01/07/2016

Liban : Ras Baalbeck - Une autre localité chrétienne sur le pied de guerre - 1er juillet 2016

Blog sur le Moyen Orient et l’Afrique du nord du 1er juillet  2016
Extrait de la newsletter publiée par Jean René Belliard hier,  jeudi 30 juin, sur les évènements du Moyen Orient, d’Afrique du Nord et du Sahel. La totalité de la newsletter est accessible contre abonnement.
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Liban : Ras Baalbeck - Une autre localité chrétienne sur le pied de guerre
Situé à 135 km de Beyrouth, Ras Baalbeck, village chrétien libanais  limitrophe de la Syrie, se trouve aux pieds de la chaîne de l'Anti-Liban, la montagne orientale du Liban qui sépare Ras Baalbeck et son jurd des régions syriennes. À l'extrême nord de la plaine et à 45 km de Baalbeck, le village est le centre du mohafazat de la Békaa.
Mais, depuis 2013, le village possède désormais une nouvelle spécificité géostratégique : son centre est à 7 km seulement des positions occupées par l'État islamique aux frontières libano-syriennes.
400 à 500 réfugiés syriens
Ras Baalbeck, qui compte 10 000 habitants - dont 5 000 seulement sont des résidents permanents - héberge 400 à 500 réfugiés syriens, entre travailleurs agricoles et locataires de maisons du village. Ainsi, contrairement aux localités de Qaa ou d'Ersal (Aarsal sur la carte), qui comptent 30.000 réfugiés syriens chacune, aucun camp de réfugiés ne s'est implanté à Ras Baalbeck.
Ras Baalbeck s'était montré très tôt hostile à la présence de réfugiés syriens
Dans le village qualifié de « purement chrétien » par le président de la municipalité, le général Doreid Rahal, les réfugiés syriens n'ont fait qu'une brève pause avant de poursuivre leur chemin vers Macharih el-Qaa où se trouve un vaste camp de réfugiés. M. Rahal avoue n'avoir pas accueilli les réfugiés à bras ouverts, et avoir fait entrave à toute tentative d'installer ne serait-ce qu'une seule tente.
Pratiquement tous les habitants de Ras Baalbeck sont armés
Depuis des décennies déjà, les armes sont au sein de chaque maison du village, à l'instar de tant d'autres régions libanaises.
Les hommes armés, qu'ils soient membres des Brigades de la Résistance (branche armée du Hezbollah) ou partisans du Courant Patriotique Libre (CPL du général Michel Aoun) ou d'autres partis politiques, tous déambulent dans les rues de la localité sans même prendre la peine de dissimuler leurs armes sous leurs vêtements.
Ras Baalbeck et le village voisin de Qaa partageant les mêmes frontières avec la Syrie, des routes et un même ennemi, les Jihadistes de l'Etat Islamique ou du Front al-Nosra (la branche syrienne d'al-Qaïda). 
Wadi Rafek, sur les hauteurs de Ras Baalbeck
Wadi Rafek, de par son désert rocailleux et ses chemins de terre, est une zone particulièrement critique à travers laquelle les terroristes pourraient s'infiltrer dans la région. C'est pour se protéger de ce danger que les municipalités de Ras Baalbeck et Qaa ont pris des décisions sécuritaires draconiennes : Mise en place de sentinelles, organisation de  patrouilles et rapport immédiat en cas d'activités jugées suspectes.
En fait, ces mesures défensives avaient déjà été prises à l'époque de la bataille de Qousseir, lorsqu'en 2013, le Hezbollah libanais avait repris la ville de Qousseir aux insurgés sunnites syriens pour le compte du pouvoir de Damas et qu'on craignait des actions de représailles contre le Hezbollah au Liban.
Aujourd'hui, des membres des Brigades de la Résistance, du Parti syrien national social (PSNS) et de nombre de partis chrétiens participent ensemble aux opérations de surveillance sous l'égide de la municipalité qui en organise les horaires et les positions. Les coûts sont pris en charge par des hommes d'affaires originaires de la région.
L'artillerie lourde du Hezbollah intervient
Le Hezbollah a ciblé à l'artillerie lourde, jeudi 30 juin, des positions jihadistes dans les jurds de Qaa et de Ras Baalbeck, dans la Bekaa.
Les tirs auraient fait plusieurs blessés.

carte passage frontière entre Qusayr et Qaa.png

Jean René Belliard

Liste des thèmes abordés dans la newsletter du 30 juin – Analyses accessibles seulement contre abonnement.

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