16/09/2014

16 septembre : Guerres du Moyen Orient

Lourde responsabilité occidentale dans l’émergence du califat islamique
On peut aujourd’hui affirmer que l’administration américaine porte une lourde responsabilité dans l’émergence d’un califat islamique. Le blogger NotGeorgeSabra a clairement expliqué pourquoi :
- Quand les rebelles syriens semblaient gagner la guerre, en 2011 et 2012, l’administration américaine et la CIA ont imposé un blocus sur les livraisons à la rébellion d’armes lourdes. Barak Obama préférant une solution politique négociée pour mettre un terme au conflit et ne voulait pas permettre à la rébellion de gagner.
- Cette stratégie a fonctionné au-delà de toute espérance et les rebelles ont commencé à perdre leur momentum, permettant à l’armée d’Assad de se regrouper. Puis, grâce à une aide massive de l’Iran, et aussi de la Russie, elle a repris son offensive contre la rébellion, la bousculant dans de nombreuses régions. Devant la dégradation de la situation des rebelles, les Etats-Unis et certains de ses alliés ont alors autorisé les livraisons d’armes lourdes. Mais pas de missiles sol-air Manpads. Ceci aurait pourtant été la seule arme capable de mettre un terme à la campagne de bombardement à l’aide de barils de poudre entreprise par les hélicoptères et les avions du régime syrien. Et même ces Manpads n’auraient pas été efficaces contre les vols à haute altitude des avions de chasse assadistes.
- A partir du début de 2014, il faut se rendre à l’évidence. L’armée syrienne libre est non seulement menacée par l’armée assadiste, mais aussi par un nouvel acteur sur le terrain : les jihadistes de l’Etat Islamique d’Irak et du Levant (EIIL). Une organisation salafiste extrémiste comptant un grand nombre d’islamistes étrangers dans ses rangs. La menace a changé de genre et de dimension. Il ne s’agit plus seulement de lutter contre un dirigeant exécré par les dirigeants occidentaux pour ses crimes de guerre, Bachar el-Assad, mais contre une menace terroriste qui met en ligne, jour après jour, les vidéos de ses atrocités d’un autre âge. Les Américains s’empressent, avec leurs alliés arabes, de sélectionner des brigades rebelles « dignes de confiance » pour les entraîner et les armer. D’autant plus que la Conférence de Genève II, sensée apporter une solution politique s’est soldée par un échec. L’aide occidentale va concerner 40 000 combattants rebelles environ dans les régions d’Edleb, au nord, et Deraa, au sud.
- Trop tard, trop peu. Car, entretemps, les Jihadistes de l’Etat Islamique d’Irak et du Levant, ont réussi à  capturer deux provinces syriennes, Deir ez-Zhor à l’est et Raqqa au nord, en chasser les autres brigades rebelles et l’armée assadiste et les transformer en véritable bastion. Puis, le 9 juin 2014, les Jihadistes de l’EI ont lancé une vaste offensive en Irak, capturant une énorme portion du territoire dans les provinces sunnites avant d’annoncer la création d’un califat islamique.
Voilà comment la pusillanimité de dirigeants occidentaux, l’absence de vision géopolitique et de clairvoyance a créé une situation  extrêmement délicate aujourd’hui.

Une intervention occidentale qui pourrait être vouée à l’échec
Les Etats-Unis ont convaincu un certain nombre de pays à rejoindre une coalition internationale pour une nouvelle intervention militaire au Moyen Orient.
Le problème de cette coalition tient au fait que les objectifs manquent de clarté, non seulement entre les participants, entre, par exemple, les Américains et plusieurs pays occidentaux, ou encore entre ces mêmes pays occidentaux et  les pays arabo-musulmans. Les uns veulent mettre un terme au pouvoir de Bachar el-Assad, les autres non. Certains veulent en finir avec un Etat irakien ou syrien issu d’un « arrangement  colonial », d’autres veulent, maintenir ces Etats dans l’inviolabilité de leurs frontières contre vents et marées. Et pour couronner le tout, les deux leaders occidentaux les plus en pointe de la lutte contre le califat, Obama et Hollande, ne sont pas des champions de la clarté et du pouvoir de décision. Chacun se souvient comment Barak Obama a renier la « ligne rouge » qu’il venait lui-même de fixer à Bachar el-Assad, seulement quelques jours avoir l’avoir décidée, provoquant une grave crise au sein de la rébellion syrienne et prenant Hollande au dépourvu, lui qui s’était précipité pour copier sa politique sur celle du président américain.
On peut donc s’inquiéter de voir une expédition militaire débutée sans vision stratégique claire et sans un chef charismatique à sa tête.

Front syrien

Combats tous azimuts en Syrie
Deir ez-Zhor
La destruction du pont as-Siyassa (politique en arabe) sur l’Euphrate à Deir ez-Zhor est un coup dur pour le califat islamique, incapable d’approvisionner les quartiers qu’ils contrôlent dans la grande ville de l’est syrien autrement que par bateau. Les Jihadistes assiégés dans Deir Ez-Zhor se trouvent désormais en mauvaise posture.

L’Etat islamique a évacué ses armes lourdes de Deir ez-Zhor (est syrien)
Les califatistes se préparent à faire face aux frappes aériennes de la coalition internationale. Ils ont évacué en toute hâte leur armement lourd des positions qu’ils occupent dans la province de Deir ez-Zhor, et diminué au strict minimum le nombre de ses miliciens stationnés dans les Q.G..
Des habitants ont dit avoir vu des convois de chars de l’EI prendre la direction de l’Irak. La plupart des miliciens qui ont prêté allégeance au califat se sont mis à l’abri. Ils ont ordonné aux habitants de Deir ez-Zhor de rester sur place, sans doute pour servir de boucliers humains en cas de raids aériens.
Dans le même temps, les accrochages se poursuivent entre les Jihadistes et l’armée d’Assad autour de l’ancien aéroport de Deir ez-Zhor, provoquant la mort de plus de 40 Salafistes.
 
Qalamoun (près de la frontière libanaise : pertes importantes du Front al-Nosra
La branche armée d'al-Qaïda en Syrie, le front al-Nosra, aurait subi des pertes importantes dans la région du Qalamoun. Un de ses chefs militaires, connu sous le pseudonyme d’Abou Omar al-Homsi  aurait été tué au cours des combats
Les pertes les plus importantes ont eu lieu dans le jurd de Flita, un village syrien du Qalamoun situé à proximité immédiate de la frontière libanaise. Un groupe de combattants du Front al-Nosra, qui tentait de progresser en direction de positions militaires de l’armée syrienne  est tombé dans une embuscade formée par des pièges explosifs. Des accrochages violents s’en sont suivis et des dizaines de miliciens auraient péri. 

Edleb (nord syrien)
Les Jihadistes du front al-Nosra livrent également une bataille sans merci à l’ouest du gouvernorat d’Edleb contre la milice du Front des révolutionnaires de Syrie (FRS), qu'ils accusent d’avoir exécuté il y a quelques jours un de leurs responsables de nationalité jordanienne, Abou Machari. Il en aurait résulté un nombre important de tués et d’enlèvements de part et d’autre dans la province de Jisr al-Choghour.
Il n’y a pas si longtemps, le Front al-Nosra et le Front des Révolutionnaires Syriens, un groupe très bien armé, combattaient ensemble contre l’armée d’Assad. Mais les relations se sont détériorées depuis peu.
Pendant ce temps, l’armée assadiste poursuit sa progression dans la province de Hama et s'est emparée du village al-Jadidat, ainsi que de Tal al-Milh
 
Alep
Des combats se poursuivent entre les Jihadistes du Califat islamique (Daesh) et le Front islamique, un groupe rebelle armé et financé par l’Arabie saoudite. Huit Jihadistes de l’Etat Islamique (Daesh) auraient été mis hors de combat. Les combats opposent également les califatistes à l’armée d’Assad.  Quelques 25 Jihadistes du califat auraient perdu la vie, la plupart étant des étrangers. Ils auraient été tués au cours d’un raid de l’armée de l’air assadiste  contre un de leurs sièges secrets a proximité de la centrale thermique à l’est d’Alep.

Damas
La situation sécuritaire s’est à nouveau dégradée dans la capitale syrienne où des obus se sont abattus  sur deux quartiers résidentiels : la banlieue d’Assad, et Douwaylia.
Ces bombardements à l’aide de roquettes Katioucha seraient le fait d’un groupuscule armé connu sous l’appellation «  l’Union Islamique des soldats du Levant ». Ce groupe aurait annoncé avoir lancé contre les quartiers de la capitale la deuxième phase de son opération baptisée « les missiles des soldats ». Il a déclaré vouloir pilonner, à partir du mardi 16 septembre, « la zone présidentielle dans le quartier al-Maliki» et « la région  sécuritaire et militaire dans le quartier de Mazzé ».
Les rebelles expliquent que l’attaque est une réponse aux massacres commis par le régime :
https://www.youtube.com/watch?list=UUnigacRk8PMRKK47soehL...
La première phase de cette campagne contre les quartiers de la capitale syrienne s’était soldée par la mort de 31 civils.
Plusieurs quartiers de Damas font également l’objet depuis la semaine passée de tentatives d’infiltration des rebelles.
La plus récente a été celle perpétrée lundi 15 septembre à partir du camp palestinien de Yarmouk, via les égouts, contre la région Az-Zahirat dans le quartier al-Maydane, mais l’armée aurait réussi à repousser l’attaque. Une attaque similaire avait eu lieu la semaine dernière à Dakhaniyyé à l’est de Damas. Elle aurait couté la vie au chef du sinistre département des renseignements aériens, le général Rida Hafez Makhlouf, connu sous le nom de guerre Abou Leith.
Originaire du fief alaouite de Qardaha, dans le gouvernorat de Lattaquié, Rida Hafez Makhlouf était un proche du président syrien Bachar al-Assad       
Les combats sont incessants dans le quartier de Jobar et à Douma où l’armée aurait réussi à faire quelques progrès. L’armée assadiste aurait découvert, du côté de la cite ouvrière d’Adra, un tunnel d’une longueur de 500 mètres de longueur et de 11 mètres de profondeur.
Cette vidéo montre les bombardements de Douma :
https://www.youtube.com/watch?list=UUnigacRk8PMRKK47soehL...

Mleiha
Cette localité située à l’est de Damas était tombée aux mains des rebelles au printemps de 2013. Elle a été reprise par l’arméee assadiste à la mi-août 2014 à l’issue d’une bataille de cinq mois. 
Cette vidéo montre ce qu’il reste de la ville. Les artificiers sont toujours en train de désamorcer les nombreux pièges laissés par les rebelles dans la ville :
https://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&...

Raqqa
Les califatistes ont abattu un Mig de l’armée assadiste à d Raqqa, la place forte du califat islamique :
https://www.youtube.com/watch?feature=player_detailpage&a...

Front irakien

Bagdad
L’armée de l’air américaine a bombardé des positions jihadistes au sud-ouest de Bagdad pour la première fois depuis le début de l’opération aérienne U.S.
Le Commandement central américain (CENTCOM) a déclaré mardi 16 septembre 2014 que l'attaque a été lancée après que les forces irakiennes aient réclamé des secours. Au moins une position de l’EI a été mise hors de combat.
Les avions de combat américains avaient déjà frappé des positions jihadistes à l’ouest de l’Irak la semaine dernière, ce qui a permis à l’armée irakienne de reprendre le J barrage de Haditha.
Les bombardiers américains ont également attaqué, ce mardi 16 septembre, plusieurs positions de l’EI à proximité de Mount Sinjar, détruisant six véhicules.
Ces nouvelles attaques portent à 162 le nombre des interventions aériennes  américaines depuis le 8 Août 2014.

Jean René Belliard (Auteur de Beyrouth, l'enfer des espions)

15/09/2014

15 septembre 2014 : Nouvelles des guerre du Moyen orient

Des pays arabes pourraient participer à des frappes aériennes
Au cours de la conférence internationale de Paris pour discuter d'une action militaire contre le califat islamique, les responsables américains ont affirmé que plusieurs pays arabes avaient accepté de se joindre aux frappes aériennes.
«Je ne veux pas vous laisser l'impression que ces membres arabes n'ont pas proposé de faire des frappes aériennes parce que plusieurs d'entre eux l’ont proposé", a déclaré un haut responsable du département d'Etat américain. Selon cette source l'offre faite par les pays arabes ne serait pas limitée à l'Irak, ce qui implique que les attaques pourraient également être effectuées sur les positions de l'Etat islamique en Syrie.
Les fonctionnaires n'ont pas voulu préciser quels pays avaient fait ces offres. Jusqu'à présent, seule la France s’est engagée publiquement participer à des frappes aériennes.
10 pays arabes - l'Égypte, l'Irak, la Jordanie, le Liban, et six Etats du Golfe dont l'Arabie saoudite et le Qatar - ont approuvé, jeudi 11 septembre, une "campagne militaire coordonnée".
 
Les frappes aériennes ont mis un terme à l’avancée des jihadistes en Irak, mais ceux-ci se sont adaptés
Les autorités américaines ont fait le bilan de cinq semaines de frappes aériennes.  L'avance des Jihadistes du calfat islamique a été stoppée, mais ils n'ont pas perdu beaucoup de territoire.
Les jihadistes se seraient adaptés depuis que les Etats-Unis ont commencé leur campagne aérienne dans le nord de l'Irak: "Ils savent comment tirer profit du terrain et changent de tactique pour conserver leur force." Les unités jihadistes se sont fondues au sein des populations locales et ne s’aventurent plus à découvert.
Mais même si les Jihadistes n’ont pas perdu de terrain depuis le début des frappes aériennes, ils n’en ont pas gagné non plus, ce qui signifie que ces frappes ont été efficaces.

L’aviation militaire française commence le survol du territoire irakien
Les premiers vols de reconnaissance ont eu lieu dès ce lundi 15 septembre avec l'accord et des autorités irakiennes et des autorités émiraties", a dit le ministre de la défense français sur la base d'al-Dhafra où étaient rassemblés quelque 200 militaires dont des pilotes d'avion de combat Rafale.
"La France se tient prête en ces moments décisifs pour sa sécurité car c'est bien aussi la sécurité de la France que menace Daesh, ce pseudo Etat islamique", a dit Le Drian.
Six avions de combat Rafale, un avion ravitailleur Boeing C-135 et un avion de reconnaissance Atlantique de la marine française se trouvent actuellement sur la base d’al-Dhafra.

La base d'Al-Dhafra, au Sud d'Abou Dhabi,
Les premiers vols de reconnaissance français au-dessus de l’Irak sont partis de la base d’al-Dhafra, au sud d’Abou Dhabi.  Cette base est, depuis 2009, la tête de pont du dispositif militaire français, dans la région du golfe Persique.
Avec six avions "Rafale" et quelque 750 militaires, la base est un maillon essentiel des forces françaises pré-positionnées, dans l'arc de crise, qui va du Sahel à l'océan Indien.  
Avant même l'engagement, lundi 15 septembre, des premiers "Rafale", pour des missions, en Irak, c'est d'al-Dhafra que sont partis, ces dernières semaines, les avions-cargos, qui ont procédé à des largages de vivres et de matériel humanitaire, au-dessus du Kurdistan irakien.
L'implantation militaire française, aux Emirats arabes unis, est, en fait, une enclave française, sur l'immense base émiratie d'Al-Dhafra, qui accueille, également, d'importants détachements de l'armée de l'air américaine.
Son inauguration, en mai 2009, par Nicolas Sarkozy, concrétisait le renforcement de la coopération de défense entre la France et les Emirats, depuis la guerre du golfe Persique, (1990-1991).
Elle comprend trois implantations distinctes. La Base Aérienne 104, à 30 km d'Abou Dhabi, est conçue, pour accueillir un détachement d'avions de combat et plusieurs appareils de transport et de ravitaillement.
La base navale, dans le port de Mina Zayed, à Abu Dhabi, peut accueillir tous les bâtiments de la marine nationale, à l'exception du porte-avions Charles de Gaulle. Enfin, une demi-brigade de la Légion étrangère est stationnée, dans un camp militaire proche.
L'état-major français refuse, pour des raisons opérationnelles, d'évoquer un éventuel renforcement du dispositif, ces dernières semaines. Comme lors de l'opération Harmattan, en 2011, en Libye, les "Rafale" devraient être le fer de lance des forces françaises, en cas de frappes aériennes sur des objectifs de l'Etat islamique, en Irak, et Al-Dhafra, un point d'appui privilégié, si les opérations devaient s'inscrire dans la durée.
Seule base militaire française à l'étranger hors de l'Afrique, Al-Dhafra occupe une position stratégique, face au détroit d'Hormuz, par où transite 40% du pétrole mondial transporté par voie maritime, à proximité immédiate de l'Iran.
Lors de son inauguration, la base devait, également, servir de vitrine, en vue d'éventuelles exportations du "Rafale" et autres matériels militaires français vers les Etats du golfe Persique .

Des malheurs d’être jihadiste en Syrie
Le magazine allemand Focus, considéré comme ayant d’excellentes relations avec le BND, le service de renseignement allemand, croit savoir que des candidats européens au Jihad, sans doute dégoutés par la violence de l’Etat Islamique, seraient incarcérés et torturés après avoir déclaré vouloir rentrer dans leurs pays. C’est le sort réservé à cinq jihadistes britanniques. Ils ont été désarmés et enfermés pour trahison dans un centre de torture de la ville syrienne de Raqqa, la place forte du califat islamique. Ils y seraient quotidiennement « maltraités ». En plus de ces cinq Britanniques , il y aurait trois Français, deux Belges et deux Allemands. C’est tout au moins ce qu’affirme Focus.
«Aux yeux des Islamistes du califat, ces gens sont des traîtres qui méritent la mort.
Le califat pourrait imaginer les échanger contre une rançon, mais la  Grande-Bretagne observe une politique de ne pas payer de demandes de rançon pour les otages, encore moins pour des gens qui ont rejoint volontairement une organisation considérée comme terroriste. Il semblerait que des dizaines de combattants britanniques voudraient retourner au Royaume-Uni mais craignent d’être poursuivis pour leurs actions en Syrie.

Front irakien

Les Islamistes utilisent du gaz toxique près de Dhoulouiyah
Dhoulouiyah, une localité située au nord de Bagdad, est passée un temps sous le contrôle des insurgés, dont des jihadistes de l'Etat islamique (EI), avant que des tribus locales et la police ne les repoussent. Mais les insurgés ont ensuite tenté de reprendre à plusieurs reprises la ville, notamment le 8 septembre lors d'une vaste attaque, menée par des hommes armés et deux kamikazes, qui avait fait 18 morts.
Les troupes irakiennes auraient dépêché des renforts sur place et d'autres pourraient arriver une fois qu'un pont sur le Tigre, bombardé par les insurgés, serait réparé.
Les insurgés islamistes ont affronté dans la journée du lundi 15 septembre, les troupes de Bagdad, tirant un projectile contenant apparemment un gaz toxique, ce qui a été confirmé un médecin de l'hôpital.

Front syrien

Deir ez-Zhor
Les forces spéciales syriennes ont mené une opération commando, lundi 15 septembre, pour détruire un pont sur l'Euphrate utilisé par les combattants du califat islamique pour acheminer des armes vers les territoires qu'ils contrôlent dans l'est de la Syrie.
Ce pont revêtait une importance stratégique pour l'Etat islamique car il était la seule voie d'accès aux quartiers de la ville contrôlés par les jihadistes.
"Les forces armées syriennes ont détruit le pont Politique à Deir ez-Zhor au cours d'une opération spéciale menée par les forces spéciales et des membre du génie militaire, ce qui a entraîné la mort des activistes qui se trouvaient dessus", rapporte Al-Manar, média du Hezbollah, mouvement chiite engagé dans les combats aux côtés des forces de Bachar el-Assad.

La guerre du pétrole
Le califat islamique lute pour protéger ses revenus des champs pétroliers qu’il contrôle en Irak et en Syrie, surtout après la fuite des ingénieurs assurant le pompage du pétrole brut, indique le journal britannique Sunday Times.
Le califat aurait gagné en juillet 2014 trois millions de dollars par jour de la vente du pétrole sur le marché noir mais ses gains ont fortement diminué après ses défaites militaires en août. En juillet 2014, Daesh aurait pompé près de 80.000 barils par jour des champs irakiens et syriens, mais cette activité a reculé de moitié depuis.
Selon Michael Stevens, de l’institut royal pour les services de recherche, « les revenus pétroliers ont diminué à moins de 1.5 millions de dollars par jour, et je peux affirmer une diminution plus aigue de la production de pétrole par Daesh par rapport à la production actuelle. Bien que la production en Syrie demeure stable, je pense que Daesh est dans une mauvaise passe ».
Le califat islamique avait nommé un ministre du pétrole pour coordonner la production et le commerce, et possède un arsenal de plus 200 camions citernes volés en Irak, ainsi que des oléoducs présents à la frontière turque.
Cette organisation terroriste a mis la main sur le champ pétrolier Omar, le plus grand site pétrolier de Syrie, et sur les champs voisins à l’Est de Deir ez-Zhor, ainsi que sur les champs d’Ajil et de Hamrine au nord de l’Irak.
Le problème pour les jihadistes est que leur férocité a fait fuir les employés. Tel et si bien qu’ils en sont rendus à  convaincre  les techniciens du site pétrolier de Malih de rester à leur poste en haussant leurs salaires ou tout simplement en les menaçant de mort.
De plus, le chef du califat, Abou Baker el-Baghdadi a invité les techniciens du monde islamique à venir aider l’Etat islamique à exploiter ses ressources pétrolières ! Dans le nord de la Syrie, un commandant jihadiste aurait même offert des appartements luxueux, une épouse et de gros salaires aux ingénieurs et aux techniciens qui accepteraient de venir sur les champs pétroliers.
Il semble que certains experts fanatiques ont répondu à l’appel. Un Jihadiste a révélé que le califat islamique avait essayé d’employer certains ingénieurs et techniciens par la force au nord de la Syrie afin de préserver l’infrastructure qu’il contrôle.
Toutefois, il apparaît de plus en plus évident que le califat islamique ne possède pas les expertises techniques pour le bon fonctionnement des sites pétroliers.

Jean René Belliard (Auteur de Beyrouth, l'enfer des espions)

 

29/08/2014

29 août 2014 : Nouvelles des guerres du Moyen Orient

Le Moyen orient à feu et à sang

Que ce soit en Irak, en Syrie, au Liban, au Yémen, en Libye, en Tunisie ou en Egypte, on se bat partout au Moyen orient. Les conflits font resurgir des antagonistes vieux de plusieurs siècles, entre ethnies ou tribus, entre Arabes et Perses dans des pays où les frontières sont souvent artificielles, créées par les anciennes puissances mandataires au lendemain de la première guerre mondiale. Les lignes de fracture sont confessionnelles et même à l’intérieur d’une communauté, l’affrontement porte sur des questions dogmatiques qui concernent la plupart du temps l’application de la loi musulmane, la charia.

Le virus e-Mollah de l’Etat Islamique
L’opinion internationale, qui avait longtemps détourné le regard, prétextant l’impuissance ou la non-ingérence dans les affaires d’autres Etats, s’est retrouvée confrontée à une violence et une cruauté inouïe, mise en ligne jour après jour par les nouveaux mollahs de l’Etat Islamique, d’où le nom d’e-Mollahs. Forts de leur tout nouveau « califat » qui recouvre à présent une portion importante des territoires de l’Irak et de la Syrie, les fondamentalistes de l’EI attirent des foules de candidats au jihad qui contribuent à leur tour au renforcement du mouvement extrémiste.

La zone des combats ne cesse de s’étendre
Le phénomène de l’Etat Islamique (EI), appelé alors Etat Islamique d’Irak et du Levant (EIIL) a pris une importance croissante tant en Syrie qu’en Irak. Ils ont profité du chaos syrien, de la faiblesse de la rébellion syrienne, déficiente sur le plan du commandement comme de l’armement, morcelée, parfois corrompue, de la crise politique entre un pouvoir chiite sectaire en Irak et une population sunnite de plus en plus exaspérée et de la faiblesse institutionnelle du Liban. Aujourd’hui, la région toute entière semble au bord du gouffre.

L’élection d’un nouveau président en Iran, Hassan Rohani, avait fait naître l’espoir
La lueur d'espoir qu'avaient constituée l’élection de Hassan Rohani à la présidence de l’Iran et la soudaine visite du ministre adjoint des Affaires étrangères iranien, chargé du monde arabe, à Riyad, n’a pas, malheureusement, permis d’apaiser les tensions. L’hostilité entre, d’une part, l’Iran et la communauté chiite, et, d’autre part, l’Arabie saoudite et la communauté sunnite, reste toujours aussi vive. Un accord entre les deux puissances régionales n'est pas encore en vue, même dans le cadre de « la grande bataille contre l'EI », déclenchée officiellement par les États-Unis et consacrée par le Conseil de sécurité de l'Onu.

L’argent coule à flot dans les caisses de l’Etat Islamique
On en est toujours, d’ailleurs, au stade de la suspicion en ce qui concerne les relations qui pourraient exister entre les Jihadistes de l’Etat Islamique et les pays du Golfe, dont l'Arabie et le Qatar, ou tout au moins de certains richissimes mécènes originaires de ces pays.
L'argent continue d'affluer dans les caisses de l'EI. Cet argent semble provenir des pays du Golfe, notamment le Koweït, le Qatar et l'Arabie, sachant que le million de dollars quotidien gagné par ce groupe grâce à la vente du pétrole, via la Turquie, suffit à peine à acheter les munitions, l'EI ayant besoin d'autres revenus pour assurer la survie de l'État islamique qu'il a fondé.

Les Saoudiens constituent le gros des troupes de l’EI
Selon les sources libanaises, plusieurs milliers de combattants originaires du royaume saoudien auraient rejoint l'EI. La pensée jihadiste est bien ancrée au sein de la hiérarchie religieuse saoudienne et au sein de la base populaire. Même chose au Koweït, où des manifestations pro-EI ont eu lieu, et en Jordanie, où la province de Maan est quasiment acquise aux thèses extrémistes.

Aujourd'hui, la monarchie saoudienne a pris peur. Elle se sent menacée par les Jihadistes qui pullulent dans le royaume. C’est pourquoi les autorités sécuritaires du royaume exercent à présent de fortes pressions sur les ulémas dans une tentative de les pousser à promouvoir la « modération », décrétée par le roi Abdallah dans son dernier discours à la nation. Elles ont même annoncé l'arrestation d'une dizaine d'ulémas qui n’ont pas respecté les instructions royales. Aux Émirats arabes unis, les autorités ont carrément ordonné aux ulémas qui prêchent dans les mosquées de s'inspirer de la doctrine d'al-Azhar en Égypte, au lieu de la ligne religieuse wahhabite. C'est dire combien « le mal takfiriste » est bien ancré au sein de la hiérarchie religieuse saoudienne et au sein de la base populaire.

Les pays du Golfe ont joué avec le feu
Il est aujourd’hui de notoriété publique que les pays du Golfe arabo-persique et l’Arabie saoudite ont joué avec le feu en laissant ce phénomène s'amplifier chez eux. Au début de la révolte syrienne, les autorités religieuses voulaient mobiliser les jeunes pour qu'ils aillent combattre contre le régime syrien de Bachar el-Assad. Et lorsque le premier ministre irakien, un chiite, s’est mis à mener une politique anti-sunnite, le royaume saoudien et les Emirats ont là encore joué avec le feu en poussant les tribus sunnites à se rebeller et même à s’allier avec les Jihadistes de l’EIIL pour « libérer » les provinces sunnites de « la main de l’Iran ». Les autorités saoudiennes ou émiraties ont beaucoup fait pour abattre les régimes honnis de Bachar el-Assad et Nouri al-Maliki, supposés alliés à l’Iran, sans penser aux risques internes et à la menace que pourrait constituer les Jihadistes pour leurs propres pays et pour l'ensemble de la région. Tout cela avec l'indifférence bienveillante des États-Unis toujours prompts à "idéaliser" la liberté religieuse.

Des réactions pas à la hauteur de la menace représentée par l’Etat Islamique
Au début, les États-Unis n’ont pas bien compris la menace que représentaient les Jihadistes de l’EI. Ils ont commencé à réaliser le danger lorsque les combattants de l'EI ont progressé vers Erbil au Kurdistan ou se sont approchés de la frontière avec l'Arabie (ils ne sont plus séparés du royaume wahhabite que par une centaine de kilomètres de désert) ou encore de celle avec la Jordanie, où ils ont pris le contrôle d’un poste-frontière. C’est alors que le roi Abdallah d'Arabie a demandé aux tribus sunnites irakiennes proches de la frontière saoudienne de combattre l'EI au cas où celui-ci songerait à entrer sur le territoire saoudien. Et c'est à partir de ce moment que la communauté internationale et les pays du Golfe ont commencé à réagir et à réclamer une alliance pour la lutte contre le terrorisme. Mais même aujourd'hui, la position saoudienne reste ambiguë.
 
Une politique saoudienne ou des Emirats du Golfe ambiguë
L’ambigüité de la position saoudienne ou émiratie vis-à-vis de l’Etat Islamique tient au fait que les Jihadistes jouent un rôle en tenant en échec la progression de l’Iran et de ses alliés dans la région. Le royaume saoudien et les pays du Golfe arabo-persique sont prêts à lutter contre les Jihadistes lorsque ceux-ci les menacent directement, mais continueront de les soutenir plus ou moins discrètement, financièrement et matériellement, lorsque ceux-ci se bornent à constituer un danger pour l’Iran et ses alliés. 
Certaines puissances régionales et internationales continuent à croire que l'EI, s'il est contenu, peut être utile dans la lutte contre l'Iran et ses alliés dans la région.

Front syrien

Vers une internationalisation de la guerre civile syrienne ?
Le président américain Barack Obama, dont le pays mène depuis le 8 août 2014 des frappes contre l'EI en Irak, continue de tergiverser sur l’extension de la mission de l’armée de l’air américaine en dehors du nord de l’Irak. Pour l’instant , il reste hostile à donner à l’US Air force l’ordre d’effectuer des missions de reconnaissance au-dessus d’une plus large portion du territoire irakien ou au-dessus du territoire syrien pour lutter contre les jihadistes.
De son côté, Damas s’est déclaré prêt à coopérer avec la communauté internationale. Il n’y a à cela rien d’étonnant étant donné que les autorités syriennes avaient tout fait pour démontrer au monde entier qu’elles luttaient contre la menace jihadistes, une menace pour le monde entier. Mais pour l’instant, l’éventualité d’une coopération entre Damas et la communauté internationale ne semble pas à l’ordre du jour. 

Damas
L’armée syrienne poursuit son offensive, avec une violence inouïe, contre le quartier de Jobar à l'est de Damas. L’objectif est de reprendre aux rebelles ce secteur stratégique. L'armée d’Assad est secondée par le Hezbollah, la milice chiite libanaise.
Tenu depuis un an par les insurgés, le quartier de Jobar est un verrou stratégique car s'ils franchissent la place des Abbassides adjacente, ils peuvent atteindre le coeur de Damas. En outre, ce secteur ouvre du côté est sur la région de la Ghouta orientale, véritable bastion de la rébellion dans la province de Damas.
"Depuis hier (jeudi 28 août) une opération militaire a commencé à Jobar (...) pour anéantir les poches terroristes", a indiqué à l'AFP une source de sécurité en référence au terme utilisé par le régime syrien pour désigner les rebelles.
"Un grand nombre de terroristes ont péri, leurs repaires et des tunnels ont été détruits", a poursuivi cette source.
Selon l'agence officielle Sana, l'armée a tué "des dizaines" de rebelles "dont un Jordanien et un Saoudien", et ont pris "le contrôle de plusieurs immeubles".
Il s’agit de la plus grande offensive visant Jobar depuis sa prise par les rebelles à l'été 2013. Au moins 18 raids jeudi et 15 vendredi ont visé ce quartier déserté depuis longtemps par ses habitants. Jobar est composé de grands immeubles où vivait avant la guerre une classe moyenne.
Cette extraordinaire vidéo montre l'offensive menée par des chars contre le quartier de Jobar. Ici, des tanks T-72 de Bachar el-Assad, équipés de caméras GoPro, tentent de progresser vers les positions de l’adversaire. Trois T-72 auraient été détruits par les missiles antichars des rebelles :
https://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&...
Vidéo du côté des rebelles :
https://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&...
Les rebelles ont réussi à faire exploser un immeuble occupé par les soldats d’Assad et les Shabbiha :
https://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&...
Les combats ont été très couteux en hommes et matériel pour les troupes d’Assad. Les rebelles affirment avoir détruit trois chars, un véhicule blindé transport de troupes et tué environ trente soldats d’Assad.
http://www.liveleak.com/view?i=89c_1409322169
Cette vidéo montre des combattants chiites :
http://www.liveleak.com/view?i=4c3_1409322391

Raqqa
On craignait pour la vie de centaines de prisonniers militaires et supplétifs après la prise de la base 17, fin juillet, et celle de l’aéroport de Tabqa, dimanche 24 août. La réponse n’a pas tardé à venir. Les jihadistes de l'État islamique (EI) ont exécuté mercredi 27 et jeudi 28 août plus de 160 soldats syriens qu'ils avaient capturés lors de la prise de positions de l’armée dans la région de Raqqa.
Plusieurs centaines de défenseurs de la base aérienne de Tabqa ont quand même réussi à s’enfuir vers la localité d'Esraya, dans la province de Hama, encore aux mains du régime.
Cette vidéo montre l’interrogatoire d’un officier syrien. Les Jihadistes lui demandent « qui est ton père ? ». Il donne une réponse, mais les Jihadistes de l’EI se moquent de lui et lui disent « tu ne peux pas connaître le nom de ton père puisque tu es un batard ! »
Quand on lui demande pourquoi il n’a pas déserté, il répond que cela n’aurait servi à rien car il aurait aussitôt été réincorporé dans l’armée. Les Jihadistes lui rétorquent : « Ils t’auraient renvoyé à l’armée mais nous on va te massacrer et te renvoyer en enfer ! »
Vidéo de l’interrogatoire :
https://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&...
Cette vidéo, diffusée sur I télé, montre les soldats syriens prisonniers amenés en sous-vêtements vers le lieu de leur exécution. Les scènes des exécutions ont été retirées :
http://www.liveleak.com/view?i=732_1409240134

Deir ez-Zhor
Six chefs du groupe jihadiste l'Etat islamique (EI) ont été tués jeudi 28 août dans un raid ciblé mené par l'armée de l'air syrienne sur une maison dans la ville de Mohassan, dans la province de Deir ez-Zhor. Cette province est tombée entre les mains des Jihadistes de l’EI le 3 juillet dernier.
Les chefs de l’EI étaient réunis dans la maison d’un ancien officier de l’armée syrienne, Soukr al-Ahmad, qui avait rejoint la rebellion avant de prêter allégeance à l'EI.
C’est grâce à cet officier que l’EI avait réussi à capturer la localité de Mohassan. Soukr al-Ahmad figurerait parmi les responsables de l’EI décédés au cours du raid aérien.

Plateau du Golan : Les Islamistes sont à la frontière d’Israël
Le Front al-Nosra, la branche d'el-Qaïda en Syrie, s'est emparé du poste frontière syrien de Kouneitra, à la frontière avec le plateau du Golan occupé par Israël, avec l'appui d'autres mouvements islamistes, parmi lesquels des membres du mouvement égyptien Beit el-Maqdis, très actif dans le Sinaï. Inutile de dire que l’Etat-major israélien suit avec beaucoup d’attention l’arrivée de ces Islamistes à sa frontière immédiate.
Le poste capturé par les fondamentalistes n’est distant que de 200 mètres du secteur israélien.
Cette position était surveillée par les Nations unies et on a appris peu de temps après que 43 (47 selon des sources russes) Casques bleus de la FNUOD, originaires des îles Fidji, avaient été pris en otage au cours de cette opération.
Le Front al-Nosra s’était beaucoup renforcé dans la région grâce à l’afflux de nombreux membres de l’organisation jihadiste chassés de la province de Deir ez-Zhor conquise par les Jihadistes de l’EI.
Pour tenter de chasser les Islamistes d’al-Nosra, les avions de l'armée syrienne ont bombardé leurs positions à proximité immédiate de la frontière israélienne, excitant encore un peu plus la nervosité des soldats de Tsahal.
Les combats entre Islamistes et soldats d’Assad auraient fait 20 morts dans les rangs de l'armée syrienne et 14 dans ceux des rebelles.
Les rebelles syriens s'étaient déjà emparés brièvement l'an dernier du poste de Qouneitra. Ils tiennent désormais de nombreux villages du secteur.
Vidéos :
Vidéo côté du Front al-Nosra
https://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&...
et :
https://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&...
Vidéo côté armée d’Assad :
Cette vidéo montre les soldats d’Assad au combat contre les Jihadistes du Front al-Nosra à proximité immédiate de la frontière israélienne sur le Golan :
https://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&...

Guerre entre Jihadistes de l’EI et combattants kurdes de l’YPG à Kobané (Aïn el-Arab) et Rabia
42 membres de l’Etat Islamique auraient trouvé la mort dans de violents affrontements avec des combattants de l’YPG, le comité de protection du peuple kurde, au cours des dernières 48 heures à Rabia et Aïn el-Arab, à la frontière turque.
L’objectif des Jihadistes était de fermer le corridor de sécurité entre le Mont Sinjar et Rojava, et compléter la main-mise sur Sinjar, la ville yazidie en Irak.
L’offensive menée par les Jihadistes de l’EI contre la ville de Rabia, qui a démarré dans la matinée du 27 Août à 07h30, a été repoussée par les combattants kurdes.
L'attaque avait été menée à partir de deux directions sur les positions de l’YPG mais s’est soldée par la mort de 13 Jihadistes et par la destruction d’un véhicule. 
Voir la vidéo – Remarquez que garçons et filles kurdes participent aux combats :
http://www.liveleak.com/view?i=e57_1409314070

Front irakien

Champ pétrolifère d’Aïn Zalah
Des jihadistes ont mis le feu jeudi 28 août au champ pétrolier d’Aïn Zalah situé à 70km environ au nord-est de Mossoul  avant de battre en retraite devant une offensive d’envergure des Peshmergas kurdes.

Raffinerie de Baïji
L’offensive des Jihadistes de l’EI pour s’emparer de la raffinerie de Baïji n’a pas réussi. C’est la raison pour laquelle, elon le site d'information libanais al-Hadath News, le chef de l’Etat Islamique, Abou Bakr al-Baghdadi, a ordonné l’arrestation de deux de ses commandants militaires. Le motif est qu’ils ont échoué dans leur tentative de conquérir la raffinerie de Baïji ainsi que la base Sbayker.
Ces deux hommes sont Abdallah Mohammad Ibrahim Kahwad al-Janabi, surnommé le prince du côté chinois, et Abou Abed, désigné comme le prince de Beiji, a indiqué une source pour le site d’information libanais al-Hadath News. Ils devraient aussi répondre pour le grand nombre de pertes subies par l’EI durant son dernier assaut lancé contre la raffinerie. 

Kirkouk
La situation à Kirkouk est très tendue après les trois attaques à la voiture piégée menée dans la vile récemment.
Cette vidéo montre un des attentats :
https://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&...

Les tribus sunnites se rebellent contre l’EI
Plusieurs tribus de la province de Diyala ont refusé de prêter allégeance à l’Etat Islamique. C’est entre autres le cas des Zarkouchi. 
Il explique les raisons : « Depuis huit ans, à Hamriyaa et Saadiyat quelques 2.000 membres de la tribu al-Zarkouchi ont été tués ou blessés, et 60% de la tribu ont été contraints à quitter la région, tandis que des centaines de leurs maisons ont été détruites », a affirmé Abdel-samad al-Zarkouchi pour l’agence irakienne Sumariyya News.
Dans le même contexte, 19 personnalités tribales de cette province, également originaires de Saadiyat et appartenant toutes à la communauté sunnite ont été menacées de mort pour avoir refusé de prêter allégeance au chef de Daesh Baghdadi.
L’Etat islamique a « confisqué leurs biens et les a sommés de choisir entre l’allégeance ou la mort », a révélé l’agence. Le mercredi dernier, il a rasé les maisons des chefs de la tribu al-Azza. Il avait fait de même avec celle d’al-Abed, les semaines passées, pour les mêmes rasions.
On se rappelle le massacre de 700 membres de la tribu syrienne al-Chaitat dans la province de Deir-ez-Zhor. Cette tribu avait pris les armes contre l’EI.

Le calife Abou Baker al-Bagdadi contre la mise en ligne des décapitations pendant les batailles
Abou Baker al-Baghdadi a interdit à sa milice la diffusion de photos et d’images de décapitations durant les batailles quelle mène.
C’est ce qu’a révélé le site égyptien al-Watan, selon des informations basées sur la foi de sites jihadistes qui ont diffusé un message transcrit qui lui est attribué.

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Ces images sont interdites aussi bien dans les medias officiels de l’Etat Islamique que sur les comptes privés sociaux de Facebook ou Twitter, Chaque publication nécessite une autorisation préalable de la part d’une instance spéciale de l’EI conçue pour suivre cette affaire et appelée le Comité général.
Cette décision pourrait faire suite aux nombreuses critiques adressées par de nombreuses instances islamiques importantes pour qui ces exécutions dégradentl’image de l’Islam.
Sachant que cette interdiction n’englobe pas l’acte en soi, la décapitation ou autre, mais sa médiatisation.

L’exécution d’un Peshmerga à Mossoul mise en ligne par l’EI
Et pourtant, ce vendredi 29 août, l’EI a posté les images de la décapitation d’un combattant des Peshmergas kurdes a proximité d’une mosquée dans la ville de Mossoul. Il a menacé d’en exécuter d’autres encore si les dirigeants des kurdes poursuivent leur politique de soutien aux Etats Unis.

Tragédie humanitaire
Les conflits du Moyen Orient ont provoqué une grave crise humanitaire. Trois millions de Syriens ont fui la guerre civile, a annoncé le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (UNHCR) dans un communiqué en ajoutant que cette donnée n'incluait pas les centaines de milliers d'autres Syriens qui ont fui le pays mais ne se sont pas fait enregistrer comme réfugiés.
Trois millions de réfugiés syriens et 6,5 millions de déplacés en Syrie même
En plus des trois millions de réfugiés syriens en dehors du pays, l’UNHCR parle de 6,5 millions de déplacés à l'intérieur du pays, ce qui signifie que près de 50% de tous les Syriens ont été contraints de quitter leurs domiciles. Plus de la moitié de ceux qui ont été déracinés sont des enfants. L’organisation onusienne tire la sonnette d’alarme "sur les conditions de plus en plus épouvantables à l'intérieur du pays" (la Syrie) pour expliquer cette hausse spectaculaire. Il dépeint "des villes où la population est encerclée, les gens sont affamés et les civils pris pour cibles ou tués sans discrimination".
La plupart des réfugiés syriens ont trouvé refuge dans les pays voisins, le Liban accueillant 1,14 million d'entre eux, la Jordanie 608.000 et la Turquie 815.000. La pression sur les économies, les infrastructures et les ressources des pays hôtes est "énorme", souligne le UNHCR, ajoutant que près de 40% des réfugiés vivent dans des abris de qualité médiocre.
1,6 millions de réfugiés en Irak

En Irak aussi, le problème des réfugiés prend de l’ampleur. Plus d'1,6 million de personnes ont été déplacées par les violences cette année, dont 850 000 durant le seul mois d'août en raison de la poursuite de l’offensive des Jihadistes de l’EI, a rapporté vendredi 29 août l'Organisation internationale des migrations (OIM).
"La plupart des déplacés ont dû marcher pendant plusieurs jours pour atteindre des lieux sûrs", a rapporté Brian Kelly, coordinateur de l'OIM pour les situations d'urgence en Irak. "Nombre de leurs proches ont été tués ou enlevés par l'EI. Des groupes de personnes auraient été forcés par l'EI à sauter de falaises, et le sort d'autres personnes enlevées reste incertain", a-t-il ajouté.
La plupart de ces déplacés ont trouvé refuge dans la province autonome du Kurdistan, et celles de Ninive et Diyala, a précisé l'OIM. "Ces chiffres importants présagent d'une crise sur le long terme, dans laquelle de nombreuses personnes auront besoin d'une aide pour leur survie, notamment parce que de nombreux déplacés qui arrivent au Kurdistan ont passé plusieurs semaines et mois sur les routes", a mis en garde M. Kelly.

Jean René Bellard (Auteur de Beyrouth, l'enfer des espions)