13/01/2016

L'anxiété des Libanais - 13 janvier 2015

Blog sur le Moyen Orient et l’Afrique du nord du 13 janvier 2016
Jean René Belliard, auteur de "Beyrouth, l'enfer des espions", publie une newsletter quotidienne accessible aux abonnés uniquement. Elle donne chaque jour un résumé des principaux évènements qui se déroulent au Moyen Orient et en Afrique du nord, rédigé à partir des informations réunies sur place par une quinzaine de correspondants. Ci-dessous, un extrait de la newsletter du 13 janvier 2016 – Et beaucoup d’autres informations importantes dans la newsletter envoyée aux abonnés.
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L'anxiété des Libanais
(de notre correspondant à Beyrouth)
Les Libanais sont anxieux. Ils observent avec la plus grande inquiétude ce qui se passe en Syrie, la montée en puissance d'organisations islamistes extrêmement violentes. "C'est pire que la guerre civile [1975 à 1990]," pensent-ils. "Dans la guerre, il y avait au moins des côtés clairs."
"Vous pouviez voir le tireur en face de vous, et vous pouviez espérer un cessez-le», explique Yasser Akkaoui, l'éditeur d'un magazine de Beyrouth. "Mais aujourd'hui, au Liban on a l'impression qu'une main lointaine tire les ficelles des évènements. On ne voit pas la menace. Donc, il y a cette peur de l'inconnu ".
Sunnites-Chiites
Après la décapitation du leader religieux saoudien chiite, Nimr al-Nimr,  Hassan Nasrallah, le chef du Hezbollah libanais, un parti chiite, a qualifié les dirigeants de l'Arabie Saoudite de "tyranniques, criminels, terroristes et de takfiri" (mécréants). En réponse, Ahmad Fatfat, un responsable du mouvement du futur, un parti libanais principalement sunnite, a surnommé le Hezbollah de "milice iranienne" qui veut "prendre le contrôle du Liban". Ces deux déclarations dressent parfaitement le tableau.
Un pays entouré par la violence
Les Libanais assistent médusés au déchaînement de violences, tant en Syrie voisine ou forces loyalistes et Jihadistes rivalisent de cruauté en affamant des populations entières pour les uns, en décapitant à tour de bras pour les autres. Même au sud du pays, la situation suscite l'inquiétude. Tous les Libanais ont encore en mémoire le conflit de 2006 entre Israël et le Hezbollah qui a ravagé le pays. Donc, à chaque fois qu'il y a un regain de tension dans le sud du Liban, chacun retient son souffle. Or, justement, dernièrement, Israël a bombardé le sud du Liban après que le Hezbollah ait déclenché une bombe au passage de soldats israéliens dans une zone contestée le long de la frontière israélo-libanaise.
Une situation interne loin d'être pacifiée
En  2015, la région de Beyrouth a été ensanglantée par plusieurs attaques kamikazes revendiquées par l'Etat Islamique et chacun sait que d'autres attentats auront lieu. L'arrestation et la condamnation d'un ancien ministre libanais qui se livrait à l'importation d'explosifs en provenance de la Syrie dans l'intention d'organiser des attentats contre des politiciens et des personnalités religieuses, montre assez à quel point le pays est gangréné.
Tout cela dans un contexte d'agitation due à la campagne "Vous Puez", où on assiste à une protestation populaire contre l'incurie du gouvernement et son incapacité à traiter le problème des déchets qui s'amoncellent dans les rues. Et au lieu d'apporter une réponse adéquate, le gouvernement libanais a préféré envoyer ses forces de sécurité écraser la contestation. Enfin, pour ajouter à la confusion, on peut encore citer les combats sporadiques entre islamistes et d'autres factions dans les camps de réfugiés palestiniens. 
Problèmes de tous ordres
Les Libanais, qui ont connu une guerre civile de quinze ans parce que des réfugiés (palestiniens) s'étaient mis en tête de contrôler le pays, regardent aujourd'hui avec anxiété les 1,5 millions de réfugiés syriens s'installer, sans doute durablement, dans leur pays. Ils savent bien que beaucoup d'entre eux sont favorables aux organisations jihadistes qui sévissent en Syrie. Et ils se demandent combien de temps vont mettre ces réfugiés pour s'organiser à leur tour et se dresser contre un Etat libanais divisé sur la réponse à donner.
Problème des réfugiés, insécurité, violence, montagne de détritus, coupures d'électricité, les Libanais en ont marre. Ils ont l'impression que le gouvernement joue aux abonnés absents. Et c'est bien le cas d'ailleurs. Le Liban connaît une grave crise politique en raison de la vacance présidentielle depuis la fin du mandat de Michel Sleiman qui a expiré en 2014 et la paralysie du gouvernement depuis bien plus longtemps encore.
Le chaos politique depuis 2005
Akkaoui estime que le Liban a manqué de direction politique depuis que la Syrie a retiré ses forces en 2005, sous l'impulsion des diplomaties américaine et française naturellement bien intentionnées et qui voyaient là un thème pour se réconcilier après leurs divergences quant à l'intervention américaine en Irak. "Tout au Liban est auto-infligé, nous sommes incapables de discerner nos propres intérêts", regrette Akkaoui. "Les Libanais se bornent à attendre pour voir qui va gouverner la région. Il y a eu une guerre civile régionale, parfois froide, mais de plus en plus chaude. La question est aujourd'hui de savoir si l'axe Russie-Syrie-Iran va prendre le pouvoir? Nous attendons de le savoir ".
Un conflit qui prend une allure de guerre mondiale aux portes du Liban
Le conflit fait rage de l'autre côté de la frontière libano-syrienne. La Russie et l'Iran sont accourus à la rescousse du président Bachar al-Assad et du coup le conflit civil a pris un air de conflit international. Il oppose un pouvoir accusé par ses détracteurs de ne représenter que la communauté alaouite, soutenue par des puissances étrangères, à une collection de rebelles qui sont principalement sunnites et bénéficient à des degrés divers du soutien des autorités et de groupes non gouvernementaux en Arabie Saoudite et d'autres pays du Golfe arabe.
Sur le terrain, on trouve, du côté du pouvoir, des Syriens, des Libanais du Hezbollah et des Iraniens du Corps des Gardiens de la Révolution Islamique d'lran (GCRI), des Chiites afghans irakiens et pakistanais, tandis que de l'autre côté on trouve des sunnites de toutes les parties du monde, y compris des Libanais. Et c'est un miracle que la violence n'ait jusqu'ici débordé qu'occasionnellement au Liban.
La fragilité du Liban fait craindre le pire
Le Liban a 18 sectes religieuses distinctes. La plupart des partis libanais sont basés sur les sectes, elle-même liées à des intérêts régionaux - le parti à majorité sunnite Mustaqbal (le parti du Futur), par exemple, est lié aux Saoudiens tandis que les partis chiites, Amal et Hezbollah, sont liés à l'Iran. Quant aux  Chrétiens du Liban, largement hostiles avant 2005 à la domination syrienne sur le Liban, ils sont divisés et ne savent plus aujourd'hui vers qui se tourner. Certains considèrent Assad et le Hezbollah comme un moindre mal par comparaison aux Jihadistes de l'Etat Islamique, et un leader chrétien, Michael Aoun, s'est même ouvertement allié au Hezbollah.
Le compromis "à la libanaise", base du pacte national de 1943, suppose une entente entre Iraniens et Saoudiens
Le Pacte de 1943 suppose que les différentes communautés confessionnelles s'entendent pour administrer le pays. Malheureusement pour le Liban, Iraniens et Saoudiens sont à couteaux tirés depuis plusieurs années et ceci a une influence directe sur leurs "proxies" locaux. Les Saoudiens, c'est bien connu, n'aiment ni l'Iran ni le Hezbollah qui est aujourd'hui la principale force au Liban. C'est pourquoi il n'y a pas - et il n'y aura pas de si tôt - un consensus entre forces politiques libanaises pro-saoudiennes et pro-iraniennes pour permettre l'élection d'un nouveau président au Liban. 
Il faut pour cela attendre la fin de la guerre régionale entre Sunnites et Chiites mais pour l'instant il n'y a aucun signe que ce conflit se termine à une date prévisible, ni même de prévoir qui va gagner.
Pourquoi le Liban est-il impliqué dans ce conflit ?
En fait, c'est à cause de la situation stratégique du Liban, à la frontière avec l'ennemi (pour les Iraniens) israélien, que la guerre civile s'est internationalisée en Syrie. C'est à cause du Liban que plus d'un millier de miliciens chiites libanais du Hezbollah et à peu près 400 Iraniens du CGRI se sont faits tuer en Syrie.
Officiellement, l'engagement des Chiites libanais et iraniens s'est fait pour protéger les sanctuaires chiites situés en Syrie. En fait, la principale raison est que Téhéran a décidé de maintenir à travers la Syrie une voie de ravitaillement au Hezbollah libanais.  C'est le fameux "axe chiite" ou encore «axe de la résistance» à Israël.
Pourquoi l'Iran est si influente au Liban ?
Dans les années 1970, alors que le pays connaissait une crise sécuritaire de plus en plus aigüe entre les Palestiniens de l'OLP et leurs alliés de la gauche sunnite et druze d'un côté, et les miliciens chrétiens du parti des Phalanges et ses alliés du PNL de Camille Chamoun de l'autre, la communauté chiite libanaise, sous l'impulsion de son leader de l'époque, l'imam Moussa Sadr, un Libanais né à Qom en Iran, était en relation étroite avec des révolutionnaires iraniens comme Mostafa Chamran et Sadegh Ghotbzadeh. Ces deux révolutionnaires iraniens se trouvaient au Liban où ils avaient noué des liens étroits avec les Fedayin de l'OLP. Leur objectif était d'entraîner des moudjahidine iraniens avec la résistance palestinienne. Moussa Sadr était également proche de Hafez al-Assad, qui avait pris le pouvoir en Syrie en 1970 et se considérait comme un champion du nationalisme arabe. C'est d'ailleurs pour venir en aide au président Assad que l'imam Moussa Sadr avait, en 1973, promulgué une fatwa affirmant que l'Alaouite de Hafez el-Assad appartenait bien à la communauté chiite, qu'il était musulman et que, par conséquent, il était légitime qu'il occupe la fonction de président en Syrie, un poste réservé aux seuls Musulmans. 
Ce n'était pas évident de déclarer la communauté alaouite comme partie intégrante de la communauté musulmane. Les croyances ésotériques des Alaouites - y compris la transmigration des âmes et la croyance qu'Ali, le gendre du prophète Mahomet, était de nature divine - étaient un vestige du foisonnement des croyances religieuses qui avait caractérisé le Levant depuis fort longtemps. Les vallées et les montagnes du Liban et de la Syrie côtière ont servi de refuge pendant  des centaines d'années à une diversité de minorités religieuses comme les Alaouites, les Druzes, et même les chrétiens maronites. Beaucoup de ces derniers parlaient le syriaque plutôt que l'arabe, et ce jusqu'au 19ème siècle. Bien à l'abri dans leurs fonds de vallées, ils pouvaient pratiquer leurs croyances à l'abri de la religion dominante dans la région, le sunnisme.
"Le chiisme rouge"
Dans les années 1970, à "l'époque bénie de l'anti-impérialisme", militants de la gauche libanaise, Palestiniens et révolutionnaires iraniens ont marché main dans la main. Les Fedayin ont fourni aux révolutionnaires libanais et iraniens un entraînement militaire et des armes.
Ali Shariati avait développé le «chiisme rouge» comme une sorte de théologie de la libération, et il connaissait bien  Chamran et Ghotbzadeh dans le cadre du Mouvement pour la liberté de l'Iran fondé en 1961. Bien avant que les Gardiens de la Révolution Islamique d'Iran arrivent dans la Bekaa libanaise, au début des années 1980, pour former ce qui allait devenir le Hezbollah. Avec la révolution islamique d'Iran qui a abouti à la chute du Chah, les Iraniens qui avaient combattu avec l'OLP sont revenus en Iran pour diriger le CGRI.
Au milieu de la période «anti-impérialiste» des années 1970, Moussa Sadr a fondé un mouvement, le Harakat al-Mahroumin (le mouvement des déshérités), plus tard connu sous le nom d'Amal qui est toujours l'un des deux partis chiites du Liban.
Or, alors que la révolution islamique d'Iran n'avait pas encore eu lieu, l'imam Moussa Sadr avait également aidé à créer des liens entre Hafez el-Assad, le président syrien de l'époque et les révolutionnaires chiites iraniens. Ces liens ont été mis à profit par l'Iran au moment de la guerre avec l'Irak au cours des années 1980.
Les bonnes relations entre les révolutionnaires islamiques d'Iran ont également  contribué à faciliter les liens de Hafez el-Assad avec le Hezbollah, qui venait d'émerger au Liban autour de 1983 et avait pris le flambeau de la résistance à Israël, ce qui servait bien le président syrien dans son bras de fer avec Tel Aviv pour récupérer le Golan.
Brève période d'accalmie entre Iraniens et Saoudiens
Mais l'ère de l'anti-impérialisme a pris fin. La dynamique "anti-impérialiste" s'est effondrée avec la chute du mur de Berlin en 1989 et de l'empire soviétique. C'est aussi à la même époque qu'ont été signés les accords de Taëf mettant fin à la guerre civile libanaise. Mais cet accord a été rendu possible parce qu'à cette époque, la Syrie et l'Iran, du fait de leur hostilité envers l'Irak de Saddam Hussein, s'étaient retrouvés dans la bonne coalition, aux côtés des Américains et des Saoudiens, créée pour repousser l'armée irakienne qui venait d'envahir le Koweït. Du coup, Saoudiens et Iraniens pouvaient s'entendre, ce qui a été bénéfique pour le Liban.
L'invasion américaine de l'Irak ravive les tensions
La dérive vers une nouvelle polarisation - la «guerre civile régionale» - a été provoquée par un nouvel évènement : L'invasion américaine de l'Irak en  2003. L'Arabie Saoudite avait soudain pris conscience du danger que représentait la chute du dictateur sunnite Saddam Hussein et l'arrivée des Chiites au pouvoir à Bagdad.
Et puis il y a eu l'assassinat en 2005 du premier ministre libanais Rafik Hariri. Un Sunnite considéré comme l'homme des Saoudiens au Liban. Tous les regards se sont tournés vers la Syrie de Bachar al-Assad (qui avait succédé à son père) et le Hezbollah, ce qu'a d'ailleurs confirmé l'enquête du Tribunal International pour le Liban. Du coup, le Hezbollah, qui avait refusé de désarmer après le retrait israélien du Sud Liban en 2000, faisait peur. Et ce n'est pas sa brève prise de contrôle de Beyrouth ouest, en 2008, après que le gouvernement libanais ait remis en question sa mainmise sur les services de sécurité de l'aéroport international de Beyrouth et son réseau de télécommunication indépendant, qui a contribué à apaiser ces craintes. Le Hezbollah libanais n'avait fait, à l'occasion de cette brève offensive, qu'une bouchée des miliciens sunnites.
Le "printemps arabe" de 2011 a encore ravivé les tensions. Les Sunnites ont cru pouvoir se défaire du régime syrien qu'ils considéraient comme contrôlé par les Alaouites. Au Bahreïn, au contraire, ce sont les Chiites qui se sont rebellés contre une monarchie sunnite et il a fallu l'intervention de l'Arabie saoudite et d'autre émirats du Golfe pour en finir avec les manifestations chiites de masse. En Syrie, les manifestations de rues se sont dégradées en conflit ouvert, impliquant les deux "grands frères" régionaux, l'Iran pour les Chiites et l'Arabie saoudite pour les Sunnites. En quelques mois, des revendications politiques, voire démocratiques, se sont transformées en un conflit armé de nature sectaire qui, depuis, ne cesse de s'étendre. 
Aujourd'hui, Bahreïn,  l'Irak, la Syrie et le Yémen sont les principaux théâtres de cet affrontement entre Chiites et Sunnites. Le Liban fait le gros dos, bombarde épisodiquement des concentrations de rebelles sunnites installés dans le jurd de la Bekaa, pourchasse les Islamistes sunnites armés du nord au sud, mais ne fait toujours rien pour désarmer les miliciens du Hezbollah, ce qui exaspère les Sunnites. Alors, de temps en temps, un ou plusieurs Kamikazes se font sauter dans une rue populaire, tuant des gens. Les uns se réjouissent tandis que les autres pleurent. C'est le Liban.
Les gens sont ils intéressés par le conflit chiite-sunnite ?
La majorité des gens ont d'autres soucis que le conflit entre Sunnites et Chiites. Les Iraniens, pour commencer par eux, ne voient pas pourquoi leur gouvernement dépense des fortunes pour venir en aide à des arabes, quand bien même seraient ils chiites ou alaouites ou Dieu sait quoi. Quant aux Saoudiens, les Iraniens n'ont que mépris pour eux. Des gens arriérés, disent ils. Au Liban, seuls les Chiites militants s'intéressent à l'Iran, les autres rêvent d'Afrique et de commerce. Les vols entre Beyrouth et Téhéran, par exemple, accueillent seulement des pèlerins chiites allant à Mashhad
Le conflit chiite-sunnite intéresse finalement que les "durs à cuire" de la Révolution islamique d'Iran ou de la "résistance chiite à Israël".. Et il faut s'attendre à ce que la tension entre Téhéran et Riyad se poursuive et s'amplifie ces jours prochains, au moins jusqu'aux élections de la fin février 2016, ne serait ce que pour saper l'autorité du président iranien, Hassan Rouhani, que les "durs à cuire" n'aiment pas.
L'Arabie saoudite joue avec le feu
Du côté saoudien, c'est la même chose. La monarchie et les élites tiennent volontairement un discours belliqueux vis-à-vis de l'Iran pour gagner l'adhésion de la  population sur un thème unificateur.
Mais c'est jouer avec le feu. Tout d'abord parce que la monarchie est également bien obligée de tenir compte de la minorité chiite du royaume, très présente dans les régions pétrolifères. Elle est d'autant plus obligée de faire quelque chose pour la protéger que les Islamistes sunnites armés veulent la mort des Chiites et vont, de temps en temps, se faire exploser dans une Hussayniyah, une salle de prière chiite.
Car en portant à son paroxysme l'affrontement chiite-sunnite, la monarchie saoudienne joue avec les jeunes, les personnes peu instruites, les défavorisés de la communauté sunnite du royaume qui se radicalisent et se dressent contre la monarchie qu'ils accusent de ne pas en faire assez contre les Chiites. C'est comme cela que l'arme du confessionnalisme utilisée par la monarchie saoudienne dans sa confrontation avec l'Iran, se retourne contre elle.
L'Arabie saoudite qui doit faire face à une grave crise économique en raison de la chute des cours du pétrole, possède sa propre masse de pauvres tout disposés à croire aux discours populistes, à suivre des dirigeants extrémistes.
Si la maison des Saoud tombe, les conséquences seront pires que la guerre civile syrienne. La chute des Saoud signifierait l'éclatement d'un nouveau conflit et les Jihadistes de Daech risquent bien de nous apparaître, par rapport à ce qui pourrait émerger, comme des gens "fréquentables", un peu comme aujourd'hui le Front al-Nosra (al-Qaïda en Syrie) semble "fréquentable" par rapport à Daech.
 Et ce jour là, le Liban, qui a échappé au pire jusqu'ici, risque bien d'être pris dans l'engrenage  de violence généralisé qui s'abattrait sur l'ensemble de la région.

Jean René Belliard

 

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