16/09/2015

Violente manifestation à Beyrouth

Blog sur le Moyen Orient et l’Afrique du nord du 11 septembre 2015
Jean René Belliard, auteur de "Beyrouth, l'enfer des espions", publie une newsletter quotidienne accessible aux abonnés uniquement. Elle donne chaque jour un résumé des principaux évènements qui se déroulent au Moyen Orient et en Afrique du nord, rédigé à partir des informations réunies sur place par une quinzaine de correspondants. - Ci-dessous un extrait de la newsletter du 16 septembre 2015.
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Violente manifestation à Beyrouth
Tandis que les politiciens libanais rivaux se rencontraient pour un deuxième round de dialogue national présidé par le président du Parlement, Nabih Berri, mercredi 16 septembre, des manifestants  du mouvement "Tu Pues" affrontaient les forces de sécurité lors d'une manifestation de protestation contre l'incapacité de l'Etat à trouver une solution aux problèmes du ramassage des ordures ainsi qu'aux coupures d'eau et  d'électricité incessantes. 
La manifestation était censée coïncider avec la réunion du dialogue national. 
La crise du ramassage des ordures
La crise des ordures est à l'origine de l'une des plus grandes manifestations libanaises au cours des dernières années et est devenue le symbole de la paralysie de l'Etat et son échec à fournir les services de base à la population. Elle a été déclenchée par la colère populaire face aux tas d'ordures accumulées dans les rues de Beyrouth et du Mont Liban après que les autorités aient fermé la plus grande décharge libanaise à Naameh,  le 17 Juillet, sans trouver d'alternative à cette fermeture.
La manifestation a dégénéré en violents affrontements
La manifestation du 16 septembre a vite dégénéré quand les manifestants ont essayé de repousser les barrières métalliques que les forces de sécurité avaient érigées pour interdire l'accès à la place de l'Etoile où se trouve le Parlement. 42 manifestants auraient été arrêtés au cours des heurts avec la police.
Les manifestants ont accusé les Forces de Sécurité Intérieure (FSI) d'avoir utilisé une force excessive et de les avoir agressés. La police a répondu qu'elle respectait la liberté d'expression et les droits du peuple à manifester pacifiquement.
Plus tard, la police anti-émeute a pourchassé les manifestants qui avaient bloqué la route près du ministère de l'Environnement. Le blocus de la route est intervenu après que plusieurs grévistes de la faim, qui avaient érigé des tentes dans ce secteur, aient été arrêtés au cours de l'affrontement avec les forces de sécurité.
On a également observé, dans ce même secteur, des jeunes, affirmant être des partisans de Nabih Berri, attaquant les manifestants et les grévistes de la faim et détruisant leurs tentes. Ils ont expliqué qu'ils voulaient protester contre les insultes à l'endroit du président du parlement. La police antiémeute a du intervenir pour séparer les belligérants lors d'une deuxième attaque des partisans de Berri, lançant des chaises et des pierres sur les manifestants. La police a arrêté au moins un des agresseurs.
Les violences provoquées par la police comme par les partisans de Nabih Berri ont incité  les organisateurs de la manifestation à appeler à un sit-in ouvert à partir de 18H00 sur la place Riad al-Solh.
Atmosphère positive à la conférence sur le dialogue national
Tandis que manifestants et police s'affrontaient dans les rues de Beyrouth, la séance de dialogue a pris fin vers 16h00 et plusieurs participants ont décrit l'atmosphère comme positive.
"Les participants à la conférence ont examiné les moyens de parvenir à une percée dans la question de l'élection présidentielle et d'autres sujets", a déclaré un communiqué officiel publié après la session.
"Ils ont souligné leur soutien au gouvernement dans la mise en œuvre des décisions qui ont été prises pour résoudre les problèmes vitaux et il a été décidé de tenir la prochaine session le mardi 22 Septembre à 12h00," a-t-il ajouté.
Le pays sans président depuis plus d'un an
Le pays est sans président depuis plus d'un an, et les députés ont illégalement prolongé leur mandat deux fois. C'est pour trouver une solution à ce problème constitutionnel que la conférence sur le dialogue national a été organisée.
Désaccord sur le vote présidentielle
Le chef du groupe Changement et de la Réforme,  le député Michel Aoun, a prévenu Nabih Berri, le président du Parlement, que «la participation du Mouvement patriotique libre à la session du dialogue d'aujourd'hui pourrait être la dernière si les participants à la conférence ne cautionnent pas sa proposition de« recourir à la population. »
Ce à quoi, le vice-président, Farid Makari, a répondu qu'il était "impossible de modifier la Constitution afin d'élire un président par un vote populaire."

 

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