15/05/2017

Course de vitesse entre rebelles soutenus par les USA et armée syrienne pour le contrôle de la frontière syro-irakienne

Course de vitesse entre rebelles soutenus par les USA et armée syrienne pour le contrôle de la frontière syro-irakienne
Daech n'est pas encore totalement vaincu que déjà se précise un peu partout les affrontements futurs. 


Le Pentagone a formé des groupes rebelles pour contrôler la frontière irako-syrienne 

On sait que le Pentagone a entraîné, équipé et armé des groupes rebelles à la frontière entre la Jordanie et la Syrie. Ce n'est pas nouveau. Déjà, en 2016, l'administration Obama avait entraîné quelques centaines de rebelles syriens. Les Américains les avaient héliportés vers la région de Boukamal avec la mission de prendre un petit aéroport. L'aérodrome devait servir de base pour un contrôle plus large de la frontière irako-syrienne de part et d'autre de la roue stratégique Damas-Bagdad. Moscou ne l'avait pas entendu de cette oreille et avait dépêché ses avions bombarder la base de ce groupe rebelle aux environs d'al-Tanf, ce qui avait provoqué une véhémente protestation de Washington. Puis l'offensive, sans doute mal préparée, contre l'aéroport proche de Boukamal (frontière syro-irakienne) s'était soldé par un sanglant échec. Les jihadistes de l'Etat islamique, fortuitement informés, avaient anéantis le groupe rebelle, mettant en ligne les vidéos d'exécution de 25 d'entre eux. 
Aujourd'hui, les rebelles soutenus par les Etats-Unis sont plus nombreux, mieux armés, mieux entraînés et surtout épaulés par la présence physique d'un fort contingent de conseillers U.S. et jordaniens qui ne refusent pas, le cas échéant, de prêter main forte à leurs élèves, quand bien même s'agirait-il d'un affrontement avec l'armée syrienne. Ces rebelles contrôlent aujourd'hui près de 100km d'une route remontant vers le nord du désert syrien, soi-disant pour repousser les jihadistes de l'Etat islamique qui sont effectivement présents dans cette partie désertique de la Syrie. Mais l'objectif réel du Pentagone est toujours de contrôler la frontière irako-syrienne. 
 
Une frontière stratégique pour Téhéran
 
On sait que les "révolutionnaires islamistes" d'Iran poursuivent le but d'étendre leur domination sur une vaste étendue du Moyen Orient allant de l'Iran à la frontière israélo-libanaise. C'est l'"arc chiite" dont avait parlé en son temps le monarque jordanien, soulignant par cette expression l'ambition hégémonique des Mollahs. Cet arc met en relations physiques le Corps des Gardiens de la Révolution Islamique d'Iran (CGRI), les miliciens chiites irakiens regroupés dans une coalition de groupes armés chiites baptisée Hashed al-Shaabi (Mobilisation populaire), pour la plupart affiliés au CGRI et pro-iraniens, les forces loyalistes syriennes qui obéissent à Bachar al-Assad et le Hezbollah libanais. 
La réalisation de cette continuité physique entre Téhéran et Tyr (sud Liban) suppose le contrôle de la frontière irako-syrienne. Pour ce qui est de la frontière syro-libanaise, c'est déjà chose faite. 
Deux développements récents ont mis en lumière la stratégie iranienne. Tout d'abord, on a appris au début de la semaine dernière que les Hashed al-Shaabi avait lancé une vaste offensive pour prendre le contrôle de l'espace irakien faisant face à la province de Deir ez-Zhor. 
Le second développement, tombé ce matin du 15 mai, concerne le renforcement des forces loyalistes pour lancer une vaste offensive de la Syrie orientale. 
 
L'armée syrienne envoie des renforts à la frontière irakienne 
       
L'armée syrienne et des milices chiites alliées font route actuellement vers une région désertique aux confins des frontières entre la Syrie, la Jordanie et l'Irak, où des rebelles soutenus par la coalition ont renforcé leur contrôle après le départ des combattant de l'Etat islamique (EI). L'annonce a été faite par les rebelles soutenus par les Etats-Unis eux-mêmes.
Selon les informations des rebelles, des centaines de soldats syriens et de membres de milices soutenues par l'Iran se sont déplacés avec des chars et des équipements lourds vers Sabaa Biyar, un village des steppes désertiques bordant la Jordanie et l'Irak.
La localité, reprise la semaine dernière par les forces du régime de Bachar al Assad, est située à proximité de l'axe routier stratégique reliant Damas à Bagdad.
Selon les rebelles, l'armée syrienne veut empêcher la région abandonnée par l'EI de tomber aux mains des rebelles de l'Armée Syrienne Libre (ASL) soutenus par les Etats-Unis.
"Ils ont envoyé de gros renforcements d'artillerie, des chars et des véhicules blindés", a déclaré Issam Al Reis, porte-parole du Front du Sud, une composante de l'ASL.
L'armée syrienne entend contrer les avancées enregistrées par l'ASL contre l'EI depuis deux mois, qui a permis aux rebelles de prendre le contrôle d'un territoire allant de Bir Kassab, à 50 km au sud-est de Damas, jusqu'aux frontières irakienne et jordanienne.
Mardi 9 mai, des avions syriens ont bombardé des positions de l'Armée syrienne libre près de la frontière syro-jordanienne.
 
Jean René Belliard
 
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