08/09/2016

Que faut-il attendre après la promotion du colonel Gulmurod Khalimov au sommet de Daech ? - 8 septembre 2016

Blog sur le Moyen Orient et l’Afrique du nord du 8 septembre  2016
Extrait de la newsletter publiée par Jean René Belliard le 7 septembre sur les évènements du Moyen Orient, d’Afrique du Nord et du Sahel. La totalité de la newsletter est accessible contre abonnement.
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Que faut-il attendre après la promotion du colonel Gulmurod Khalimov au sommet de Daech ?
En nommant le colonel Gulmurod Khalimov, un ancien des forces spéciales tadjikes, Daech signifie qu'il a la ferme intention d'étendre la guerre à l'Asie centrale : Kazakhstan, Ouzbékistan, Kirghizstan, Tadjikistan et Turkménistan. On peut ajouter à cette liste la Tchétchénie et le Daghestan. Cette nomination est également un encouragement à tous les Islamistes originaires de ces pays et qui sont disséminés à travers le monde, et tout particulièrement l'Amérique du nord et l'Europe.
Ce colonel, qui remplace désormais feu Abou Mohammed al-Adnani à la tête du "ministère des attentats", devrait rapidement imprimer sa marque sur les futures opérations terroristes de l'organisation jihadiste.
Le Tadjikistan
Le Tadjikistan, pays laïque en majorité musulman dirigé depuis 1992 par Emomali Rakhmon, a connu après la chute de l'URSS et jusqu'en 1997 une sanglante guerre civile entre le pouvoir et des combattants islamistes.
Les Tadjiks sont les seuls en Asie centrale à parler une langue proche du persan. Les autres peuples parlent des langues appartenant au groupe des langues turques.
Le groupe islamiste Jamaat Ansarullah a été interdit au Tadjikistan depuis 2012. Il recrutait des candidats à la guerre en Syrie.
Le président du Tadjikistan, Emomali Rakhmon, est très inquiet devant la montée de l'islamisme dans son pays.
"L'Etat islamique est la peste du nouveau siècle et constitue une menace pour la sécurité mondiale", avait déclaré le président tadjik lors d'un congrès de son parti.
"Nous sommes actuellement témoins des activités de mouvements extrémistes et terroristes dans le monde. L'Etat islamique, qui a attiré des jeunes de 80 pays (...) constitue l'un de ces mouvements dangereux", a-t-il expliqué.
"Cette partie de la jeunesse, quand elle rentre dans son pays, devient porteuse d'instabilité pour la société. Elle constitue une menace pour le Tadjikistan, parce qu'elle recrute pour des groupes extrémistes en Syrie et Irak", a-t-il ajouté.
Ouzbékistan
Plus laïc et tolérant, et instituant un Islam officiel, l'Etat a créé les marges dans lesquels prospère l'Islam radical.
Mais ce qui peut être le plus inquiétant pour le pays, c'est la possibilité d'une déstabilisation par les islamistes, qui pourrait engendrer des conflits socio-économiques et régionalistes, là où des régions entières sont laissées à leur sort et où prospèrent les problèmes sociaux.
Le président d'Ouzbékistan, Islom Karimov, est décédé le 2 décembre. La disparition de cet homme qui a dirigé le pays avec une poigne de fer pourrait provoquer instabilité et activité accrue des Islamistes pendant quelque temps.
Activisme des filières ouzbèkes pour le Jihad
Les filières ouzbèkes sont très actives pour envoyer des candidats au jihad en Irak et en Syrie.
Jusqu'ici, les volontaires islamistes ouzbèks gagnaient l'Afghanistan ou le nord du Pakistan. Ils faisaient partie des groupes armés du Mouvement Islamique d'Ouzbékistan (MIO) et de l'Union du Jihad Islamique, tous deux affiliés à al-Qaïda. Ces dernières années les deux organisations terroristes s'étaient éloignées de leur but premier visant à renverser le régime actuel d'Ouzbékistan, pour participer au Jihad international - notamment contre la coalition internationale en Afghanistan.
En 2001, suite à l'intervention de la coalition internationale contre al-Qaïda et les Talibans en Afghanistan, l'Ouzbékistan avait fait inscrire le MIO sur la liste des organisations terroristes. Depuis lors, les organisations islamistes ouzbèkes ont pratiquement été réduites à néant. C'est le résultat d'une répression impitoyable des services secrets ouzbèks.
Pour compenser la chute des effectifs, les Islamistes ont incorporé des candidats au jihad en provenance d'autres pays, des Tadjiks, des Ouzbèks afghans, et aussi des Ouïghours chinois. Mais la diversification ethnique a contribué à affaiblir le pouvoir d'attraction du MIO en Ouzbékistan.
Chassés en Ouzbékistan, les dirigeants du MIO ont trouvé refuge, avec leurs familles, dans les zones tribales du Waziristan. Mais très rapidement, des heurts sont intervenus entre les habitants locaux des régions tribales et les Ouzbèks. Près de 200 d'entre eux auraient perdu la vie au cours des combats.
Pour subvenir à leurs besoins, les Islamistes du MIO se sont lancés dans des activités comme l'accompagnement des convois de drogues, notamment vers la Chine.
Ils ont également mené des activités plus proches du Jihad, comme l'attaque de l'aéroport de Karachi, le 9 juin 2014, en collaboration avec le mouvement des talibans du Pakistan, Tehrik-e-Taliban.
Malgré cela, le mouvement essaie tant bien que mal de consolider son existence, à l'appui de propagande de grande envergure sur internet, et de déclarations exagérées.
La série "Qaboilda nima gap" mettant en scène la vie quotidienne des islamistes et les conditions de vie de leurs familles en est un exemple. Avec cette série, le mouvement entendait montrer que son combat continue toujours malgré la perte de nombreux de ses leaders. Il s'agit aussi d'un appel aux autres radicaux pour rejoindre leurs forces, alors que les autorités pakistanaises ont entrepris de nettoyer les zones tribales du Waziristân afin d'y restaurer l'ordre et l'autorité.
Le MIO et l'Etat Islamique
Contraint à chercher des lieux plus propices, le MIO a décidé de poursuivre le combat en ralliant l'Etat Islamique. C'est tout au moins ce qu'a déclaré sur internet, le 26 septembre 2014, Usman Ghazi.
Les Ouzbèks en Syrie : une classe défavorisée
La plupart des Jihadistes ouzbèks qui se battent en Syrie, sont essentiellement des ruraux issus d'une classe défavorisée. Ils ne sont pas issus à proprement parler de la société ouzbèke, mais d'avantage le résultat des conditions de vie lamentables des immigrés en Russie.
La montée du nationalisme russe et la politique hostile de la Russie vis-à-vis des immigrés d'Asie centrale, a créé une identité musulmane aussi bien pour les immigrés d'Asie centrale que les citoyens russes musulmans, comme des tchétchènes. Cette identité est une réaction au rejet des musulmans en Russie, en même temps nourrie par l'anti-occidentalisme russe.
Aussi, afin de s'inscrire dans l'Oumma, cette nouvelle identité est d'avantage sensible à un Islam qui rejette les valeurs traditionnelles des sociétés locales.
Les recrutements dans cette nouvelle génération se font via internet, sur les réseaux sociaux russes, comme Odnoklassniki ou encore Vkontakte. On rassemble ensuite les jeunes recrues sur des chantiers en Russie pour gagner suffisamment d'argent pour le trajet jusqu'en Syrie ou en Irak. Ce mode de recrutement est très efficace et presque invisible. Il est en effet difficile de repérer les futurs jihadistes parmi des millions d'ouzbèks immigrés en Russie.
Pour ces raisons les services secrets ouzbèks ont mis en place des interrogatoires non-officiels des migrants ouzbèks retournant de Russie.
Kirghizistan
Pays pauvre d'Asie centrale à majorité musulmane, frontalier de la Chine, le Kirghizistan a une longue histoire d'instabilité politique et de lutte contre les islamistes radicaux. Les autorités kirghizes s'inquiètent de l'influence croissante de l'organisation Etat islamique (EI) dans le pays et annoncent régulièrement avoir déjoué des attentats fomentés par ce groupe djihadiste.
L'an dernier, les forces de sécurité ont fait état de plusieurs affrontements meurtriers avec des « terroristes » à Bichkek. Selon les autorités, quelque 500 Kirghizes combattent dans les rangs de l'EI en Syrie et en Irak.
Mardi 30 août, un attentat à la voiture piégée a eu lieu devant l'ambassade de Chine à Bichkek. Il a fait trois blessés parmi les gardes de sécurité. Seul le kamikaze, un Ouïghour chinois, est mort.
Des responsables chinois ont déjà été la cible d'attaques au Kirghizistan et l'un d'eux a été tué en 2000 dans un attentat attribué à la minorité musulmane chinoise des Ouïgours.
Les autorités chinoises affirment que l'EI recrute parmi les Ouïgours, des musulmans turcophones qui constituent la première ethnie du Xinjiang, une vaste région chinoise semi-désertique mais riche en ressources aux confins de l'Asie centrale.
Kazakhstan
Le Kazakhstan est également gagné par l'islamisme armé.
Des centaines d'habitants du Kazakhstan combattent dans les rangs de l'Etat islamique (EI) en Syrie et en Irak.
Lundi 18 juillet, à Almaty, la capitale économique du Kazakhstan, des Jihadistes ont abattu quatre policiers et un civil. Les échanges de tirs ont eu lieu aux abords d'un poste de police et des locaux des services de sécurité kazakhs, le KNB, ainsi que dans une rue animée, où l'un des assaillants a été arrêté.
Le problème pour le Kazakhstan, comme pour les autres pays d'Asie centrale est que cette région est la principale plaque tournante de tous les trafics en direction de la Russie et qu'il est très difficile de contrôler ces trafics dans ces pays où pratiquement personne n'emprunte les routes mais passe à travers les régions désertiques.
Tchétchénie et Daghestan
Le ministère de l'intérieur russe a indiqué que six personnes avaient été tuées dans la région agitée du Daghestan au cours d'affrontements avec les forces de sécurité.
Selon la porte-parole de la police, Fatina Ubaidatova, trois militants présumés ont été tués, mercredi 7 septembre dans la capitale de la région, Makhachkala, et trois autres dans la ville de Izberbash, au sud-est de Makhatchkala. Les résidents ont été évacués de bâtiments résidentiels dans les deux villes où les suspects avaient retranchés et ouvert le feu avec des armes automatiques sur la police.
La république à majorité musulmane du Daghestan est devenue un foyer de l'insurrection islamique à la suite des deux guerres séparatistes en Tchétchénie voisine.

Jean René Belliard

Liste des thèmes abordés dans la 460ème newsletter envoyée le 7 septembre aux abonnés :

Allemagne-Belgique-France : Une voiture chargée de 7 bonbonnes de gaz découverte à Paris - 2 arrestations
Allemagne-Belgique-France : Trois Islamistes arrêtés en Tunisie seraient liés à l'attaque de Nice

Israël-Cisjordanie-Gaza : Un nouvel obus de mortier explose dans le secteur israélien du Golan

Maroc : Démantèlement d'un réseau jihadiste

Syrie : Une milice chiite irakienne envoie 1000 combattants à Alep pour aider Assad

Afrique menacée : Niger : Les Toubous menacent de prendre les armes

Jihad global : Que faut-il attendre après la promotion du colonel Gulmurod Khalimov au sommet de Daech ?

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Commentaires

"France : Une voiture chargée de 7 bonbonnes de gaz découverte à Paris - 2 arrestations"

Le père arrêté est fiché S, a été libéré....!? Sa fille recherchée!
Les fichés S ont de beaux jours devant eux!

Qui sont les ennemis des la France?

Écrit par : Patoucha | 08/09/2016

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