25/05/2016

Syrie : Imminence de l'offensive contre Raqqa, place-forte de Daech - 25 mai 2016

Blog sur le Moyen Orient et l’Afrique du nord du 25 mai   2016
Extrait de la newsletter publiée par Jean René Belliard le mardi 24 mai sur les évènements du Moyen Orient, d’Afrique du Nord et du Sahel. La totalité de la newsletter est accessible contre abonnement.
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Syrie : Imminence de l'offensive contre Raqqa, place-forte de Daech
Les Forces Démocratiques Syriennes (FDS), une coalition arabo-kurde sponsorisée par les Etats-Unis, a annoncé mardi 24 mai le début d'une opération, appuyée par la coalition internationale dirigée par Washington, pour chasser l'Etat islamique (Daech) du nord de la province de Raqqa, sa place-forte syrienne. 
"Avec la participation de toutes les unités des Forces démocratiques syriennes, nous commençons une opération pour libérer le nord de Raqqa", ont déclaré les FDS citant Rojda Felat, une commandante de cette coalition arabo-kurde, précisant que l'offensive a lieu avec la coalition antijihadistes menée par les Etats-Unis.
Une première opération militaire a débuté mardi 24 mai à 14H00. Il semble qu'elle fasse suite à la visite surprise du commandant du CENTCOM, le général Votel.
Il est peu probable que les Kurdes s'engagent à fond dans cette bataille
C'est d'ailleurs ce qu'a laissé entendre Rojda Felat, une commandante de la coalition arabo-kurde. L'objectif est de repousser les terroristes pour les empêcher de mener des attaques contre Shadadi, Tall al-Abyad ou encore Kobane (Aïn el-Arab en arabe), et ainsi mettre notre peuple en sécurité. La prise de Raqqa est plutôt une affaire entre Arabes et il est peu probable que les Kurdes risquent la vie d'un grand nombre de miliciens pour reprendre cette ville. D'autant plus que les Etats-Unis ont averti les Kurdes à maintes reprises qu'une fois la ville de Manbij reprise à l'Etat Islamique, il était hors de question que les Kurdes en prennent le contrôle et renforcent leur présence dans la région.
Washington ne va pas détériorer ses relations avec Ankara
Car en dehors du problème posé par les Jihadistes de l'EI, le principal concurrent dans cette région stratégique du Moyen Orient reste la Russie. Or, pour contrer la Russie, Washington a besoin de la Turquie d'Erdogan. Alors, même si les Américains utilisent les miliciens Kurdes pour mener leurs opérations militaires au sol contre Daech, l'intérêt de Washington pour les Kurdes va bien vite disparaître une fois les Jihadistes chassés de la région, les Turcs étant de plus en plus indisposés par la montée en puissance des Kurdes à leurs frontières.
La Russie déclare être prête à se joindre à l'offensive
La Russie a affirmé, mardi 24 mai, être prête à se coordonner avec la coalition arabo-kurde et les États-Unis pour chasser les jihadistes de l'Etat islamique (Daech) de leur fief de Raqqa en Syrie.
"Je peux dire avec assurance que nous sommes prêts à une telle coordination", a déclaré le ministre russe des Affaires étrangères lors d'un sommet à Tachkent en Ouzbékistan, cité par l'agence de presse Interfax.
Les Russes ont visiblement compris qu'après la défaite des Jihadistes de l'Etat Islamique, la belle entente entre Kurdes et Américains pourrait être de courte durée tant leurs plans pour l'avenir du Moyen Orient divergent, notamment en ce qui concerne l'avenir du peuple kurde.

Jean René Belliard

Liste des thèmes développés le 24 mai dans la newsletter envoyée  aux abonnés :
Egypte : Les premières constations suggèrent une explosion a bord du vol 804 d'Egyptair

Irak : Offensive du régime contre Fallouja, place-forte de l'Etat Islamique

Iran : Un vieil ayatollah ultraconservateur élu à la tête de l'Assemblée des experts

Libye : Les miliciens de Misrata condamnés à rester l'arme au pied par manque de munitions
Libye : Communiqué des forces fidèles au gouvernement d'union, al-Bunyan al-Marsous

Syrie : Attentats de Jableh et Tartous : Nouveau bilan
Syrie : Imminence de l'offensive contre Raqqa, place-forte de Daech

Turquie : Le nouveau premier ministre forme un gouvernement de fidèles à Erdogan

Yémen : Un soldat saoudien tué et trois autres blessés par l'explosion d'un IED
Yémen : Explosion à l'université de Sanaa

Jihad global : L'Etat islamique forme des femmes pour mener des attaques terroristes en Occident


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Commentaires

1- Je ne pense pas que Washington compte sur le président Erdogan pour équilibrer la puissance russe, mais sur l'armée turque. Tout laisse à penser qu'aujourd'hui la CIA cherche à organiser un renversement du président Erdogan par une autorité civile qui serait appuyée par l'armée.

2- Vous écrivez le "fief" de Daesh à Raqqa. Or, le mot "fief" s'applique à un bien détenu par un vassal. Acceptez-vous l'idée que Daesh est originellement une fabrication des Etats-unis ou s'agit-il d'une imprécision de vocabulaire ?

Écrit par : Thierry Meyssan | 25/05/2016

Merci de vos précisions
En ce qui concerne le point numéro 2, j'aurais du effectivement plutôt écrire "place-forte" et non pas "fief". Je ne pense pas que Daech soit aujourd'hui un vassal des Etats-Unis.
En ce qui concerne le point numéro 1. Il s'agit bien sûr de l'armée turque. Je ne sais pas si la CIA cherche à renverser Erdogan aujourd'hui. Ce ne serait pas la première fois que la CIA chercherait à renverser un régime turc pour le remplacer par une autorité civile. Souvenez vous des années 70. Malheureusement pour la CIA l'opération n'avait pas réussi à l'époque et plusieurs membres de la CIA, des Turcs et Turkmènes, ont du passer au moins cinq années dans les prisons turques pour avoir raté leur opération. Ce sont les militaires qui avaient pris le pouvoir, pas les gens de la CIA.

Écrit par : Belliard | 25/05/2016

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