19/10/2015

C'est l'Iran qui dirige la bataille d'Alep - 19 octobre 2015

Blog sur le Moyen Orient et l’Afrique du nord du 19 octobre 2015
Jean René Belliard, auteur de "Beyrouth, l'enfer des espions", publie une newsletter quotidienne accessible aux abonnés uniquement. Elle donne chaque jour un résumé des principaux évènements qui se déroulent au Moyen Orient et en Afrique du nord, rédigé à partir des informations réunies sur place par une quinzaine de correspondants. Ci-dessous, un extrait de la newsletter du 19 octobre  2015 – Et beaucoup d’autres informations importantes dans la newsletter envoyée aux abonnés.
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Nouvelles de l'offensive dans la région d'Alep
L'armée syrienne, soutenue par les contingents iraniens, les miliciens chiites du Hezbollah libanais et surtout par les frappes aériennes russes, a progressé à l'est de la ville d'Alep, dans des secteurs occupés par les Jihadistes de l'Etat Islamique.
Les forces du régime auraient repris le village de Sab'īn, dimanche 18 octobre. De très violents combats seraient en cours dans la localité d'al-Muflisah.
Les troupes fidèles au président Assad seraient désormais à moins de 6 kilomètres de la base aérienne militaire de Kweiress qui est assiégée depuis décembre 2012. Les Jihadistes de l'Etat Islamique l'encerclent depuis plus d'un an.
Malgré le siège, Kweiress est restée opérationnelle, bien qu'à un faible niveau. Le dégagement de la base par l'armée syrienne serait une victoire importante pour le moral des troupes, ainsi que l'ouverture de possibilités pour d'autres opérations du régime dans la province d'Alep.
Il donnerait également à l'intervention russe toute sa justification, à savoir la lutte contre les Jihadistes de l'Etat Islamique. Alors que, jusqu'à présent, on a surtout vu les avions russes attaquer les positions des autres formations rebelles dans les provinces de Hama, Lattaquié, et Homs.
Il permettrait enfin à l'Iran de mettre en exergue le rôle important qu'il a joué dans la bataille de Kweiress. Un message aux Russes pour leur signifier qu'ils ne pourront pas se passer de Téhéran pour décider de l'avenir de la Syrie.
En fait, c'est l'Iran qui dirige la bataille d'Alep
Selon des responsables de milices chiites irakiennes, le Major Général iranien, Qassem Soleimani, le chef des Forces al-Qods, le corps d'élite des forces iraniennes, aurait été vu dans la région d'Alep. Soleimani est le véritable chef de l'intervention militaire de l'Iran dans la région. C'est lui qui aurait ordonné à des milliers de miliciens chiites de participer à l'offensive pour reprendre intégralement la ville d'Alep. Les combattants chiites sont des membres du Corps des Gardiens de la Révolution Islamique d'Iran (CGRI), des miliciens du Hezbollah libanais et des membres de la milice chiite irakienne ataeb-Hezbollah. Les miliciens chiites des Kataeb Hezbollah irakiens seraient un millier environ.
"Cela ne fait aucune différence si nous sommes en Irak ou en Syrie. Nous considérons que c'est la même ligne de front parce que nous combattons le même ennemi", a déclaré Bachar al-Saidi, un porte-parole de Harakat al-Hezbollah al-Nujaba, une milice chiite irakienne qui affirme avoir des combattants autour d'Alep. «Nous sommes tous les adeptes de Khamenei et nous nous battons pour défendre partout les lieux saints chiites ", a-t-il ajouté, en parlant du chef suprême de l'Iran, l'ayatollah Ali Khamenei. Al-Saidi a refusé de donner le nombre de combattants de son organisation présents autour d'Alep. Mais sa milice a mis en ligne une photo de Qassem Soleimani, le commandant de la Force al-Qods, avec des combattants e Harakat al-Hezbollah al-Nujaba, près d'Alep.
Selon un membre de Kataeb Hezbollah, une autre formation chiite, l'armée syrienne n'aurait qu'un rôle mineur dans la bataille pour Alep et le véritable commandant des opérations serait le brigadien général iranien, Qassem Soleimani. 
A noter que si les miliciens chiites irakiens sont venus en nombre participer à la bataille d' Alep, cela est peut être du au fait que le gouvernement irakien, encouragé en cela par les Etats-Unis, n'ont donné qu'un rôle mineur aux milices chiites soutenues par l'Iran dans la bataille pour la reprise de la province sunnite d'al-Anbar. Le gouvernement irakien ne souhaite pas, en effet, mettre les milices chiites en avant pour des raisons de susceptibilité confessionnelle de la part des Sunnites, ce qui pourrait les empêcher de rallier les forces gouvernementales. 

Jean René Belliard

 

Commentaires

Intéressante analyse. La triple alliance russo-irano-chiite en action.

Écrit par : B.A.Rouffaer | 20/10/2015

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