10/02/2017

La Belgique s'inquiète de la montée de l'islam radical dans ses mosquées

Blog sur le Moyen Orient et l’Afrique du nord du 9 février 2017
Extrait de la 571ème newsletter envoyée aux abonnés le 8 février 2017.
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La Belgique s'inquiète de la montée de l'islam radical dans ses mosquées   
L'agence belge chargée d'évaluer la menace terroriste s'inquiète de la montée du salafisme et du wahhabisme saoudien, une des versions les plus rigoristes de l'islam, selon un rapport datant de novembre 2016 publié mercredi 8 février par la presse belge.
"Nous relevons qu'un nombre croissant de mosquées et de centres islamiques en Belgique, comme ailleurs en Europe, sont sous l'emprise du wahhabisme, l'appareil missionnaire salafiste", avertit l'Organe de coordination pour l'analyse de la menace (OCAM) dans un rapport dont les conclusions ont été publiées par le quotidien néerlandophone De Standaard. "Nous notons également que les imams de mosquées +régulières+ sont en cours de +salafisation+ ou sont déjà +salafisés+", ajoute ce service chargé de conseiller les autorités belges sur les questions liées aux menaces terroristes.
En Belgique, des imams issus de ce courant, qui bénéficie du soutien financier notamment de l'Arabie Saoudite et des Etats du Golfe, prêchent régulièrement dans les mosquées, et de plus en plus se revendiquent strictement wahhabites, notamment à Bruxelles et dans les villes flamandes d'Anvers et Malines (nord), relève encore l'OCAM.
"L'imam modéré n'est pas de taille face au salafisme"
Ces idées sont également de plus en plus largement diffusées en Europe par l'intermédiaire de sites internet et de chaînes de télévision, relève en outre l'agence belge. "Dans sa mosquée, le petit imam modéré n'est pas au niveau pour faire face à cette force médiatique", ajoute le rapport.
Le député centriste Georges Dallemagne a réclamé mercredi la convocation de l'ambassadeur saoudien par la commission d'enquête parlementaire qui se penche depuis plusieurs mois sur les attentats jihadistes qui ont fait 32 morts à Bruxelles le 22 mars 2016.
Le "Conseil national de sécurité", présidé par le Premier ministre Charles Michel, a demandé en décembre aux différents services en charge de la sécurité et du renseignement de fournir des propositions de nature à apporter une réponse à cette avancée de l'islam radical en Belgique, a indiqué le cabinet du ministre de l'Intérieur, Jan Jambon, après la diffusion de ces informations par De Standaard.
11 interpellations dans le cadre d'un "dossier de terrorisme" -Les 11 personnes relâchées
Onze personnes ont été interpellées dans la nuit du mardi 7 au mercredi 8 février à Bruxelles et dans sa région "dans le cadre d'un dossier de terrorisme" sans lien avec les attentats du 13 novembre à Paris et du 22 mars à Bruxelles, a annoncé le parquet fédéral belge.
"L'enquête s'inscrit dans la problématique de combattants potentiellement de retour de Syrie", est-il précisé dans un communiqué.
Aucune arme, ni explosif n'ont été trouvés au cours des neufs perquisitions, menées à la demande d'"un juge d'instruction spécialisé en matière de terrorisme", dans les communes de Molenbeek, Koekelberg, Laeken, Jette, Bruxelles, Liedekerke et Schaerbeek.
"Ce dossier est totalement distinct des dossiers concernant les attentats de Paris du 13 novembre 2015", qui avaient fait 130 morts, "ou de Bruxelles/Zaventem du 22 mars 2016", qui avaient fait 32 morts, souligne par ailleurs le parquet. La Belgique est le pays de l'Union européenne qui fournit le plus de jihadistes en Irak et en Syrie proportionnellement à sa population, avec un nombre estimé de 465 combattants.
Depuis les tueries de Paris et Bruxelles, la Belgique a renforcé les mesures de sécurité et multiplié les opérations et descentes de police à mesure que se poursuivaient les enquêtes. Jeudi soir, les onze personnes interpellées étaient relâchées "après audition approfondie".
Un jihadiste condamné à 7 ans a échappé à la prison et tenté de gagner la Syrie
Un ami d'un des kamikazes des attentats de Bruxelles, condamné en mai 2016 à sept ans de prison pour terrorisme, n'a pas été incarcéré et a pu fuir la Belgique en direction de la Syrie, a indiqué mercredi 8 février le parquet fédéral belge confirmant une information du quotidien La Dernière Heure.
Khaled Khattab, ami de Najim Laachraoui, qui s'est fait exploser lors des attaques du 22 mars 2016 à Bruxelles, a toutefois été arrêté en Turquie fin 2016 alors qu'il était en route pour regagner la Syrie, a-t-on précisé de même source.
"Apparemment il a pris la fuite vers la Syrie et les Turcs l'ont arrêté. On a demandé son extradition", a précisé à l'AFP Eric Van Der Sypt, porte-parole du parquet fédéral.
Ce jihadiste, Belgo-Syrien de 26 ans, avait été mis en cause dans le dossier Khalid Zerkani, du nom du chef d'une filière de recrutement connue en Belgique, ayant organisé quantité de départs vers la Syrie entre 2012 et 2014.
Le 3 mai 2016, Khaled Khattab avait été condamné par le tribunal correctionnel de Bruxelles à sept ans d'emprisonnement pour participation aux activités d'un groupe terroriste, soit la plus lourde des 26 peines prononcées ce jour-là.
"A l'audience on avait demandé son arrestation immédiate", a souligné le porte-parole du parquet fédéral, "le tribunal ne nous a pas suivi, c'est son droit".
Revenu en février 2014 d'un séjour d'un an en Syrie, selon la Dernière Heure, Khaled Khattab avait été interpellé en octobre 2014. Remis en liberté en cours d'instruction, il avait pu comparaître libre au procès.
"Il était venu à chaque audience, disposait d'un domicile en Belgique", a poursuivi M. Van Der Sypt, pour tenter d'expliquer l'absence de mandat d'arrêt au moment de la condamnation.
Le tribunal, dans son jugement, avait pourtant souligné "l'état d'esprit inquiétant" de Khaled Khattab, raconte la Dernière Heure.
Un CD contenant des chants de propagande à la gloire de l'organisation Etat islamique (EI) avait été retrouvé lors d'une fouille de sa cellule pendant sa détention préventive.
De manière générale, le tribunal de Bruxelles avait prononcé des peines inférieures aux réquisitions du parquet fédéral. Quatre des 30 prévenus avaient été relaxés

Jean René Belliard

Thèmes abordés dans la newsletter du 9 février, réservée  aux abonnés:

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