24/11/2014

22 et 23 novembre 2014 – Nouvelles des guerres du Moyen Orient

Front irakien

Ramadi (100km à l’ouest de Bagdad)
L'État islamique (EI) a lancé depuis la nuit du jeudi 20 au vendredi 21 une offensive majeure pour s'emparer de la totalité de la ville irakienne de Ramadi dont la prise lui permettrait d'asseoir son autorité sur la province occidentale stratégique d'al-Anbar, frontalière de la Syrie.
L’EI a lancé une sattaque surprise depuis le nord, l'ouest, l'est et le sud, en faisant notamment exploser des voitures piégées. 25 des 37 positions que l’armée irakienne et les milices pro-gouvernementales contrôlent à Ramadi ont été attaquées en même temps, ce qui donne une idée de l’ampleur de l’offensive.  Les jihadistes, qui ciblent le centre-ville visé par des tirs de mortier depuis la nuit, ont réussi à prendre le quartier de Madiq, mais « la police, l'armée et les forces tribales (alliées) sont parvenues à stopper l'attaque », a indiqué un responsable.
Aux dernières nouvelles en date du dimanche 23 novembre, les Jihadistes encercleraient le siège du gouvernorat de la province d’al-Anbar à l’intérieur de Ramadi, prenant au piège des éléments de la police. Les policiers auraient appelé à l’aide, le bâtiment étant encombré de morts et de blessés.
Pour sa part, un membre du conseil provincial, Azzal al-Fahdawi, a appelé à un « soutien de l'armée de l'air » irakienne ou des avions de la coalition internationale menée par les États-Unis. Pour rappel, la quasi-totalité de la province d'al-Anbar, qui jouxte aussi l'Arabie saoudite et la Jordanie, est contrôlée par les jihadistes et la prise de Ramadi, son chef-lieu, constituerait une importante victoire. De son côté, la coalition a mené plusieurs raids près de Ramadi au cours des dernières 72 heures, a annoncé hier le commandement américain chargé de la région (Centcom).
Cette vidéo (langue arabe) tournée par l’armée irakienne nous fait faire un tour des quartiers de Ramadi encore aux mains de l’armée (Houz, Andalous, Mal’am, Mu’alimin) :
https://www.youtube.com/watch?v=RV07oCgPeew&feature=p...

Les Jihadistes de l’EI exécutent une vingtaine de membres de tribus près de Ramadi
Le groupe takfiriste Daech a tué 23 membres des tribus Al-Bou Mahal et al-Bou Fahad lors d'une attaque à al-Sijariyah, à l’est de la ville de Ramadi, ont indiqué samedi 22 novembre un chef tribal et un officier de police. Les Jihadistes ont attendu que les combattants des tribus aient épuisé leurs munitions pour les capturer et les exécuter. Les Jihadistes seraient arrivés dans la localité d’al-Sijariyah sans armes en prétendant qu’ils étaient des étudiants. Ils auraient alors reçu des armes et commencé l’attaque, tuant 25 membres de la tribu Al-Bou Fahad.
L’armée et les tribus ont réussi à reprendre la localité, tuant une vingtaine de Jihadistes.

Vidéo d’une scène de combat dans le désert de la province sunnite d’al-Anbar
Cette vidéo (côté jihadiste) prise par un cameraman qui semble être ouzbek montre des combattants de l’EI tenter de fuir dans une zone désertique avant d’être atteints par des tirs de l’armée irakienne :
http://www.liveleak.com/ll_embed?f=b6f3e1018444

Violents affrontements à Jalawla (nord est de Bagdad) - Suite de la précédente parution
L’armée irakienne poursuit son offensive pour tenter de reprendre aux Jihadistes de l’EI la localité de Jalawla, après avoir repris celle d’Imam Weiss. Cette région est proche de la frontière iranienne.
Les résultats de la bataille sont confus. On annonçait, dimanche 23 novembre, que les Peshmergas kurdes se seraient rendus maîtres de 80% de la localité  de Jalawla au prix de lourdes pertes qui s’élèveraient à une vingtaine de tués et plus de quarante blessés. Selon certaines informations, les combats seraient finis et les Jihadistes se seraient enfuis. Selon d’autres informations, la bataille se poursuivrait.
La vidéo suivante (langue kurde), mise en ligne par les Kurdes, ne semble pas prouver que les Peshmergas se soient rendus maîtres de la localité de Jalawla :
https://www.youtube.com/watch?v=c4vknSJ6GAk&feature=p...
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Activité de la coalition internationale
Le CENTCOM a mis en ligne les films de quatre frappes aériennes contre des cibles de l’Etat Islamique dans la region de Kirkuk (Kurdistan) :
https://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&...

Offensive de printemps de la coalition internationale ?
Les Etats-Unis et leurs alliés prépareraient une grande offensive pour le printemps prochain dans le but de venir à bout de l’Etat Islamique.
L’opération serait dirigée par un officier supérieur américain, le lieutenant-général James Terry. Il est possible que son commandant en second soit un officier supérieur britannique, le lieutenant-général Tom Beckett. Le mois prochain, le lieutenant-général Beckett prendra la relève comme conseiller principal de la défense pour le Moyen-Orient (DSAME), un poste laissé vacant par le lieutenant-général Simon Mayall, qui prend sa retraite après quatre ans dans le rôle.
On a cependant quelques doutes sur la réussite d’une possible offensive pour le printemps prochain. Les Kurdes, pour commencer par eux, ne seraient pas en mesure de pousser plus au sud à l’intérieur de l’Irak sans une réaction négative de la part des tribus sunnites de la région. Quant à l'armée irakienne, elle est considérée par les Sunnites comme une milice chiite. Compte tenu de ces difficultés, les Américains réfléchiraient à la possibilité d’armer les tribus sunnites qui accepteraient de prendre les armes contre l’Etat Islamique. L’opération pourrait être menée conjointement avec l’Arabie saoudite et la Jordanie avec le risque toujours possible que certains groupes armés rallient soudain les Jihadistes de l’EI.

Le lieutenant-général Tom Beckett

Lieutenant-général Tom Beckett.jpg

Lieutenant-général Tom Beckett

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le lieutenant-général Tom Beckett a été déployé en Irak en 2003. Il commandait le 1er Bataillon du Régiment de parachutistes auquel  les Red Caps, ou Royal military police, étaient attachés. Huit membres des Red Caps avaient été massacrés au début de l’insurrection contre la présence britannique dans les provinces du sud du pays. On a accusé à l’époque les officiers supérieurs, dont Tom Beckett, qui commandaient les Red Caps, de négligence ayant entraîné leur mort. 
Le lieutenant-général Beckett prend la direction de la DSAME en raison du départ à la retraite du lieutenant-général Simon Mayall - un officier qui était considéré comme le principal expert de l'armée britannique sur les affaires arabes. Le lieutenant-général Mayall a dirigé la DSAME pendant quatre ans, mais sa retraite intervient seulement trois mois après que le Premier ministre l’ait nommé comme son envoyé spécial au Kurdistan - un rôle clé dans la guerre contre l'EI. Le départ du lieutenant-général Mayall est un coup dur en raison de sa compréhension de la politique moyen-orientale et du Jihad, selon Gareth Stansfield, professeur et expert du Moyen-Orient.

Jordanie
La campagne de marginalisation du mouvement des Frères Musulmans se poursuit. Après avoir été écarté du pouvoir en Egypte, déclaré organisation terroriste par les pays du Golfe, les Frères Musulmans devront faire désormais très attention à leurs propos en Jordanie.
Bani Rsheid Zaki, le numéro deux du Front d’Action Islamique, la version jordanienne des Frères musulmans, a été arrêté jeudi 20 novembre après avoir critiqué avec virulence les Émirats arabes unis pour avoir classé le mouvement islamiste sur leur liste noire.
Bani Rsheid avait qualifié sur Facebook le gouvernement émirati de « premier parrain du terrorisme ». « Les Émirats jouent le rôle de policier américain dans la région et (...) servent le projet sioniste (...) Ils agissent contre les mouvements de libération nationale, soutiennent les coups d'État et financent les groupes d'espionnage », a-t-il ajouté, en appelant à « chasser » ce pays du Conseil de coopération du Golfe, de la Ligue arabe et de l'Organisation de la coopération islamique.

Les Frères musulmans rejetés vers l’Etat Islamique ?
La persécution des mouvements revendiquant leur appartenance aux Frères Musulmans risque bien de pousser un grand nombre d’entre eux vers l’Etat Islamique. Plusieurs manifestations dans ce sens ont eu lieu ici ou là, comme en témoigne la dernière manifestation en date qui a eu lieu en Egypte. Les manifestants affichent ouvertement leur appartenance aux Frères Musulmans en faisant le signe de la Rabia (quatre doigt levés) :
https://www.youtube.com/watch?v=Hg1k47N4lDU&feature=p...

Front syrien

Damas et sa banlieue
Nouvelle vidéo russe des combats de Jobar (banlieue de Damas). Il s’agit d’une vidéo en langue russe dans le secteur VI de Jobar. Le cinéaste gagne la première ligne, séparée d’une dizaine de mètres des positions adverses – Exceptionnel :
http://www.liveleak.com/ll_embed?f=9730e1bcbfa9
La vidéo (langue russe) ci-dessous montre les combats dans le secteur VII de Jobar.
L’infanterie de l’AAS s’est retirée de la ligne de front pour laisser manœuvrer les tanks accompagnés par les Marines pour les protéger des tirs des armes antichars des rebelles. La première partie de la vidéo est la suite de la vidéo ci-dessus – Exceptionnel :
http://www.liveleak.com/ll_embed?f=a11e85a99ddf

Province d’Alep
Le Front al-Nosra, la branche syrienne d’al-Qaïda, a lancé, samedi 22 novembre 2014, une violente offensive contre deux villages chiites situés dans la province septentrionale d’Alep.
"Offensive des moudjahidines (...) dans les villages de Nebbol et Zahra et leurs environs et prise de plusieurs positions importantes", a indiqué le groupe jihadiste sur son compte Twitter pour la région d'Alep.
"Il s'agit de l'attaque la plus violente contre ces deux villages depuis le début de leur siège il y a un an et demi", a indiqué à l'AFP Rami Abdel Rahmane, directeur de l'OSDH. Alors que les rebelles avançaient dimanche au sud de Zahra, il a précisé que c'était la première fois qu'ils progressaient dans cette zone. Les villages sont défendus par des membres de la Défense nationale appuyés par le Hezbollah chiite libanais et des miliciens chiites irakiens.
L’objectif de l’attaque est de provoquer un relâchement de la pression imposée par l’AAS contre les Jihadistes du Front al-Nosra dans la ville d’Alep.

Nouvelle vidéo de la brigade Noureddine al-Zanki. La vidéo montre des combattants de la brigade de l’ASL (Armée Syrienne Libre) bombardant les positions de l’AAS dans le quartier de Salah ed-Dine avec leur gros mortier (exceptionnel) :
https://www.youtube.com/watch?v=by1VE0Pzy7U&list=UUtk...

Aïn el-Arab (Kobane en kurde)
Les combattants kurdes de l’YPG progressent dans toutes les directions à l’intérieur de Kobane, ainsi qu’aux environs de la ville. Ils prennent les Jihadistes en embuscade jusqu’à 25km à l’ouest de la localité, à 15km au sud et jusqu’à 35km à l’est. Les Kurdes ne cherchent pas à réoccuper le terrain pour l’instant, se livrant seulement à des opérations de guerrilla contre les Jihadistes.

Champ gazier d’al-Chaer – les combats se poursuivent
Les combats entre l'Etat islamique et l’Armée Arabe Syrienne (AAS) se poursuivent dans le désert du centre de la Syrie pour le contrôle du champ gazier d’al-Chaer.
L'État islamique a brièvement occupé le champ d’al-Chaer à deux reprises, une première fois en juillet 2014, exécutant des dizaines de membres du personnel et des forces de sécurité. L'armée syrienne en a repris le contrôle plus tôt ce mois-ci, mais les combats continuent à l'ouest de la ville de Palmyre.
L'agence de nouvelles SANA dit laconiquement ce matin (22 novembre) : "Une unité de l'armée a ciblé des groupes terroristes et détruit leurs armes dans les environs du champ d’al-Cha'er, un gisement de gaz important utilisé pour alimenter les usines de production d'énergie." Selon des informations non confirmées, 21 soldats syriens et des miliciens auraient été tués.
Le contrôle du champ gazier par le gouvernement syrien est très important à l’approche de l’hiver, saison où les besoins énergétiques sont plus élevés. En octobre, le gouvernement avait du réduire les subventions sur le carburant diesel et le mazout de chauffage, et augmenter les prix jusqu'à 33%.
La vidéo montre le célèbre colonel Suhail al- Hassan (surnommé « le Tigre ») faire le tour du site gazier après sa reprise en novembre :
https://www.youtube.com/watch?v=tfNjAN3SIns&feature=p...

La brigade islamiste  Fajr al-Islam perd son commandant
Cette vidéo mise en ligne montre la dépouille de Tariq al-Zoubi, le commandant de la brigade. Rappelons que la brigade Fajr al-Islam coopère avec l’Etat Islamique :
http://www.liveleak.com/ll_embed?f=9db2da6df9f0

Yémen

Al-Qaïda menace les Houthis chiites
Qassem al-Rimi, le chef militaire d'el-Qaïda au Yémen (AQPA), a promis de frapper plus fort les houthis dans un message audio mis en ligne le 20 novembre sur des sites jihadistes. « Aux houthis, nous disons : attendez-vous à des horreurs qui feront blanchir les cheveux des enfants . « Ce qui s'est passé à Sanaa n'est qu'un échauffement qui précède le combat », a déclaré al-Rimi en référence aux nombreux attentats anti chiites revendiqués par el-Qaïda, dont celui qui a fait une cinquantaine de morts le 9 octobre dans la capitale yéménite. « Vous êtes notre cible aujourd'hui (...) et n'imaginez pas que vos crimes resteront impunis », a-t-il poursuivi à l'intention des miliciens chiites.

Al-Qaïda se divise quant à sa position vis-à-vis de l’Etat Islamique
Harith Nazari, le leader d’al-Qaïda au Yémen (AQPA), est apparu sur une vidéo pour réfuter  officiellement l’autorité de l’Etat Islamique. Il prête au contraire allégeance au Mollah Omar, le chef des Talibans pakistanais, comme en témoigne cette vidéo (langue arabe) :
https://www.youtube.com/watch?feature=player_detailpage&a...
Ce message risque de diviser fortement les membres d’al-Qaïda dans la péninsule arabique (AQPA) car il apparaît que la base est très favorable au califat islamique proclamé par Abou Baker al-Baghdadi.
Le message de Harith Nazari ne fait pas l’unanimité non plus au sein des instances dirigeantes de l’AQPA. Mamum Hatim, un membre influent de l’organisation jihadiste yéménite a exprimé publiquement son désaccord avec le communiqué de Nazari. Va-t-on assister à un début de dissidence au sein de l’AQPA entre partisans et adversaires d’une allégeance à l’Etat Islamique ? A suivre …

Les Houthis clament leur amitié envers la Russie
Saleh al-Samad, chef du bureau politique du mouvement Ansar Allah (Houthis) et conseiller du président yéménite, veut établir des relations avec la Russie pour faire face à la politique "agressive" des Etats-Unis. C’est ce qu’il a déclaré  dans une interview à RIA Novosti.
"Nous apprécions énormément le rôle de la Russie soutenant l'axe de résistance au projet américain qui sème l'arbitraire depuis l'éclatement de l'Union soviétique", a indiqué al-Samad.
"Nous souhaitons établir des relations avec les Russes pour s'opposer au projet des Etats-Unis qui cherchent à contrôler le monde entier", a dit le dirigeant chiite yéménite.
Le mouvement chiite rebelle Ansar Allah (les partisans d'Allah) a pris pratiquement sans combats la capitale Sanaa, les provinces sud-ouest du Yémen et Al Hudaydah, ville portuaire sur la mer Rouge.
Le président yéménite Abd Rabbu Mansour Hadi et la délégation des insurgés ont conclu, sous la médiation des Nations unies, un accord de règlement de la crise prévoyant la mise en place au Yémen d'un nouveau gouvernement.

Califat islamique

Les camps d’entraînement de l’Etat Islamique au Moyen Orient
Cette carte montre l’étendue des centres d’entraînement de l’Etat Islamique en Irak et en Syrie :
EI training camps.png             
Rouge : Etat Islamique
Noir ; Front al-Nosra
Bleu : Autres groupes jihadistes

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

550 « Allemands » ont rejoint le califat islamique
Thomas de Maisière, le ministre de l’intérieur allemand, a révélé que 550 Allemands avaient rejoint l’Etat Islamique pour faire le jihad en Syrie et en Irak. 
"D'après les dernières estimations dont nous disposons, le nombre a encore progressé. Nous tablons désormais sur 550. Il y a encore quelques jours nous avions dit 450", a déclaré M. de Maizière lors d'une interview vendredi 21 novembre 2014 à la chaîne de télévision allemande Phoenix.
"En comparaison des dernières années, il s'agit d'une forte augmentation", a ajouté le ministre, précisant que si une majorité des candidats au jihad partis dans ces régions étaient des hommes, quelques femmes avaient également fait le voyage.
"Ces jeunes gens (...) se sont radicalisés en Allemagne, au sein de cette société. (...) C'est pourquoi la prévention doit accompagner la répression", a poursuivi M. de Maizière.
Sur le sol allemand, quelque 230 personnes sont actuellement considérées comme des menaces potentielles, dont "on ne peut pas exclure, et dans certain cas c'est même très probable, qu'elles préparent un attentat", a-t-il estimé.
Le gouvernement allemand avait annoncé mi-octobre de futures mesures permettant le retrait des cartes d'identité de présumés islamistes radicaux pour les empêcher de partir combattre en Syrie ou en Irak.

Plus de 500 jihadistes « britanniques » combattent dans les rangs de l’EI
La plupart d’entre eux se trouveraient en Syrie. 35 d’entre eux auraient déjà perdu la vie dans les combats et les bombardements.

Un Jihadiste « Britannique » et un « Français » tués dans les combats de Kobane
Après le « Britannique » Abou Abdullah al-Habashi, tué dans des combats à Kobane (mon blog du 21 novembre), on a appris la mort d’un autre Jihadiste « britannique ». Il s’agit d’un dénommé Abou Dharda (20 ans). Dharda vient d'un milieu Colombien-somalien et a grandi à l'ouest de Londres. Il s’est rendu en Syrie en Décembre 2013, entrant par la Turquie. On croit que Dharda a été interrogé par la police antiterroriste dans un aéroport britannique au moment de son départ, mais il aurait été autorisé à poursuivre son voyage après avoir satisfait les agents sur le but de son voyage.
Un « Français » a également été tué d’une balle dans la tête dans la même localité. Il s’agit d’Abou Suhayb al-Fransi :

Abou Suhaib al-Fransi.jpg

 

Abou Suhayb  al-Fransi
 

 

 

 

 

 

 

 

Coalition internationale

Etats-Unis
La vision géopolitique d’Elliott Abrahms
Elliot Abrahms, ex-consultant des présidents US Ronald Reagan  et Georges Bush junior, a fait un discours sur la politique américaine en Syrie devant la commission des relations étrangères de la Chambre des représentants.
Au cours de son discours sur la stratégie que Washington devrait adopter en Syrie, Abrahms a souligné que le Hezbollah était la cible qu’il fallait absolument éliminer afin de pouvoir réaliser les intérêts américains dans la région.

Deux axes en conflit
Abrahms a divisé sa présentation autour de deux axes: «l’axe du Hezbollah, l'Iran, la Russie, qui soutient Assad, et l'axe des États-Unis, l’Europe et les pays du Golfe, qui veut son départ».
Il a ensuite expliqué que « toute approbation de la part des États-Unis de permettre à Assad de faire partie du pouvoir durant la prochaine période sera considérée comme «une défaite pour Washington et une victoire pour Téhéran.»
A la question de  « qui va gagner? » dans cette bataille du Moyen-Orient, il a répondu qu’il allait de soi que les Etats-Unis devaient en sortir victorieux. Le problème est comment ?

Vaincre le régime syrien pour détruire le Hezbollah
Pour Abrahms il faut «remplacer le régime d’Assad par un régime sunnite qui évoluera en un Etat sunnite, ce qui serait «une défaite pour la Russie, l'Iran et le Hezbollah.»
Il a ajouté : «Vaincre le régime syrien permettra de détruire le Hezbollah au Liban» soulignant que  «la puissance du parti a augmenté au Liban durant ces dix dernières années, mais la transformation qui se produit en Syrie peut être le début de son déclin. Cela serait en notre faveur certainement ».

Sécurité d’Israël
Concernant la sécurité d’Israël, Abrahms a déclaré que «la Syrie assure un pont entre l'Iran et le Hezbollah, autrement dit,  l'Iran est aux frontières avec Israël via le parti, ce qui pose un grave problème, et donc si Assad tombe.. Tout  va changer».

Et l’Etat Islamique (Daesh) ?
Abrahms a fait remarquer que «pour vaincre Daech il faut changer l'équation en Syrie». Comment? «En plus de l'armement de l'opposition ... il faut frapper les forces de l’air syriennes»,  sous le prétexte qu’ «Assad utilise cette force pour bombarder son peuple».

Participation du Liban
Abrahms a déclaré au cours de l’audience qu’ '«une partie libanaise était  mécontente de la participation du Hezbollah en Syrie, en particuliers les chiites, qui se demandent pourquoi leurs fils meurent dans la défense de Bachar al-Assad?».
L’intérêt d’Abrahms pour le Liban remonte à l’an 2000, époque au cours de laquelle des hommes politiques américains considérés comme des faucons, tels que Richard Perle (chef du comité consultatif sur les affaires de défense sous le règne de George W. Bush), Daniel Pipes, Paula Dobriansky, Douglas Viet et Jeane Kurkpatrick avaient noué des relations avec des hommes d’affaires libanais, tels que Ziad Abdelnour, Daniel Nassif, Nabil al-Haj, Habib Malik, Samir Boustani, Charles Sahioun. C’est à la suite de ces contacts que les Etats-Unis – et la France – ont exigé, quelques années plus tard, le départ des soldats syriens du Liban.

France
Des Mirage de l'armée française sont désormais "positionnés" en Jordanie pour lutter en Irak contre l'organisation Etat islamique (Daesh).
La France avait annoncé mercredi le déploiement de six Mirage 2000-D en Jordanie, en plus des neuf Rafale basés aux Emirats arabes unis.

Grande Bretagne
Les commandos du SAS opèrent sur le terrain irakien
Des commandos du SAS britanniques, opérant au sol, occasionnent des pertes sévères aux Jihadistes de l’Etat Islamique dans le désert irakien.
Les commandos britanniques sont sur le terrain irakien depuis bientôt quatre semaines et font un véritable carnage parmi les Jihadistes. Ils ont tellement dépensé de munitions pour les mitrailleuses et les fusils des tireurs d’élite qu’on a été obligé de refournir les stocks prématurément.
Les commandos, lourdement équipés, sont transportés avec leurs quads par les hélicoptères Chinook de la RAF en profondeur à l’intérieur du territoire du califat islamique. Ils sont déposés à 90km de leur cible et se positionnent dans le plus grand secret pour attendre l’ennemi.
 «Notre tactique est d’inspirer la terreur de Dieu au sein de l’Etat Islamique car ils ne savent pas où nous allons et ils ne peuvent franchement rien faire pour nous arrêter. »
 «Nous atteignons leur moral. Ils peuvent courir et se cacher quand ils voient des avions dans le ciel, mais ils ne peuvent pas nous voir ou nous entendre. Nos tireurs d'élite amènent le facteur de la peur à un autre niveau; les terroristes ne savent pas ce qui se passe. Ils ne voient que leurs collègues gisant dans le sable ».
Les commandos du SAS visent principalement les voies d'approvisionnement à l’ouest de l'Irak et les check-points mis en place par les Jihadistes pour intercepter les véhicules et enlever les passagers pour extorquer de l'argent.
Les opérations sont minutieusement préparées. Les images des sites potentiels faites par les drones et les UAV (véhicules aériens sans pilote) sont soigneusement étudiées au préalable. Les communications radio de l’adversaire sont également écoutées avec attention, ceci dans le but d’identifier les postes de commandement et les dirigeants.  
Une fois que les officiers supérieurs du SAS ont identifié une cible, les commandos sont briefés pour recevoir les ordres opérationnels. Ils quittent alors leur base secrète et montent à bord d'une flotte d'hélicoptères - avec les quads déjà rangés dans la soute.
Il ne reste plus, pour les pilotes, qu’à entrer les coordonnées de la zone de désert où ils devront poser les Chinooks. Une fois posés, les commandos débarquent leurs quads, préparent leurs GPMG (General Purpose Machine Guns) et les fusils Barrett des snipers.
Les commandos n’ont plus qu’à s’approcher de leurs cibles dans le plus grand secret, les éliminer et disparaître à nouveau dans le désert pour gagner leur point de rembarquement.

Les commandos du SAS autorisés à tuer les Jihadistes « britanniques » en Irak et en Syrie
Les forces d'élite britanniques du SAS ont reçu l’ordre d'éliminer plutôt que de capturer les Jihadistes britanniques qui combattent aux côtés de l'État islamique et qui participent à sa terreur sanguinaire.
Le SAS n’a plus la mission d’essayer de capturer les « Britanniques » qui se battent dans les rangs de l’ Etat islamique. L’ordre est à présent de les tuer – kill only.
"Nous ne voulons pas les ramener au Royaume-Uni pour être jugés pour qu’ils se vantent des atrocités qu’ils ont commises et des vidéos qu’ils ont faites. Ils peuvent mourir dans la poussière en Irak. Ils ont semé la tempête, maintenant ils doivent la récolter.»
L’élimination physique de terroristes « britanniques » combattant dans une guerre étrangère par des membres des forces armées pourrait potentiellement poser des problèmes légaux. Mais le gouvernement a donné son feu vert à l’action du SAS  après une série d'atrocités auxquelles des « Britanniques » ont joué un rôle central. 
Jusqu'à présent, le SAS, en coordination avec les Américains, avait joué un rôle limité en Irak. Sa seule mission était de coordonner les frappes aériennes des bombardiers de la RAF et des Reaper Drones contre les Jihadistes de l’Etat Islamique. Ils avaient également pour mission de conseiller les forces irakiennes et de former les miliciens kurdes à mener des attaques contre l’Etat Islamique. Mais malgré des pertes importantes, les Jihadistes de l’EI restent une force importante et ils occupent toujours une vaste zone à cheval sur l’Irak et la Syrie.
Les ordres viennent de changer et le SAS a maintenant la mission d’éliminer physiquement les dirigeants de l’EI et de pourchasser  les Jihadistes « britanniques » grâce aux renseignements (Sigint) et les mettre hors de combat.
Dans un incident séparé, les super flics de l’anti-terrorisme ont monté à bord d’un avion en provenance de Jordanie, à l’aéroport de London Heathrow, jeudi 20 novembre, pour appréhender un homme âgé de 19 ans, originaire de Coventry, et soupçonné de préparer un attentat. Au début de l’année 2014, trois jeunes originaires de Coventry avaient rejoint les Jihadistes au Moyen Orient.

Jean René Belliard

 

 

 

 

21/11/2014

13 au 21 novembre – Nouvelles des guerres du Moyen Orient

Je remercie les lecteurs pour les nombreux messages de soutien et d’encouragement. Je suis à nouveau prêt et encore plus motivé qu’avant pour poursuivre mon travail d’analyste de la politique et des évènements qui se déroulent, jour après jour au Moyen Orient.
Il s’est passé pendant mon absence forcée pas mal d’évènements. Je vais essayer d’en faire un rapide survol pour recoller à l’actualité.

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11/11/2014

10 et 11 novembre 2014 – Nouvelles des guerres du Moyen Orient

Israël et Cisjordanie

Incidents graves en Cisjordanie et Israël
Les attaques palestiniennes contre des Israéliens à Tel-Aviv et en Cisjordanie se multiplient depuis quelques jours.
Deux Palestiniens ont tué, lundi 10 novembre, une jeune Israélienne et un soldat à coups de couteau.
Ce qui est inquiétant pour les autorités sécuritaires israéliennes, c’est le caractère aléatoire et imprévisible des attaques. A noter que Tel-Aviv, qui avait jusqu'alors été épargnée par les violences, a été également prise pour cible. Jusqu’ici, seules la partie palestinienne de Jérusalem-Est et la Cisjordanie avaient été le théâtre de telles attaques. Jérusalem est le théâtre depuis fin octobre 2014 de deux attaques à la voiture-bélier qui ont fait quatre morts. Les deux auteurs palestiniens ont été abattus par des policiers. Au total, les violences ont fait dix morts à Jérusalem depuis juillet.
La Ville sainte est d’ailleurs plongée dans un cycle de violences quotidiennes entre jeunes Palestiniens et policiers israéliens déployés en masse. Les tensions se sont récemment propagées aux villes arabes d'Israël après qu'un jeune qui s'opposait à l'arrestation d'un de ses proches ait été abattu samedi 8 novembre par la police. Son village de Kafr Kanna a d'ailleurs de nouveau été secoué lundi 10 novembre par des affrontements entre Arabes israéliens et policiers. Des heurts ont également été rapportés dans d'autres localités arabes du Nord et du Sud.

Deux attaques mortelles lundi 10 novembre 2014
Une première attaque a eu lieu à Tel-Aviv. Un jeune Palestinien de Cisjordanie a poignardé un sergent israélien âgé de 20 ans, Almog Shiloni, essayant de lui voler son arme. L’attaque a eu lieu près de la gare ferroviaire Agana. L’assaillant, Nour eddine Abou Hashiya (18 ans), a été arrêté dans un immeuble après une courte course-poursuite. Originaire du camp de réfugiés d’Askar de Naplouse, dans le nord de la Cisjordanie, il était entré illégalement en Israël.
Almog Shiloni.jpg

Le sergent Almog Shiloni (20 ans)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La seconde attaque a eu lieu à Gush Etzion en Cisjordanie vers 16H50. Un homme, appelé Maher Hamdi al-Hashlamon, a lancé délibérément sa voiture contre un arrêt de bus près du bloc de colonies de Goush Etzion, au sud de Jérusalem. N’ayant pas réussi à heurter un passant, l’homme est descendu de sa voiture pour poursuivre des passants à pied. Il a réussi à poignarder trois colons, dont une jeune femme de 26 ans, Dahlia Lemkus, qui est décédée, tandis que deux hommes, âgés de 26 et 50 ans, étaient blessés. Un garde de la colonie l'a grièvement blessé par balles. L'assaillant a été identifié par des sources de sécurité palestiniennes comme étant Maher Hamdi al-Hashlamon (25 ans). L’agresseur appartient au Jihad islamique. L’assaillant aurait été libéré d’une prison israélienne il y a cinq ans. Il y purgeait une peine de quatre ans pour activité terroriste.
L’organisation palestinienne a aussitôt fait paraître un communiqué revendiquant l’attaque et affirmant qu’elle était « une réponse du peuple palestinien à l'exécution du martyr Kheir Hamdane », un Arabe israélien tué samedi 8 novembre par les policiers dans le nord d'Israël lors d'une arrestation.
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Dahlia Lemkus (26 ans)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les Palestiniens, dénoncent une « exécution de sang-froid ». Des images vidéo de la mort de Kheir Hamdane, 22 ans, ont effectivement été mises en ligne. Elles montrent qu'il a été abattu, semble-t-il sans sommation, de plusieurs balles tirées dans le dos. Les policiers le chargent ensuite sans ménagement dans leur véhicule. Le ministre israélien de la Sécurité intérieure, Yitzhak Aharonovich, a promis une enquête, tout en défendant les policiers. « J'accorde mon soutien total aux policiers qui ont agi pour se défendre et faire échec à une menace », a-t-il affirmé sur la radio militaire.
« Nous traversons des jours difficiles, a jugé le président israélien Reuven Rivlin, une période qui exige de nous force et unité face aux terroristes qui estiment que Jérusalem est illégale, que Tel-Aviv est illégale, que le Goush Etzion est illégal. »

Marwan Barghouti appelle à la résistance contre Israël
Marwan Barghouthi, figure très populaire du Fatah condamné à quatre peines de prison à perpétuité par la justice israélienne pour avoir notamment dirigé la deuxième Intifada (2000-2005), a appelé le président Mahmoud Abbas et les dirigeants palestiniens à soutenir "la résistance armée", dans une lettre publiée mardi par la presse.
Dans une lettre écrite de la prison où il est incarcéré depuis 2002 et publiée à l'occasion du dixième anniversaire de la mort de Yasser Arafat, M. Barghouthi estime que "poursuivre le choix de la résistance globale et armée", c'est "être fidèle à l'héritage d'Arafat, à ses idées et à ses principes pour lesquels des dizaines de milliers sont morts en martyrs".
"Il est impératif d'envisager de nouveau le choix de la résistance comme moyen de vaincre l'occupant" israélien, écrit M. Barghouthi,.
"L'Autorité palestinienne doit revoir ses prérogatives et sa mission (...) et mettre fin immédiatement à la coopération sécuritaire qui conforte l'occupant", a ajouté Marwan Barghouthi.

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Marwan Barghouti










Egypte

L’organisation jihadiste égyptienne Ansar Beit el-Maqdess prête allégeance au califat islamique
Les Jihadistes égyptiens d’Ansar Beït al-Maqdess, qui étaient liés précédemment à Al-Qaïda, ont prêté allégeance, lundi 10 novembre, au califat islamique, selon un enregistrement publié sur le compte Twitter du groupe égyptien.
"Nous annonçons prêter allégeance au calife Ibrahim Ibn Awad... pour écouter et obéir", est-il dit dans cet enregistrement audio, en référence au chef de l’Etat Islamique, Abou Bakr al-Baghdadi.

Front irakien

Une unité des services de renseignement irakiens à l’origine de la frappe contre les dirigeants de l’Etat Islamique
Le ministère de l’intérieur irakien a donné quelques détails sur le bombardement du rassemblement de la réunion des dirigeants de l’Etat Islamique, les noms des participants, et le timing de l’opération qui a correspondu au moment ils se mettaient à table.
Il semble que la réunion avait pour objet une rencontre de dirigeants de l’EI d’Irak et de Syrie, à l’occasion de l’allégeance d’une nouvelle organisation de combattants rebelles ou tribaux.
L’information avait été obtenue par une unité des services de renseignement irakiens.

Noms des dirigeants de l’Etat Islamique tués lors du raid aérien de la coalition internationale
Nous avons reçu une liste de noms des dirigeants de l’Etat Islamique morts dans un raid américain alors qu’ils étaient en réunion à al-Qaïm en Irak.
- Ahmed Awad Al Sulmani.
- Samer Mohammed Mahlawi - L'agent de sécurité de l'organisation pour al-Qaïm.
- Canaan Abboud Mehidi – Le responsable de l'organisation dans la ville de Rawa
- Walid Diab al-Ani - un responsable de l'organisation dans une autre ville
- Abu Zahra Mohammadi - le responsable de l'organisation pour Fourat (les villes de Boukamal (Syrie) et al-Qaim (Irak), ainsi que pour d'autres petites villes de Syrie et d'Irak)
Par ailleurs, le dirigeant de l’EI pour la ville d’al-Qaïm, Abou Anas, a été très grièvement blessé.

Abou Baker al-Baghdadi
La confusion règne toujours sur le sort du calife autoproclamé Abou Baker al-Baghdadi. Le ministère de l’intérieur irakien a prétendu qu’il avait été blessé tandis que le porte-parole du CENTCOM affirmait n’avoir aucune confirmation de la présence du leader de l’EI à l’intérieur de la cible bombardée.
Mais mardi 11 novembre, le compte Twitter al-‘Itisaam, connu pour son affiliation au califat islamique affirmait qu’Abou Baker al-Baghdadi avait été tué au cours du raid et qu’un nouveau calife serait bientôt nommé.
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Le compte Twitter al-‘Itisaam

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Il faut encore prendre cette information avec prudence. Le compte Twitter pourrait très bien être un Fake (un faux compte), une opération très facile à mener pour le moindre groupe impliqué dans la guerre cybernétique

La victoire à Jurf al-Sakhr avive les tensions entre Chiites et Sunnites irakiens
Le gouvernement irakien s’est félicité de la reprise de la localité de Jurf al-Sakhr, une région du sud de Bagdad, par les forces irakiennes. Les autorités ont célébré en grande pompe la reprise de la ville des mains des Jihadistes sunnites de l’Etat Islamique.
La satisfaction est loin d’être partagée par la population sunnite de cette région en majorité sunnite. Les habitants ont payé un très lourd tribut lors des combats, et la colère gronde face aux destructions.
« Ils nous ont visés avec des frappes aériennes, de mortier, d'artillerie, de roquettes... C'est pour ça que nous sommes partis », explique Abou Ali, un fermier de 45 ans ayant fui avec sa mère, sa femme et ses deux enfants, interrogé par l'AFP. « C'était devenu un champ de bataille, regrette-t-il. Nous n'avons rien pris avec nous, nous avons couru pour nos vies. » Les maisons et les voitures ont été détruites et les vergers mis à sac. « Il ne reste plus rien », se désole le paysan.
Dans la ville de Jurf al-Sakhr, de nombreux magasins ont été détruits, des façades et des toits éventrés. Plusieur incendies ont été allumés par les miliciens chiites. « Nous avons brûlé les maisons » des jihadistes, explique pour justifier leurs actes un membre de la Kataëb Hezbollah. Les habitants, eux, accusent les miliciens chiites d’avoir volontairement détruit la région et la haine envers eux n’a fait qu’augmenter. Les gens se demandent à quoi rime cette « libération » quand tout a été détruit et brûlé par les milices chiites.
Les murs de la ville libérée ont été couverts de graffitis, la plupart  par les milices chiites. Même les murs de la mosquée ont été tagués de slogans.
La ville reste, de toute façon, dangereuse pour les habitants qui avaient fui les combats et qui doivent faire attention à leur retour. Avant de quitter les lieux, les jihadistes ont piégé les immeubles avec des explosifs qui doivent encore être désamorcés.

Cinquante soldats irakiens déployés dans la province sunnite d’al-Anbar
Cinquante soldats américains sont arrivés dans la province d'Al-Anbar, une province sunnite à l'ouest de l'Irak. Leur mission est d’assister l'armée irakienne en guerre contre le califat islamique.
"Je suis en mesure de confirmer qu'environ 50 soldats américains se trouvent sur la base aérienne d'Al-Assad pour évaluer dans quelle mesure les installations pourront être utilisées comme centre d'assistance et de conseil en soutien aux forces irakiennes de sécurité", a déclaré la capitaine de frégate Elissa Smith, une porte-parole.
Parmi ce contingent, certains soldats assurent la sécurité des experts qui mènent l'évaluation de la base aérienne située en plein désert, a-t-elle dit.
Rappelons que la province d’al-Anbar est entièrement contrôlée par l’Etat Islamique et que seules quelques poches de résistance subsistent encore.
La province a récemment été le théâtre de massacres de membres des tribus en guerre contre l’EI mais la porte-parole américaine, Elissa Smith, a tenu à préciser que "les forces américaines n'armaient pas les tribus de la région, c'est le rôle du gouvernement irakien et des forces irakiennes".

Liban

On reparle des ventes d’armes au Liban
Une ouvelle polémique oppose « souverainistes » et alliés de L’Iran et de la Syrie au Liban.
Cette polémique a été engendrée par un projet de don d’armes au Liban par l’Iran.
Le Liban doit recevoir au début de 2015 des armes françaises achetées par l’Arabie saoudite pour un montant de 3 milliards de dollars US. Il s’agit d’armes destines à la lutte antiterroriste et qui doivent équiper l’armée libanaise.
L’Iran, de son côté, vient de promettre un budget de 45 millions de $ au Liban pour l’achat d'hélicoptères, de chars et autres équipements militaires ainsi que de pièces de rechange pour les armes soviétiques en cours d'usage telles que les chars et les canons.
Le don iranien pose plusieurs problèmes. Un problème politique au Liban, tout d’abord, car il a relancé l’affrontement. On trouve d’un côté les « souverainistes » qui exigent une politique d’indépendance par rapport à la Syrie et à l’Iran. Les partisans de cette politique sont regroupés au sein du « camp du 14 mars ». Le camp adverse est constitué par le « camp du 8 mars » et regroupe plusieurs organisations autour du Hezbollah, telles que le parti du général Michel Aoun, les Druzes du clan Arslane, les partisans druzes de Wiam Wahab, plusieurs partis laïques partisans de la Grande Syrie et même quelques partis sunnites opposés au camp du 14 mars pour les raisons les plus diverses.
Il pose un problème international également. Il y a la résolution 1747 du Conseil de sécurité qui impose un blocus à la république islamique d’Iran et lui interdit, notamment, de vendre ou de transférer des armes vers un Etat tiers. Une délégation des Nations Unies devrait donc, en principe, se rendre à Beyrouth pour vérifier si les armes qui seraient offertes par l’Iran sont conformes à cette résolution.
Les partisans du Camp du 8 mars, qui sont favorables à ce don iranien, affirment que la résolution 1747 ne s’applique pas dans ce cas précis car il ne s’agit pas d’une vente d’rmes mais d’un don.
Il est clair qu’en dehors des considérations sur la résolution de l’ONU, la polémique s’inscrit dans le contexte de la lutte d’influence qui a lieu au Liban entre les forces qui soutiennent l'Arabie saoudite et celles qui se trouvent dans l'axe iranien.

Walid Joumblatt, le leader druze, appelle tous les Druzes à aider la rébellion syrienne
Le chef du Parti socialiste progressiste (PSP), Walid Joumblatt, a appelé lundi les druzes à rompre tout lien avec le régime syrien de Bachar el-Assad et à engager un processus de réconciliation avec les rebelles.
"Les événements dramatiques en Syrie ont mis en lumière une nouvelle fois les desseins du régime qui s'emploie à monter les régions et les confessions les unes contre les autres afin de faire perdurer la crise et se maintenir en place", a affirmé M. Joumblatt dans son éditorial hebdomadaire au journal al-Anbaa, organe de son parti.
"Il est clair que le régime syrien ne se soucie guère des confessions et des communautés et n'hésite pas à les utiliser et à les entrainer dans une guerre d'usure afin de renforcer son emprise sur ce qui reste du territoire syrien", a-t-il ajouté.

Un chef de l’Armée Syrienne Libre capturé au Liban
L’armée libanaise avait arrêté, dimanche 9 novembre 2014, le colonel Abdallah Rifaï, commandant du Conseil Militaire de l’Armée Syrienne Libre. Le colonel Rifaï a été capturé à un check-point de l’armée près d’Ersal (Bekaa) habillé en femme pour passer inaperçu.
L’Armée Syrienne Libre réagissait à cette arrestation lundi 10 novembre et exigeait du gouvernement libanais qu’il libère sans délai le colonel.
"L'armée libanaise est pas notre ennemi", a déclaré l’ASL dans un communiqué mis en ligne sur le site el-Nashra.

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Le colonel Abdallah Rifaï au moment de son arrestation déguisé en femme






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Le colonel Rifaï durant l'annonce de la formation d'un group rebelle dans le Qalamoun - l'homme au centre qui tient le texte de la déclaration








Front syrien

Aïn el-Arab (Kobane en kurde)
Les Unités de protection du peuple kurde (YPG) ont repris mardi 11 novembre 2014 plusieurs rues et bâtiments dans le sud de la ville de Kobané aux Jihadistes de l'État islamique (EI) tandis que l’artillerie kurde bombardait les positions adverses. Les violents combats avaient débuté lundi soir, 10 novembre, et duré toute la nuit. D’autres combats ont eu lieu autour de la mosquée Hajj Rashad et le quartier de la Municipalité. La progression est lente, car les JIhadistes l’Etat Islamique ont miné les maisons avant leur retrait.
Lundi soir, 10 novembre, la coalition internationale a mené trois frappes contre une quinzaine de positions de l'EI dans le sud-est de Kobané.

Le moral en berne chez les Jihadistes du califat islamique
Selon des renseignements en provenance de la place-forte jihadiste de Raqqa, le moral ne serait pas très haut parmi les combattants de l’Etat Islamique sur la défensive tant en Irak qu’en Syrie. Les combattants jihadistes auraient particulièrement été choqués par la résistance farouche des Kurdes de l’YPG à Kobane alors qu’ils pensaient ne faire qu’une bouchée de la ville. L’envoi d’une vingtaine de véhicules kamikazes chargés de puissantes charges d’explosifs n’a pas entamé la défense kurde.
Les commandants de l’EI auraient décidé de mobiliser les combattants dans les provinces de Homs et Hama pour renforcer leur potentiel militaire et compenser les pertes qui seraient importantes en raison des frappes aériennes de la coalition et des combats de rues à Kobane. Une victoire contre l’Armée Arabe Syrienne, pensent-ils, pourrait contribuer à relever le moral des troupes et regagner la sympathie des Sunnites syriens désespérés de ne pas venir à bout de Bachar el-Assad.

Visite du champ gazier d’al-Chaer après sa reprise par l’AAS
Vidéo :
https://www.youtube.com/watch?v=Og2FP2xtnzk&feature=p...

Mystérieux assassinat de cinq ingénieurs nucléaires syriens
Cinq ingénieurs nucléaires ont été assassinés dimanche 9 novembre 2014 à bord de leur bus à la périphérie nord de Damas, près du centre de recherche scientifique où ils travaillaient.
Les informations concernant l’assassinat de ces savants sont contradictoires. Selon certaines sources, ils ont été tués dans l’explosion d’une bombe posée au passage de leur véhicule, et selon d’autres ils ont été tués par des tirs directs.
Pour l’ONG OSDH basé à Londres, "des inconnus ont assassiné cinq ingénieurs travaillant dans l'énergie nucléaire dans le Centre de recherches scientifiques à la périphérie de Barzé dans le nord de Damas".
"Quatre des ingénieurs étaient syriens et l'un était iranien. Leur bus a été pris en embuscade alors qu’ils se rendaient à leur centre de recherches. Leurs assaillants les ont tués par balles", a-t-on ajouté de même source.
Des dizaines de savants nucléaires, spécialistes en balistique, et dans le secteur militaire de la Syrie, ont été assassinés depuis le début des troubles, dans ce pays.
En juillet 2013, six fonctionnaires de ce même centre avaient trouvé la mort dans une attaque au mortier menée.
Le réacteur nucléaire de Jamraya, près de Damas, avait lui aussi été visé par un raid israélien meurtrier le 5 mai 2013.

Bataille du Qalamoun (frontière libano-syrienne)
L'armée syrienne a tué Abou Raad, un commandant du Front al-Nosra (al-Qaïda en Syrie), et cinq de ses compagnons alors qu'ils tentaient de s’infiltrer vers Flita dans le Qalamoun.

Les missiles de l’Etat Islamique
Une vidéo impressionnante montrant des Jihadistes de l’Etat Islamique tirant des missiles sur leurs adversaires :
https://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&...

Les Jihadistes de l’Etat Islamique font sauter la grande église arménienne de Deir ez-Zhor
L’Etat Islamique a dynamité la grande église arménienne de Deir el-Zhor. Cette église avait été construite en mémoire du génocide arménien de 1915. Elle contenait des milliers de documents, certains datant de 1841. La plupart contenait l'histore des massacres commis il y a 99 ans.
Le prêtre arménien, responsable du diocèse de Deir el-Zhor, Monseigneur Antranik Ayvazian, avait pourtant reçu des assurances, vers la fin de Septembre 2014, que l’église et ses archives seraient épargnées par les Jihadistes.
Chaque année, le 25 avril, des milliers d'Arméniens se rassemblaient dans l’église de Deir el-Zhor en souvenir du génocide perpétré par les Turcs et qui aurait fait un demi-million de morts.
Le 100e anniversaire du génocide devait être célébré l'année prochaine à Deir ez-Zhor.
La destruction de cette église et de ses archives, qui représentaient la mémoire du peuple arménien et du génocide, laisse penser que l’Etat Islamique se sentait obligé vis-à-vis de la Turquie. Et pour quelle raison si ce n’est en échange d’une assistance en armes et munitions ?

Pakistan

Waziristan
On a moins parlé du Pakistan depuis quelques mois, depuis l’offensive de l’Etat Islamique en Irak en juin 2014. Mais d’intenses opérations militaires se poursuivent dans le Waziristan du nord. Cette région était l’une des places fortes de l’islamisme armé avant l’offensive des forces de sécurité pakistanaises. Aujourd’hui celles-ci contrôlent près de 80% de la région.
L’opération militaire a isolé les groupes jihadistes les uns de autres, détruit les centres de commandement et la structure de l’organisation centrale. En réaction, de nombreux groupes ont annoncé leur allégeance à l’Etat Islamique d’Irak et de Syrie. L’organisation Jihadiste ne pouvait que répondre à ce mouvement et aurait créé, selon les services de renseignement pakistanais, un centre de planification stratégique qui comprendrait dix membres.

Vidéo (langue anglaise)
http://www.liveleak.com/ll_embed?f=c9b950f6312e

Nucléaire iranien

Point sur le dossier des négociations sur le nucléaire iranien
Les États-Unis et l'Iran ont tenté d'avancer dimanche 9 novembre 2014 à Mascate sur le dossier du nucléaire iranien. Le secrétaire d'État américain John Kerry et son homologue iranien Mohammad Javad Zarif étaient réunis dans la capitale omanaise pour des discussions dirigées par la représentante ad hoc de l'Union européenne Catherine Ashton.
Le président américain, Barack Obama, a toutefois averti qu'il restait un « fossé important » à combler avant la date-butoir du 24 novembre.
La question est de savoir maintenant si nous allons pouvoir combler ce fossé pour que (l'Iran) puisse réintégrer la communauté internationale, que les sanctions soient progressivement levées et que nous ayons des assurances vérifiables et fermes qu'ils ne développent pas la bombe nucléaire », a expliqué le président américain.
« Nous n'y parviendrons peut-être pas », a-t-il reconnu lors d'un entretien diffusé par la chaîne américaine CBS.
« Il y a encore un écart » entre les parties sur ces deux sujets, a déclaré, pour sa part, dimanche 9 novembre M. Zarif, cité par l'agence officielle Irna.
« Si l'autre partie fait preuve de bonne volonté politique, on pourra aboutir à un accord « .
Le ministre des AE iranien doit compter avec la classe politique de son pays. 200 parlementaires ont exigé dimanche 9 novembre que les négociateurs « défendent vigoureusement » les droits nucléaires de l'Iran et garantissent la « levée totale des sanctions ».

Jean René Belliard