05/03/2016

Irak : L'imam chiite Moktada Sadr appelle au renversement du gouvernement "corrompu" - 5 mars 2016

Blog sur le Moyen Orient et l’Afrique du nord du 5 mars  2016
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L'imam chiite Moktada Sadr appelle au renversement du gouvernement "corrompu"
Le puissant religieux chiite Moqtada Sadr a appelé à renverser le  "gouvernement de corruption", vendredi 4 mars, au cours de la plus grande démonstration de force de l'opposition à l'autorité du Premier ministre Haidar al-Abadi.
Environ 200.000 personnes ont répondu à l'appel de l'imam Moqtada Sadr (image ci-contre) et  se sont rassemblées à l'entrée de la Zone verte fortifiée au centre de Bagdad, exigeant des réformes, de meilleurs services et une fin de la corruption.
A noter que la manifestation était protégée par des partisans armés de l'imam Moktada Sadr.Sadr Sayed.png
Abadi avait promis des réformes politiques et économiques l'été 2015 après des manifestations massives, mais n'a pu les mettre en route en raison des défis juridiques et de la résistance systémique au changement.
Le mois dernier, il avait promis de nommer des technocrates pour remplacer les ministres nommés sur la base d'affiliations politiques, mais cet engagement n'a pas mis en œuvre et la frustration avec le gouvernement a augmenté.
"Une chance devrait être donnée à des personnes indépendantes efficaces, et ceux qui ont conduit l'Irak vers l'abîme devraient démissionner", a déclaré Moktada Sadr, dont le bloc Al-Ahrar détient 34 sièges au parlement et trois postes ministériels.
Le discours de Sadr a été diffusé sur des écrans géants installés dans les rues et les manifestants brandissaient des drapeaux irakiens devant l'entrée de la zone verte, qui était gardée par la police anti-émeute debout derrière des fils barbelés.
Sadr, qui est soutenu par des dizaines de milliers de partisans, y compris des combattants qui ont fait le coup de feu contre les troupes américaines en 2006-07, a menacé de pénétrer dans la Zone verte à moins qu'Abadi ne prenne des mesures.
La zone verte abrite les  bâtiments du gouvernement et les ambassades étrangères, y compris celle des États-Unis. Elle est également devenue un symbole de l'isolement des dirigeants par rapport aux citoyens.
L'échec du gouvernement à éradiquer la corruption, et les pressions économiques dues à l'effondrement des prix du pétrole, aggravées par la lutte contre l'État islamique, ont "poussé le pays au bord de l'abime".
Tout le monde regarde Abadi (ci-contre) traîner les pieds pour mettre en place de véritables réformes .... Moqtada al-Sadr essaie maintenant de prendre l'initiative pour apparaître comme le champion  dans la course aux réformes. Haïdar Abadi.jpg
 Après une première manifestation réunissant 100.000 personnes à l'appel de Moktada Sadr la semaine dernière, Abadi s'était défendu en prétextant que c'étaient ses détracteurs qui l'empêchaient de réformer : «Les blocs politiques tiennent encore à leurs ministres et, ce faisant, nous ne pouvons pas réformer le pays», avait expliqué Abadi.
Muhannad al-Gharraoui, un collaborateur de Sadr et organisateur de la manifestation a déclaré : «Aujourd'hui, nous sommes ici pour demander une réforme majeure. Nous voulons un gouvernement technocratique qui sert les intérêts de l'Irak. Nous n'acceptons pas une solution qui ressemblerait à de la morphine utilisée uniquement pour tranquilliser la colère des gens. "
Qassem Soleimani, le chef de la force al-Qods iranienne était aussi à Bagdad
(De notre correspondant H.K.)russie_suleimani.jpg
Selon notre correspondant, Qassem Soleimani (ci-contre), le chef de la Force al-Qods, les forces spéciales du Corps des Gardiens de la Révolution Islamique d'Iran (CGRI) était également à Bagdad, jeudi 3 février, où il aurait rencontré les leaders des partis chiites irkaiens. 

Jean René Belliard

 

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