16/09/2014

16 septembre : Guerres du Moyen Orient

Lourde responsabilité occidentale dans l’émergence du califat islamique
On peut aujourd’hui affirmer que l’administration américaine porte une lourde responsabilité dans l’émergence d’un califat islamique. Le blogger NotGeorgeSabra a clairement expliqué pourquoi :
- Quand les rebelles syriens semblaient gagner la guerre, en 2011 et 2012, l’administration américaine et la CIA ont imposé un blocus sur les livraisons à la rébellion d’armes lourdes. Barak Obama préférant une solution politique négociée pour mettre un terme au conflit et ne voulait pas permettre à la rébellion de gagner.
- Cette stratégie a fonctionné au-delà de toute espérance et les rebelles ont commencé à perdre leur momentum, permettant à l’armée d’Assad de se regrouper. Puis, grâce à une aide massive de l’Iran, et aussi de la Russie, elle a repris son offensive contre la rébellion, la bousculant dans de nombreuses régions. Devant la dégradation de la situation des rebelles, les Etats-Unis et certains de ses alliés ont alors autorisé les livraisons d’armes lourdes. Mais pas de missiles sol-air Manpads. Ceci aurait pourtant été la seule arme capable de mettre un terme à la campagne de bombardement à l’aide de barils de poudre entreprise par les hélicoptères et les avions du régime syrien. Et même ces Manpads n’auraient pas été efficaces contre les vols à haute altitude des avions de chasse assadistes.
- A partir du début de 2014, il faut se rendre à l’évidence. L’armée syrienne libre est non seulement menacée par l’armée assadiste, mais aussi par un nouvel acteur sur le terrain : les jihadistes de l’Etat Islamique d’Irak et du Levant (EIIL). Une organisation salafiste extrémiste comptant un grand nombre d’islamistes étrangers dans ses rangs. La menace a changé de genre et de dimension. Il ne s’agit plus seulement de lutter contre un dirigeant exécré par les dirigeants occidentaux pour ses crimes de guerre, Bachar el-Assad, mais contre une menace terroriste qui met en ligne, jour après jour, les vidéos de ses atrocités d’un autre âge. Les Américains s’empressent, avec leurs alliés arabes, de sélectionner des brigades rebelles « dignes de confiance » pour les entraîner et les armer. D’autant plus que la Conférence de Genève II, sensée apporter une solution politique s’est soldée par un échec. L’aide occidentale va concerner 40 000 combattants rebelles environ dans les régions d’Edleb, au nord, et Deraa, au sud.
- Trop tard, trop peu. Car, entretemps, les Jihadistes de l’Etat Islamique d’Irak et du Levant, ont réussi à  capturer deux provinces syriennes, Deir ez-Zhor à l’est et Raqqa au nord, en chasser les autres brigades rebelles et l’armée assadiste et les transformer en véritable bastion. Puis, le 9 juin 2014, les Jihadistes de l’EI ont lancé une vaste offensive en Irak, capturant une énorme portion du territoire dans les provinces sunnites avant d’annoncer la création d’un califat islamique.
Voilà comment la pusillanimité de dirigeants occidentaux, l’absence de vision géopolitique et de clairvoyance a créé une situation  extrêmement délicate aujourd’hui.

Une intervention occidentale qui pourrait être vouée à l’échec
Les Etats-Unis ont convaincu un certain nombre de pays à rejoindre une coalition internationale pour une nouvelle intervention militaire au Moyen Orient.
Le problème de cette coalition tient au fait que les objectifs manquent de clarté, non seulement entre les participants, entre, par exemple, les Américains et plusieurs pays occidentaux, ou encore entre ces mêmes pays occidentaux et  les pays arabo-musulmans. Les uns veulent mettre un terme au pouvoir de Bachar el-Assad, les autres non. Certains veulent en finir avec un Etat irakien ou syrien issu d’un « arrangement  colonial », d’autres veulent, maintenir ces Etats dans l’inviolabilité de leurs frontières contre vents et marées. Et pour couronner le tout, les deux leaders occidentaux les plus en pointe de la lutte contre le califat, Obama et Hollande, ne sont pas des champions de la clarté et du pouvoir de décision. Chacun se souvient comment Barak Obama a renier la « ligne rouge » qu’il venait lui-même de fixer à Bachar el-Assad, seulement quelques jours avoir l’avoir décidée, provoquant une grave crise au sein de la rébellion syrienne et prenant Hollande au dépourvu, lui qui s’était précipité pour copier sa politique sur celle du président américain.
On peut donc s’inquiéter de voir une expédition militaire débutée sans vision stratégique claire et sans un chef charismatique à sa tête.

Front syrien

Combats tous azimuts en Syrie
Deir ez-Zhor
La destruction du pont as-Siyassa (politique en arabe) sur l’Euphrate à Deir ez-Zhor est un coup dur pour le califat islamique, incapable d’approvisionner les quartiers qu’ils contrôlent dans la grande ville de l’est syrien autrement que par bateau. Les Jihadistes assiégés dans Deir Ez-Zhor se trouvent désormais en mauvaise posture.

L’Etat islamique a évacué ses armes lourdes de Deir ez-Zhor (est syrien)
Les califatistes se préparent à faire face aux frappes aériennes de la coalition internationale. Ils ont évacué en toute hâte leur armement lourd des positions qu’ils occupent dans la province de Deir ez-Zhor, et diminué au strict minimum le nombre de ses miliciens stationnés dans les Q.G..
Des habitants ont dit avoir vu des convois de chars de l’EI prendre la direction de l’Irak. La plupart des miliciens qui ont prêté allégeance au califat se sont mis à l’abri. Ils ont ordonné aux habitants de Deir ez-Zhor de rester sur place, sans doute pour servir de boucliers humains en cas de raids aériens.
Dans le même temps, les accrochages se poursuivent entre les Jihadistes et l’armée d’Assad autour de l’ancien aéroport de Deir ez-Zhor, provoquant la mort de plus de 40 Salafistes.
 
Qalamoun (près de la frontière libanaise : pertes importantes du Front al-Nosra
La branche armée d'al-Qaïda en Syrie, le front al-Nosra, aurait subi des pertes importantes dans la région du Qalamoun. Un de ses chefs militaires, connu sous le pseudonyme d’Abou Omar al-Homsi  aurait été tué au cours des combats
Les pertes les plus importantes ont eu lieu dans le jurd de Flita, un village syrien du Qalamoun situé à proximité immédiate de la frontière libanaise. Un groupe de combattants du Front al-Nosra, qui tentait de progresser en direction de positions militaires de l’armée syrienne  est tombé dans une embuscade formée par des pièges explosifs. Des accrochages violents s’en sont suivis et des dizaines de miliciens auraient péri. 

Edleb (nord syrien)
Les Jihadistes du front al-Nosra livrent également une bataille sans merci à l’ouest du gouvernorat d’Edleb contre la milice du Front des révolutionnaires de Syrie (FRS), qu'ils accusent d’avoir exécuté il y a quelques jours un de leurs responsables de nationalité jordanienne, Abou Machari. Il en aurait résulté un nombre important de tués et d’enlèvements de part et d’autre dans la province de Jisr al-Choghour.
Il n’y a pas si longtemps, le Front al-Nosra et le Front des Révolutionnaires Syriens, un groupe très bien armé, combattaient ensemble contre l’armée d’Assad. Mais les relations se sont détériorées depuis peu.
Pendant ce temps, l’armée assadiste poursuit sa progression dans la province de Hama et s'est emparée du village al-Jadidat, ainsi que de Tal al-Milh
 
Alep
Des combats se poursuivent entre les Jihadistes du Califat islamique (Daesh) et le Front islamique, un groupe rebelle armé et financé par l’Arabie saoudite. Huit Jihadistes de l’Etat Islamique (Daesh) auraient été mis hors de combat. Les combats opposent également les califatistes à l’armée d’Assad.  Quelques 25 Jihadistes du califat auraient perdu la vie, la plupart étant des étrangers. Ils auraient été tués au cours d’un raid de l’armée de l’air assadiste  contre un de leurs sièges secrets a proximité de la centrale thermique à l’est d’Alep.

Damas
La situation sécuritaire s’est à nouveau dégradée dans la capitale syrienne où des obus se sont abattus  sur deux quartiers résidentiels : la banlieue d’Assad, et Douwaylia.
Ces bombardements à l’aide de roquettes Katioucha seraient le fait d’un groupuscule armé connu sous l’appellation «  l’Union Islamique des soldats du Levant ». Ce groupe aurait annoncé avoir lancé contre les quartiers de la capitale la deuxième phase de son opération baptisée « les missiles des soldats ». Il a déclaré vouloir pilonner, à partir du mardi 16 septembre, « la zone présidentielle dans le quartier al-Maliki» et « la région  sécuritaire et militaire dans le quartier de Mazzé ».
Les rebelles expliquent que l’attaque est une réponse aux massacres commis par le régime :
https://www.youtube.com/watch?list=UUnigacRk8PMRKK47soehL...
La première phase de cette campagne contre les quartiers de la capitale syrienne s’était soldée par la mort de 31 civils.
Plusieurs quartiers de Damas font également l’objet depuis la semaine passée de tentatives d’infiltration des rebelles.
La plus récente a été celle perpétrée lundi 15 septembre à partir du camp palestinien de Yarmouk, via les égouts, contre la région Az-Zahirat dans le quartier al-Maydane, mais l’armée aurait réussi à repousser l’attaque. Une attaque similaire avait eu lieu la semaine dernière à Dakhaniyyé à l’est de Damas. Elle aurait couté la vie au chef du sinistre département des renseignements aériens, le général Rida Hafez Makhlouf, connu sous le nom de guerre Abou Leith.
Originaire du fief alaouite de Qardaha, dans le gouvernorat de Lattaquié, Rida Hafez Makhlouf était un proche du président syrien Bachar al-Assad       
Les combats sont incessants dans le quartier de Jobar et à Douma où l’armée aurait réussi à faire quelques progrès. L’armée assadiste aurait découvert, du côté de la cite ouvrière d’Adra, un tunnel d’une longueur de 500 mètres de longueur et de 11 mètres de profondeur.
Cette vidéo montre les bombardements de Douma :
https://www.youtube.com/watch?list=UUnigacRk8PMRKK47soehL...

Mleiha
Cette localité située à l’est de Damas était tombée aux mains des rebelles au printemps de 2013. Elle a été reprise par l’arméee assadiste à la mi-août 2014 à l’issue d’une bataille de cinq mois. 
Cette vidéo montre ce qu’il reste de la ville. Les artificiers sont toujours en train de désamorcer les nombreux pièges laissés par les rebelles dans la ville :
https://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&...

Raqqa
Les califatistes ont abattu un Mig de l’armée assadiste à d Raqqa, la place forte du califat islamique :
https://www.youtube.com/watch?feature=player_detailpage&a...

Front irakien

Bagdad
L’armée de l’air américaine a bombardé des positions jihadistes au sud-ouest de Bagdad pour la première fois depuis le début de l’opération aérienne U.S.
Le Commandement central américain (CENTCOM) a déclaré mardi 16 septembre 2014 que l'attaque a été lancée après que les forces irakiennes aient réclamé des secours. Au moins une position de l’EI a été mise hors de combat.
Les avions de combat américains avaient déjà frappé des positions jihadistes à l’ouest de l’Irak la semaine dernière, ce qui a permis à l’armée irakienne de reprendre le J barrage de Haditha.
Les bombardiers américains ont également attaqué, ce mardi 16 septembre, plusieurs positions de l’EI à proximité de Mount Sinjar, détruisant six véhicules.
Ces nouvelles attaques portent à 162 le nombre des interventions aériennes  américaines depuis le 8 Août 2014.

Jean René Belliard (Auteur de Beyrouth, l'enfer des espions)

14/09/2014

14 septembre 2014 - Nouvelles des guerres du Moyen Orient

Front syrien

Les femmes jihadistes « britanniques » au sein de l’EI
Le   GCHQ et le MI5 surveillent actuellement les comptes Facebook et Twitter de 60 femmes jihadistes «britanniques» supposées se trouver à Raqqa, la place forte de l’Etat Islamique dans le nord de la Syrie. L’objectif est de suivre leur activité au sein de l’organisation salafiste. Le gouvernement britannique a prévenu que ceux et celles qui participeraient à des atrocités telles que les décapitations et les massacres seront poursuivis pour crimes de guerre et terrorisme s'ils retournent au Royaume-Uni.
Parmi les femmes jihadistes « britanniques » actuellement à Raqqa, on trouve une jeune femme de 21 ans qui affirme être étudiante en médecine. Cette femme, qui porte le nom de Mujahidah Bint Ossama a posté une photo d’elle sur son compte Twitter où on la voit portant la tête décapitée d’un homme. A côté de la photo monstrueuse apparaît le message suivant : «emploi de rêve, un doc. terroriste", suivi par des images de visages souriants et des smileys représentant des cœurs . Le compte Twitter de Mujahidah Bint Oussama a plus de 800 abonnés. Elle a déjà tweeté des images de soldats morts et les attaques terroristes du 9/11, à côté d’informations sur la façon de traiter une blessure au genou ou l'insomnie.
Sur d’autres messages, elle a loué Anwar al-Awlaki, un prédicateur extrémiste yéménite qui est devenu un porte-parole d'Al-Qaïda et est soupçonné d'avoir inspiré des centaines de jihadistes occidentaux. Awlaki a été tué en septembre 2011 par une frappe aérienne américaine.
Elle encourage également les femmes à pousser leurs maris à se battre pour l'Islam, et a partagé des images de l'exécution du journaliste américain Steven Sotloff, qui a été décapité par un « Britannique » de l’Etat Islamique au début du mois d’octobre 2014.
Mujahidah  Bint Oussama serait  liée par son compte Twitter à la brigade al-Khanssaa, un groupe féminin de jihadistes chargé de punir les comportements «anti-islamique» des femmes de Raqqa.
Le Mirror affirme que des membres de cette brigade serait dirigée par Aqsa Mahmood, une jihadiste « britannique » de 20 ans originaire de Glasgow.

LiveLeak-dot-com-875_1410699076-1410687857574_wps_27_A_photo_of_Glasgow__1410699131_jpg_resized.jpgAqsa Mahmood

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Une autre jihadiste « britannique » ferait partie de la brigade  al-Khansaa. Il s’agit de Zahra Halane, 16 ans, qui a fui le Royaume-Uni avec sa soeur jumelle.

Zahra Halane.jpgZahra Halane

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Des salafistes « britanniques », tiendraient des maisons closes pleines de femmes de la minorité yazidi capturées, selon le Mirror en Irak. 3.000 femmes et filles yazidi auraient été emmenées captives dans la région de Raqqa.

Les jihadistes de l’Etat Islamique décapitent un otage britannique
L'Etat islamique a revendiqué l'exécution par décapitation du britannique David Haines, membre de l’organisation humanitaire française Acted, en représailles à l'entrée du Royaume-Uni dans la coalition organisée par les Etats-Unis pour combattre les Jihadistes de l’EI.
Une vidéo mise en ligne par les jihadistes montre la décapitation, la troisième exécution de ce type en un mois, après celles de deux journalistes américains otages en Syrie.
La vidéo, qui dure 2 minutes 27 secondes, est intitulée "Un message aux alliés de l'Amérique". Le groupe jihadiste reproche au Royaume-Uni d'avoir rejoint la coalition des Etats-Unis, qui mène des frappes contre l'Etat islamique (EI) en Irak.
"Vous êtes volontairement entrés dans une coalition avec les Etats-Unis contre l'Etat islamique, comme votre prédécesseur Tony Blair l'a fait avant vous, suivant une tendance parmi nos Premiers ministres britanniques qui ne peuvent pas trouver le courage de dire non aux Américains", dit le bourreau, le visage dissimulé, en s'adressant au Premier ministre David Cameron.
« Cet homme britannique doit payer le prix de votre promesse, Cameron, pour armer les peshmergas contre l'Etat islamique, » poursuit le bourreau. ....
« Votre alliance maléfique avec l'Amérique qui continue de frapper les musulmans de l'Irak et plus récemment a bombardé le barrage de Haditha ne fera qu'accélérer votre destruction. Et jouant le rôle du toutou obéissant, Cameron, vous et votre peuple allez glisser vers une autre guerre sanglante, vouée à l'échec. »
Le bourreau, qui pourrait être le même que dans les vidéos des exécutions des Américains James Foley et Steven Sotloff, annonce qu’un autre otage britannique pourrait être prochainement assassiné dans les mêmes conditions. Il s’agirait d’Alan Henning.
Né en Ecosse, David Haines, 44 ans, avait été pris en otage en mars 2013.

L’Etat Islamique signe un pacte de non-agression avec d’autres formations rebelles
Les jihadistes de l’Etat Islamique semblent avoir trouvé une parade aux menaces de frappes U.S. Ils ont signé un pacte de non-agression avec des formations rebelles appelées « modérées » par les Occidentaux et susceptibles de coopérer avec l’Etat-major américain qui a besoin d’alliés sur le terrain. Selon les déclarations des uns et des autres, l’accord aurait pour objectif de concentrer la lutte contre l’armée assadiste. Mais concrètement, cela rendra encore plus difficile le choix des brigades rebelles qui pourraient bénéficier d’une aide américaine pour lutter contre l’Etat Islamique, le seul ennemi officiellement reconnu par le président Obama.
Le pacte de non-agression aurait également été signé par al-Qaïda en Syrie, c’est-à-dire le Front al-Nosra, une autre organisation inscrite sur la liste des organisations terroristes par Washington.
Depuis le mois de mars 2014, les Américains aidaient le Front Révolutionnaire Syrien, un groupe dit « modéré » mais très efficace contrôlant environ 25 000 combattants sur le terrain. Ce front avait été déclaré « la meilleure chance de combat des Occidentaux contre les armées islamistes de Syrie ». Cet été, le président Obama a demandé au Congrès d'approuver  un budget de 500 millions $ pour former et équiper des unités rebelles syriennes. Il a réitéré sa demande dans son discours du mercredi 10 septembre au sujet de la guerre contre l’Etat Islamique.
Or, le Front Révolutionnaire Syrien est également l’un des signataires de l’accord entre rebelles et Jihadistes. Pour lui, l’objectif prioritaire n’est pas la lutte contre la montée des extrémistes, mais le renversement de Bachar el-Assad. En Avril 2014, le chef du Front Révolutionnaire Syrien déclarait au journal The Independent, «Il est clair que je ne me bats pas contre al-Qaïda. C'est un problème extérieur à la frontière de la Syrie, e ce n'est pas notre problème. Je n'ai pas de problème avec quelqu'un qui combat contre le régime intérieur de la Syrie ".
La perspective d'aider un groupe maintenant allié aux Jihadistes de l’Etat Islamique pose un réel problème à l’administration Obama. Comment soutenir des gens qui n’ont pas le même objectif que vous ?  Et surtout, quelle assurance a-t-on que les combattants formés et équipés par les Américains ne vont pas finalement s’allier avec les Jihadistes ? Il faut savoir que de nombreux rebelles, qui ont été formés par la Central Intelligence Agency en Jordanie en 2012 pour lutter contre le gouvernement syrien, ont rejoint plus tard l’Etat Islamique.
En fait, tant que l’Occident n’aura pas clairement décidé de lutter contre ou de s’allier avec Bachar el-Assad, le problème d’une intervention militaire contre l’Etat Islamique, avec des alliés locaux, sera difficile à mettre en place en Syrie.
Et surtout…surtout…ne pas croire les déclarations des « conseillers » qui prétendent avoir une grande confiance dans la connaissance du théâtre syrien et dans les « alliés locaux » de l’Amérique. Les Américains sont aussi étrangers à la région que des éléphants dans un magasin de porcelaine. 

John Kerry refuse toute coordination des frappes aériennes contre l’EI avec le régime syrien
Les Etats-Unis ont affirmé qu’il était hors de question de coordonner d’éventuelles frappes aériennes contre les jihadistes de l’Etat Islamique à l’intérieur de la Syrie avec Damas. La prise de position a été confirmée par l’administration Obama malgré les avertissements de Damas que toute attaque non autorisée sur son territoire serait considérée comme un acte d'agression.
Le ministre syrien de la réconciliation nationale, Ali Haidar, a déclaré que des frappes aériennes américaines en Syrie sans l'autorisation de Damas seraient considérées comme une agression contre le pays. Il a rappelé aux États-Unis que le droit international exige que toute action, qu'elle soit militaire ou autre, necessite l'approbation préalable de Damas.
 « Nous n'allons pas nous coordonner avec la Syrie ... ce n'est pas un effort coopératif », a déclaré le secrétaire d'Etat américain, John Kerry, lors d'une interview diffusée
Dimanche 14 septembre par CBS News. 
« Nous allons certainement « déconflicter » pour nous assurer qu'ils ne vont pas faire quelque chose qu'ils pourraient regretter amèrement, mais nous n'allons pas nous coordonner », a-t-il ajouté.
« Nous allons le faire avec des alliés, » a-t-il déclaré lors de l'interview, qui a été enregistré au Caire, en Egypte, le samedi 13 septembre
Lors d'un discours, mercredi 10 septembre, le président Barack Obama a autorisé des frappes aériennes américaines contre les bases de l’Etat Islamique en Syrie.
A en croire le "New York Times", l'aviation US frapperait la DCA syrienne, si celle-ci réagit aux bombardements du territoire syrien et à la violation du ciel syrien par les Etats Unis.
Les Américains ont annoncé vouloir bombarder les positions de Daech, à partir du mois d'octobre.
L’US Air Force a déjà effectué plus de 150 frappes aériennes contre les cibles du réseau terroriste en Irak.

Province de Hama : Les forces spéciales iraniennes al-Qods en action
L’armée assadiste a mené une vaste contre-offensive depuis le début de la semaine pour reprendre aux rebelles plusieurs villages proches de l’aéroport de Hama menacé depuis juillet 2014 par les insurgés. Vendredi 12 septembre, l’armée a repris le contrôle de Hilfaya, une ville située au nord ouest d’Hama, après des combats avec les insurgés et des bombardements violents. L’opération pour reprendre le contrôle de Hilfaya a été mené par le colonel Souheil al-Hassan, surnommé « le Tigre » avec l’aide des supplétifs des Forces de la défense nationale, milice prorégime et des combattants iraniens de la force al-Qods.
Les combattants rebelles, dont ceux du Front al-Nosra, ont réussi à évacuer la localité, non sans avoir subi de lourdes pertes ; A noter que le chef d’al-Qaïda en Syrie (Front al-Nosra), Abou Mohammad al-Golani, avait personnellement commandé les combats pour Hilfaya :
Vidéo de la reprise d’Hilfaya :
http://www.liveleak.com/view?i=145_1410582239

Province d’Edleb
On avait oublié les combats autour de la base militaire de Wadi Deif. Cela doit bien faire un an et demi que cette base est assiégée par les rebelles.
Or, une vidéo vient d’être mise en ligne par une formation rebelle montrant la destruction d’un VBTT(véhicule blindé de transport de troupe) de l’armée assadiste par la 7ème brigade des Forces Spéciales du  101ème régiment d’infanterie (remarquez les appellations plus militaires signalant que ces hommes ont été formés par les Américains) utilisant un missile anti-char TOW.
http://www.liveleak.com/view?i=817_1410677490

Damas
Des combats très violents se déroulent toujours pour le contrôle du quartier rebelle de Jobar. Les rebelles du Front Islamique (soutenus et armés par l’Arabie saoudite) s’accrochent à chaque pan de mur car c’est leur point le plus avancé vers la capitale syrienne :
http://www.liveleak.com/view?i=bde_1410681677

Kurdistan syrien
Les Kurdes aussi peuvent commettre des exactions.
Des éléments appartenant aux YPG (Comité de Protection du Peuple Kurde) et aux forces du PKK (Kurdes de Turquie) ont exécuté avec des soldats assadistes, à l’aube du dimanche 14 octobre, 32 personnes après des raids contre les villages arabes d’Al-Hajiah et Tel-Khalil dans la province d’Hasake, au Kurdistan syrien.
Parmi les 32 personnes assassinées se trouveraient des femmes et des enfants. Par ailleurs, de nombreux blessés sont arrivés à l'hôpital Dar al-Shifa dans la ville de Qamishli.
Selon un journaliste présent à Hasake toutes les personnes décédées sraient des civils, ajoutant que les villageois ne font partie d’aucune faction armée.

Le Hezbollah libanais toujours actif en Syrie
Le Hezbollah libanais, une puissante milice chiite libanaise, est toujours très actif sur le théâtre syrien. Et il utilise des armes de plus en plus lourdes pour venir à bout de la résistance des rebelles comme le montre cette vidéo :
http://www.liveleak.com/view?i=344_1410702456
Il est vrai que ce que la milice chiite libanaise craint le plus, ce sont les attaques terroristes contre son fief de Beyrouth, Dahiyé, comme cela a déjà été le cas. A ce propos, les militants hezbollahis ont découvert et rendu hors d’usage un atelier de fabrication de voitures piégées :
http://www.liveleak.com/view?i=39f_1410701825

Plateau du Golan syrien
Les rebelles du Front du Sud progressent toujours dans la région de Quneitra, sur le Golan syrien. Ils s’approchent à présent d’al-Hamidiyah. A la suite de l’offensive menée depuis cet été, les rebelles contrôlent désormais la quasi-totalité de la province de Quneitra et le plateau du Golan syrien.
Vidéo :
https://www.youtube.com/watch?v=aqkR9lHHAPI&feature=p...


Front irakien

Les Kurdes progressent dans le nord de l’Irak
Les Peshmergas (combattants kurdes) poursuivent leur progression. Ils ont libéré six villages dans la région d’al-Qaraj.
Vidéo du côté kurde – très impressionnante :
https://www.youtube.com/watch?v=CDBR2xao-1Q&feature=p...
Des Jihadistes de l’Etat Islamique ont été capturés par les Peshmergas :
https://www.youtube.com/watch?v=s2vghIlRaHM&list=UUNo...
Les Peshmergas tentent de convaincre un Jihadiste de l’Etat Islamique de se rendre dans un village qui vient d’être libéré :
https://www.youtube.com/watch?v=5ARE-aJ762U&list=UUNo...

Jean René Belliard (Auteur de Beyrouth, l’enfer des espions)

06/09/2014

6 septembre 2014 – Guerre contre l’Etat Islamique

Les États-Unis souhaitent créer une coalition contre l’Etat Islamique
La réponse des membres de l’OTAN n’a pas été à la hauteur des attentes américaines.
La Turquie, pièce maîtresse de l’OTAN dans la région, a répondu « non » à la demande U.S. Elle ne permettra pas l’utilisation des bases situées sur son territoire hors du cadre de l’OTAN à l’exception d’une certaine forme de coopération en matière de renseignements dans le cadre de l’OTAN..
Comme on pouvait s’y attendre, la Jordanie a accepté de coopérer. Elle n’a pas attendu pour le faire, d’ailleurs. Elle aide déjà les forces américaines sur le plan des renseignements et a déjà accepté les forces spéciales U.S. sur son territoire. Ce qui est nouveau, c’est qu’elle a désormais accepté d’ouvrir son espace aérien à l’US air force.
L’Arabie Saoudite va également coopérer avec les USA sur le plan des renseignements et de la logistique. Le royaume a également accepté d’ouvrir son espace aérien aux avions américains, ainsi que ses bases aériennes, et ses ports. Elle financera enfin les opérations US contre l’EI avec un budget illimité. Les Américains n’ont pas demandé aux Saoudiens d’engager des troupes saoudiennes dans les opérations de guerre. Sans doute en raison de la méfiance envers ces troupes, tant de la part de la monarchie que des Américains. Mais les tribus (Sahwat) pourront être mises à contribution. 
Le Koweït, les Émirats arabes unis et Bahreïn sont prêts à aider les Etats-Unis. Le Qatar et Oman  sont plus réservés, voire hostiles.
La déception vient des pays européens et le reste des alliés de l'OTAN. La plupart n’est pas prête à rejoindre les Etats-Unis dans une intervention au sol, mais certains ont accepté de coopérer pour des missions d'opérations spéciales à condition que celles-ci se limitent à guider les bombardements aériens.
Pour le soutien au sol, les Etats-Unis devront compter sur l'armée irakienne ou ce qu’il en reste, les milices chiites, les nationalistes kurdes, et les conseils tribaux des Sahwat, anti-jihadistes, ainsi que sur les quelques brigades de l’Armée Syrienne Libre dignes de confiance, c'est-à-dire non suspectes d’islamisme. Reste l’épineux problème d’une possible coopération avec l’Iran et l’armée assadiste. 
Les affirmations qu’il n’y a pas et qu’il n’y aura pas de coordination entre les Etats-Unis et l’Iran dans la lutte contre l’EI sont fausses. Il existe déjà une coordination indirecte entre les deux pays, par l’intermédiaire des Peshmergas ou des militaires irakiens. Et on dit que des informations ont été échangées entre les « services » américains et syriens.

Des navy seals entraînent déjà des rebelles syriens
Cette vidéo montrerait l’entraînement de rebelles syriens par les Navy Seals :
https://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&...

Un drone U.S. au-dessus de Raqqa
En attendant le feu vert pour une intervention contre l’EI en Syrie, l’US Air Force a déjà entamé ses opérations de survol du territoire syrien. Un drone américain MQ-1 a été filmé, il y a deux jours,  tournoyant au-dessus de la ville de Raqqa, la place forte de l’Etat Islamique.
Le drone a tourné au-dessus de la localité pendant plusieurs heures. A noter que celle-ci est l’objet d’intenses bombardements par l’aviation assadiste depuis une dizaine de jours.
http://www.liveleak.com/view?i=baa_1410003373

Bombes à sous munitions utilisées par l’armée assadiste
L’armée assadiste a tiré des fusées Grad  MLRS BM 27-30 Uruguan contre les rebelles. Le BM-27 peut utiliser des HE-FRAG, ICM ou mines dispersables PTM-3 ou PFM-1. Il s’agit de mines à sous-munitions équipées de roquettes qui explosent toutes en même temps grâce à des fusibles électriques de synchronisation. Chaque fusée pèse 280,4 kg. Les têtes pèsent entre 90 et 100 kg selon le type. Une salve de 16 roquettes  peut être tirée en 20 secondes et peut engager des cibles dans un rayon de 35 kilomètres.
Le missile, de 220 mm, peut disperser 312 mines antipersonnel PFM-1. Ces armes sont utilisées pour créer des champs de mines derrière un ennemi en retraite ou même pour piéger un ennemi en les entourant de mines. De telles tactiques ont souvent été utilisées par les Soviétiques en Afghanistan.
http://www.liveleak.com/view?i=fee_1409992599

Kurdistan syrien
Que la guerre est jolie avec les miliciens kurdes de l’YPG. C’est ce que semble vouloir nous dire cette vidéo de propagande de l’YPG :
https://www.youtube.com/watch?v=vhXgsmkccKg&feature=p...
Il y a fort à parier que si les Etats-Unis décident d’intervenir contre l’EI en Syrie, ce sera selon toute vraissemblance à partir du Kurdistan syrien.

Raqqa
Raqqa, la place forte des Jihadistes de l’EI est bombardée systématiquement depuis dix jours par les bombardiers assadistes. es bombardements du samedi 6 septembre auraient fait 53 morts, dont 31 civils, parmi lesquels cinq femmes et trois enfants. Il se peut que l’EI ait présumé de ses forces en attaquant l’armée syrienne alors qu’une certaine forme de trêve existait entre l’organisation fondamentaliste et le régime syrien :
http://www.liveleak.com/view?i=4dd_1410022176


Golan syrien
Il semble que l’armée d’Assad ait de plus en plus de mal à résister à l’offensive des fondamentalistes du Front al-Nosra. La vidéo ci-dessous montre la fuite de soldats assidistes au loin :
http://www.liveleak.com/view?i=e3e_1410020752

Front libanais
Un second soldat libanais aurait été décapité par l’État islamique. Il s'agirait d'Abbas Medlej, originaire de Baalbek. Le soldat avait été enlevé le 2 août à Ersal lors de combats entre l'armée libanaise et des rebelles syriens, en majorité fondamentalistes. L’information n’a pas encore été confirmée, mais dès que cette nouvelle s’est répandue au Liban,  plusieurs jeunes en colère ont coupé des routes à travers le pays, notamment dans la banlieue sud de Beyrouth et dans la Békaa.
C’est dans ce contexte tendu que de violents affrontements ont à nouveau éclaté, samedi soir 6 septembre, entre le Hezbollah et des islamistes armés dans la région de Wadi al-Rayyan, dans le jurd de Ersal, à l'est du Liban.

 

Jean René Belliard (Auteur de Beyrouth, l’enfer des espions)