18/02/2016

L'Irak est à la recherche de matières radioactives "très dangereuses" volées en novembre 2015 - 18 février 2016

Blog sur le Moyen Orient et l’Afrique du nord du 18 février  2016
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L'Irak est à la recherche de matières radioactives "très dangereuses" volées en novembre 2015
L'information a été révélée par le ministère de l'environnement et des membres de services de sécurité qui craignent qu'elles pourraient être utilisées comme arme en cas d'acquisition par l'Etat islamique.
Les matières étaient stockées dans un étui de protection de la taille d'un ordinateur portable. Elles ont disparu en novembre 2015 d'une installation de stockage près de la ville de Bassorah (sud de l'Irak). L'installation appartenait aux services pétroliers de la société américaine Weatherford.
Un porte-parole de la société Weatherford en Irak a refusé de commenter l'information, et le siège de l'entreprise à Houston n'a pas souhaité répondre.
Le matériau, qui utilise les rayons gamma pour tester des défauts dans les matériaux utilisés pour les pipelines de pétrole et de gaz dans un processus appelé radiographie gamma industrielle, appartient à la société SGS d'Istanbul (Turquie).
Le document, en date du 30 novembre 2015, et adressé au Centre du ministère pour la prévention et la radioprotection, décrit "le vol d'une source radioactive très dangereuse - Ir-192 - avec une activité hautement radioactive d'un dépôt appartenant à la société Weatherford dans le secteur de Rafidia, dans la province de Bassorah ".
La quantité volée serait de 10 grammes (0,35 onces) de "capsules" Ir-192, un isotope radioactif de l'iridium aussi utilisé pour traiter le cancer.
Le matériau est considéré comme une source radioactive de catégorie 2 par l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), ce qui signifie qu'il pourrait provoquer des blessures permanentes à une personne se tenant à proximité pendant quelques minutes et pourrait être fatale à une personne exposée pendant une période de plusieurs heures à plusieurs jours.
De grandes quantités d'Ir-192 ont déjà disparu aux États-Unis, en Grande-Bretagne et dans d'autres pays, attisant les craintes des responsables de la sécurité qu'elles pourraient être utilisées pour fabriquer une bombe sale.
Une bombe sale combine matières nucléaires avec des explosifs conventionnels pour contaminer une zone de rayonnement, contrairement à une arme nucléaire, qui utilise la fission nucléaire pour déclencher une explosion beaucoup plus puissante.
"Nous craignons que l'élément radioactif puisse tomber entre les mains de Daech", a déclaré un responsable de la sécurité en apprenant le vol.
"Ils pourraient tout simplement l'attacher à des explosifs pour fabriquer une bombe sale", a déclaré ce fonctionnaire, qui travaille au ministère de l'Intérieur.
Il n'y a aucune indication que le matériau soit arrivé en possession de l'Etat islamique, qui ne contrôle pas les zones près de Bassorah. La zone la plus proche entièrement contrôlée par l'Etat islamique est à plus de 500 km au nord de Bassorah dans la province occidentale d'al-Anbar. Les militants sunnites ne contrôlent pas de territoires dans les provinces du sud à dominante chiite, mais ils ont déjà revendiqué des attaques à la bombe dans cette région méridionale, y compris une attaque qui a tué 10 personnes en octobre 2015, précisément dans le quartier où se trouve Weatherford.
Il semble que les voleurs avaient une connaissance précise de la matière et de l'installation: Pas de serrures cassées, pas de portes brisées et aucune preuve d'effraction.
Un porte-parole du commandement des opérations de Bassorah, responsable de la sécurité dans la province de Bassorah, a déclaré que l'armée, la police et les forces de renseignement travaillaient "jour et nuit" pour localiser le matériel. Des équipes contre-rayonnement ont commencé l'inspection des sites pétroliers et des passages frontaliers pour tenter de localiser la matière après qu'un groupe de travail d'urgence ait sonné l'alarme le 13 novembre 2015.
L'armée et la police ont la responsabilité de la sécurité dans le sud du pays, où les milices chiites soutenues par l'Iran et les gangs criminels sont très présents.

Jean René Belliard

 

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