16/03/2016

La décision de Poutine de retirer son armée de Syrie - un signe de son exaspération vis-à-vis de Bachar al-Assad ? - 16 mars 2016

Blog sur le Moyen Orient et l’Afrique du nord du 16 mars  2016
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La décision de Poutine de retirer son armée de Syrie - un signe de son exaspération vis-à-vis de Bachar al-Assad ?
La décision de Vladimir Poutine, qui a surpris tout le monde, semble être un signe de l'exaspération croissante du président russe vis-à-vis de Bachar al-Assad. Poutine lui reprocherait de ne pas prendre au sérieux les négociations de paix qui viennent de s'ouvrir à Genève. 
Cela faisait quelques temps déjà qu'on sentait un énervement croissant du président russe envers son homologue syrien. Il fallait bien s'attendre à un divorce entre les deux hommes, et nous en avions parlé dès les débuts de l'intervention russe en Syrie, tout simplement parce que les objectifs n'étaient pas les mêmes entre Russes et Syriens comme ils ne sont pas les mêmes non plus entre les Iraniens et les Russes, ou encore entre les Iraniens et le pouvoir syrien.
Les Russes ont été mis en colère, notamment, par le décret du président Assad fixant les prochaines élections au 13 avril. Ils ont estimé qu'une telle décision bouleversait le calendrier de Vienne [sur les pourparlers de paix] et enfin ils ont été très mécontents des propos du ministre syrien des Affaires étrangères, Walid Mouallem, affirmant que le sort de Bachar al-Assad était une  «ligne rouge». Cela, pour les Russes, revenait à fixer une condition préalable alors que, précisément, il avait été décidé de ne mettre aucune condition préalable.
Bien sûr, le pouvoir de Damas nie qu'il y ait un fossé entre les deux présidents et ses représentants expliquent que les deux hommes ont convenu que c'était un bon moment pour retirer l'armée russe du pays.
Et pourtant, le moment choisi est lourd de sens
Le moment qu'a choisi Vladimir Poutine pour donner l'ordre de retrait de son armée est clairement un message en direction du pouvoir syrien. Il signifie à Bachar al-Assad : «Ca suffit, vous devez entrer dans ces négociations sérieusement». C'est également un message en direction des alliés arabes et des Américains pour leur prouver que les Russes sont sérieux au sujet du processus politique. Il s'adresse enfin à l'opposition lui demandant, à elle aussi, d'entamer ces négociations avec le plus grand sérieux.
Poutine satisfait des résultats de son intervention et le sort d'Assad ne va pas mettre ces résultats en danger
L'avenir de de Bachar al-Assad a longtemps été un point d'achoppement dans les négociations entre le pouvoir et l'opposition. Les leaders de l'opposition soutiennent que Bachar al-Assad doit quitter le pouvoir. 
Visiblement, Vladimir Poutine est satisfait des premiers résultats de son intervention militaire en Syrie, tant sur le plan local qu'international. Et il ne tient pas à ce que la question du sort de Bachar al-Assad vienne ruiner les succès obtenus par l'intervention russe.
Le président russe estime avoir atteint ses objectifs. Le premier était de sauver le régime, éviter qu'il soit défait militairement, et empêcher que le pays se désintègre dans le chaos le plus total, ce qui aurait profité aux organisations jihadistes. Le second objectif, en ce qui concerne la Syrie, est de mettre en place un nouveau pouvoir dont la tache prioritaire sera de pacifier le pays avec l'aide de la communauté internationale.  Et là,  Bachar al-Assad ferait mieux de ne pas mettre de bâton dans les roues.
Comment va réagir Bachar al-Assad ?
Bachar al-Assad sait très bien que sans l'aide militaire des Russes, son armée n'aurait pas résisté plus de quelques mois. Et il doit bien cogiter maintenant que le président russe a décidé de retirer son armée. Combien de temps pourrait-il tenir sans l'aide de Moscou ?
Mais Bachar al-Assad a prouvé qu'il savait être malin. Il sait à merveille jouer au "poker menteur". La question qu'il se pose sans doute est : "Vladimir Poutine va-t-il réellement mettre en péril cinq mois d'efforts pour sauver la Syrie, seulement pour le forcer à quitter le pouvoir ?
Ce à quoi, le côté russe pourrait répondre par une autre question : Celle de la survie physique de Bachar al-Assad dans le cas où celui-ci pousserait le président russe à bout.

Jean René Belliard

 

09:58 Publié dans Bachar el-Assad, Iran, Mouallem Walid, Russie, Syrie, Vladimir Poutine | Lien permanent | Commentaires (1) | | | | |

Commentaires

Propagande ou information?
Pour avoir un autre son de cloche:
http://www.voltairenet.org/article190771.html

Déjà votre titre: "La décision de Poutine de retirer son armée de Syrie" est erronée puisque le retrait n'est que partiel.

Écrit par : Johann | 17/03/2016

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