02/01/2016

Un dignitaire religieux chiite exécuté avec 46 autres "terroristes" - 2 janvier 2016

Blog sur le Moyen Orient et l’Afrique du nord du 2 janvier 2016
Jean René Belliard, auteur de "Beyrouth, l'enfer des espions", publie une newsletter quotidienne accessible aux abonnés uniquement. Elle donne chaque jour un résumé des principaux évènements qui se déroulent au Moyen Orient et en Afrique du nord, rédigé à partir des informations réunies sur place par une quinzaine de correspondants. Ci-dessous, un extrait de la newsletter du 2 janvier 2016 – Et beaucoup d’autres informations importantes dans la newsletter envoyée aux abonnés.
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Un dignitaire religieux chiite exécuté avec 46 autres "terroristes"
L'Arabie saoudite a exécuté, samedi 2 janvier 2016,  47 personnes condamnées pour terrorisme dont le dignitaire chiite Nimr Baqer al-Nimr (56 ans), figure de la contestation contre le régime saoudien, a annoncé samedi le ministère de l'Intérieur. Les autres condamnés seraient des membres d'AQPA (al-Qaïda dans la Péninsule Arabique). al-nimr.png
Partisan d'une scission des régions chiites
En 2009, Nimr Baqer al-Nimr avait prôné la scission des régions chiites de Qatif et d'al-Hassa qui forment l'essentiel de la province orientale saoudienne et leur unification avec le royaume proche de Bahreïn, également à majorité chiite, ce qui avait fait enrager les autorités de Riyad.
L'est de l'Arabie, riche en pétrole et où se concentre l'essentiel des deux millions de chiites saoudiens, s'était solidarisé avec la contestation des Bahreïnis lancée en mars 2011 dans le sillage du printemps arabe. Les manifestants avaient protesté contre l'aide militaire apportée par l'Arabie saoudite à la dynastie sunnite au pouvoir à Bahreïn dans la répression de la contestation menée par des chiites de ce pays.
Il s'était réjoui de la disparition du prince héritier Nayef Ben Abdel Aziz
Le religieux, qui avait été arrêté à plusieurs reprises, était allé jusqu'à se réjouir, dans l'un de ses prêches, de la disparition du prince héritier Nayef ben Abdel Aziz, décédé le 16 juin 2012, et qui avait été longtemps ministre de l'Intérieur. Les Chiites saoudiens tenaient le prince Nayef pour responsable de la répression de leur mouvement de contestation.
Nimr Baqer al-Nimr est à nouveau arrêté le 8 juillet 2012
Nimr Baqer al-Nimr était à nouveau arrêté lors d'une opération mouvementée dimanche 8 juillet 2012 à Awamiya, foyer de la contestation chiite. Le religieux était blessé à la jambe au cours de son arrestation.
Les partisans du cheikh chiite descendaient aussitôt dans les rues pour protester contre l'arrestation de leur leader. Les heurts avec les forces de l'ordre faisaient deux morts et une dizaine de blessés dans la nuit du 8 au 9 juillet 2012. 
Réactions violentes des partisans du Cheikh ?
On s'attend désormais à une forte réaction de ses partisans.
L'exécution du chef religieux chiite saoudien Nimr Baqer al-Nimr pourrait provoquer une poussée de "colère des jeunes" de cette communauté minoritaire dans le royaume, a averti samedi Mohammed al-Nimr, le frère du supplicié, tout en appelant au calme.
"Cette action provoquera la colère des jeunes" chiites en Arabie saoudite, a déclaré à l'AFP M. Nimr, ajoutant: "j'espère qu'il y aura un mouvement de protestation pacifique".
Violente réaction de Téhéran...
L'Arabie saoudite paiera un "prix élevé" pour l'exécution du dignitaire chiite saoudien Nimr Baqer al-Nimr, a déclaré samedi 2 janvier le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Hossein Jaber Ansari, cité par l'agence Irna.
...du Hezbollah
Le Hezbollah a également réagi samedi 2 janvier après l'annonce de l'exécution du dignitaire chiite saoudien, Nimr Baqer al-Nimr.
"Nous appelons la communauté internationale à condamner le crime commis par l'Arabie saoudite, et de considérer son régime comme criminel au niveau international, et la responsabilité directe et morale incombe aux Etats-Unis et à ses alliés", peut-on lire dans un communiqué publié par le parti chiite libanais.
Et manifestations à Bahreïn
Des dizaines de personnes ont manifesté à Bahreïn, samedi 2 décembre, après l'annonce de l'exécution du cheikh chiite al-Nimr et la police locale a dû procéder à des tirs de gaz lacrymogène pour disperser les protestataires.
Les manifestants, brandissant des portraits du cheikh Nimr al-Nimr, se sont opposés aux forces de l'ordre dans le village chiite d'Abou Saïba à l'ouest de la capitale Manama. Des appels ont été lancés en faveur d'autres manifestations dans cet émirat dirigé par les sunnites.
Pourtant le cheikh était très critique du régime de Bachar al-Assad
La communauté chiite tout entière a condamné l'exécution du cheikh Nimr al-Nimr. Pourtant, le cheikh chiite saoudien n'avait pas ménagé ses critiques du régime de Bachar al-Assad soutenu par la même communauté chiite.

Jean René Belliard

 

17:55 Publié dans Arabie saoudite, Bahreïn, Hezbollah, Iran, Nimr Baker al-Nimr | Lien permanent | Commentaires (0) | | | | |

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