14/06/2016

Jihad global : Assassinat de deux policiers à Magnanville (Yvelines) - 14 juin 2016

Jihad global : Assassinat de deux policiers à Magnanville (Yvelines)
France : Le meurtrier de deux policiers dans les Yvelines "un soldat du califat" selon l'Etat Islamique Magnanville - 13 juin 2016.jpg
Un homme, se revendiquant de l'Etat Islamique (Daech), a tué, lundi soir 13 juin, un commandant de police habillé en civil, devant chez lui, avant de se retrancher au domicile de sa victime à Magnanville (région parisienne) et d'être abattu lors d'un assaut des forces spéciales de la police. Dans la maison, les policiers ont découvert le corps de sa compagne, secrétaire administrative au commissariat de Mantes-la-Jolie, et retrouvé le fils du couple, âgé de trois ans, "choqué et indemne". Selon les informations fournies par des sources proches de l'enquête, le policier avait reçu neuf coups de couteau dans l'abdomen et sa compagne a été égorgée.
L'attaque n'est pas une surprise. Et il faut s'attendre à d'autres attaques similaires
Les Jihadistes de l'Etat Islamique avaient adressé de nombreuses menaces à tous les pays qui participent à une guerre sans merci contre le Califat (nous en avons fait part dans de nombreuses newsletters). Leurs messages étaient clairs : Nous ne serons en paix nulle part.
On avait donné la liste des cibles spécialement mentionnées par l'Etat islamique dans ses nombreux messages : les policiers, les militaires, les pompiers, les gardiens de prison et tous ceux qui portent un uniforme et représentent l'Etat. Mais sont également menacés les membres de l'enseignement et des services sociaux, des journalistes, des musiciens et, finalement, la population civile dans son ensemble, qu'il s'agisse de Chrétiens, de Juifs ou de Musulmans (ces derniers étant accusés de ne pas avoir fait la Hijra et de ne pas participer au devoir (selon leur interprétation) du djihad.
Quant aux méthodes conseillées pour abattre les "mécréants", l'Etat islamique propose toute une panoplie allant du couteau en passant par la voiture bélier et même des pelleteuses.
Des personnes locales radicalisées prêtes à passer à l'action 
Les cibles sont les plus diverses, mais les terroristes potentiels le sont également. Il ne s'agit plus désormais de Jihadistes endurcis par des mois de combats en Syrie, en Irak ou en Libye, mais de personnes "sous influence" des médias sociaux ou appartenant à des réseaux en liaison avec des combattants de l'Etat Islamique.
Des terroristes en contact avec l'EI
Ces gens, souvent fichés par les services de sécurité mais laissés libres par la justice car supposés ne plus présenter de danger, tout au moins dans l'immédiat, sont en contact avec un ou plusieurs Jihadistes situés dans un pays du Jihad. Et même s'ils sont restés chez eux, ils sont considérés comme des "soldats du califat" par l'Etat Islamique.
Ils ont activement participé à la recherche de cibles, les ont identifiées auprès de leurs contacts au sein de l'EI et ont finalement reçu une instruction pour passer à l'action ou ont annoncé d'eux-mêmes à leur contact leur intention de commettre une attaque. Ce qui explique la rapidité avec laquelle l'agence Amaaq de l'Etat Islamique, a été en mesure de revendiquer les attaques d'Orlando (le 12 juin) et de Magnanville (le 13 juin).
En ce qui concerne l'assassinat des deux policiers à Magnanville, dans les Yvelines, l'Etat Islamique a revendiqué l'attaque avec précision, moins de quatre heures après son dénouement :
"Un combattant de l'EI a tué un adjoint du commissariat de police de la ville des Mureaux ainsi que sa femme à l'arme blanche près de Paris", a écrit l'Amaaq.
Des cibles situées dans l'environnement immédiat
Les cibles sont situées la plupart du temps dans leur environnement immédiat pour faciliter le repérage sans éveiller les soupçons et le passage à l'acte.
C'est d'ailleurs une pratique fréquente de l'Etat Islamique, de faire exécuter les attentats ou attaques si possible par des personnes locales, ayant la même nationalité que la cible, quitte à renforcer l'efficacité du commando par des combattants plus aguerris.
Dans le cas d'Orlando, par exemple, le terroriste avait, selon plusieurs témoins, fréquenté le night club gay à plusieurs reprises, ont rapporté lundi des médias américains.
"Parfois il allait dans un coin et allait s'asseoir et buvait seul, et d'autres fois, il était tellement ivre qu'il était bruyant", a déclaré Ty Smith au quotidien Orlando Sentinel. Selon lui, le terroriste serait venu à l'intérieur du club au moins une douzaine de fois
Dans le cas des Yvelines, le terroriste était originaire de Mantes-la-Jolie, dans le même département que Magnanville et connaissait sans doute très bien le policier assassiné car il avait probablement eu à faire à lui.
Ne pas s'afficher comme un "bon musulman"
Un autre point à remarquer est révélé par le témoin américain, Ty Smith, à propos de Mateen, le tireur du club gay d'Orlando : "Il était tellement ivre qu'il était bruyant."
Ce qui fait que les gens qui connaissent ces terroristes, la famille et les voisins, sont toujours surpris et affirment qu'il n'était pas religieux. Là encore, il s'agit d'une instruction donnée aux terroristes potentiels, celle d'apparaître comme peu pratiquant, ne pas afficher de barbe islamiste, s'habiller correctement et faire comme tous les jeunes occidentaux : boire de l'alcool et fréquenter les filles.
Qui est Larosse Abballa, le meurtrier des deux policiers français ?
Larossi Abballa (photo ci-contre), le meurtrier d'un policier et de sa compagne, également policière, avait été condamné en 2013 pour participation à une filière jihadiste entre la France et le Pakistan. Abballa - 13 juin 2016.jpg
 Jugé avec sept autres prévenus, il avait été condamné à trois ans de prison, dont six mois avec sursis, pour "association de malfaiteurs en vue de préparer des actes terroristes".
Selon des sources policières, l'homme "s'est revendiqué du groupe jihadiste" durant les négociations avec les policiers. Des témoins ont également rapporté aux enquêteurs qu'il aurait crié "Allah akbar" en attaquant le policier.
A un moment, le terroriste aurait déclaré, en parlant de l'enfant de trois ans, "Je ne sais pas encore ce que je vais faire de lui". C'est sans doute en entendant ces propos que le Raid est intervenu et a tué le malfaiteur.
Une vidéo de 13 minutes sur la page Facebook du terroriste
Abballa a mis en ligne à 20H52 une vidéo sur sa page Facebook  Live avec les photos de ses victimes. La vidéo est restée quelque temps en ligne avant d'être suspendue. Dans cette vidéo, il déclarait :
"On a répondu favorablement à cheikh Adnani", "l'euro sera un cimetière". (Adnani est le chef de l'Etat Islamique en Syrie).
Quelques heures après, l'agence Amaaq liée au groupe jihadiste a affirmé qu'un "combattant de l'Etat islamique" (EI) avait tué le couple près de Paris.
Abballa était une nouvelle fois mêlé  à une affaire de filière jihadiste
Larossi Abballa était impliqué dans une enquête récente sur une filière jihadiste syrienne.
Son implication dans cette enquête menée notamment par la sous-direction antiterroriste (SDAT), sous la direction d'un juge d'instruction, n'a pas été précisée.
C'est quand même la deuxième fois que cet homme était impliqué dans une affaire de filière jihadiste, ce qui aurait quand même du justifier des mesures sécuritaires plus draconiennes, d'autant plus qu'on était en état d'urgence.
Le parquet antiterroriste saisi de l'enquête
Le parquet antiterroriste s'est saisi de l'enquête, ouverte pour "assassinats sur personnes dépositaires de l'autorité publique en relation avec une entreprise terroriste", "tentatives d'assassinats sur mineur de 15 ans en relation avec une entreprise terroriste", "séquestration sans libération volontaire en relation avec une entreprise terroriste" et association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste en vue de la préparation de crimes d'atteintes aux personnes", a précisé une source judiciaire.
Trois personnes en garde à vue
L'enquête a démarré pour faire la lumière sur les motivations et les réseaux du terroriste. TroisBerlin - 14 juin 2016.jpg personnes étaient en garde à vue mardi dans le cadre de l'enquête.
Ces personnes sont des "relations" du meurtrier, a indiqué la police sans plus de précisions pour l'instant.
Menaces d'attentats imminents dans d'autres pays européens
 Après la tuerie d'Orlando et le meurtre des deux policiers à Magnanville, il faut s'attendre à des attaques perpétrées par des terroristes se réclamant de l'Etat Islamique un peu partout en Europe.
Rappelons nous de ce qui s'est passé en Afrique sub-saharienne où les Jihadistes ont frappé dans plusieurs pays l'un après l'autre même si les actions étaient le fait d'al-Qaïda au Maghreb Islamique (AQMI).
D'ailleurs, peu de temps après l'attaque d'Orlando, des sites en ligne proches de la mouvance islamiste ont appelé à la multiplication des attaques de ce genre.

D'autres précisions pourront être données dans la newsletter publiée ce soir vers 20H.

Jean René Belliard

 

12:56 Publié dans Amaaq, AQMI, Etat Islamique, Etats-Unis, France, Magnanville, Orlando | Lien permanent | Commentaires (1) | | | | |

Commentaires

"Là encore, il s'agit d'une instruction donnée aux terroristes potentiels, celle d'apparaître comme peu pratiquant, ne pas afficher de barbe islamiste, s'habiller correctement et faire comme tous les jeunes occidentaux : boire de l'alcool et fréquenter les filles."
Non, mais vous n'avez rien compris :) Ils ne sont ni croyants, ni religieux, ni chrétiens/juifs/bouddhistes et encore moins musulmans. Mateen était homosexuel. Je dirais surtout: le discours d'ouverture, d'acceptation et de non jugement l'auraient peut être amené ailleurs. Ce sont des mécréants. La force de EI est d'avoir créé une marque très forte qui emballe tous les perdus et anéantis du monde. Et il y en a tellement, à force d'ignorer le monde .... Le Mal devient le Bien. Je ne suis pas croyant, mais spirituellement cela s'apparente à Såtån.

Et ceux qui relaient, comme vous le faites, des faits aussi anxiogènes doivent également avoir un but fort peu intéressant.

Écrit par : Cédric Muller | 17/06/2016

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