30/05/2017

Les Peshmergas kurdes lancent un avertissement aux milices chiites (zk)

Les Peshmergas kurdes lancent un avertissement aux milices chiites 

Dans une déclaration ferme, le Commandement général des forces  Peshmerga a accusé le Hashed al-Chaabi (la coalition de milices chiites pro-iraniennes) et les «Kurdes mercenaires» de violer un accord conclu entre Erbil et Bagdad avant le lancement de l'offensive de Mossoul et les a mis en garde contre ce qui pourrait provoquer des problèmes. 


Les Peshmergas kurdes lancent un avertissement aux milices chiites

Le commandement Peshmerga a déclaré que les opérations de la force principalement chiite dans la région de Shingal étaient en violation de l'accord signé entre Erbil et Bagdad et qui avait ouvert la voie à une coopération militaire conjointe entre les forces irakiennes et kurdes contre l'Etat islamique à Mossoul.

"En ce qui concerne l'opération à l'ouest de Mossoul, Tal Afar et Shingal, dans certains endroits, l'accord a été violé", a déclaré mardi 30 mai le Commandement général des Peshmergas. 
Le commandement des Peshmerga a rappelé que l'objectif principal est uniquement l'éradication et la défaite de l'Etat islamique à l'exclusion de tout autre objectif régional.   

"Cependant, si certaines personnes du Hashed al-Chaabi et certains "Kurdes mercenaires" rêvent de profiter de la guerre contre l'EI dans la région pour tenter de créer des problèmes aux habitants de la région et aux Peshmergas et violer le territoire du Kurdistan, nous prévenons ces voix dissonantes qu'aucune force ne peut ou n'a le droit d'entrer sur le territoire du Kurdistan".
La déclaration ajoute que ceux qui tentent d'entrer en territoire kurde "se cogneront la tête contre les montagnes du Kurdistan".

La déclaration des Peshmergas fait suite aux déclarations d'un commandant du Hashd affirmant que la décision d'entrer à Shingal avait été prise par le Premier ministre irakien Haider al-Abadi, qui est également commandant en chef des forces armées.  

"Laissez-les se frapper la tête contre les murs s'ils n'aiment pas cette décision", avait déclaré Jawad Talibawi, porte-parole de l'Asaib Ahl-haq, un groupe armé chiite faisant partie du Hashed al-Chaabi.
Le Hashed al-Chaabi a lancé une opération militaire contre les jihadistes de Daech  le 12 mai. L'offensive, menée à l'ouest de Mossoul a permis aux miliciens chiites de prendre les villes de Baaj et Qairawan.

Mais lorsque la coalition de milices chiites soutenue par Bagdad a effectué des opérations dans les régions yazidies au sud de Shingal, le président kurde Massoud Barzani a ordonné aux Peshmergas d'interdire l'accès de ces zones aux miliciens chiites. 
À la suite de l'avertissement lancé par Massoud Barzani, le premier ministre irakien, Abadi, a reconnu il y a deux semaines que les Peshmerga n'avaient pas été informés au préalable que le Hashed al-Chaabi allait lancer une offensive de l'offensive dans la région de Yazidie de Shingal et c'est pour cela que le Kurdistan a exprimé ses «préoccupations». 
Abadi a ajouté que le problème avait été «résolu», après l'envoi d'une délégation dirigée par le conseiller pour la sécurité nationale de Bagdad, Falah Fayadh, qui est également le chef du comité de direction du Hashed, pour rencontrer Barzani.   

Un responsable kurde a confirmé que Barzani et Fayadh avaient en effet accepté de «coopérer» en termes d'activités militaires à Shingal.   

"En ce qui concerne le sort de Shingal, seuls les gens de Shingal peuvent déterminer leur avenir et nous ne permettrons à aucun parti d'imposer leurs décisions au peuple", a déclaré le communiqué des Peshmergas.   

Il ajoute que l'offensive de Mossoul, qui était planifiée conjointement par Erbil, Bagdad et les États-Unis, ne laissait aucun doute que les Peshmerga garderaient les zones qu'ils avaient libérées avant le début de l'opération pour libérer Mossoul.   

"En ce qui concerne l'autorisation pour les Peshmergas de rester ou non dans les zones libérées après cette date, cela dépendra d'un nouvel accord que toutes les parties doivent accepter et qui pourrait protéger la sécurité des citoyens et de ses composantes - cela ne peut pas être une décision unilatérale ", a conclu  le communiqué.

Jean René Belliard

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