08/06/2016

Syrie : L'armée arabe syrienne progresse vers Tabqa (province de Raqqa) - 8 juin 2016

Blog sur le Moyen Orient et l’Afrique du nord du 8 juin   2016
Extrait de la newsletter publiée par Jean René Belliard le mardi 7 juin sur les évènements du Moyen Orient, d’Afrique du Nord et du Sahel. La totalité de la newsletter est accessible contre abonnement.
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Syrie : L'armée arabe syrienne progresse vers Tabqa (province de Raqqa)
L'armée syrienne soutenue par l'aviation russe et l'armée de l'air syrienne a avancé, lundi 6 juin, vers Tabqa, une ville-clé pour le ravitaillement des Jihadistes de l'État islamique (Daech).
L'armée syrienne est arrivée à 30 km de l'aéroport de Tabqa et 24 km du lac Assad, un large réservoir d'eau dans la vallée de l'Euphrate.
L'armée syrienne avance vers Tabqa pour isoler les Jihadistes de l'EI présents à l'est d'Alep
Tabqa est située à une cinquantaine de km à l'ouest de Raqqa. Mais comme on l'a déjà dit dans la newsletter du 2 juin, la ville de Raqqa, la place-forte de l'Etat Islamique en Syrie, ne constitue par l'objectif de l'armée arabe syrienne. Celle-ci préfère effectuer un vaste mouvement tournant pour couper les communications entre la province de Raqqa dont une partie est désormais un bastion de l'EI et les zones contrôlées par les Jihadiste à l'est d'Alep.
Tabqa - une ville symbolique pour les Russes
Cette localité est stratégique et symbolique à plus d'un titre pour le régime et les Russes. Ces derniers avaient participé à la construction d'un important barrage entre 1968 et 1974, et ils sont à l'origine de la création de Tabqa, où s'étaient installés les ouvriers du barrage.
Des champs pétroliers
La région de Tabqa compte également des champs pétroliers vers le sud-ouest, ce qui fait de Tabqa un objectif économique tout autant que militaire.
Tabqa - sinistrement célèbre par les exécutions perpétrées par l'EI
Fin août 2014, une vidéo de l'EI avait montré les corps de soldats syriens exécutés, face contre le sol, après la prise de la base aérienne de Tabqa par les Jihadistes.
En outre, la plus importante prison de l'EI, où auraient été incarcérés des otages occidentaux, se trouve à Tabqa.
Pas de réelle coordination entre Russes et Américains
La concomitance des offensives menées par les Forces Démocratiques Syriennes (FDS), soutenues par les Etats-Unis, contre Manbij, et par l'Armée Arabe Syrienne soutenue par la Russie pour prendre Tabqa, suppose un minimum de coordination entre les états-majors américains et russes, ne serait-ce que pour éviter les incidents.
Mais il semble que cette "coordination" soit pour l'instant limité au stricte minimum, tout au moins en Syrie. Moscou et Washington diverge en effet sur le futur rôle que pourrait jouer le président Bachar al-Assad dans le cas d'un règlement du conflit. On assiste finalement à la situation suivante où Russes et Américains mènent chacun une offensive dans une direction différente, les Russes et leurs protégés de l'armée syrienne opérant autour d'Alep et laissant la responsabilité de la prise de Raqqa aux Américains et leurs protégés des FDS.
Russes et Américains en compétition en Syrie
Le problème pour les Américains est qu'ils n'ont aucun moyen de coordonner leurs actions avec l'armée nationale syrienne, ce qui a forcément un impact sur l'efficacité de leur action militaire et réduit leur capacité à s'emparer de Raqqa.
On peut ajouter, sans faire de machiavélisme, que Russes et pouvoir syrien, ne seraient pas mécontents de voir les FDS et leurs alliés américains échouer devant Raqqa. Et on peut parier sans se tromper que les agents américains verraient d'un très bon œil les Russes et l'armée arabe syrienne échouer à Alep.

Jean René Belliard

Liste des thèmes et analyses développés le 7 juin dans la newsletter envoyée  aux abonnés :

Irak : Les forces irakiennes progressent lentement vers Fallouja
Irak : Attentat dans la ville sainte chiite de Kerbala : Sept morts

Jordanie : Suite des assassinats de cinq membres des services de renseignement jordaniens

Liban : Des membres de l'Etat Islamique capturés à un barrage de l'armée
Liban : L'armée neutralise un dispositif d'espionnage israélien

Syrie : Les Forces démocratiques syriennes et l'offensive contre Raqqa
Syrie : L'armée arabe syrienne progresse vers Tabqa (province de Raqqa)
Syrie : Contre-offensive de l'Etat Islamique dans la province de Hama
Syrie : Poursuite des bombardements à Alep

Turquie : Attentat au centre d'Istanbul - Onze morts et 36 blessés

Jihad global : Un prêtre assassiné au Bangla Desh


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Commentaires

Beaucoup d'analystes, dont vous, défendent l'idée que Washington et Moscou différent "sur le futur rôle que pourrait jouer le président Bachar al-Assad dans le cas d'un règlement du conflit".
Or, cela suppose que Washington espère un "règlement du conflit". Pourtant des trois autres guerres post-11-Septembre (Afghanistan, Irak et Libye), aucune ne s'est terminée par le "changement de régime" annoncé. Au contraire, une fois l'opposition placée au pouvoir par Washington et ses alliés, la guerre reprend.
Il semble donc que l'un des principaux but de ces guerres est de détruire ces Etats, de sorte qu'ils ne jouent plus de rôle politique, indépendamment de savoir qui les gouverne.

Écrit par : Thierry Meyssan | 08/06/2016

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