | | | |