03/09/2014

3 septembre 2014 – La guerre contre l’Etat Islamique

Steven Sotloff, le journaliste américain décapité, avait également la citoyenneté israélienne
Cette information avait été maintenue secrète pour ne pas faire courir de risques au journaliste lors qu'il avait été pris en otage. Mais cela n’a pas suffi. Cette information sur sa nationalité israélienne a été donnée par un tweet de Paul Hirschson, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères israélien.
Les médias israéliens ont révélé que Sotloff, né aux Etats-Unis, avait émigré en Israël en2005. Il avait fait ses études au Centre interdisciplinaire de Herzliya, un collège privé près de Tel Aviv.

Les Occidentaux condamnés à réagir contre l’EI
L’assassinat du deuxième journaliste américain et l’annonce par le mad jihadist (jihadiste fou) à l'accent anglais qu’il pourrait décapiter prochainement un Britannique, rend une intensification de la guerre des Occidentaux contre l’Etat Islamique de plus en plus probable.
Le 2 septembre, le président américain, Barack Obama, a décidé l’envoi en Irak de 350 soldats américains supplémentaires, ce qui porte le contingent U.S. à 1100 hommes.

Le problème est le choix des cibles dans une véritable poudrière
L’Irak et la Syrie ont prouvé, à bien des égards, qu’ils avaient un potentiel à devenir une véritable poudrière, tant sont complexes les conflits entre organisations jihadistes, rebelles, confessionnelles, tribales et politiques. Prenons l’exemple de la Syrie où l’Etat-major de l’Etat Islamique semble avoir trouvé refuge. Les jihadistes de l’EI sont aujourd’hui implantés dans plusieurs régions, notamment dans la province de Raqqa, qu’ils contrôlent et administrent entièrement, celle de Deir ez-Zhor où la situation est presque identique. Ceci signifie qu’une intervention occidentale signifierait une nouvelle guerre asymétrique entre des Jihadistes, honnêtes fellahs le jour et redoutables combattants la nuit et des soldats occidentaux. La moindre « bavure » occidentale jetterait des populations de plus en plus nombreuses dans les bras des Jihadistes. Par ailleurs, toute intervention étrangère en Syrie ou en Irak se ferait au détriment des Jihadistes et donc au profit d’autres forces, rebelles ou gouvernementales. Et c’est là que le bât blesse ! Dans cette région, les ennemis de mes ennemis ne sont pas nécessairement mes amis.

Les Iraniens aussi interviennent en Irak
Les Iraniens ont prétendu ne pas avoir envoyé de troupes en Irak. C’est faux. Il y aurait bien 2000 Pasdarans, les gardiens de la révolution islamique iranienne, au nord de Bagdad avec la mission de protéger la capitale irakienne. Ce sont ces hommes que Qassem Souleimani, le commandant de la Force al-Qods, le corps d’élite des Pasdarans, serait venu inspecter en juin, quelques jours après le début de l’offensive de l’EI. Par ailleurs, les Kurdes ont révélé que 1500 Iraniens avaient aidé les Peshmergas à lutter contre les Jihadistes de l’EI. Enfin, dernière information : Plusieurs conseillers militaires iraniens auraient été vus lors de l’offensive pour dégager la ville chiite irakienne d’Amerli encerclée par les Jihadistes.
La milice chiite Asaib Ahl el-Haq, financée et armée par l’Iran et totalement inféodée au régime des Ayatollahs, a été à la pointe des combats pour la prise de la ville voisine de Souleyman Beg, quelques jours après la libération d’Amarli. Deux Iraniens portaient des uniformes beiges alors que les membres de la milice chiite étaient en vert. Les deux Iraniens parlaient en Farsi entre eux.
L’intervention en Irak de militaires iraniens créent une curieuse situation ou conseillers américains et iraniens pourraient se retrouver côte à côte dans la lutte contre les Jihadistes de l’EI.
 
Front syrien

La situation syrienne de plus en plus compliquée
La carte ci-dessous montre la complexité de la situation sur le terrain en Syrie.
Les zones rouges ombragées représentent le territoire syrien encore contrôlé par les forces d’Assad, avec quatre petites poches contrôlées par le Hezbollah.
L’armée d’Assad pourrait essayer de reprendre la ville d’Alep ravagée par les bombardements aux barils de poudre, mais les rangs assadists commencent à se clairsemer et le Hezbollah libanais va avoir de plus en plus de mal à engager plus de troupes dans le pays après avoir perdu des centaines d’hommes au cours des quinze derniers mois. Reprendre le Nord et l’Est du pays est totalement hors de portée des partisans d’Assad dans la situation actuelle.
Il faut ajouter à cela le fait que le gouvernement syrien est en quasi-faillite après avoir perdu la plupart de ses revenus pétroliers.

situation in Syria.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Province de Deir ez-Zhor
Les Jihadistes de l’EI seraient en train de préparer une attaque de grande envergure contre une nouvelle base aérienne  dans la province syrienne orientale de Deir ez-Zhor.
Quelque 1.500 soldats syriens sont stationnés sur la base aérienne de Deir ez-Zhor, qui est utilisée par l'armée de l'air syrienne pour les opérations contre les positions de l’EI dans la province.
Si la base aérienne tombe, ce sera une victoire plus importante encore que la capture de la base de Taqba, dans la province de Raqqa, le 25 août 2014. 

Damas
L’armée d’Assad poursuit son matraquage de Jobar, une banlieue de Damas encore aux mains des rebelles du Front Islamique financé et armé par l’Arabie saoudite.
Vidéo du côté de l’armée assadiste :
http://www.liveleak.com/view?i=9a4_1409692632
Les soldats assadistes ont à nouveau utilisé, ce matin du mercredi 3 septembre, des roquettes BM-30, ces bombes qui descendent au bout de parachutes et qui sont la terreur des insurgés. L’objectif des Assadistes est visiblement de transformer Jobar en un tas de ruines :
http://www.liveleak.com/view?i=120_1409755578

Qalamoun (proche de la frontière libanaise)
L’armée assadiste et des combattants du Hezbollah auraient mené dans le Qalamoun une embuscade contre un convoi du Front al-Nosra (al-Qaïda en Syrie). Le convoi comprenait plus de vingt véhicules. La plupart des combattants d’al-Nosra auraient été tués ou blessés. L’émir du Front al-Nosra pour le Qalamoun, Abou Malik el-Talli, aurait perdu la vie au cours de cette embuscade, mais la nouvelle n’a pas encore été confirmée. Abou Malik était responsable de l'enlèvement des religieuses de Maaloula, ainsi que de l’attaque contre la localité libanaise d’Ersal au cours de laquelle des dizaines de soldats libanais avaient été enlevés.

Les Tchétchènes responsables des massacres de soldats à Tabqa
Depuis l'été dernier, de nombreux témoignages accusent les tchétchènes de l'Etat islamique, dirigés par Omar al-Shishani, d’être impliqués dans les massacres, les enlèvements et autres exactions.
Une vidéo intitulée « Novosti Halifata » montre un groupe de Tchétchènes de l'État islamique massacrer entre 160 et 250 soldats assadistes après la capture de la base aérienne de Tabqa dans la province de Raqqa il ya 10 jours. Les Jihadistes s’expriment en russe.

Voilà ce qui attend les jeunes femmes qui, par idéal, veulent rejoindre le jihad
De nombreuses jeunes femmes ont gagné l’Irak ou la Syrie pour participer au Jihad.. Elles arrivent d'Australie, de Malaisie et même du Royaume-Uni avec des idées héroïques plein la tête.
Un journal malaisien, Malaysian Insider, a publié des informations obtenues auprès d’un officier du renseignement. Des femmes Malaisiennes,  âgées de 30 à 50 ans, se seraient rendues comme «volontaires du sexe» sur le territoire contrôlé par l’Etat Islamique. Plusieurs femmes sunnites de l'Australie et du Royaume-Uni auraient voyagé avec elles.
Selon des rapports des services de renseignement, l '«Etat islamique» aurait publié en Juin 2014 un décret rendant le service militaire obligatoire pour les hommes, et obligeant les femmes musulmanes célibataires au « devoir sexuel ».
Les services de renseignement britanniques ont  confirmé que,  parmi les centaines de citoyens britanniques qui se battent dans les rangs des djihadistes, il y avait des femmes, dont beaucoup préfèrent faire quelque chose en dehors de prendre les armes à la main.
La notion de "djihad du sexe» («Jihad al-nikah") est apparu en 2013, lorsque les dirigeants jihadistes ont appelé les femmes sunnites à venir en Syrie pour réconforter sexuellement les combattants au nom de la lutte contre les infidèles et le régime du président Bachar al -Assad.

La fatwa a cité le verset 24, sourate 4 du Coran, qui parle de la notion de «mariage temporaire» - muta. Muta est conclu pour une durée qui peut varier d'un jour à 99 ans. Au cours de la période du mariage temporaire, une femme obtient le statut de conjoint à part entière avec les responsabilités adéquates. Pour les critiques du mariage muta, il s’agit ni plus ni moins de prostitution, permettant aux hommes de "se marier" seulement pour un jour ou même moins, et la nécessité de payer pour le sexe.
Quelques femmes participent néanmoins aux combats. L’EI a créé la brigade spéciale des femmes al-Hans, nommé d'après la célèbre ancienne poétesse arabe.
Les femmes de cette brigade patrouillent dans les rues pour vérifier si les autres femmes se conforment aux lois de la charia. Elles apparaissent souvent armées dans les lieux publics, arrêtent et interrogent les femmes, qui apparaissent dans les rues non accompagnées, et vérifier si les hommes qui les accompagnent sont des parents, et si les vêtements des femmes répondent aux exigences de l'État islamique.
En outre, al-Hans recrute des jeunes filles musulmanes pour les marier avec des Jihadistes de l'État islamique et ainsi fonder des familles pour créer une forte communauté de personnes partageant les mêmes idées. Les combattants sont encouragés à rester dans leur région, à avoir des enfants, et leurs femmes doivent soutenir leurs maris dans le but de participer au jihad et d'éduquer l'idéologie islamiste chez les enfants.
L’Etat islamique promeut activement l'idée de solidarité et de camaraderie. Il a créé des groupes de soutien, où les femmes échangent des recettes, communiquent, instruisent les nouveaux membres et donnent des conseils pour savoir comment se rendre en Syrie et en Irak.

Jean René Belliard (Auteur de Beyrouth, l'enfer des espions)

 

 

31/08/2014

Les jihadistes de l’Etat Islamique ont mis la main sur des missiles sophistiqués

Les Jihadistes disposent de missiles AA SA-24 « Grinch » russes
La capture de la base aérienne de Tabqa dans la province de Raqqa, désormais entièrement sous contrôle des Jihadistes de l’EI, a permis à ceux-ci de mettre la main sur des armes sophistiquées, comme des missiles sol-air SA-24 « Grinch ». Les analystes militaires du Pentagone ont pris cette information extrêmement au sérieux car si les Jihadistes réussissent à transférer ces armements en Irak, ils risquent de mettre en péril les équipages des avions de combat et des hélicoptères américains en mission contre les fondamentalistes musulmans.
Le SA-24 (baptisé игла, « igla » – « aiguille » en français) est en service dans l’armée russe depuis 2004. Il avait été fourni à l’armée syrienne par la Russie. Ce missile est très efficace et représente un danger pour les avions de combat modernes.

Les SA-24 s’ajoutent aux grandes quantités d’armes américaines saisies en Irak
L’EI avait également mis la main sur des stocks importants d’armes américaines performantes, parmi lesquelles de l'artillerie, des véhicules blindés et même quelques chars M1A1 Abrams, qu’il avait récupérés de l’armée irakienne en déroute.
Mais, jusqu'à présent, les armes de défense anti-aérienne qu’ils avaient récupérées étaient assez âgées. Mais la situation a changé depuis leur prise de la base aérienne de Tabka et il faudra désormais tenir compte de cette nouvelle donne pour planifier des attaques aériennes, que ce soit en Irak ou en Syrie, sachant que la décision d’étendre les frappes aériennes en Syrie n’a pas encore été prise par l’administration américaine. 

Les Jihadistes avaient reçu de grandes quantités d’armes
La grande majorité des MANPADS en vente sur le marché noir est originaire de Russie et d’Europe de l’est. Les rebelles ont reçu des armes financées par l’Arabie saoudite et les Emirats du Golfe arabo-persique dès la fin de 2012. On estime qu’ils ont reçu à cette époque pas moins de 3000 tonnes de stocks d’armes de pays de l’ancien Pacte de Varsovie. Ces armes ont été fournies principalement par la Croatie et sont arrivées en Syrie via la Jordanie, ce qui laisse spposer que le « deal » était approuvé par l’administration américaine. Les achats ont été financés par les Saoudiens. Mais il n’y avait pas encore de missiles anti-aériens sophistiqués parmi ces armes.
Les Qataris ont été les premiers à fournir des missiles anti-aériens. Ils n’ont cessé que sur l’insistance des Américains.
Toutefois, il semblerait que les Saoudiens aient aussi fourni des MANPADS chinois à des groupes de rebelles à l’exception de l’EI.  Un hélicoptère syrien a d’ailleurs été abattu par un missile FN-6 sans qu’on sache avec certitude comment il était arrivé entre les mains de la rébellion.

Les armes de défense anti-aérienne de l’EI
Les Jihadistes de l’EI ont à disposition des canons anti-aériens polonais et bulgares datant de l’époque soviétique, des ZU23-2 et ZU23-4, des missiles anti-aériens efficaces seulement contre des aéronefs volant à basse altitude. Ils disposent également de MANPADS FIM92 Stinger (système de défense aérienne portatif). Ils ont également à disposition des mitrailleuses lourdes anti-aériennes GSHK efficaces contre les hélicoptères mais totalement inefficaces contre les avions de combat volant à haute altitude.  Ce n’est pas le cas des missiles chinois MANPADS FN-6 qui peuvent frapper des cibles volant à 11 000 pieds ou des MANPADS SA-16 « Gimlet » qui peuvent atteindre 16 000 pieds et qui avaient été fournis en grande quantité à l’armée de Bachar el-Assad et dont de nombreux exemplaires sont tombés entre les mains des Jihadistes. "Le nombre exact de missiles sol-air entre les mains des Jihadistes de l’EI varie entre 250 et 400, selon les experts. Mais ce chiffre pourrait être beaucoup plus élevé car l’armée syrienne disposait d’environ 20.000 unités de MANPAD avant le début de la révolution en 2011. Or, de nombreux dépôts d'armes ont changé de mains au cours des combats qui ont suivi.
Le Front al-Nosra, la branche d’al-Qaïda en Syrie, dispose de son propre stock de MANPADS.

Jusqu’ici, les aéronefs abattus par la rébellion syrienne étaient principalement des hélicoptères
La plupart des aéronefs abattus par les rebelles en Syrie était des hélicoptères de combat, même si les avions de combat ont également été pris pour cibles. Et si peu d’avions ont été abattus, beaucoup, par contre, ont été « verrouillés » par les batteries de missiles de la rébellion.

SA-24
Le SA-24 est un équipement encore plus sophistiqué et très efficace. Les spécifications indiquent qu'il est «conçu pour être utilisé contre des cibles visibles, comme des avions tactiques, des hélicoptères, des drones, des missiles de croisière, et qu’il peut déjouer les contre-mesures.  Il bénéficie d’une grande portée et est capable d'engager des cibles de nuit.

Voler au-dessus de la Syrie sera dangereux pour l’US Air Force
L’utilisation par les Jihadistes de l’EI de systèmes de défense anti-aérienne sophistiqués comme les SA-24, SA-16 et FN-6 rendra le survol de la Syrie beaucoup plus dangereux que celui de l’Irak. Bien sûr, les batteries ont une durée de vie très limitée et sans les piles elles ne sont pas d’une grande utilité. Mais les rebelles syriens ont déjà utilisé des batteries improvisées très efficaces.
Ces systèmes de défense anti-aérienne très sophistiqués (et peut être d’autres fournis par la Russie encore plus efficaces) représenteront un danger très grave pour les avions de combat américains si ceux-ci reçoivent l’ordre d’attaquer l’Etat Islamique en Syrie.  Les stratèges du Pentagone savent que le président Obama ne pourra laisser l’EI se développer au Moyen Orient. Ils savent qu’ils recevront tôt ou tard l’ordre d’attaquer. C’est pourquoi ils planchent actuellement pour trouver le terrain et la tactique les mieux adaptés pour attaquer les Jihadistes avec le minimum de danger pour l’armée de l’air américaine.

Jean René Belliard (Auteur de Beyrouth, l'enfer des espions)

29/08/2014

29 août 2014 : Nouvelles des guerres du Moyen Orient

Le Moyen orient à feu et à sang

Que ce soit en Irak, en Syrie, au Liban, au Yémen, en Libye, en Tunisie ou en Egypte, on se bat partout au Moyen orient. Les conflits font resurgir des antagonistes vieux de plusieurs siècles, entre ethnies ou tribus, entre Arabes et Perses dans des pays où les frontières sont souvent artificielles, créées par les anciennes puissances mandataires au lendemain de la première guerre mondiale. Les lignes de fracture sont confessionnelles et même à l’intérieur d’une communauté, l’affrontement porte sur des questions dogmatiques qui concernent la plupart du temps l’application de la loi musulmane, la charia.

Le virus e-Mollah de l’Etat Islamique
L’opinion internationale, qui avait longtemps détourné le regard, prétextant l’impuissance ou la non-ingérence dans les affaires d’autres Etats, s’est retrouvée confrontée à une violence et une cruauté inouïe, mise en ligne jour après jour par les nouveaux mollahs de l’Etat Islamique, d’où le nom d’e-Mollahs. Forts de leur tout nouveau « califat » qui recouvre à présent une portion importante des territoires de l’Irak et de la Syrie, les fondamentalistes de l’EI attirent des foules de candidats au jihad qui contribuent à leur tour au renforcement du mouvement extrémiste.

La zone des combats ne cesse de s’étendre
Le phénomène de l’Etat Islamique (EI), appelé alors Etat Islamique d’Irak et du Levant (EIIL) a pris une importance croissante tant en Syrie qu’en Irak. Ils ont profité du chaos syrien, de la faiblesse de la rébellion syrienne, déficiente sur le plan du commandement comme de l’armement, morcelée, parfois corrompue, de la crise politique entre un pouvoir chiite sectaire en Irak et une population sunnite de plus en plus exaspérée et de la faiblesse institutionnelle du Liban. Aujourd’hui, la région toute entière semble au bord du gouffre.

L’élection d’un nouveau président en Iran, Hassan Rohani, avait fait naître l’espoir
La lueur d'espoir qu'avaient constituée l’élection de Hassan Rohani à la présidence de l’Iran et la soudaine visite du ministre adjoint des Affaires étrangères iranien, chargé du monde arabe, à Riyad, n’a pas, malheureusement, permis d’apaiser les tensions. L’hostilité entre, d’une part, l’Iran et la communauté chiite, et, d’autre part, l’Arabie saoudite et la communauté sunnite, reste toujours aussi vive. Un accord entre les deux puissances régionales n'est pas encore en vue, même dans le cadre de « la grande bataille contre l'EI », déclenchée officiellement par les États-Unis et consacrée par le Conseil de sécurité de l'Onu.

L’argent coule à flot dans les caisses de l’Etat Islamique
On en est toujours, d’ailleurs, au stade de la suspicion en ce qui concerne les relations qui pourraient exister entre les Jihadistes de l’Etat Islamique et les pays du Golfe, dont l'Arabie et le Qatar, ou tout au moins de certains richissimes mécènes originaires de ces pays.
L'argent continue d'affluer dans les caisses de l'EI. Cet argent semble provenir des pays du Golfe, notamment le Koweït, le Qatar et l'Arabie, sachant que le million de dollars quotidien gagné par ce groupe grâce à la vente du pétrole, via la Turquie, suffit à peine à acheter les munitions, l'EI ayant besoin d'autres revenus pour assurer la survie de l'État islamique qu'il a fondé.

Les Saoudiens constituent le gros des troupes de l’EI
Selon les sources libanaises, plusieurs milliers de combattants originaires du royaume saoudien auraient rejoint l'EI. La pensée jihadiste est bien ancrée au sein de la hiérarchie religieuse saoudienne et au sein de la base populaire. Même chose au Koweït, où des manifestations pro-EI ont eu lieu, et en Jordanie, où la province de Maan est quasiment acquise aux thèses extrémistes.

Aujourd'hui, la monarchie saoudienne a pris peur. Elle se sent menacée par les Jihadistes qui pullulent dans le royaume. C’est pourquoi les autorités sécuritaires du royaume exercent à présent de fortes pressions sur les ulémas dans une tentative de les pousser à promouvoir la « modération », décrétée par le roi Abdallah dans son dernier discours à la nation. Elles ont même annoncé l'arrestation d'une dizaine d'ulémas qui n’ont pas respecté les instructions royales. Aux Émirats arabes unis, les autorités ont carrément ordonné aux ulémas qui prêchent dans les mosquées de s'inspirer de la doctrine d'al-Azhar en Égypte, au lieu de la ligne religieuse wahhabite. C'est dire combien « le mal takfiriste » est bien ancré au sein de la hiérarchie religieuse saoudienne et au sein de la base populaire.

Les pays du Golfe ont joué avec le feu
Il est aujourd’hui de notoriété publique que les pays du Golfe arabo-persique et l’Arabie saoudite ont joué avec le feu en laissant ce phénomène s'amplifier chez eux. Au début de la révolte syrienne, les autorités religieuses voulaient mobiliser les jeunes pour qu'ils aillent combattre contre le régime syrien de Bachar el-Assad. Et lorsque le premier ministre irakien, un chiite, s’est mis à mener une politique anti-sunnite, le royaume saoudien et les Emirats ont là encore joué avec le feu en poussant les tribus sunnites à se rebeller et même à s’allier avec les Jihadistes de l’EIIL pour « libérer » les provinces sunnites de « la main de l’Iran ». Les autorités saoudiennes ou émiraties ont beaucoup fait pour abattre les régimes honnis de Bachar el-Assad et Nouri al-Maliki, supposés alliés à l’Iran, sans penser aux risques internes et à la menace que pourrait constituer les Jihadistes pour leurs propres pays et pour l'ensemble de la région. Tout cela avec l'indifférence bienveillante des États-Unis toujours prompts à "idéaliser" la liberté religieuse.

Des réactions pas à la hauteur de la menace représentée par l’Etat Islamique
Au début, les États-Unis n’ont pas bien compris la menace que représentaient les Jihadistes de l’EI. Ils ont commencé à réaliser le danger lorsque les combattants de l'EI ont progressé vers Erbil au Kurdistan ou se sont approchés de la frontière avec l'Arabie (ils ne sont plus séparés du royaume wahhabite que par une centaine de kilomètres de désert) ou encore de celle avec la Jordanie, où ils ont pris le contrôle d’un poste-frontière. C’est alors que le roi Abdallah d'Arabie a demandé aux tribus sunnites irakiennes proches de la frontière saoudienne de combattre l'EI au cas où celui-ci songerait à entrer sur le territoire saoudien. Et c'est à partir de ce moment que la communauté internationale et les pays du Golfe ont commencé à réagir et à réclamer une alliance pour la lutte contre le terrorisme. Mais même aujourd'hui, la position saoudienne reste ambiguë.
 
Une politique saoudienne ou des Emirats du Golfe ambiguë
L’ambigüité de la position saoudienne ou émiratie vis-à-vis de l’Etat Islamique tient au fait que les Jihadistes jouent un rôle en tenant en échec la progression de l’Iran et de ses alliés dans la région. Le royaume saoudien et les pays du Golfe arabo-persique sont prêts à lutter contre les Jihadistes lorsque ceux-ci les menacent directement, mais continueront de les soutenir plus ou moins discrètement, financièrement et matériellement, lorsque ceux-ci se bornent à constituer un danger pour l’Iran et ses alliés. 
Certaines puissances régionales et internationales continuent à croire que l'EI, s'il est contenu, peut être utile dans la lutte contre l'Iran et ses alliés dans la région.

Front syrien

Vers une internationalisation de la guerre civile syrienne ?
Le président américain Barack Obama, dont le pays mène depuis le 8 août 2014 des frappes contre l'EI en Irak, continue de tergiverser sur l’extension de la mission de l’armée de l’air américaine en dehors du nord de l’Irak. Pour l’instant , il reste hostile à donner à l’US Air force l’ordre d’effectuer des missions de reconnaissance au-dessus d’une plus large portion du territoire irakien ou au-dessus du territoire syrien pour lutter contre les jihadistes.
De son côté, Damas s’est déclaré prêt à coopérer avec la communauté internationale. Il n’y a à cela rien d’étonnant étant donné que les autorités syriennes avaient tout fait pour démontrer au monde entier qu’elles luttaient contre la menace jihadistes, une menace pour le monde entier. Mais pour l’instant, l’éventualité d’une coopération entre Damas et la communauté internationale ne semble pas à l’ordre du jour. 

Damas
L’armée syrienne poursuit son offensive, avec une violence inouïe, contre le quartier de Jobar à l'est de Damas. L’objectif est de reprendre aux rebelles ce secteur stratégique. L'armée d’Assad est secondée par le Hezbollah, la milice chiite libanaise.
Tenu depuis un an par les insurgés, le quartier de Jobar est un verrou stratégique car s'ils franchissent la place des Abbassides adjacente, ils peuvent atteindre le coeur de Damas. En outre, ce secteur ouvre du côté est sur la région de la Ghouta orientale, véritable bastion de la rébellion dans la province de Damas.
"Depuis hier (jeudi 28 août) une opération militaire a commencé à Jobar (...) pour anéantir les poches terroristes", a indiqué à l'AFP une source de sécurité en référence au terme utilisé par le régime syrien pour désigner les rebelles.
"Un grand nombre de terroristes ont péri, leurs repaires et des tunnels ont été détruits", a poursuivi cette source.
Selon l'agence officielle Sana, l'armée a tué "des dizaines" de rebelles "dont un Jordanien et un Saoudien", et ont pris "le contrôle de plusieurs immeubles".
Il s’agit de la plus grande offensive visant Jobar depuis sa prise par les rebelles à l'été 2013. Au moins 18 raids jeudi et 15 vendredi ont visé ce quartier déserté depuis longtemps par ses habitants. Jobar est composé de grands immeubles où vivait avant la guerre une classe moyenne.
Cette extraordinaire vidéo montre l'offensive menée par des chars contre le quartier de Jobar. Ici, des tanks T-72 de Bachar el-Assad, équipés de caméras GoPro, tentent de progresser vers les positions de l’adversaire. Trois T-72 auraient été détruits par les missiles antichars des rebelles :
https://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&...
Vidéo du côté des rebelles :
https://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&...
Les rebelles ont réussi à faire exploser un immeuble occupé par les soldats d’Assad et les Shabbiha :
https://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&...
Les combats ont été très couteux en hommes et matériel pour les troupes d’Assad. Les rebelles affirment avoir détruit trois chars, un véhicule blindé transport de troupes et tué environ trente soldats d’Assad.
http://www.liveleak.com/view?i=89c_1409322169
Cette vidéo montre des combattants chiites :
http://www.liveleak.com/view?i=4c3_1409322391

Raqqa
On craignait pour la vie de centaines de prisonniers militaires et supplétifs après la prise de la base 17, fin juillet, et celle de l’aéroport de Tabqa, dimanche 24 août. La réponse n’a pas tardé à venir. Les jihadistes de l'État islamique (EI) ont exécuté mercredi 27 et jeudi 28 août plus de 160 soldats syriens qu'ils avaient capturés lors de la prise de positions de l’armée dans la région de Raqqa.
Plusieurs centaines de défenseurs de la base aérienne de Tabqa ont quand même réussi à s’enfuir vers la localité d'Esraya, dans la province de Hama, encore aux mains du régime.
Cette vidéo montre l’interrogatoire d’un officier syrien. Les Jihadistes lui demandent « qui est ton père ? ». Il donne une réponse, mais les Jihadistes de l’EI se moquent de lui et lui disent « tu ne peux pas connaître le nom de ton père puisque tu es un batard ! »
Quand on lui demande pourquoi il n’a pas déserté, il répond que cela n’aurait servi à rien car il aurait aussitôt été réincorporé dans l’armée. Les Jihadistes lui rétorquent : « Ils t’auraient renvoyé à l’armée mais nous on va te massacrer et te renvoyer en enfer ! »
Vidéo de l’interrogatoire :
https://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&...
Cette vidéo, diffusée sur I télé, montre les soldats syriens prisonniers amenés en sous-vêtements vers le lieu de leur exécution. Les scènes des exécutions ont été retirées :
http://www.liveleak.com/view?i=732_1409240134

Deir ez-Zhor
Six chefs du groupe jihadiste l'Etat islamique (EI) ont été tués jeudi 28 août dans un raid ciblé mené par l'armée de l'air syrienne sur une maison dans la ville de Mohassan, dans la province de Deir ez-Zhor. Cette province est tombée entre les mains des Jihadistes de l’EI le 3 juillet dernier.
Les chefs de l’EI étaient réunis dans la maison d’un ancien officier de l’armée syrienne, Soukr al-Ahmad, qui avait rejoint la rebellion avant de prêter allégeance à l'EI.
C’est grâce à cet officier que l’EI avait réussi à capturer la localité de Mohassan. Soukr al-Ahmad figurerait parmi les responsables de l’EI décédés au cours du raid aérien.

Plateau du Golan : Les Islamistes sont à la frontière d’Israël
Le Front al-Nosra, la branche d'el-Qaïda en Syrie, s'est emparé du poste frontière syrien de Kouneitra, à la frontière avec le plateau du Golan occupé par Israël, avec l'appui d'autres mouvements islamistes, parmi lesquels des membres du mouvement égyptien Beit el-Maqdis, très actif dans le Sinaï. Inutile de dire que l’Etat-major israélien suit avec beaucoup d’attention l’arrivée de ces Islamistes à sa frontière immédiate.
Le poste capturé par les fondamentalistes n’est distant que de 200 mètres du secteur israélien.
Cette position était surveillée par les Nations unies et on a appris peu de temps après que 43 (47 selon des sources russes) Casques bleus de la FNUOD, originaires des îles Fidji, avaient été pris en otage au cours de cette opération.
Le Front al-Nosra s’était beaucoup renforcé dans la région grâce à l’afflux de nombreux membres de l’organisation jihadiste chassés de la province de Deir ez-Zhor conquise par les Jihadistes de l’EI.
Pour tenter de chasser les Islamistes d’al-Nosra, les avions de l'armée syrienne ont bombardé leurs positions à proximité immédiate de la frontière israélienne, excitant encore un peu plus la nervosité des soldats de Tsahal.
Les combats entre Islamistes et soldats d’Assad auraient fait 20 morts dans les rangs de l'armée syrienne et 14 dans ceux des rebelles.
Les rebelles syriens s'étaient déjà emparés brièvement l'an dernier du poste de Qouneitra. Ils tiennent désormais de nombreux villages du secteur.
Vidéos :
Vidéo côté du Front al-Nosra
https://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&...
et :
https://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&...
Vidéo côté armée d’Assad :
Cette vidéo montre les soldats d’Assad au combat contre les Jihadistes du Front al-Nosra à proximité immédiate de la frontière israélienne sur le Golan :
https://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&...

Guerre entre Jihadistes de l’EI et combattants kurdes de l’YPG à Kobané (Aïn el-Arab) et Rabia
42 membres de l’Etat Islamique auraient trouvé la mort dans de violents affrontements avec des combattants de l’YPG, le comité de protection du peuple kurde, au cours des dernières 48 heures à Rabia et Aïn el-Arab, à la frontière turque.
L’objectif des Jihadistes était de fermer le corridor de sécurité entre le Mont Sinjar et Rojava, et compléter la main-mise sur Sinjar, la ville yazidie en Irak.
L’offensive menée par les Jihadistes de l’EI contre la ville de Rabia, qui a démarré dans la matinée du 27 Août à 07h30, a été repoussée par les combattants kurdes.
L'attaque avait été menée à partir de deux directions sur les positions de l’YPG mais s’est soldée par la mort de 13 Jihadistes et par la destruction d’un véhicule. 
Voir la vidéo – Remarquez que garçons et filles kurdes participent aux combats :
http://www.liveleak.com/view?i=e57_1409314070

Front irakien

Champ pétrolifère d’Aïn Zalah
Des jihadistes ont mis le feu jeudi 28 août au champ pétrolier d’Aïn Zalah situé à 70km environ au nord-est de Mossoul  avant de battre en retraite devant une offensive d’envergure des Peshmergas kurdes.

Raffinerie de Baïji
L’offensive des Jihadistes de l’EI pour s’emparer de la raffinerie de Baïji n’a pas réussi. C’est la raison pour laquelle, elon le site d'information libanais al-Hadath News, le chef de l’Etat Islamique, Abou Bakr al-Baghdadi, a ordonné l’arrestation de deux de ses commandants militaires. Le motif est qu’ils ont échoué dans leur tentative de conquérir la raffinerie de Baïji ainsi que la base Sbayker.
Ces deux hommes sont Abdallah Mohammad Ibrahim Kahwad al-Janabi, surnommé le prince du côté chinois, et Abou Abed, désigné comme le prince de Beiji, a indiqué une source pour le site d’information libanais al-Hadath News. Ils devraient aussi répondre pour le grand nombre de pertes subies par l’EI durant son dernier assaut lancé contre la raffinerie. 

Kirkouk
La situation à Kirkouk est très tendue après les trois attaques à la voiture piégée menée dans la vile récemment.
Cette vidéo montre un des attentats :
https://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&...

Les tribus sunnites se rebellent contre l’EI
Plusieurs tribus de la province de Diyala ont refusé de prêter allégeance à l’Etat Islamique. C’est entre autres le cas des Zarkouchi. 
Il explique les raisons : « Depuis huit ans, à Hamriyaa et Saadiyat quelques 2.000 membres de la tribu al-Zarkouchi ont été tués ou blessés, et 60% de la tribu ont été contraints à quitter la région, tandis que des centaines de leurs maisons ont été détruites », a affirmé Abdel-samad al-Zarkouchi pour l’agence irakienne Sumariyya News.
Dans le même contexte, 19 personnalités tribales de cette province, également originaires de Saadiyat et appartenant toutes à la communauté sunnite ont été menacées de mort pour avoir refusé de prêter allégeance au chef de Daesh Baghdadi.
L’Etat islamique a « confisqué leurs biens et les a sommés de choisir entre l’allégeance ou la mort », a révélé l’agence. Le mercredi dernier, il a rasé les maisons des chefs de la tribu al-Azza. Il avait fait de même avec celle d’al-Abed, les semaines passées, pour les mêmes rasions.
On se rappelle le massacre de 700 membres de la tribu syrienne al-Chaitat dans la province de Deir-ez-Zhor. Cette tribu avait pris les armes contre l’EI.

Le calife Abou Baker al-Bagdadi contre la mise en ligne des décapitations pendant les batailles
Abou Baker al-Baghdadi a interdit à sa milice la diffusion de photos et d’images de décapitations durant les batailles quelle mène.
C’est ce qu’a révélé le site égyptien al-Watan, selon des informations basées sur la foi de sites jihadistes qui ont diffusé un message transcrit qui lui est attribué.

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Ces images sont interdites aussi bien dans les medias officiels de l’Etat Islamique que sur les comptes privés sociaux de Facebook ou Twitter, Chaque publication nécessite une autorisation préalable de la part d’une instance spéciale de l’EI conçue pour suivre cette affaire et appelée le Comité général.
Cette décision pourrait faire suite aux nombreuses critiques adressées par de nombreuses instances islamiques importantes pour qui ces exécutions dégradentl’image de l’Islam.
Sachant que cette interdiction n’englobe pas l’acte en soi, la décapitation ou autre, mais sa médiatisation.

L’exécution d’un Peshmerga à Mossoul mise en ligne par l’EI
Et pourtant, ce vendredi 29 août, l’EI a posté les images de la décapitation d’un combattant des Peshmergas kurdes a proximité d’une mosquée dans la ville de Mossoul. Il a menacé d’en exécuter d’autres encore si les dirigeants des kurdes poursuivent leur politique de soutien aux Etats Unis.

Tragédie humanitaire
Les conflits du Moyen Orient ont provoqué une grave crise humanitaire. Trois millions de Syriens ont fui la guerre civile, a annoncé le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (UNHCR) dans un communiqué en ajoutant que cette donnée n'incluait pas les centaines de milliers d'autres Syriens qui ont fui le pays mais ne se sont pas fait enregistrer comme réfugiés.
Trois millions de réfugiés syriens et 6,5 millions de déplacés en Syrie même
En plus des trois millions de réfugiés syriens en dehors du pays, l’UNHCR parle de 6,5 millions de déplacés à l'intérieur du pays, ce qui signifie que près de 50% de tous les Syriens ont été contraints de quitter leurs domiciles. Plus de la moitié de ceux qui ont été déracinés sont des enfants. L’organisation onusienne tire la sonnette d’alarme "sur les conditions de plus en plus épouvantables à l'intérieur du pays" (la Syrie) pour expliquer cette hausse spectaculaire. Il dépeint "des villes où la population est encerclée, les gens sont affamés et les civils pris pour cibles ou tués sans discrimination".
La plupart des réfugiés syriens ont trouvé refuge dans les pays voisins, le Liban accueillant 1,14 million d'entre eux, la Jordanie 608.000 et la Turquie 815.000. La pression sur les économies, les infrastructures et les ressources des pays hôtes est "énorme", souligne le UNHCR, ajoutant que près de 40% des réfugiés vivent dans des abris de qualité médiocre.
1,6 millions de réfugiés en Irak

En Irak aussi, le problème des réfugiés prend de l’ampleur. Plus d'1,6 million de personnes ont été déplacées par les violences cette année, dont 850 000 durant le seul mois d'août en raison de la poursuite de l’offensive des Jihadistes de l’EI, a rapporté vendredi 29 août l'Organisation internationale des migrations (OIM).
"La plupart des déplacés ont dû marcher pendant plusieurs jours pour atteindre des lieux sûrs", a rapporté Brian Kelly, coordinateur de l'OIM pour les situations d'urgence en Irak. "Nombre de leurs proches ont été tués ou enlevés par l'EI. Des groupes de personnes auraient été forcés par l'EI à sauter de falaises, et le sort d'autres personnes enlevées reste incertain", a-t-il ajouté.
La plupart de ces déplacés ont trouvé refuge dans la province autonome du Kurdistan, et celles de Ninive et Diyala, a précisé l'OIM. "Ces chiffres importants présagent d'une crise sur le long terme, dans laquelle de nombreuses personnes auront besoin d'une aide pour leur survie, notamment parce que de nombreux déplacés qui arrivent au Kurdistan ont passé plusieurs semaines et mois sur les routes", a mis en garde M. Kelly.

Jean René Bellard (Auteur de Beyrouth, l'enfer des espions)