08/06/2018

Yémen: un assaut contre Hodeida aura un impact « catastrophique » sur les civils, prévient l’ONU

Cet article a été aussi publié en : enEnglish (Anglais) arالعربية (Arabe)

Une bataille sanglante en préparation
Les forces gouvernementales yéménites, appuyées par la Coalition arabe, se préparent à lancer l’assaut contre Hodeida, un port d’une importance stratégique considérable situé sur la Mer rouge. C’est par ce port qu’est acheminé l’aide internationale et, selon le gouvernement yéménite et la Coalition, les armes iraniennes à destination des rebelles chiites Houthis.
Le problème est que la région est très peuplée – environ 600.000 habitants et déplacés. Or, les forces gouvernementales ne semblent pas être en mesure de l’emporter rapidement sur leurs adversaires, ce qui signifie que la bataille risque de s’éterniser, rendant le port inopérable. En conséquences le blocus des zones contrôlées par les rebelles chiites va s’aggraver, ce qui laisse envisager une explosion de la catastrophe humanitaire, déjà l’une des pires que le monde ait connues.
De son côté, la Coalition arabe attire l’attention sur les risques que font peser les Houthis sur la navigation dans la Mer rouge, une voie de communication internationale d’une importance capitale, au moins pour l’Europe. Déjà, les rebelles houthis ont attaqué à plusieurs reprises des pétroliers saoudiens au large de Hodeida. Il est donc peu probable que les deux parties prêtent la moindre attention aux appels à la retenue lancés par l’ONU. 
L’ONU tire la sonnette d’alarme sur Hodeida

La coordinatrice humanitaire de l’ONU au Yémen a averti vendredi 8 juin 2018 que l’attaque des forces progouvernementales contre la ville portuaire de Hodeida (ouest), contrôlée par les rebelles houthis, aurait un « impact catastrophique » sur les civils.
600.000 civils coincés à Hodeida
« Une attaque militaire ou un siège touchera des centaines de milliers de civils innocents« , a dit Lise Grande dans un communiqué, dans lequel l’ONU estime à jusqu’à 600.000 le nombre de civils dans Hodeida et autour. « Dans les pires des cas, nous craignons que plus de 250.000 (d’entre eux) puissent tout perdre, même la vie », a mis en garde Mme Grande.
Hodeida, seul port d’entrée de l’aide humanitaire
Hodeida, sur la mer Rouge, est le principal point d’entrée des importations de marchandises et de l’aide humanitaire au Yémen, pays au bord de la famine et frappé par le choléra, qui vit « la pire crise humanitaire du monde » selon l’ONU.
Les troupes progouvernementales, appuyées par la coalition militaire commandée par l’Arabie saoudite, se rapprochent de cette ville portuaire d’où elles cherchent à chasser les rebelles chiites houthis, soutenus par l’Iran.
La coalition affirme que Hodeida est un point de départ pour des attaques rebelles en mer et le lieu par lequel l’Iran livrerait des armes aux houthis, ce que Téhéran dément.
« Notre priorité est de répondre aux besoins de 22 millions de Yéménites en aide humanitaire et en protection« , a affirmé la coordinatrice de l’ONU. Or une « coupure des importations via Hodeida pour une longue période fera courir à la population yéménite un risque injustifié« , a-t-elle dit.
Selon l’ONU, « près de 70% des importations yéménites, y compris les aides humanitaires et les médicaments, transitent par ce port et celui de Salif, juste au nord« .
Le médiateur de l’ONU au Yémen Martin Griffiths avait exprimé les mêmes préoccupations mardi à l’issue d’une visite à Sanaa, la capitale yéménite contrôlée par les rebelles.
« Outre les conséquences humanitaires d’une bataille, je suis aussi très inquiet concernant l’impact d’une telle attaque sur le processus politique » que l’ONU est « déterminée à faire avancer« , a dit M. Griffiths.
Le médiateur onusien a par ailleurs appelé « toutes les parties » au conflit à créer « un environnement favorable à la reprise » de négociations politiques.
Outre Hodeida et Sanaa, les houthis, issus de la minorité zaïdite (branche du chiisme), contrôlent depuis fin 2014 de vastes régions du nord et de l’ouest.
Depuis 2015, le conflit au Yémen a fait près de 10.000 morts et plus de 55.000 blessés.

...et beaucoup d'autres informations sur Frontlive-Chrono.  

Jean René Belliard
Groupe Ptolémée : +33757910350 

Les commentaires sont fermés.