16/10/2015

Eclairage sur les raisons de l'intervention russe au Moyen Orient - 16 octobre 2015

Blog sur le Moyen Orient et l’Afrique du nord du 16 octobre 2015
Jean René Belliard, auteur de "Beyrouth, l'enfer des espions", publie une newsletter quotidienne accessible aux abonnés uniquement. Elle donne chaque jour un résumé des principaux évènements qui se déroulent au Moyen Orient et en Afrique du nord, rédigé à partir des informations réunies sur place par une quinzaine de correspondants. Ci-dessous, un extrait de la newsletter du 16 octobre  2015 – Et beaucoup d’autres informations importantes dans la newsletter envoyée aux abonnés.
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Eclairage sur les raisons de l'intervention russe au Moyen Orient
Il y a à peu près deux mois, les ambassadeurs russes dans les pays de la région ont été convoqués à une réunion à Moscou en présence du ministre des Affaires étrangères Serguei Lavrov.
Le Président Poutine a expliqué lui-même les raisons de l'intervention russe aux ambassadeurs russes de la région
Quelle n'a été la surprise des ambassadeurs de voir le président Vladimir Poutine apparaître devant eux. Le président russe venait annoncer aux ambassadeurs que la Russie allait s'impliquer dans la guerre en Syrie et en Irak et que, par conséquent, les ambassadeurs en place devraient jouer un rôle primordial pour expliquer et accompagner la décision russe et aussi pour tenter de convaincre les récalcitrants, les hésitants et ceux qui émettent des réserves.
Le président Poutine aurait ensuite lancé : « Je voulais vous annoncer la nouvelle et maintenant je laisse le ministre Lavrov vous en expliquer les détails.
L'intervention russe : une question stratégique.
Le ministre des AE russe, Sergueï Lavrov a alors expliqué que l'intervention russe dans la guerre en Syrie était une question stratégique pour Moscou. La Russie ne peut accepter une menace terroriste à ses frontières et, par conséquent, participer à la guerre en Syrie est un moyen de stabiliser la Russie et la région du Moyen-Orient.
De plus, la décision des autorités russes a été prise en totale coordination avec l'Église russe qui considère que l'affaiblissement des minorités dans la région du Moyen-Orient est un coup pour elle.
Américains, Européens et puissances régionales ont été briefés bien avant le début de l'intervention
Des contacts ont été établis avec des responsables américains, européens et d'autres pays de la région comme la Turquie, la Jordanie et l'Arabie saoudite. Nul ne peut prétendre que la décision russe de s'impliquer dans la guerre en Syrie a été une surprise. Si certains n'ont pas réalisé l'ampleur de la décision, ce n'est donc pas faute d'avoir été prévenus.
Les Russes ne vont pas se retirer de si tôt
Les Russes n'ont pas envoyé leur aviation en Syrie et les équipes destinées à protéger les avions et les équipages pour se retirer rapidement ou pour laisser sur place un travail inachevé.
Selon un expert militaire russe, il s'agit de créer une nouvelle réalité sur le terrain syrien quitte à négocier ensuite une solution politique. Mais il n'est pas question de laisser les groupes terroristes prendre le contrôle du pays ou continuer à circuler librement entre la Syrie et l'Irak.
Pour les Russes, il n'y a pas de rebelles "modérés"
Les autorités russes ont bien écouté les critiques qui leur ont été faites de ne pas discuter avec les groupes modérés de l'opposition syrienne, mais ils avaient suffisamment de monde sur place pour savoir que ces groupes étaient inexistants sur le terrain.
Pour eux, la rébellion est le fait de l'Etat Islamique et du Front al-Nosra (al-Qaïda en Syrie) et de tous les groupuscules qui évoluent dans leur orbite. Et avec ceux-là, aux yeux des Russes, aucun dialogue n'est possible, tout comme il y a une impossibilité d'accepter une sorte de réhabilitation du Front al-Nosra après lui avoir fait « un lifting de modération ».
Briser la menace islamiste qui pèse sur la Russie
L'offensive russe vise à briser les groupes "extrémistes" pour éliminer la "menace terroriste islamiste" qui pèse sur la Russie mais aussi sur l'ensemble de la région.
La frontière syro-libanaise est pratiquement sécurisée et ne constitue pas un espace poreux qui permet d'approvisionner les groupes extrémistes en armes et en combattants.
Il en est pratiquement de même avec la frontière syro-jordanienne, depuis que la Jordanie a décidé de fermer ses frontières et de ne plus laisser les aides aux combattants passer par elle.
Fermer la frontière entre la Syrie et la Turquie
Pour les Russes, le véritable danger vient de la frontière entre la Syrie et la Turquie par où passent combattants, armes et munitions. C'est donc par là que l'offensive aérienne russe a commencé.
Cette décision met en même temps un terme au plan turc de créer une zone tampon dans le nord de la Syrie censée abriter les 2 millions de réfugiés syriens installés en Turquie et qui devait permettre à la Turquie d'avoir un rôle direct et une carte de pression en Syrie.
C'est sans doute pour cette raison que des avions russes ont violé l'espace aérien turc dans un message clair aux autorités de ce pays de ne pas entraver l'action russe.
Eviter un affrontement direct avec les Russes
Les Américains cherchent avant tout à éviter un affrontement direct avec les Russes. C'est la raison pour laquelle ils ont décidé d'envoyer leurs militaires participer à des réunions de coordination avec les militaires russes. C'est aussi la raison pour laquelle ils se sont abstenus de livrer aux rebelles des armes anti-aériennes sophistiquées capables d'abattre les avions russes. Mais Américains et Turcs n'ont pas l'intention d'abandonner la partie pour autant. L'Arabie saoudite non plus. C'est pourquoi des armes en grande quantité sont actuellement livrées aux rebelles pour qu'ils puissent affronter l'offensive de l'armée syrienne lancée dernièrement avec le soutien des avions russes. 
L'Iran n'a pas non plus l'intention de se laisser écartée du jeu
Téhéran dépêcherait actuellement des centaines des combattants des Forces spéciales al-Qods dans la région d'Alep. On leur prête l'intention de lancer une grande offensive militaire pour repousser hors de cette région les rebelles plus ou moins islamistes et les Jihadistes du Front al-Nosra et de l'Etat Islamique. Ils comptent s'appuyer sur les 50.000 militaires et miliciens pro-régime syriens qui résistent toujours à Alep et ses environs. Ils seront également accompagnés par d'importants contingents du Hezbollah chiite libanais et des miliciens chiites d'Irak et d'Afghanistan.
Si l'offensive réussit et qu'Alep est reprise, ainsi que toute la zone jusqu'à la frontière turque, il sera difficile pour les Russes d'écarter l'Iran d'une décision sur le futur de la Syrie.

Et beaucoup d'autres informations dans la newsletter accessible aux abonnés.

Jean René Belliard

 

Commentaires

Bien, on voit qui soutient les terroristes. C'est plus que clair. Il y a donc une coalition USA, Turquie, Arabie, Al Quaida, califat.

Écrit par : Johann | 17/10/2015

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