27/08/2016

L'Armée Syrienne Libre donne trois jours aux Kurdes pour évacuer la zone occidentale de l'Euphrate - 27 août 2016

Blog sur le Moyen Orient et l’Afrique du nord du 27 août  2016
Extrait de la newsletter publiée par Jean René Belliard le 26 août sur les évènements du Moyen Orient, d’Afrique du Nord et du Sahel. La totalité de la newsletter est accessible contre abonnement.
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L'Armée Syrienne Libre donne trois jours aux Kurdes pour évacuer la zone occidentale de l'Euphrate
L'ultimatum a été adressé par l'Armée Syrienne Libre (ASL), soutenue par les Turcs avec la bénédiction des Américains, aux miliciens kurdes des YPG et donc, par voie de conséquences, aux Forces Démocratiques Syriennes (FDS), qui sont soutenues par les Etats-Unis. Le vice-président américain Joe Biden, ayant également exigé des Kurdes qu'ils évacuent la rive occidentale de l'Euphrate sous peine d'une interruption de l'appui américain. Vous me suivez ?
Les Turcs ou les rebelles syriens de l'ASL ont tiré des obus sur les environs de Manbij, toujours occupée par les Forces Démocratiques Syriennes (FDS). Manbij est située à une quarantaine de kilomètres au sud de Jarablous.
Les Kurdes accusent leurs adversaires d'avoir tiré des obus chargés de gaz et ont mis en ligne des photos à l'appui de leurs accusations.
Les Kurdes n'ont que les montagnes comme amies
La milice kurde YPG a été l'alliée la plus fidèle et la plus efficace des Etats-Unis dans leur lutte contre l'Etat islamique (Daech) dans le nord de la Syrie. Mais tout cela a brutalement changé mercredi 24 août. L'invasion par les forces turques et des unités de l'Armée Syrienne Libre (ASL) de la ville frontalière de Jarablous, accompagnée d'un avertissement aux combattants des YPG de se retirer de la région de Manbij qu'ils venaient à peine de reprendre à l'Etat Islamique dans le cadre de la lutte contre le terrorisme, sous peine de perdre le soutien militaire américain, a laissé les Kurdes extrêmement déçus.
L'ultimatum de Joe Biden aux Kurdes : "Un coup de poignard dans le dos"
Pour les Kurdes, l'ultimatum lancé par Joe Biden, le vice-président américain, est la preuve que les Etats-Unis se sont rangés du côté de la Turquie et ne permettront pas la création d'une confédération kurde dans le nord de la Syrie. Les Kurdes ont ressenti la déclaration de Joe Biden comme "un coup de poignard dans le dos". En fait, ils auraient du s'y attendre. Il était évident que Washington ne permettrait jamais la création d'un Etat kurde au risque de démanteler leur principal allié dans la région, la Turquie. L'alliance entre Kurdes et Américains dans le cadre de la lutte contre l'Etat islamique était contre nature dès le début, comme elle l'est en Irak.
Les YPG rappellent tout de même aux Américains qu'il n'y a pas si longtemps, les Jihadistes de l'Etat Islamique utilisaient le territoire turc pour se ravitailler et acheminer des combattants étrangers en Syrie et en Irak.
Les Kurdes amèrement déçus par les Américains
Les Kurdes pensaient qu'après la bataille de Manbij, les Forces Démocratiques Syriennes, dont ils composaient 80% des effectifs, allaient poursuivre leur offensive contre l'Etat Islamique vers Jarablous et al-Bab, puis allaient ouvrir un couloir vers Afrin, et unir leurs trois administrations locales dans un semi-gouvernement fédéral, en bordure de la Turquie. 
C'est cet espoir qui parait aujourd'hui compromis. Ni les Turcs, ni le pouvoir syrien, ni Téhéran ou Washington n'étaient prêts à laisser les Kurdes conquérir un "homeland" au nord de la Syrie.
"La déception des Kurdes envers les USA est très visible. Vous pouvez voir des gens dans les rues, des politiciens. Les gens sont très en colère et déçus", a déclaré Mutlu Civiroglu, un analyste des affaires kurdes et journaliste ". Parce que ce sont les Kurdes qui ont payé le prix le plus élevé dans la lutte contre l'Etat islamique.
"Rien que pendant l'opération de Manbij, les pertes kurdes se sont élevées à plus de 200 morts, de sorte que les familles de ces combattants sont en colère, les gens dans la rue sont mécontents que les États-Unis ait montré si peu de considération à leurs demandes", a-t-il dit.
Et pourtant, les Kurdes sont toujours prêts à participer à la bataille pour libérer Raqqa
"Nous savons que les Etats-Unis ne poursuivent que leurs intérêts", a déclaré Xelil, un analyste kurde et ancien membre du parti kurde PYD. "S'ils nous appellent pour libérer le nord de Raqqa, nous, les Kurdes ne serons pas très en colère. Pour nous, elle est aussi très importante pour Kurdistan syrien, mais il est également important pour nous d'unir Afrin et Kobane ", a-t-il dit.
"Nous ne dirons pas OK à tout ce qu'on nous demandera, mais les Kurdes et les Américains doivent comprendre le rôle de chacun au sein de la coalition", a-t-il ajouté.
Il pense que les États-Unis continueront de soutenir l'YPG,  malgré l'opposition turque.
La porte-parole du Département américain, Elizabeth Trudeau, a répondu au sujet des désillusions des Kurdes, mercredi 24 août :
"Je conteste l'idée qu'ils (les Kurdes) se sentent - qu'ils sont abandonnés. Nous avons été très clairs sur notre soutien", a déclaré la porte-parole.
"Ceux-ci ont été de formidables combattants contre notre ennemi commun, qui est Daech.
"Comme je l'ai dit, nous restons en contact étroit avec les deux, les Turcs comme les commandants locaux kurdes."
En attendant, des affrontements sporadiques ont lieu actuellement dans plusieurs régions du nord de la Syrie, notamment entre Jarablous et Azaz entre les rebelles de l'Armée Syrienne Libre (ASL) soutenus par la Turquie et les miliciens kurdes des YPG.

Jean René Belliard

Liste des thèmes abordés dans la 452ème newsletter envoyée le 25 août aux abonnés :

Irak : L'Etat Islamique exécute 25 jeunes dans la province de Kirkouk

Iran : Pétrole : L'Iran veut récupérer sa part de marché d'avant les sanctions

Israël-Cisjordanie-Gaza : Un Palestinien abattu près de Ramallah

Liban : Orient chrétien et identité nationale
Liban : Bombardements par le Hezbollah du Jurd d'Ersal - Des jihadistes tués

Syrie : L'avenir du Moyen Orient se joue dans le nord de la Syrie
Syrie : Le problème kurde tend également les relations entre la Russie et l'Iran
Syrie : L'Armée Syrienne Libre donne trois jours aux Kurdes pour évacuer la zone occidentale de l'Euphrate
Syrie : Accord sur l'évacuation des rebelles et de la population de Daraya (proche de Damas)
Syrie : Les opérations militaires se poursuivent toujours à Jarablous

Turquie : Attentat du PKK contre un poste de police à Cizre : 11 morts et 45 blessés

Yémen : Un missile balistique tiré par les Chiites frappe un site d'Aramco, la compagnie pétrolière saoudienne
Yémen : John Kerry annonce un nouveau plan de négociations

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