13/02/2016

Libye : Le chef jihadiste tchétchène Abou Omar al-Shishani arrivé à Syrte - 13 février 2016

Blog sur le Moyen Orient et l’Afrique du nord du 13 février  2016
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Libye : Le chef jihadiste tchétchène Abou Omar al-Shishani arrivé à Syrte lundi 8 février
Selon des renseignements concordants, le chef tchétchène Abou Omar al-Shishani (photo ci-dessous - le premier à droite), célèbre par sa barbe rousse, est arrivé à Syrte, le bastion de l'Etat Islamique en Syrie. On l'avait pourtant annoncé mort à plusieurs reprises. Il aurait gagné la ville de Syrte avec un groupe de combattants de l'EI. Il était à bord du convoi de 14 véhicules arrivé de nuit dans la ville. De son vrai nom Tarkhan Batirachvili, il devrait prendre le commandement de l'organisation islamiste en Libye. Abou Omar al-Shishani.jpg
Ce chef de l'Etat Islamique a combattu au sein de l'armée géorgienne, entraînée par les États-Unis, et il a même été promu sergent après la guerre russo-géorgienne de 2008, avant d'être réformé pour tuberculose. Cela ne l'a pas empêché de devenir l'un des plus redoutés commandants de l'État islamique.
La radicalisation de Tarkhan Batirachvili
Selon un agent des services géorgiens de sécurité, Tarkhan a été arrêté quelques mois après avoir été réformé de l'armée et condamné à trois ans de prison pour vente d'armes aux rebelles tchétchènes.
Son père, Temour Batirachvili raconte : « Ces années en prison l'ont changé. Il s'est converti à l'islam. Avant, il n'était pas religieux », puis « un jour il m'a dit : Papa, ce pays n'a pas besoin de moi ». Depuis, M. Batirachvili n'a pas revu son fils, parti avec des dizaines d'autres Kistes rejoindre les rangs de l'EI en Syrie et en Irak. Le vieil homme se rappelle, « il m'a appelé deux fois seulement de Syrie. Il m'a demandé si je priais. Bien sûr que je prie, je lui ai dit. Je prie saint Georges. Et il a raccroché ».
Les Kistes, qui habitent les gorges de Pankissi, en Géorgie, sont des descendants de Tchétchènes ayant émigré en Géorgie. Selon les services de renseignement géorgiens, il y aurait près de 70 Kistes dans les rangs de l'Etat Islamique, en partie en raison de la popularité de Tarkhan Batirachvili parmi les jeunes.
La vallée géorgienne de Pankissi, une place-forte du salafisme
La vallée de Pankissi s'est forgée une réputation dès le début de la première guerre russo-tchétchène (1994-1996) en devenant le refuge des indépendantistes tchétchènes et de plus de 10 000 réfugiés.
Avec l'aide des États-Unis, le gouvernement pro-occidental géorgien de l'ancien président Mikheïl Saakachvili avait réussi en 2004 à chasser hors de son territoire les séparatistes, qui y organisaient encore des attaques contre l'armée russe. Mais leur présence prolongée a influencé la population, dont les traditions religieuses soufies ont été remplacées par des pratiques salafistes, une branche rigoriste de l'islam. « Le salafisme est désormais la forme dominante de l'islam en Pankissi ». La jeunesse kiste est majoritairement salafiste, les jeunes ne se considèrent plus désormais comme Kistes ou Géorgiens mais uniquement comme des musulmans.
L'arrivée d'Abou Omar al-Shishani (Tarkhan Batirachvili) ne présage rien de bon pour la Libye
Connu pour sa cruauté, ce leader Tchétchène s'est fait une spécialité de s'entourer des combattants les plus féroces de différentes nationalités.
L'arrivée du chef tchétchène à Syrte témoigne de l'importance que la Libye représente désormais pour l'Etat Islamique. L'organisation jihadiste compte sur le symbole que représente ce chef tchétchène pour attirer de nombreuses recrues vers la Libye.
Bientôt plus de Jihadistes "étrangers" en Libye qu'en Syrie
Selon des renseignements, 56 Français et 16 Belges auraient rejoint l'Etat Islamique en Libye. On s'attend à ce que le nombre de candidats au jihad en provenance de l'étranger soit bientôt plus important en Libye qu'en Syrie.

Jean René Belliard
 

 

Commentaires

Pendant ce temps les européens se demandent comment accueillir de plus en plus en plus de futur islamistes radicaux. Le suicide par la culpabilisation est à la mode dans nos contrées.

Écrit par : norbert maendly | 13/02/2016

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