23/06/2016

Syrie : Bachar al-Assad nomme un nouveau premier ministre - Explications - 23 juin 2016

Blog sur le Moyen Orient et l’Afrique du nord du 23 juin 2016
Extrait de la newsletter publiée par Jean René Belliard hier,  mercredi 22 juin, sur les évènements du Moyen Orient, d’Afrique du Nord et du Sahel. La totalité de la newsletter est accessible contre abonnement.
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Syrie : Bachar al-Assad nomme un nouveau premier ministre - Explications
Quatre jours après un entretien entre le président Bachar al-Assad et le ministre russe de la Défense, Sergueï Choïgou, le chef de l'Etat syrien a nommé, mercredi 22 juin, un nouveau Premier ministre, Imad Khamis, qui détenait jusqu'à présent le portefeuille de l'Electricité.
"Le président Bachar el-Assad a émis le décret 187 chargeant l'ingénieur Imad Khamis de former le gouvernement de République arabe syrienne", indique l'agence officielle Sana.
Imad Khamis en remplacement de Wael al-Halqi
M. Khamis, âgé de 54 ans, remplace Wael al-Halaqi qui occupait ce poste depuis le 9 août 2012. Ministre de l'Electricité depuis 2011, M. Khamis est un ingénieur électrique diplômé de l'université de Damas. A noter que la production électrique a baissé de 58% depuis le début de la guerre civile, selon l'Établissement public de production électrique.
Le nouveau premier ministre sur la liste noire des personnalités sanctionnées par l'UE
Imad Khamis figure depuis le 23 mars 2012 sur la liste noire des personnalités sanctionnées par l'Union Européenne. Il lui est reproché "en tant que ministre de partager la responsabilité de la violente répression du régime contre la population civile".
Il devrait présenter dans les prochains jours un nouveau gouvernement.
Les Russes voudraient réanimer les négociations de Genève
Ce remaniement intervient après l'intronisation du nouveau Parlement issu des élections législatives du 13 avril tenues dans les territoires contrôlés par le régime. Il intervient également sur fond de récents revers subis par les forces loyalistes face aux Jihadistes de l'Etat Islamique, revers imputés par des militaires syriens de haut rang à l'absence de couverture aérienne de l'armée de l'air russe.
Car contrairement aux affirmations maintes fois répétées sur une totale coordination et accord de vues entre Moscou, le régime syrien ou encore Téhéran, les buts poursuivis par chacun des partenaires ne coïncident que partiellement. .
Les intérêts de la Russie consistent à préserver un régime laïc en Syrie, qui continuerait à coopérer avec Moscou.
En ce qui concerne Moscou, il n'est pas essentiel de savoir si Assad restera au pouvoir ou non, alors que pour le président syrien cette question est cruciale.
Assad, lui, veut poursuivre la guerre jusqu'à la reprise totale du pays par les forces loyalistes et leurs alliés.
Le président syrien n'accepte que du bout des lèvres de participer aux négociations pour un éventuel règlement politique. C'est pourquoi la délégation du régime refuse toujours de négocier sur le statut futur de l'actuel président alors que l'opposition rebelle fait du départ de Bachar al-Assad une condition sine qua non. Assad est prêt à entamer des pourparlers mais seulement à partir d'une position de force afin d'être en mesure d'imposer ses conditions à l'opposition. C'est pourquoi il cherche à remporter des victoires militaires sur le terrain. Malheureusement pour le régime, les derniers jours n'ont pas amené les victoires espérées.
Il semble que Moscou soit de plus en plus exaspéré par l'obstination de Bachar al-Assad et ne soit pas prêt à s'enliser en Syrie. On dit que Moscou s'apprêterait à forcer la main du pouvoir syrien pour qu'il reprenne des négociations avec l'opposition à Genève.

Jean René Belliard

Liste des thèmes abordés dans la newsletter du 23 juin :

Egypte :British Airways met un terme à la destination de Sharm el-Sheikh

Irak : Nouveaux combats dans la région de Baiji
Irak : Bataille de Fallouja - Suite

Libye : Bataille de Syrte (Suite)
Libye : Les habitants de Qaraboulli (est de Tripoli) chassent les miliciens de Misrata (pro-GNA)

Syrie : Bachar al-Assad nomme un nouveau premier ministre
Syrie : L'offensive de l'Etat islamique en échec à Manbij mais progresse à Tabqa
Syrie : Bataille de Deir ez-Zhor (est syrien)
Syrie : Bataille à l'est de Palmyre
Syrie : Le groupe islamiste armé Jeich al-Mouhammad prête allégeance au Front al-Nosra

Turquie : Un officier américain chargé de la protection d'armes nucléaires assassiné à Incirlik
Turquie : Raids aériens de l'armée turque contre le PKK

Jihad global : Le patron de la DGSI parle de risques de "guerre civile" en France
Jihad global : Des Islamistes menacent "les mécréants" à Tétouan (Maroc)

Coalition internationale : La Norvège pourrait dépêcher des Forces spéciales en Syrie


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Commentaires

Cela fait cinq ans que l'on assure dans la presse occidentale que Moscou est "exaspéré" par le président el-Assad. Pourtant, les délégations russes qui se succèdent ici à Damas assurent au contraire (1) qu'elles soutiennent les institutions de la République arabe syrienne et (2) qu'elles ont parfaitement compris qu'un départ de Bachar el-Assad plongerait le pays dans le même chaos que l'Irak après Saddam Hussein et la Libye après Mouamar Kadhafi.
Vu d'Occident, l'Otan cherche à changer le régime. Vu d'ici, le changement de régime n'est pas un objectif en soi, juste une étape dans la longue destruction de la société.

Écrit par : Thierry Meyssan | 23/06/2016

A ce stade, ne serait-il pas plus simple, M. Meyssan, de dissoudre le peuple et d'en élire un autre ?

Écrit par : Griffon | 24/06/2016

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