30/09/2017

Iran : Nucléaire: le ministre iranien des AE appelle l'Europe à "prendre le leadership"

Nucléaire: le ministre iranien des AE appelle l'Europe à "prendre le leadership"
Mohammad Javad Zarif
 
 
Le chef de la diplomatie iranienne, Mohammad Javad Zarif, a appelé les Européens à "prendre le leadership" dans le but de sauvegarder l'accord international sur le programme nucléaire de Téhéran signé en 2015 mais remis en cause par Donald Trump.
"Les Européens doivent prendre le leadership", a lancé M. Zarif lors d'une interview au quotidien britannique The Guardian, les invitant à défier leur allié américain. 
"Ce que je crois, c'est qu'il (Donald Trump) n'ira pas au bout et laissera le Congrès américain trancher la question", a-t-il ajouté, jugeant par ailleurs que le président américain n'était  pas fiable". Donald Trump doit en effet dire au Congrès américain s'il estime que Téhéran respecte ses engagements. Une "non-certification" rouvrirait la voie à une réimposition de sanctions.
L'accord, conclu par l'Iran d'une part et les grandes puissances du groupe 5+1 (Etats-Unis, Chine, Russie, France, Royaume-Uni et Allemagne) d'autre part, doit garantir le caractère strictement civil et pacifique du programme iranien, en échange de la levée progressive des sanctions mises en place contre Téhéran depuis 2005. L'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) a répété à plusieurs reprises que Téhéran respectait bien les termes de l'accord.
Mais depuis l'arrivée de Donald Trump à la Maison Blanche, les États-Unis ont multiplié les attaques contre l'accord, que M. Trump avait promis de "déchirer".
Les Américains accusent les Iraniens de violer "l'esprit" du pacte et estiment que Téhéran est un élément déstabilisateur au Moyen-Orient.
Mais selon M. Zarif, "l'accord autorise l'Iran à poursuivre la recherche et le développement".
Le chef de file de la diplomatie iranienne explique également que si les Américains décident d'aller jusqu'au bout, le programme nucléaire iranien repartira de plus belle et l'Iran "n'acceptera plus les restrictions".
Mais attention, prévient-il, "si l'Europe, le Japon, la Russie et la Chine décident de s'entendre avec les Etats Unis, je pense que cela signerait la fin de l'accord".
 
Jean René Belliard

 

19:04 Publié dans AIEA, Chine, Etats-Unis, France, Grande Bretagne, Iran, Javad Zarif, Russie, Trump Donald | Lien permanent | Commentaires (0) | | | | |

29/09/2017

Syrie : La Russie ne permettra pas aux États-Unis de limiter les opérations de l'armée syrienne à Deir ez-Zhor - Diplomate

La Russie ne permettra pas aux États-Unis de limiter les opérations de l'armée syrienne à Deir ez-Zhor - Diplomate  
La Russie ne permettra pas aux États-Unis ainsi qu'à toute autre puissance étrangère de limiter le domaine d'opérations de l'Armée Arabe Syrienne (AAS) dans la province de Deir ez-Zhor, a annoncé le 29 septembre le ministre adjoint des Affaires étrangères, Oleg Syromolotov.
Syromolotov a ajouté que l'armée russe a informé les États-Unis qu'elle ne tolérera aucune tentative des États-Unis de ralentir la liquidation des terroristes de Daech en Syrie.
Le diplomate a qualifié de "stupide"  la situation où un pouvoir qui opère en Syrie sans aucun droit légitime tente de limiter les efforts des forces gouvernementales pour libérer leur pays du terrorisme.
Il a également décrit la campagne aérienne de la coalition dirigée par les États-Unis comme étant douteuse en disant qu'elle a entraîné une crise humanitaire à grande échelle dans la ville de Raqqa.
Le ministre russe des AE, Lavrov, "reconnaît des problèmes avec les Américains en Syrie"
Le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, a reconnu vendredi 29 septembre que la coopération russo-américaine en Syrie n'était pas exempte de "problèmes", après une semaine riche en incidents entre les deux grandes puissances.
Cette coopération "ne va pas sans problèmes à l'évidence, parce que tout le monde ne va pas dans le même sens", a-t-il dit. Lavrov a cependant salué "un exemple de la manière dont on peut mettre de côté ses différences et se concentrer sur les intérêts communs".
La région de Deir ez-Zhor dans l'est de la Syrie, où les milices soutenues par les États-Unis et les forces gouvernementales appuyées par la Russie mènent des offensives distinctes contre l'état islamique (Daech), est le principal théâtre des tensions entre Washington et Moscou.
Russes et Américains s'accusent les uns les autres 
La Russie avait dénoncé, lundi 25 septembre, la "politique hypocrite" des États-Unis vis-à-vis de l'EI, qui expliquerait selon Moscou la mort en Syrie du général russe Valeri Asapov, tué dimanche 24 septembre par des bombardements du groupe jihadiste près de Deir ez-Zhor.
Les Forces démocratiques syriennes (FDS, milices arabo-kurdes bénéficiant du soutien de Washington) ont quant à elle accusé à plusieurs reprises l'aviation russe d'avoir bombardé leurs positions dans la province, ce que Moscou a démenti.
 
Jean René Belliard

28/09/2017

Syrie : Une attaque de l'Etat islamique coupe l'autostrade Palmyre-Deir ez-Zhor - 2 Russes capturés

Une attaque de l'Etat islamique coupe l'autostrade Palmyre-Deir ez-Zhor - 2 Russes capturés
Les jihadistes de Daech ont attaqué les positions des forces pro-gouvernementales près du village de Ash-Shulah, forçant l'armée syrienne à fermer l'autoroute Palmyre-Deir Ez-Zhor. Selon les informations données par l'agence de presse de l'Etat islamique, Amaq, les jihadistes auraient pris le contrôle de la localité de Bir Ghabaghib, à l'ouest de la ville d'ash-Shulah.
De plus, Amaq affirme que les combattants de l'EI auraient capturé le sommet stratégique de Tantur qui domine la ville d'as-Sukhnah. Des sources pro-gouvernementales reconnaissent que les jihadistes seraient même entrés à al-Sukhnah  
Cependant, l'Armée Arabe Syrienne (AAS) aurait mené une contre-attaque et repris Bir Ghabaghib.
L'agence de presse de l'Etat islamique, Amaq, prétend qu'une zone de 30 km de long de l'autoroute est interdite à la circulation en raison des affrontements.
Amaq a également affirmé que les jihadistes ont tué 33 soldats de l'AAS et capturé 2 soldats Russes lors de l'attaque. Le ministère russe de la Défense russe a rejeté ces affirmations et aucune photo ou vidéo confirmant n'a été fournie à titre de preuve. Si des Russes ont effectivement été capturés, il pourrait s'agir de contractuels militaires privés opérant pour le compte de multiples groupes pro-gouvernementaux dans la région.
L'Etat islamique a probablement profité d'une attaque des jihadistes de Hayat Tahrir al-Sham (HTS), ex-Front al-Nosra, l'ancienne branche syrienne d'al-Qaïda, dans le nord de la province de Hama le 19 septembre, ce qui a obligé l'AAS à redéployer ses meilleures unités, y compris les forces Tiger, une unité d'élite de l'armée, les enlevant des front de Deir ez-Zhor pour les acheminer sur le front de Hama. En outre, l'armée de l'air russe a également concentré ses moyens aériens pour frapper HTS dans les secteurs de Hama et Edleb plutôt que sur celui de Deir ez-Zhor.
L'autoroute Palmyre-Deir ez-Zhor est la principale voie d'approvisionnement des forces gouvernementales engagées dans la bataille de Deir ez-Zhor. Il s'agit donc d'un coup dur pour la poursuite de l'offensive de l'armée contre les jihadistes  sur les deux rives de l'Euphrate.
 

Jean René Belliard

ptolemee@belliard74.com

19:50 Publié dans Amaaq, Deir ez-Zhor, Edleb, Etat Islamique, Hama, Palmyre, Shulah, Sukhnah, Syrie | Lien permanent | Commentaires (1) | | | | |