23/11/2016

Les Peshmerga syriens interdits d'entrée en Syrie par les miliciens kurdes des YPG - 23 novembre 2016

Blog sur le Moyen Orient et l’Afrique du nord du 23 novembre  2016
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Les Peshmerga syriens interdits d'entrée en Syrie par les miliciens kurdes des YPG
L'interdiction faite à une brigade de Peshmergas kurdes syriens d'entrer en Syrie pour participer à la lutte contre l'Etat islamique révèle les tensions internes au sein de la communauté kurde de Syrie. Les Peshmerga irakiens et les miliciens YPG sont actuellement  les deux principales forces kurdes luttant contre l'Etat islamique en Irak et en Syrie.
Or, à côté des Peshmerga irakiens, on trouve également la brigade des Rojava Peshmerga, une brigade d'environ 5.000 combattants kurdes syriens qui luttent contre l'EI dans les environs de Mossoul en Irak. Ce sont ces Rojava Peshmerga qui ont l'interdiction  de retourner en Syrie pour lutter contre l'EI.
Rappelons que le gouvernement régional du Kurdistan (KRG) avait envoyé une vingtaine de véhicules chargés de Peshmerga irakien pour aider leurs frères kurdes syriens lors de la bataille de Kobane (Aïn al-Arab en arabe), une ville située à la frontière turque et menacée  par les jihadistes de l'Etat islamique. Or, déjà à cette époque, aucun de ces Peshmerga était syrien.
La raison pour laquelle les Peshmerga syriens ont été maintenus à l'écart était d'éviter un conflit armé entre eux et les miliciens kurdes syriens des YPG.
Les craintes d'un conflit potentiel s'expliquent par le fait qu'il existe des tensions entre les deux principaux blocs politiques de Rojava (on appelle Rojava le Kurdistan syrien), c'est-à-dire entre le Parti de l'Union démocratique (PYD), principal parti au pouvoir de Rojava, et l'autre parti kurde, le Conseil national kurde de Syrie (KNC, également connu sous le nom ENKS en kurde).
L'ENKS est basé à Erbil. Il est composé de petits partis politiques kurdes syriens, idéologiquement liés au Parti démocratique du Kurdistan (KDP) et à l'Union patriotique du Kurdistan (PUK).
Le désaccord entre les Rojava Peshmerga et les YPG semble être plus politique que militaire. Le YPG est l'aile armée du PYD, et les Rojava Peshmerga sont le bras armé de l'ENK.
Les miliciens YPG combattent les rebelles islamistes syriens aidés par la Turquie et les groupes affiliés à al-Qaïda ainsi que l'Etat islamique avec l'appui des Etats-Unis. Ils considèrent les Rojava Peshmerga comme des adversaires parce qu'ils font partie de l'opposition syrienne basée en Turquie, connue sous le nom de Coalition nationale syrienne.
En outre, le PYD, dont YPG est le bras armé, est lié idéologiquement au PKK alors que l'ENKS et les Rojava Peshmerga ont des liens avec le Parti Démocratique du Kurdistan (KDP) et la Turquie.
De son côté, ENKS accuse le PYD d'avoir des liens avec le régime syrien. ENKS croit que le régime syrien et le PYD ont conclu un accord tacite, permettant à ces derniers de contrôler Rojava sans combattre, ce qui explique selon lui pourquoi l'armée syrienne s'est retirée des régions kurdes en juillet 2012.
Cette  rivalité entre le PYD et l'ENKS a été historiquement tendue par une profonde méfiance mutuelle. Elle a été récemment exacerbée par l'arrestation par les PYD de militants locaux de l'ENKS.
Dans une interview exclusive à Kurdistan24, lundi 21 novembre, Sharvan Derky, le porte-parole des Rojava Peshmerga, a déclaré que les Rojava Peshmerga attendaient une décision du président Massoud Barzani.
"Le PYD exploite la propagande et affirme qu'il y aura des luttes intestines si nous revenons à Rojava, alors que nous faisons de notre mieux pour les éviter", a-t-il dit.
Derky a souligné que les YPG sont idéologiquement liés à la notion de nation démocratique d'Abdullah Ocalan, le chef emprisonné du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK). Ce concept préconise l'égalité et la coexistence entre les différents groupes ethniques et religieux.
"Les YPG acceptent les Arabes et les Turkmènes qui s'opposent aux droits kurdes en Syrie et en Irak, mais refusent nos combattants kurdes qui ne suivent pas la pensée d'Ocalan", a-t-il déclaré.
En outre, Derky a dénoncé la répression menée par  le PYD contre les militants d'ENKS. Il accuse

Jean René Belliard

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