09/09/2016

Un Algérien chrétien condamné à trois ans de prison ferme pour « atteinte à l'islam » - 9 septembre 2016

Blog sur le Moyen Orient et l’Afrique du nord du 9 septembre  2016
Extrait de la newsletter publiée par Jean René Belliard le 8 septembre sur les évènements du Moyen Orient, d’Afrique du Nord et du Sahel. La totalité de la newsletter est accessible contre abonnement.
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Un Algérien chrétien condamné à trois ans de prison ferme pour « atteinte à l'islam »
Après plusieurs cas d'emprisonnement, les associations de défense des droits de l'homme demandent l'abrogation d'un article du code pénal permettant de poursuivre ceux qui portent atteinte à l'islam ou à l'État.
Slimane Bouhafs (photo de droite) "a été interpellé, présenté au juge, et incarcéré le jour même. Le tout en l'espace de six heures, sans aucun avocat. Il n'y a pas eu de procès équitable," a déclaré Saïd Salhi, vice-président de la Ligue algérienne pour la défense des droits de l'homme (LADDH).Bouhafs-chrétien.jpg
"La justice, qui est une justice aux ordres, a voulu faire de Slimane Bouhafs un exemple," a-t-il ajouté.
Mardi 6 septembre, cet Algérien de 49 ans, converti au christianisme, ex-policier, a été condamné à trois ans de prison ferme par la cour de Sétif (la ville d'où il est originaire, dans l'est de l'Algérie) pour « atteinte à l'islam et au Prophète Mohammed ».
A l'origine de l'affaire : une publication sur Facebook dans laquelle il explique que le Prophète Mohammed « a perdu d'avance » face au Christ « qui incarne la paix et la vérité ».
Interpellé par le service de cybercriminalité de la gendarmerie le 31 juillet dernier, il a été condamné une première fois le 7 août à une peine de cinq ans de prison ferme et à une amende de 100.000 dinars (800 euros) pour « outrage au Prophète et dénigrement des principes et préceptes de l'islam ».
Ses avocats ont fait appel et demandé l'annulation de la peine «"au nom de la liberté de document, d'expression et de culte", précise encore Saïd Salhi. "Car Slimane Bouhafs n'a fait qu'exprimer une opinion personnelle".
"C'est la raison pour laquelle nous demandons l'abrogation de l'article 144 bis 2 du code pénal qui traite les questions d'offense à la religion et aux symboles de l'État et ouvre la voie à toutes les interprétations et à tous les abus", a expliqué Saïd Salhi.
En mars dernier, c'est une jeune femme de 34 ans, habitant à Tlemcen (à l'ouest du pays) qui l'a appris à ses dépens. Zoulikha Belarbi avait partagé sur les réseaux sociaux un montage photo montrant le président Bouteflika et son frère Saïd entouré comme un sultan par un harem d'hommes et de femmes politiques pro-pouvoir. Elle a été condamnée à 100.000 dinars d'amende.
"Des cas comme ceux de Bouhafs ou Belarbi, il y en a beaucoup d'autres !", assure Saïd Salhi. "De nombreux Algériens de confession musulmane mais de rite ahmadi et même des chiites font l'objet de poursuites."
Le prochain cas médiatisé sera probablement celui de Mohamed Tamalt. Ce journaliste algéro-britannique est incarcéré depuis le 27 juin.
Pour ses publications sur Facebook, dont une vidéo diffusée le 2 avril, présentant un poème subversif et des images du président Bouteflika, il a été condamné à deux ans de prison ferme et à une amende de 200.000 dinars (1 600 euros). Selon sa famille, il est aujourd'hui hospitalisé suite à une grève de la faim.
Le dernier rapport du Département d'État américain sur la liberté de culte en Algérie critique les pratiques du gouvernement algérien à l'égard des non-musulmans.
Le ministre algérien des Affaires religieuses, Mohamed Aïssa, a rétorqué que "l'Algérie n'avait pas besoin de tierce partie pour la juger" et celui des Affaires étrangères, Ramtane Lamamra, a conclu à « une incompréhension de [notre] culture nationale ».
Dans un communiqué, Amnesty International rappelle que « la Constitution algérienne garantit la liberté de religion mais fait de l'islam la religion d'État. Des dispositions vagues figurant dans le code pénal et l'ordonnance 06-03 fixant les conditions et règles d'exercice des cultes autres que musulmans, une loi adoptée en 2006, ont été utilisées pour persécuter des personnes pour l'exercice pacifique de leur droit à la liberté d'expression, de religion et de conviction ».
En attendant, Human Rights Watch (HRW) a appelé les autorités à « relâcher immédiatement Bouhafs » et à arrêter les poursuites en cas d'expression pacifique de points de vue religieux, politiques ou autres.

Jean René Belliard

Liste des thèmes abordés dans la 461ème newsletter envoyée le 8 septembre aux abonnés :

Algérie : Un Algérien chrétien condamné à trois ans de prison ferme pour « atteinte à l'islam »

Allemagne-Belgique-France : Belgique : L'agresseur au couteau de deux policiers à Molenbeek était bien un Islamiste
Allemagne-Belgique-France : Bonbonnes de gaz à Paris - Suite
Allemagne-Belgique-France : France : Disparition d'un dangereux terroriste du GIA assigné à résidence   

Irak : Deux attentats à Bagdad tuent trois personnes

Iran : 8 Kurdes du PDKI tués à la frontière iranienne

Israël-Cisjordanie-Gaza : Riposte israélienne au tir de mortier du 7 septembre

Kazakhstan : Le président kazakh prépare sa succession

Libye : Double attentat à Tripoli

Syrie : 6 miliciens kurdes tués par l'artillerie turque au nord de la Syrie
Syrie : Daech recule devant la progression de l'ASL soutenue par l'armée turque
Syrie : Alep : Les forces gouvernementales ont repris le quartier stratégique de Ramoussah

Turquie : Une militante du PKK arrêtée à l'aéroport d'Istanbul
Turquie : La Turquie suspend plus de 11.500 enseignants pour des liens supposés avec le PKK

Jihad global : Autriche : Deux Jihadistes de l'EI, un Marocain et un Algérien, jugés en Autriche
Jihad global : Grande Bretagne : La propagande jihadiste submerge les réseaux sociaux
Jihad global : Grande Bretagne : Un agent infiltré avait fait échouer une tentative de trois Islamistes de rejoindre la Syrie 

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Commentaires

Noter que l'Algérie refuse le retour de ses citoyens "criminels"

bloque l'application de notre droit, soit l'expulsion de notre sol des algériens NEMS, délinquants dealers criminels condamnés multirécidivistes

force les citoyens suisses à subir l'impunité d'algériens clandestins criminels &/ou terroristes islamistes

impose aux citoyens suisses de subvenir à leurs besoins et aux membres de leurs familles, aux standards de la CDDDH européenne... "en libre circulation"

Écrit par : divergente | 09/09/2016

L'Agérie est le premier exportateur mondial de criminels non repris. Fallait quand même lui rendre cet honneur.

Écrit par : norbert maendly | 09/09/2016

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