25/08/2016

A Ankara, le vice-président américain, Joe Biden, abandonne les Kurdes - 25 août 2016

Blog sur le Moyen Orient et l’Afrique du nord du 25 août  2016
Extrait de la newsletter publiée par Jean René Belliard le 24 août sur les évènements du Moyen Orient, d’Afrique du Nord et du Sahel. La totalité de la newsletter est accessible contre abonnement.
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A Ankara, le vice-président américain, Joe Biden, abandonne les Kurdes
Real politik oblige, le vice-président américain a attendu d'être à Ankara pour exiger des Kurdes qu'ils évacuent la rive occidentale de l'Euphrate (voir carte). Les Kurdes n'ont pas fait le poids dans la balance diplomatique. Washington était extrêmement soucieux de conserver intacte son alliance avec la Turquie dans le cadre de l'OTAN et voyait d'un très mauvais œil Ankara flirter avec Moscou.
C'est pourquoi le vice-président américain, Joe Biden, a lancé un avertissement aux miliciens kurdes des YPG, exigeant qu'ils évacuent au plus vite la rive occidentale de l'Euphrate. Il a menacé les Kurdes qu'ils perdraient le soutien des Etats-Unis s'ils restaient à l'ouest de l'Euphrate.

24 août 2016.jpgLors d'une conférence de presse conjointe avec le Premier ministre turc Binali Yildirim, mercredi 24 août,, Joe Biden a averti les Kurdes que les Etats-Unis cesseraient de fournir un soutien aérien et des équipements militaires aux miliciens kurdes si ceux-ci tentaient d'étendre leur influence à l'ouest de l'Euphrate.
Joe Biden semblait omettre le fait que l'assistance américaine aux unités kurdes avait pour objectif de mener le combat au sol contre les Jihadistes de l'Etat islamique sans que les Américains n'aient à engager plus de personnel sur le terrain que quelques conseillers et forces spéciales et son armée de l'air.
Or, Manbij, qui vient d'être conquise par les Forces Démocratiques Syriennes (FDS), dont 80% des effectifs appartiennent aux YPG, se trouve précisément sur la rive occidentale de l'Euphrate. Si les miliciens kurdes exécutent le diktat de Joe Biden, cela en sera fini de la lutte contre l'EI dans cette région car les miliciens arabes ne sont pas assez nombreux pour prendre la place des Kurdes.
L'Etat islamique pourrait profiter cet ultimatum lancé aux Kurdes par Joe Biden, ce qui pourrait d'ailleurs être la raison pour laquelle ils viennent si facilement d'abandonner Jarablous.
Les Kurdes répondent que c'est aux Forces Démocratiques Syriennes de décider d'abandonner la rive ouest de l'Euphrate ou non
Le porte-parole des YPG, Redur Xelil,  a  naturellement condamné, mercredi 24 août, "la flagrante agression de la Turquie dans les affaires intérieures syriennes».
Quant à la demande faite par le vice-président américain aux miliciens kurdes de quitter la rive orientale de l'Euphrate, Xelil a répondu que c'était aux Forces Démocratiques Syriennes (FDS), une coalition anti-islamique soutenue par les Etats-Unis de prendre la décision de s'y conformer ou non.

Jean René Belliard

Liste des thèmes abordés dans la 450ème newsletter envoyée le 24 août aux abonnés :

Irak : De nombreux dirigeants de Daech éliminés par des inconnus armés
Irak : L'armée a pris le contrôle de la ville stratégique de Qayyarah
Irak : L'armée irakienne resserre son emprise autour de albu Kan'an
Irak : L'Etat islamique utilise de plus en plus d'enfants, notamment pour ses opérations kamikazes

Israël-Cisjordanie-Gaza : Un Palestinien poignarde un soldat israélien avant d'être abattu

Liban : Tension dans le camp palestinien d'Aïn el-Héloué (Saïda)

Syrie : L'armée turque et l'Armée Syrienne Libre (ASL), s'emparent de Jarablous (analyse)
Syrie : A Ankara, le vice-président américain, Joe Biden, abandonne les Kurdes
Syrie : Hassaké : On en sait un peu plus sur les raisons qui ont poussé les Kurdes à accepter le cessez-le-feu

Jihad global : Un "Français" poignarde à mort une Britannique aux cris de "Allah Akbar"

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