16/08/2017

Irak : 7 membres des forces de sécurité tués dans une attaque jihadiste à Baiji

Irak : 7 membres des forces de sécurité tués dans une attaque jihadiste à Baiji    
Sept membres des forces de sécurité irakiennes ont été tués lors d'affrontements mercredi 16 août avec des jihadistes à Baïji, ville située au nord de Bagdad et reprise fin 2014 au groupe Etat islamique (EI), a indiqué le ministère de l'Intérieur.
"A cinq heures du matin, cinq membres de l'EI qui portaient des ceintures d'explosif se sont attaqués à des bâtiments des forces de sécurité" à Baiji, à 200 kilomètres au nord de Bagdad, a rapporté à l'AFP le maire de la ville Mohammed Mahmoud.
Des affrontements ont éclaté et ont duré trois heures, selon M. Mahmoud.
Ils se sont soldés par la mort de "sept membres des forces de sécurité", tandis que "six autres ont été blessés", a indiqué le brigadier général Saad Maan, porte-parole du ministère de l'Intérieur.
"Cinq kamikazes qui tentaient de s'en prendre aux forces de sécurité" ont également été tués, a-t-il ajouté.
Baiji 
Grande ville pétrolière, Baïji se trouve dans la province de Salaheddine, où les forces gouvernementales sont parvenues à chasser l'EI de son chef-lieu Tikrit.
Comme Baïji, Tikrit avait été conquise en juin 2014 par l'EI lors de l'offensive fulgurante qui lui avait permis de s'emparer de vastes pans du territoire face à la débandade des troupes irakiennes.
Quelques mois plus tard, grâce au soutien de l'aviation de la coalition internationale menée par Washington, de tribus et de milices, les forces irakiennes ont commencé à reprendre du terrain à l'EI.
Le groupe extrémiste mène toutefois régulièrement des attaques dans des villes reprises par les autorités irakiennes.
Analyse
L'attaque de Baiji augure de ce qui va se produire au cours des prochains mois en Irak.
L'État islamique et d'autres groupes d'insurgés sunnites vont harceler les forces de sécurité partout où elles ne sont ni assez fortes ni politiquement suffisamment souples pour bénéficier du soutien de la population des régions sunnites dans leur lutte contre les insurgés.
Les attaques terroristes contre les forces de sécurité avaient déjà commencé à Mossoul alors que la ville n'était pas encore complètement libérée. 
Le groupe jihadiste a ainsi endeuillé le début de la fête religieuse musulmane de l'Eid en lançant une vague d'attentats-suicide et d'attentats à la voiture piégée dans l'est de Mossul à peine libéré, les 23 et 24 juin. Alors que les derniers jihadistes livraient leur dernier combat dans la vieille ville, 40 combattants de l'Etat islamique ont lancé, le 26 juin, un dans les districts de Tanak et de Yarmuk, situés à l'extrémité ouest de la ville de Mossoul, provoquant la panique au sein de la population qui venait à peine de rentrer dans leurs foyers à peine libérés.
Il n'est pas difficile de prévoir que les combattants de l'Etat islamique qui viennent de perdre une grande partie du territoire qu'ils avaient conquis en 2014, vont revenir aux tactiques du terrorisme et de l'insurrection qu'ils avaient déjà utilisées avant 2014.  
L'objectif de la campagne de terrorisme que devrait adopter l'Etat islamique sera de prouver à la population que les forces de sécurité sont impuissantes à protéger la population et en particulier les cadres dirigeants, les combattants tribaux sunnites et tous ceux qui participent de près ou de loin à l'exercice de l'autorité d'un Etat qui reste, malgré ses récents succès militaires, très faible. . Une partie de la population sunnite d'Irak est toujours sensible aux arguments présentés par les jihadistes, à savoir que la communauté sunnite est maltraitée en Irak. C'est d'ailleurs ce sentiment qui avait conduit une partie de la population sunnite à  soutenir de manière plus ou moins active l'offensive de l'État islamique contre les forces gouvernementales.
Un autre facteur qui pourrait relancer l'insurrection sunnite sous une forme différente est la méfiance, voire l'hostilité des Sunnites vis-à-vis des milices chiites qui ont participé au combat contre l'Etat islamique et ont pris pied dans des régions où elles ne sont pas les bienvenues.  Car il faut savoir que l'équilibre démographico-confessionnel dans chaque partie de l'Irak est un point de grande sensibilité. Dans certaines régions, les Sunnites sont dominants démographiquement et dirigent la gouvernance locale et la police; Dans d'autres, ils sont une minorité souvent maltraitée et humiliée depuis la chute de Saddam Hussein. Dans d'autres régions enfin, l'équilibre ethno-sectaire n'est pas clair ou changeant, favorisant une extrême radicalisation identitaire au sein du gouvernement local et des forces de sécurité. Les griefs locaux et les choix des leaders  peuvent être des moteurs puissants ou des entraves à la participation sunnite à l'insurrection.
Les dirigeants sunnites locaux peuvent conduire leurs communautés vers ou loin du militantisme.
Un autre facteur qui inquiète le gouvernement irakien est la proximité aux confins du territoire irakien de zones de combats accompagnés de zones de "non-droit" où il est facile de se procurer des armes et des munitions.
La guerre civile en Syrie est clairement la plus grande préoccupation à cet égard, et elle peut être considérée comme un facteur causal majeur dans l'intensification de l'insurrection en Irak depuis 2012.
Les zones frontalières entre l'Iran et l'Irak sont un sanctuaire idéal pour Al-Qaïda et les affiliés de l'État islamique opérant dans les districts de l'est de l'Irak comme Halabja, Khanaqin et Balad Ruz.
Il y a également à l'intérieur même de l'Irak des espaces qui échappent toujours à l'autorité du gouvernement. C'est le cas de la région située entre les rivières Tigre et Diyala (y compris la région de Hawija, les montagnes d'Hamrin et le désert de Jallam), une zone de terrains difficiles d'accès.
Les déserts occidentaux bordant la Syrie (provinces d'al-Anbar et de Ninive), et les étendues à la frontière Iran-Irak, au nord-est de Bagdad, sont particulièrement difficiles à pacifier. 
Ces trois facteurs - l'efficacité de l'armée irakienne, le soutien sunnite local pour l'insurrection et le contrôle des sanctuaires insurrectionnels - varieront considérablement selon les provinces et les districts d'Irak. En termes généraux, l'Irak peut être divisée en trois «micro-climats» en termes d'attractivité pour les activités des insurgés sunnites.
Dans la ville de Bagdad et dans la plupart des régions au sud de la capitale (totalisant 40 des 102 districts irakiens), les sunnites sont une minorité démographique. Les forces de sécurité sont dirigées par des Chiites et les régions sont assez éloignées des espaces (en Irak et en Syrie) où les insurgés sunnites sont encore actifs. Cela signifie qu'ils seraient forcés de monter des «attaques de longue portée» vers les régions chiites. En juin 2014, la progression de l'État islamique s'est arrêtée dès que les insurgés sunnites ont atteint la périphérie de Bagdad. Les grandes populations sunnites à Bagdad n'ont pas bougé pour soutenir l'Etat islamique.
La mobilisation rapide des miliciens chiites au sein des Hashed al-Sha'abi (forces populaires de mobilisation, ou PMF) a été une preuve forte de la stabilité ultime de la zone de domination Shiite dans cette région. 
Il existe également une zone de domination kurde soumise à une polarité ethnique (plutôt que sectaire) qui compte environ 36 des 102 districts irakiens. Bien que les Kurdes irakiens soient principalement sunnites (et incluent des adhérents au jihadisme), leurs partis politiques et leurs agences de renseignement maintiennent un contrôle étroit de leur zone de domination démographique. Une frontière dure - complète avec des fossés, des bermes, des clôtures et des points de contrôle - sépare une grande partie de la région du Kurdistan des zones majoritairement sunnite arabe. Par contre, là où le Kurdistan se fond dans des zones majoritairement sunnites arabes, la situation est encore précaire. Les attaques aériennes américaines ont stabilisé les Kurdes lorsque leur capitale, Erbil, a été attaqué en août 2014. Mais il est peu probable que l'État islamique aurait réussi à saisir des zones ajoritairement kurdes majoritairement du Kurdistan et la ligne de front ethnique n'a pratiquement jamais été franchie par les jihadistes.
A Bagdad, au Kurdistan et dans les régions majoritairement chiites, l'Etat islamique ou les insurgés sunnites ne peuvent finalement qu'envoyer de temps en temps des attaques kamikazes, souvent cruelles et sanglantes mais sans conséquences stratégiques.
La situation restera très dangereuse dans les régions sunnites où de nombreux insurgés sont toujours organisés en réseaux et cellules et n'attendent qu'un ordre pour surgir à l'improviste et lancer une attaque contre un point faible de la défense irakienne ou une cible stratégique.
Bleu, région arabe chiite - beige, région arabe sunnite, vert clair, région kurde et rose, région mixte (arabe, kurde, turkmène, yazidis) 

 

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15/08/2017

Irak :Début imminent de la bataille de Tal Afar , toujours aux mains de l'EI

Début imminent de la bataille de Tal Afar , toujours aux mains de l'EI    
L'aviation irakienne a lancé une campagne de bombardement sur Tal Afar, ville tenue par les jihadistes de l'Etat islamique à 80 km environ à l'ouest de Mossoul, rapporte mardi 15 août la chaîne de télévision al-Soumariya citant un porte-parole du ministère de la Défense.
Tal Afar est la prochaine cible des forces irakiennes et de leurs alliés qui ont repris début juillet la ville de Mossoul au terme d'une contre-offensive de neuf mois.
Le porte-parole de la Défense, Mohammed al Khodari, a ajouté que l'offensive terrestre sur Tal Afar serait lancée une fois la campagne aérienne terminée.
La ville comptait environ 200.000 habitants avant de tomber sous le contrôle de l'EI.

 

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18:39 Publié dans al Khodari Mohammed - Porte-parole du MoD, Etat Islamique, Irak, Tal Afar | Lien permanent | Commentaires (1) | | | | |

14/08/2017

Burkina Faso : Attaque terroriste à Ouagadougou - entre 18 et 20 morts

Burkina Faso : Attaque terroriste à Ouagadougou, la capitale
      
Au moins deux assaillants, arrivés à moto vers 21H00 et armés de kalachnikov, ont ouvert le feu sur le restaurant-café "Istanbul" au moment où les clients regardaient un match de football.
Après avoir évacué le périmètre, les forces de sécurité - gendarmerie, police et armée - ont donné l'assaut vers 22H15 contre les assaillants retranchés dans l'immeuble qui abrite l'établissement très fréquenté par les expatriés vivant au Burkina Faso.
L'opération a pris fin lundi matin, tandis que des opérations de quadrillage et vérification des maisons avoisinantes se sont poursuivies dans la matinée du 14 août.
Le reataurant Istanbul situé à 200 mètres du restaurant Capuccino cible d'une attaque en janvier 2016
Le restaurant ciblé par cette attaque est situé sur l'emblématique avenue Kwamé Nkrumah au cœur de Ouagadougou à quelques 200 mètre du café restaurant café "Capuccino" visé en janvier 2016 par une attaque similaire, revendiquée par la katiba al-Mourabitoun, affilie à Al-Qaïda au Maghreb Islamique (AQMI) et qui avait fait 30 morts et 71 blessés.
L'attaque de ce dimanche n'a toujours pas été revendiqué, elle rappelle toutefois celle du "Capuccino", estiment des observateurs.
Nationalité des 18 victimes décédées
L'attaque terroriste a coûté la vie à 18 personnes et blessé une dizaine d'autres. Sept Burkinabé, une Canadienne, un Turc, 2 Koweïtiennes, un Français, un Sénégalais, un Nigérian et un Libanais, figurent parmi les victimes de l'attaque terroriste. Trois autres victimes n'ont toujours pas été identifiées.
A noter que le ministre de la Communication et des Relations avec le Parlement, Remis Fulgance Dandjinou, a évoqué un bilan de 20 morts
Les deux assaillants ont également été abattus. Par ailleurs, l'attaque a fait une dizaine de blessés, dont certains sont dans un état grave.
Alerte pour un autre véhicule pick-up
La police Burkinabé a lancé, lundi 14 août , une alerte via SMS où elle annonce qu'un "véhicule pick-up, bâche blanche, N° 1971, immatriculée au Niger, était activement recherché par les forces de sécurité".

 

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