01/11/2015

L'avion russe a explosé en vol - 1er novembre 2015

Blogsur le Moyen Orient et l’Afrique du nord du 1er novembre 2015
Jean René Belliard, auteur de "Beyrouth, l'enfer des espions", publie une newsletter quotidienne accessible aux abonnés uniquement. Elle donne chaque jour un résumé des principaux évènements qui se déroulent au Moyen Orient et en Afrique du nord, rédigé à partir des informations réunies sur place par une quinzaine de correspondants. Ci-dessous, un extrait de la newsletter du 1er novembre  2015 – Et beaucoup d’autres informations importantes dans la newsletter envoyée aux abonnés.
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L'avion russe a explosé en vol
L'avion du vol Kolavia 9268 reliant Sharm el-Cheikh à Saint Petersburg a donc explosé en vol moins d'une demi-heure après le décollage de l'aéroport de Sharm el-Cheikh.
"La dislocation a eu lieu dans les airs et les fragments se sont éparpillés sur une grande surface d'environ 20 kilomètres carrés", a déclaré Viktor Sorotchenko, directeur du Comité intergouvernemental d'aviation (MAK), cité par les agences russes. Mais il a ajouté qu'il était "trop tôt pour parler de quelconques conclusions".
L'avion semble avoir été détruit par une explosion
On comprend la prudence des enquêteurs, mais il est clair qu'il n'y a que deux possibilités : soit l'avion a été détruit par une explosion qui pourrait être due à une charge explosive ou à l'incendie d'un réservoir soit il a été détruit par un missile sol-air. Or, jamais un réservoir n'a explosé à cette date sur un Airbus A-321-200. Il semble que les autorités aient écarté l'hypothèse de l'explosion d'un réservoir. Elles ont en effet affirmé que le kérosène à bord de l'avion était tout à fait normal.
Hypothèse peu probable d'un missile
L'autre possibilité concerne la destruction de l'avion par un missile anti-aérien. Les regards se tournent alors vers le missile SA-2 (S-75). Ce type de missiles anti-aériens se trouvait en effet à disposition de l'armée libyenne avant le déclenchement de la guerre civile. L'armée égyptienne dispose  également des batteries de SA-2. Une hypothèse difficile à imaginer. Comment auraient fait les Jihadistes pour amener une batterie de missiles anti-aériens aussi volumineux dans le Sinaï et comment auraient-ils pu le cacher aux yeux des forces de sécurité égyptiennes, d'Israël ou des Etats-Unis qui surveillent cette région avec attention. L'utilisation d'un MANPAD (missile portable) ne peut pas non plus être retenue car ceux-ci ne peuvent pas dépasser l'altitude de 15000 pieds alors que l'avion russe se trouvait à 32.000 pieds environ.
La revendication de l'Etat Islamique assez floue
On en est pour l'instant aux conjectures et la revendication de l'Etat Islamique est également assez floue. Elle mentionne "avoir provoqué" la chute de l'avion, pas de l'avoir détruit. Il faut attendre l'analyse des deux boites noires pour en savoir un peu plus sur les raisons de la chute de l'avion - à condition que ces informations soient publiées sans restriction.

Jean René Belliard

 

18:26 Publié dans Egypte, Etat Islamique, Russie, Sharm el-Cheikh, Sinaï, Wilayat Sina' | Lien permanent | Commentaires (0) | | | | |

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