08/10/2016

Exemple de la newsletter envoyée chaque jour aux abonnés - 8 octobre 2016

Cher lecteur

Ceci est un exemple de la newsletter que vous pourriez recevoir pratiquement chaque jour en vous abonnant. Elle a été envoyée aux abonnés le 7 octobre 2016.
Si vous êtes intéressés, professionnellement ou à titre privé, par les évènements qui agitent le Moyen Orient, l'Afrique du nord, le Sahel et par les problèmes liés au jihadisme, cette newsletter est un outil indispensable pour vous tenir informés.
Pour plus de renseignements, écrire à ptolemee@belliard74.com
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JR Belliard


Algérie
 
Le terroriste Djamel Hennab, bras droit d'Abdelmalek Droukdel, tué par l'armée
Le ministère de la défense a annoncé dans la soirée du jeudi 6 octobre l'élimination d'un dangereux terroriste, Djamel Hennab, par les éléments de l'Armée dans la wilaya de Boumerdès. Hennab était le bras droit d'Abdelmalek Droukdel, dénommé Djamel Hennab. 
Djamel Hennab s'occupait à l'époque de Droukdel du recrutement et du financement au sein du groupe terroriste. Il a, en outre, été reconnu responsable de plusieurs massacres lors de la décennie noire, notamment en début 1997 à Douaouda (Tipaza).
Selon nos sources, les forces de l'ANP traquaient ce dangereux terroriste depuis des années. Il avait été condamné à 20 ans de prison par le tribunal de Boumerdès en 2006, puis récemment à la perpétuité.

Allemagne-Belgique-France
 
Le frère de l'agresseur des deux policiers  à Bruxelles inculpé de terrorisme
Le frère de Hicham Diop, inculpé jeudi 6 octobre de tentative d'assassinat terroriste au lendemain de l'agression de deux policiers au couteau à Bruxelles, a été inculpé vendredi à son tour de "participation aux activités d'un groupe terroriste", a annoncé le parquet fédéral belge.
Aboubaker Diop, né en 1970, de nationalité belge, qui avait été interpellé mercredi après-midi quelques heures après les faits reprochés à son frère, a été inculpé puis écroué par le juge d'instruction saisi du dossier, a précisé le parquet dans un communiqué.

Irak
 
Le président turc a ses idées sur le statut de Mossoul après sa libération
Le président turc, Recep Tayyip Erdogan, a déclaré que seuls les musulmans sunnites devraient être autorisés à vivre dans la ville de Mossoul, une fois qu'elle aura été libérée de l'emprise de l'Etat islamique.
Interrogé par le journaliste saoudien, Jamal Khashoggi, sur la chaîne de télévision Rotana 2 basée en Arabie saoudite, le 2 octobre, Erdogan a déclaré que la Turquie, l'Arabie Saoudite, le Qatar et la coalition occidentale "ne permettraient pas la domination sectaire» après que les terroristes de l'EI aient été évincés.
"Mais la question est : Qui restera dans la ville après ?" "Bien sûr, les Arabes sunnites, les sunnites Turkmènes et les Kurdes sunnites», a-t-il répondu. Il a précisé en particulier que la coalition de milices chiites, Al-Hashed Al-Shaabi, "ne doit pas être autorisée à entrer dans Mossoul".
"Mossoul est pour les habitants de Mossoul", a-t-il martelé. "Par conséquent, personne ne devrait être autorisé à entrer dans ces zones."
Le président turc n'a fait aucune référence à la population locale de Mossoul, notamment des chrétiens irakiens, principalement Assyriens, qui ont maintenu une présence chrétienne dans la ville depuis des siècles, depuis les premiers jours de l'Église.
Contraint à un exode rapide au moment où les jihadistes de l'EI ont fait irruption dans Mossoul en juin 2014, la plupart des chrétiens irakiens ont trouvé refuge dans l'enclave d'Ankawa à Erbil la ville du nord de l'Irak.
35.000 chrétiens vivaient à Mossoul jusqu'à l'invasion américaine de l'Irak en 2003. La ville est alors devenue un bastion d'al-Qaïda.
Quelques 12.000 Assyriens ont fui la ville en 2008, après une vague de meurtres et de menaces contre leur communauté. Lorsque les jihadistes de l'EI ont envahi la ville, en juin 2014, seulement 3.000 chrétiens résidaient encore à Mossoul.
Les remarques d'Erdogan tombent mal. Elles apparaissent au moment même où le Premier ministre irakien, Haider Al Abadi, renouvelait ses avertissements au sujet de ce qu'il a appelé l'aventurisme militaire d'Ankara qui pourrait conduire à une autre guerre au Moyen-Orient. Abadi a lancé ces avertissements alors que le Parlement d'Ankara renouvelait l'autorisation de déployer des soldats turcs au sol dans le nord irakien.
Et vendredi 7 octobre, le ministre des Affaires étrangères turc, Mevlüt Cavusoglu, affirmait que l'inclusion des unités de combattants chiites dans les opérations militaires pour libérer Mossoul n'apporterait pas la paix. 
De son côté, le ministère de la défense irakien, a repris les propos du colonel américain John Dorrian qui avait affirmé que les forces turques qui se trouvaient au nord de l'Irak ne faisaient pas partie de la coalition internationale de lutte contre Daech.

Iran
 
Les Kurdes du PJAK confirment la mort de plusieurs de leurs combattants en Iran
(De notre correspondant en Turquie, E.A.)
Nous avions rapporté dans notre newsletter du mardi 4 octobre que 12 rebelles kurdes avaient été tués par les gardiens de la Révolution islamique d'Iran (CGRI) en Iran.
L'aile armée du Parti pour la vie libre au Kurdistan (PJAK) a confirmé que plusieurs de ses combattants avaient été tués dans des affrontements avec les forces de sécurité iraniennes, mardi 4 octobre, dans la province de Kermanshah, dans l'ouest du Kurdistan iranien.
Les Forces de défense Est du Kurdistan (YRK) a déclaré dans un communiqué que l'affrontement a été provoqué par «complot» des révolutionnaires iraniens et ses "groupes de gangs affiliés" près de la ville de Salasbajani dans la région de Kermanshah.
Les Kurdes n'ont pas donné de détails sur le nombre de victimes, mais ils ont annoncé que plus d'informations seront publiées dans l'avenir.
Les gardiens de la révolution iraniens (CGRI) avaient rapporté, mardi soir 4 octobre, qu'ils avaient tué 12 militants d'un groupe "terroriste" près de la frontière irakienne, dans la même zone mentionnée par le YRK.

Israël-Cisjordanie-Gaza

Israël demande à la Russie de signer un protocole d'accord suite au déploiement des  missiles anti-aériens S-300
(De notre correspondant en Israël N.R.)
Selon les Izvestia, les militaires israéliens se sont adressés à leurs collègues russes pour se mettre d'accord sur des protocoles additionnels suite au déploiement de systèmes de défense anti-aérienne, "Almaz-2500" (S-300V4) (ci-contre).   Missiles S(300.jpg
Selon ces informations, l'armée israélienne a demandé à la partie russe de prendre des précautions supplémentaires pour prévenir tout incident indésirable dans l'espace aérien syrien. En même temps l'expert israélien Yiftah Shapir, de l'Institut d'études de sécurité nationale, a dit aux "Izvestia" que le déploiement des S-300 était censé être avant tout un signal à l'adresse des États-Unis, même si Israël ne peut pas non plus ignorer l'intrusion de ce système sur le territoire syrien.
Le ministère de la défense russe avait expliqué, un peu plus tôt, que le système S-300 déployé en Syrie était destiné à protéger la base de la flotte russe à Tartous. Il y a quelques mois, le système de missiles anti-aérien S-400 avait été installé sur la base aérienne de Hmeymeim pour la protéger.   Igor Konachenkov.jpg
Rappelons que le 6 octobre, le porte-parole du ministère de la Défense, le major-général Igor Konashenkov (ci-contre), avait déclaré que toute attaque de l'armée américaine contre les troupes gouvernementales syriennes, représenterait une menace pour les militaires russes qui accomplissent des missions humanitaires dans de nombreuses localités syriennes.
Et Konashenkov avait ajouté, "Permettez-moi de vous rappeler que la protection des bases russes de Tartous et Hmeymeim est assurée par des systèmes de missiles anti-aériens S-300 et S-400, dont la portée sera une surprise pour tous les objets volants non identifiés ... et ceux qui se font des illusions sur la capacité des avions furtifs pourraient être confrontés à une décevante réalité "
 

Kurdistan - La question kurde
 
Les Kurdes rappellent quelques faits
Les Kurdes se présentent eux-mêmes dans cette vidéo de propagande et rappellent quelques faits pour expliquer qui ils sont : http://www.liveleak.com/ll_embed?f=f9b792996757

Carte.jpg

Liban
 
L'armée libanaise bombarde des combattants jihadistes près de Qaa
L'armée libanaise a bombardé à l'artillerie lourde des positions de combattants jihadistes dans le jurd de Qaa, dans la Békaa, vendredi 7 octobre.
Le 27 juin dernier, Qaa, bourgade chrétienne située à la frontière syrienne, avait été la cible de huit attentats-suicide qui avaient fait cinq morts (plus huit kamikazes tués) et 28 blessés.

Maroc
 
La justice marocaine condamne à la prison une vingtaine de terroristes
Des peines allant jusqu'à quatre ans de prison ont été prononcées par la chambre criminelle de la Cour d'appel de Salé à l'encontre d'une vingtaine de personnes jugées dans des affaires de terrorisme.
Deux accusés ont été condamnés à 4 ans de prison chacun, six ont écopé d'une peine de trois ans, trois de deux ans et cinq autres sont condamnés à un an de prison ferme.
Les prévenus étaient poursuivis pour « constitution d'une bande en vue de préparer et de commettre des actes terroristes, apologie d'actes constituant des crimes terroristes et incitation à commettre un acte terroriste ».
La chambre criminelle a décidé de relaxer trois individus poursuivis dans ces affaires.

Syrie
 
Les Etats-Unis et la Russie sont sur une trajectoire d'affrontement en Syrie
Voici ce que déclarait le porte-parole du Département d'Etat des Etats-Unis lors de son Briefing quotidien à la presse, le 28 septembre 2016 :
"Les conséquences (de l'échec de l'accord entre Américains et Russes sur un cessez-le-feu en Syrie) sont que la guerre civile se poursuivra en Syrie, que les extrémistes et les groupes extrémistes continueront à exploiter les vides en Syrie pour étendre leurs activités qui comprendront, sans aucun doute, des attaques contre les intérêts russes, peut-être même contre des villes russes, et la Russie continuera à renvoyer des soldats à la maison dans des sacs mortuaires, et ils vont continuer à perdre des ressources - et même, peut-être, d'autres avions."
Les propos de Kirby ont sonné comme une menace pour les Russes
La Russie n'a pas interprété ces paroles comme une prédiction ou un avertissement, mais comme une menace directe. Pour les Russes, si l'accord de cessez-le-feu est tombé à l'eau, la responsabilité en incombe essentiellement aux Américains. Ils n'ont pas poussé leurs forces par procuration en Syrie à le respecter. Ils ont blâmé, comme d'habitude, le camp russe qui a respecté le cessez-le-feu à la lettre.
Conséquences :
Les Islamistes du  Front Al-Nosra et de la brigade Faylaq al-Rahman ont bombardé l'ambassade de Russie à Damas
« Nous considérons ce bombardement de l'ambassade de Russie comme la conséquence des actions de ceux qui, à l'instar des Etats-Unis et de leurs alliés, provoquent le violent conflit en Syrie, en flirtant avec les militants et les extrémistes de toutes sortes», a déclaré le ministère russe des Affaires étrangères.
La Russie menace à son tour
Elle annonce avoir déployé des bombardiers supplémentaires en Syrie. Et dès qu'ils seront opérationnels, les «rebelles » devront faire face à beaucoup plus d'attaques aériennes.
Quelques semaines de bombardements intensifs vont détériorer leurs capacités logistiques, de commandement et de contrôle, au point qu'ils ne pourront plus mener une lutte organisée.
La Russie a considérablement durci ses défenses anti-aériennes
La Russie a aussi déployé une batterie de systèmes de défense aérienne S-300. Très précisément des S-300VM, qu'on appelle également Antey-2500. Ils sont spécialement conçus pour la défense contre les missiles de croisière et les missiles balistiques. Le système a été installé près du port de Tartous et protégera la côte est de la Syrie ainsi que la flotte russe qui se trouve en Méditerranée orientale.
Elle a également de bonnes capacités de défense contre les avions d'attaque. Tout cela rendrait très difficile une attaque de missiles de croisière par les Etats-Unis contre les aéroports syriens et russes et les forces aériennes en Syrie, comme cela est en discussion dans divers  journaux américains, dans le but de commencer une guerre de « zone d'exclusion aérienne ».
L'attaque aérienne contre l'armée à Deir ez-Zhor a servi d'avertissement
L'attaque aérienne par des avions américains des positions de l'armée arabe syrienne à Deir ez-Zhor, qui a eu pour conséquences de permettre aux jihadistes de l'Etat islamique de conquérir une colline stratégique, a servi d'avertissement. La Russie a prévenu qu'elle ne peut, ni ne veut tolérer la répétition d'un tel incident.
Les Russes conseillent aux Américains de ne pas "jouer les durs" avec eux
La Russie avertit les Etats-Unis. Si les Américains "veulent jouer les durs avec les Russes, ce ne sera pas une bonne idée". La Russie peut, elle aussi, durcir ses muscles. Elle veut que les Etats-Unis comprennent  qu'il leur faudra, en effet, déclarer une vraie guerre à la Russie et à ses alliés, s'ils souhaitent faire comme bon leur semble en Syrie. Armer toujours plus leurs mercenaires d'Al-Qaïda, comme Washington le fait actuellement, ne changera rien à l'affaire.
La Russie se déclare prête à l'affrontement, d'autant plus qu'elle sait que ni l'administration américaine, ni le les généraux du Pentagone oseront affronter la Russie militairement.

Pourquoi les Russes font ils soudain monter la pression ?
Tout simplement parce qu'à Moscou, on pense que les Américains ne laisseront pas, sans tenter de réagir, le régime syrien remporter une victoire à Alep. La libération d'Alep par l'armée arabe syrienne ouvrirait la voie à la reprise totale du pays. Cette victoire du régime permettrait à la Russie et aux Iraniens de sortir la tête haute de ce conflit, ce qui reviendrait à offrir à Moscou le contrôle de la moitié du Moyen Orient. Sans oublier la milice chiite libanaise, le Hezbollah, qui pourrait s'enorgueillir de la victoire et renforcer encore plus son aura de mouvement de la Résistance à Israël.
Une victoire des Russes aurait des conséquences stratégiques dans la région
Une victoire des Russes en Syrie aurait pour conséquences d'obliger l'OTAN à réécrire totalement ses positionnements stratégiques dans cette région du monde. Sans compter qu'une victoire du régime syrien, de Téhéran et de Moscou mettrait en danger les alliés régionaux de Washington : l'Arabie saoudite, la Turquie et les monarchies arabes du Golfe.
Les forces loyalistes ont besoin d'un an pour conquérir le pays
Les Américains ont estimé que les forces qui soutiennent le régime de Bachar al-Assad ont encore besoin d'un an pour remporter une victoire totale sur le terrain.
Washington a deux options
Les Américains ont donc deux options : Soit ils interviennent directement en bombardant massivement les forces loyalistes, comme, de son côté, la Russie pilonne les rebelles dits "modérés". La mission ne serait plus confiée à une coalition internationale anti-Etat islamique mais à l'OTAN directement. Le site d'analyse et d'information allemand Firil.net croit savoir qu'un plan avait même été conçu à ce sujet, prévoyant l'engagement de près de 800 avions américains et alliés. C'est la solution utilisée en Serbie. Mais le plan présente deux défauts majeurs : Il risque d'entraîner le monde dans un affrontement direct entre les deux superpuissances et peu de pays occidentaux sont prêts à suivre Washington dans l'aventure.
L'autre option serait de fournir suffisamment d'armes sophistiquées à la rébellion pour éroder les capacités militaires et économiques de la Syrie, de l'Iran et de la Russie. C'est la solution utilisée en Afghanistan lors de l'invasion russe du pays. Une guerre d'usure.
Les forces loyalistes progressent plus vite que prévu
Le problème pour les Américains est que la progression des forces loyalistes à Alep semble plus rapide que ce qui avait été prévu par les stratèges du Pentagone. Les Américains pourraient être alors tentés par une option militaire plus musclée, d'autant plus que la compétition pour l'élection présidentielle U.S., qui fait rage aux Etats-Unis, pourrait pousser les candidats à se lancer dans une sorte de compétition avec des options plus radicales.
Renforcement de la défense anti-aérienne russe
C'est d'ailleurs pour répondre à cette menace que Moscou a envoyé ses S-300 en Syrie.
La défense anti-aérienne russe permettra sans doute de protéger les bases militaires russes en Syrie. Mais si Washington est décidé à choisir l'option militaire, les avions de l'OTAN auront toujours l'option de décoller de Turquie, de Jordanie et de la Méditerranée, et les missiles de croisière d'être tirés depuis les bases américaines et les navires positionnés dans la région du Golfe persique. Les chasseurs devront évidemment éviter l'espace aérien protégé par les missiles anti-aériens S-400 russes. Ils devront pénétrer dans le ciel syrien via le nord-est, l'Irak, la Jordanie et Israël.
« C'est une opération qui ressemble à  l'opération « Renard du désert » de 98 et c'est l'Arabie Saoudite qui devrait la financer », selon les sources allemandes. Aucune intervention terrestre n'aura lieu mais les rebelles, convenablement pourvus en armes, devraient profiter des dégâts occasionnés aux forces loyalistes par les bombardements occidentaux pour reprendre du terrain.
Russes et Américains condamnés à négocier d'urgence
Russes et Américains, après quelques jours d'apocalypse et de menaces pour la paix mondiale, devront reprendre le chemin de la négociation en toute urgence avec, peut être à la clé, une véritable solution pour mettre fin au conflit syrien.
Aucune des deux superpuissances ne peut perdre la face en Syrie
Une chose est sûre, les Américains ne peuvent se permettre de perdre en Syrie, ce qui signifierait une défaite lourde de conséquences pour leurs alliés régionaux. Et la Russie s'est trop engagée en Syrie pour perdre la face, même si pour Moscou, il n'est pas encore question de négocier le départ de Bachar al-Assad.

Bataille d'Alep
L'armée fidèle au président Bachar el-Assad, appuyée l'armée de l'air russe, les Forces de Défense Nationale, des militaires iraniens et des miliciens du Hezbollah libanais, a lancé fin septembre une importante offensive pour tenter de reprendre Alep aux groupes rebelles qui en contrôlent la partie orientale.
Vendredi 7 octobre, les combats se concentraient au sud d'Alep, dans le quartier de Cheikh Saïd, proche de celui de Ramoussa, où ont eu lieu les affrontements les plus intenses de cet été. Mais des informations contradictoires circulaient sur d'éventuelles avancées des troupes du régime dans cette zone.
Les frappes aériennes de l'armée de l'air syrienne et de l'aviation russe restaient nettement moins nourries qu'au cours des deux dernières semaines, après l'annonce mercredi 5 octobre par Damas d'une réduction du pilonnage de la zone.
"Aujourd'hui, il n'y a pour l'instant aucun bombardement dans les alentours de la ville. Nous ne savons pas ce qu'il se passera dans une heure", a déclaré Ammar al-Selmo, responsable à Alep des Casques blancs, l'organisation de la défense civile.
Une source militaire syrienne a déclaré vendredi matin que l'armée avait pris plusieurs positions importantes sur la colline de Cheikh Saïd, mais des rebelles ont dit peu après avoir repris ces positions.
Depuis le début de leur offensive il y a deux semaines, après l'échec d'un bref cessez-le-feu, l'armée et ses alliés ont progressé dans les quartiers du nord et du centre d'Alep-Est, partie de la ville où se trouvent quelque 250.000 personnes.
Mais l'émissaire des Nations unies pour la Syrie, Staffan de Mistura, a déclaré jeudi 6 octobre qu'une prise complète des quartiers tenus par les rebelles pourrait prendre des mois et conduire à la destruction totale d'Alep-Est avec à la clé de très lourdes pertes en vies humaines.
Bachar el-Assad a offert aux rebelles et à leur famille une garantie leur permettant de quitter la ville pour gagner d'autres zones tenues par les rebelles, mais les insurgés ont déclaré à Reuters qu'ils ne lui faisaient pas confiance et qu'un tel accord visait à purger Alep-Est des musulmans sunnites.
Jeudi, des tirs d'artillerie rebelle sur Alep-Ouest, la partie de la civile sous le contrôle du régime, ont tué 11 personnes.
La Russie prête à soutenir la proposition de l'ONU pour épargner les quartiers rebelles d'Alep à condition que les rebelles se séparent des jihadistes
Le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov a déclaré que son pays était disposé à soutenir la proposition de l'ONU visant à épargner les quartiers insurgés de la ville syrienne d'Alep des bombardements aériens, rapporte vendredi 7 octobre l'agence Interfax.
Mais il a posé une condition : un engagement écrit de l'opposition à ne plus collaborer avec les "terroristes" (sous-entendu avec les Jihadistes de Jeich Fateh al-Cham), précisent les agences de presse russes.
Lavrov a ajouté qu'une fois clairement séparés des djihadistes de l'ex-Front al Nosra, qui se fait appeler Jeich Fateh al-Cham depuis qu'il a rompu avec al-Qaïda, les rebelles modérés pourraient constituer des organes de maintien de l'ordre conjoints avec les autorités pro-gouvernementales d'Alep.
L'émissaire de l'ONU pour la Syrie, Staffan de Mistura, avait proposé, jeudi 6 octobre, de se rendre à Alep, s'il le faut, pour escorter hors de la ville assiégée le millier de combattants djihadistes de Jeich Fateh al-Cham (ex-Front al-Nosra) qu'il avait exhorté de quitter la ville.
Rebondissant sur la proposition de Staffan de Mistura, Sergueï Lavrov s'est dit prêt à faire pression sur le régime de Bachar el-Assad pour qu'il autorise l'évacuation des combattants d'al-Nosra avec leurs armes, indiquent les agences.
La France et la Grande Bretagne réclament au Conseil de sécurité de l'ONU l'arrêt des bombardements à Alep
La France et le Royaume-Uni ont appelé vendredi 7 octobre à l'arrêt des bombardements sur la ville assiégée d'Alep par les appareils russes et syriens, au moment où le Conseil de sécurité ouvrait une réunion d'urgence sur la crise en Syrie.
"La priorité est d'arrêter le bain de sang à Alep", a dit l'ambassadeur français François Delattre à des journalistes alors qu'il s'apprêtait à entrer dans la salle du Conseil pour une réunion à huis clos.
Les Etats-Unis réclament une enquête pour "crimes de guerre" à Alep (Kerry)
Le secrétaire d'Etat américain John Kerry a réclamé vendredi une enquête pour "crimes de guerre" visant le régime syrien et son allié russe après une nouvelle frappe contre un hôpital à Alep.
"La nuit dernière, le régime a encore attaqué un hôpital et 20 personnes ont été tuées et 100 blessées. La Russie et le régime doivent au monde plus qu'une explication sur les raisons pour lesquelles ils ne cessent de frapper des hôpitaux, des infrastructures médicales, des enfants et des femmes", a tonné M. Kerry demandant devant la presse "une enquête adéquate (pour) crimes de guerre".

Un cessez-le-feu entre forces loyalistes et rebelles vole en éclats à Qoudsaya et al-Hama (province de Damas)
(De notre correspondant F.M.)
L'armée syrienne cherchait à rétablir le calme dans les districts de Qoudsaya et al-Hama dans la province de Damas. Les forces loyalistes accusent les rebelles d'avoir violé un cessez-le-feu instauré de longue date Les rebelles, eux, refusent d'engager des pourparlers pour relancer l'accord de trêve bien qu'ils soient totalement encerclés par les forces loyalistes.
Vidéo (langue anglaise) de la situation dans la région Qoudsaya-Hameh :
http://www.liveleak.com/ll_embed?f=463a641b2859
Wikimapia :http://wikimapia.org/#lang=fr&lat=33.550050&lon=3...

Nouvelles de l'opération turque "Bouclier de l'Euphrate"
Neuf rebelles de l'Armée Syrienne Libre soutenus par la Turquie ont été tués et 32 autres blessés, jeudi 6 octobre, lors de combats contre des jihadistes de l'Etat islamique à proximité de la frontière turque, a confirmé l'armée turque dans un communiqué publié vendredi matin 7 octobre.
L'état-major ajoute que des avions turcs ont frappé 18 cibles au cours des dernières 24 heures, détruisant notamment 15 bâtiments utilisés par les djihadistes.
L'opération "Bouclier de l'Euphrate" déclenchée le 24 août par les autorités turques dans le nord de la Syrie poursuit un double objectif: chasser le groupe Etat islamique des régions frontalières et empêcher les miliciens kurdes syriens de progresser à l'ouest de l'Euphrate.
Communiqué de l'armée turque
L'opération militaire "Bouclier de l'Euphrate" lancée fin août par l'armée turque dans le nord de la Syrie, se poursuit afin d'assurer la sécurité frontalière de la Turquie et l'élimination des organisations terroristes.
L'Armée turque a tiré 153 obus et 116 roquettes sur 49 cibles de Daech, au 45ème jour de l'opération, selon des sources militaires.
Lors de cette 45ème journée des opérations, l'Armée Syrienne Libre (ASL) a repris le contrôle de 119 points occupés par Daech, élargissant la zone libérée à plus de mille km2.
Au total, 1 992 cibles ont été visées à ce jour par 7 701 obus, des lance-roquettes multiples et 1 592 tirs de chars.

Turquie
 
Attentat à Istanbul : Un militant kurde arrêté
La police turque a capturé un militant du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) soupçonné d'être l'auteur de l'attentat qui a fait dix blessés jeudi 6 octobre à Istanbul près d'un commissariat de police, rapporte l'agence de presse Anadolu vendredi 7 octobre.
L'homme, qui portait de faux papiers d'identité, a été interpellé alors qu'il circulait à bord d'une voiture en compagnie de deux autres personnes dans la province d'Aksaray (centre).
Au total, six personnes ont été arrêtées dans le cadre de l'enquête sur l'attentat à la moto piégée commis jeudi dans le quartier de Yenibosna, dans le sud-ouest d'Istanbul.
 
La guerre dans la zone rurale de Cukurca (province de Hakkari)
(De notre correspondant en Turquie E.A.)
Cette vidéo (impressionnante) montre une embuscade menée par les Kurdes contre un convoi de l'armée turque. L'évènement a eu lieu le 25 septembre aux environs de 17H près du village de Dawusa. Un véhicule blindé a été détruit, provoquant la mort de 6 soldats. Un septième a été blessé.

http://www.liveleak.com/ll_embed?f=8087c89a9951

Yémen - la guerre oubliée
 
En 2016, les Etats-Unis ont intensifié leurs raids contre AQAP au Yémen
Les États-Unis ont intensifié leur campagne aérienne contre AQAP (Al-Qaïda dans la Péninsule Arabique) très actif au Yémen. Il y a eu au moins quatre frappes en septembre, et 28 frappes depuis le début de l'année.
En 2016, les Etats-Unis ont dépassé le nombre de raids de chacune des trois années précédentes (26 raids en 2013, 23 en 2014 et 2015).
Depuis 2009, les Etats-Unis ont exécuté 157 raids à l'aide de drones, de missiles, et des frappes conventionnelles contre AQAP.
"Les Etats-Unis se sont engagés à soutenir la sécurité et la stabilité dans la région", a déclaré le Major. Josh T. Jacques, porte-parole du commandement central des Etats-Unis (CENTCOM). "Nous allons prendre toutes les mesures possibles pour dégrader leur capacité à mener des opérations."
"Les bombardements effectuées par les Etats Unis et les partenaires de la coalition entravent la capacité d'AQAP de se déplacer librement à travers le Yémen», a expliqué Jacques. "Toute personne qui choisit de s'impliquer avec AQAP accepte les risques de soutenir le terrorisme."
La dernière attaque américaine en date a eu lieu le 29 septembre dans une région éloignée du gouvernorat d'al-Baydah. Selon l'armée américaine, deux dirigeants d'AQAP auraient été tués sans donner l'identité des terroristes mis hors de combat. Et AQAP n'a pas fait état de la mort de dirigeants de son organisation.

Afrique menacée
 
Niger : Un camp de réfugiés maliens attaqué par AQMI le 6 octobre
(De notre correspondant O.B.)
Les autorités nigériennes ont accusé les djihadistes d'al-Qaïda dans le Maghreb Islamique (ASMI) d'être responsables de l'attaque du mercredi 6 octobre qui a coûté la vie à au moins 20 personnes dans le camp de réfugiés maliens situé dans la commune de Tassara au Niger. La plupart des personnes tuées seraient des soldats nigériens. Un réfugié malien a été blessé et une ambulance brûlée.
L'attaque a été menée par une quarantaine d'assaillants. Ils ont pris d'assaut l'installation sécurisée par des gardes, des gendarmes et des militaires nigériens. L'assaut des djihadistes a pris les défenseurs du camp par surprise alors qu'ils étaient en train de déjeuner. 
Après leur forfait, la colonne djihadiste, composée de treize véhicules et d'une moto a rpis la fuite vers le Nord-Ouest et au Mali. Les unités de l'armée nigérienne se sont aussitôt lancées à leur poursuite par air et au sol.
Ce n'est pas la première fois qu'une attaque djihadiste prend pour cible un camp de réfugiés maliens au Niger. Le mois dernier, un camp de réfugiés avait déjà été attaqué. Le camp était situé près de la ville d'Ayorou. Deux civils et un policier avaient été tués. En avril, un camp situé près de la ville nigérienne de Tahoua avait également été la cible d'une attaque.  Un policier nigérien avait été tué.
Aucun groupe n'a revendiqué l'attaque du 6 octobre ni les attaques antérieures d'ailleurs. Cependant, on sait que le bataillon al-Mourabitoun, qui fait partie d'AQMI, est actif dans la région.  En outre, une brigade d'AQMI, connue sous le nom de "Saraya al Nasr" a également revendiqué une attaque à Arlit, qui est plus proche de Tassara.
Un groupe formé récemment, se faisant appeler "Etat islamique dans le Grand Sahara" (EIGS), dirigé par Abou Walid al sahraoui, un ancien chef d'al-Mourabitoun, se trouve à proximité d'Ayorou. Cependant, on ne sait pas quelle puissance dispose l'EIGS et s'il a les capacités de mener à bien une opération comme celle du 6 octobre.
 

Jihad global
 
Les recrues de Daech ont un niveau d'éducation plus élevé qu'attendu
Les recrues étrangères de Daech ont un niveau d'éducation plus élevé qu'attendu, indique une étude de la Banque mondiale publiée mercredi 5 octobre et réalisée à partir de données internes de l'organisation terroriste.
« Nous avons trouvé que Daech n'est pas allé chercher ses recrues étrangères parmi les pauvres et les moins bien formés, mais plutôt le contraire », constate la Banque mondiale dans ces travaux basés sur la fuite de données internes de Daech portant sur 3.803 recrues.
Il s'agit d'informations concernant le pays de résidence, la nationalité, le niveau d'éducation ou encore les expériences précédentes dans l'islamisme, ont indiqué les auteurs de cette étude consacrée plus largement à la situation économique de la région MENA (Moyen-Orient et Afrique du Nord).
« L'une des découvertes les plus importantes est que ces personnes sont loin d'être des illettrées », constate la Banque mondiale qui estime que ces données apportent « un éclairage » sur le profil des combattants de Daech.
La plupart des recrues, pour la période de 2013 à 2014, « assurent avoir une formation secondaire.
Une partie importante a poursuivi ses études jusqu'à l'université », précisent les chercheurs de l'institution internationale, qui fixent à 27,4 ans la moyenne d'âge des effectifs étrangers de Daech.
Selon les données, 43,3% ont effectué des études secondaires, 25,4% sont allés à l'université. Seulement 13,5% ne sont pas allés au-delà de l'école primaire et 1,3% s'est déclaré illettré, le reste (16,3%) n'ayant pas donné d'information sur leur formation.
« Les recrues de Daech provenant d'Afrique, du sud et de l'est de l'Asie et du Moyen-Orient sont significativement plus éduquées que leurs compatriotes. La grande majorité affirme avoir eu un emploi avant de rejoindre l'organisation », explique la Banque mondiale.
Selon l'étude, les recrues se sont rendues en Syrie avec des objectifs « divers ».
« Certaines souhaitaient apporter leur aide à l'administration de l'organisation, d'autres arrivaient avec le désir de mettre un terme à leur vie en se mettant au  service de Daech et d'autres voulaient simplement se battre », souligne l'étude.
« La proportion de ceux souhaitant participer à des tâches administratives, mais aussi celle de candidats au suicide augmente avec le niveau d'éducation », explique l'étude.

Russie : Six islamistes armés tués dans le Caucase
Six islamistes armés, parmi lesquels un "émissaire" de l'Etat islamique (Daech), ont été tués au cours d'opérations des forces spéciales en Ingouchie, république musulmane du Caucase russe, a annoncé vendredi 7 octobre le Comité national antiterroriste (NAK).
Quatre combattants ont été tués à Nazran, en Ingouchie, et deux autres dans le village de Gazi-Iourt, a indiqué le NAK dans un communiqué, cité par l'agence officielle TASS.
Un émissaire de l'EI arrivé de Syrie pour mener des opérations terroristes
"Selon de premières informations, parmi les combattants éliminés figure un émissaire de l'Etat Islamique, Zabaïri Saoutiïev, arrivé de Syrie pour mener des activités terroristes dans la république", précise le communiqué.
Plusieurs fusils automatiques, pistolets, grenades et engins explosifs de fabrication artisanale ont été découverts sur les lieux des opérations, selon la même source.
Les attaques islamistes sont fréquentes en Ingouchie
Les incidents armés et les attaques visant les autorités et les forces de l'ordre sont fréquents en Ingouchie, petite république voisine de la Tchétchénie.
Après la première guerre de Tchétchénie (1994-1996), la rébellion s'est progressivement islamisée et a débordé les frontières de ce pays pour se transformer au milieu des années 2000 en un mouvement islamiste armé actif dans tout le Caucase du Nord.
La rébellion islamiste a prêté allégeance à l'Etat islamique
Fin juin 2015, la rébellion armée islamiste dans le Caucase russe a prêté allégeance à l'organisation État islamique (EI), dans une vidéo publiée en ligne.

Jean René Belliard

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