14/03/2016

Les négociations de Genève mal parties alors qu'elles n'ont pas encore commencé - 14 mars 2016

Blog sur le Moyen Orient et l’Afrique du nord du 14 mars  2016
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Les négociations de Genève mal parties alors qu'elles n'ont pas encore commencé
Conformément au processus de paix adopté par l'ONU, un gouvernement de transition et une nouvelle Constitution doivent être mis en place dans les six mois, à partir de la reprise des discussions de paix lundi 14 mars à Genève.
Des élections législatives et présidentielle doivent ensuite être organisées dans les 12 mois suivants.
"La présidence de Bachar al-Assad est une ligne rouge"
Le chef de la diplomatie syrienne, Walid Mouallem, semble avoir "plombé" l'ambiance en affirmant, samedi 13 mars, que le sort du président Bachar el-Assad était une "ligne rouge" et qu'il était hors de question d'en discuter aux pourparlers de paix qui débutent lundi 14 mars à Genève. 
"Nous ne négocierons avec personne qui veuille discuter de la présidence. Bachar el-Assad est une ligne rouge. S'ils (l'opposition) veulent continuer avec cette approche, il est préférable qu'ils ne viennent pas", a-t-il dit.
Le Haut comité des négociations (HCN), rassemblant les groupes clés de l'opposition syrienne, insiste de son côté sur la "constitution d'un corps exécutif transitoire doté de tous les pouvoirs exécutifs" et dans lequel le président Bachar el-Assad "n'a pas sa place".
Le ministre des AE syrien s'en prend à l'émissaire spécial de l'ONU
Le ministre syrien des Affaires Étrangères s'en est pris aussi à l'émissaire spécial de l'ONU pour la Syrie, Staffan de Mistura, selon qui les élections législative et présidentielle en Syrie seront l'un des sujets à l'ordre du jour aux pourparlers et doivent être organisées dans les 18 mois, sous l'égide des Nations unies.n
"Ni lui (Mistura), ni personne d'autre, quel qu'il soit, n'a le droit de discuter des élections présidentielles. C'est du seul ressort du peuple syrien", a martelé Walid Mouallem (ci-contre).
Le prochain scrutin présidentiel est prévu en 2021.
Il a insisté sur le fait que les négociations devaient porter sur la constitution d'un "gouvernement d'unité avec des personnes de l'autre bord", qui désigneront ensemble un comité pour "rédiger une nouvelle constitution ou amender l'actuelle".
"Puis il y aura un référendum afin que le peuple syrien se prononce. Rien dans les documents des Nations unies n'évoque de phase transitoire à propos de la présidence. Pour cela il faut un accord sur la définition de la phase transitoire", a-t-il souligné.
Il a rejeté, tout comme l'opposition, la création d'un État fédéral. "La division fédérale comme en Suisse n'est pas une option".
M. Mouallem a affirmé que le gouvernement était engagé à respecter l'accord de cessation des hostilités conclu par les États-Unis et la Russie le 27 février.
"Nous sommes toujours" engagés à respecter ce cessez-le-feu "mais il est de notre droit de riposter et cela ne peut être considéré comme une violation", a-t-il souligné.
John Kerry critique Walid Mouallem
Le chef de la diplomatie américaine, John Kerry, a dénoncé, dimanche 13 mars, les propos tenus par le ministre syrien des Affaires étrangères, Walid Mouallem, qui a refusé que le sort du président syrien Bachar el-Assad soit évoqué aux négociations de Genève.
Ces déclarations montrent qu'il "essaie clairement de perturber le processus" de discussions, a estimé M. Kerry, à l'issue d'une rencontre sur la Syrie à Paris avec ses homologues français, allemand, britannique, et la haute représentante de la diplomatie européenne.
"Nous exigeons le départ de Bachar al-Assad, mort ou vif" déclare l'opposition
"Nous considérons que la période de transition doit débuter avec la chute ou la mort de Bachar el-Assad", a déclaré à deux agences de presse, dont l'AFP, le négociateur en chef de l'opposition syrienne, le chef rebelle salafiste Mohammed Allouche, proche de l'Arabie saoudite.
Cette transition "ne peut pas commencer avec la présence de ce régime ou avec le chef de ce régime encore en place", a-t-il ajouté au cours d'une interview dans un hôtel de Genève.
Le Haut comité des négociations (HCN), rassemblant les groupes clés de l'opposition et dont M. Allouche est le négociateur désigné, insiste sur la "constitution d'un corps transitoire doté de tous les pouvoirs exécutifs" dans lequel Bachar el-Assad "n'a pas sa place".
Pour l'opposition, ce corps exécutif gérera la Syrie jusqu'à des élections générales desquelles doit être exclu, selon elle, l'actuel président syrien.
M. Allouche a d'autre part accusé le régime de Damas et son allié russe de s'être rendus coupables de violations de la trêve. "Le nombre des violations au cours des 14 jours est de plus de 350 et cela montre que le régime a violé la trêve ou ne s'y sentait pas engagé", a-t-il dit.

Jean René Belliard

 

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