12/09/2015

12 septembre 2015 - La Turquie dérive vers une guerre civile de grande ampleur

Jean René Belliard, auteur de "Beyrouth, l'enfer des espions", publie une newsletter quotidienne accessible aux abonnés uniquement. Elle donne chaque jour un résumé des principaux évènements qui se déroulent au Moyen Orient et en Afrique du nord, rédigé à partir des informations réunies sur place par une quinzaine de correspondants. Ci-dessous, un extrait de la newsletter du 12 septembre 2015.
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La Turquie dérive petit à petit vers une guerre civile de grande ampleur
Le Parti Démocratique du Peuple (HDP), un parti pro-kurde a averti, jeudi 10 septembre, que le pays "dérive de plus en plus vers une guerre civile", en raison du conflit entre Ankara et le PKK dans les provinces de l'est et du sud-est du pays.
Le HDP explique que de  "violents affrontements ont eu lieu dans de nombreuses villes kurdes telles que Silopi, Lice, Semdinli, Silvan, Yüksekova et Cizre où la population civile a été prise pour cible par les forces de l'Etat. Des dizaines de civils, de guérillas et des membres des forces de sécurité ont trouvé la mort dans les affrontements".
Depuis la fin du cessez-le-feu, à la fin de juillet, les combats entre l'armée turque et le PKK se sont intensifiés, ainsi que les bombardements de l'armée de l'air turque des camps du PKK en Irak voisine.
Etat d'urgence à l'est et au sud
Les forces turques ont instauré l'état d'urgence dans les provinces de l'Est et du Sud-Est, pour tenter de contrer l'activité du PKK. COo4eTfUkAEsGx-.jpg
Le HDP affirme que si l'Etat a instauré l'Etat d'urgence, coupé toutes les communications et bloqué la presse, c'est pour cacher la  véritable situation sur le terrain. Il explique que dans le district de Cizre, où un couvre-feu est en place, 21 civils ont été tués par les forces de sécurité turques. Il y aurait, toujours selon le HDP, des pénuries de nourriture, d'eau et de soins médicaux en raison de l'état de siège imposé par l'armée turque.
Une délégation du HDP - comprenant le chef du parti Selahattin Demirtas, deux ministres du gouvernement, et des dizaines de législateurs - a été empêchée par les forces de sécurité de se rendre à Cizre, mercredi 9 et jeudi 10 septembre. L'Etat d'urgence a, depuis, été levé à Cizre, samedi 12 septembre, devant les protestations.
Attaques et attentats contre ceux qui critiquent l'action du gouvernement
Le HDP dénonce également l'attentat qui a frappé, mardi 8 septembre, son siège d'Ankara, provoquant  de graves dommages et un incendie. Plusieurs autres permanences du mouvement ont également été attaquées, tout comme le siège du quotidien Hürriyet, attaqué le 6 septembre. 
La présidente du conseil d'administration de Hürriyet, Vuslat Dogan Sabanci, a déclaré jeudi 10 septembre que les journalistes ne seront pas intimidés par les «tentatives primitives» pour réprimer les médias indépendants.
L'assaut contre le journal est survenu après les appels lancés par les partisans du président Recep Tayyip Erdogan et son parti AKP pour une manifestation contre Hürriyet, affirmant qu'il soutenait le PKK. Dix-sept personnes, soupçonnées d'avoir participé à l'attaque ont été libérées après avoir été interrogées par la police.

Jean René Belliard

 

19:54 Publié dans Cizre, HDP, Hürriyet, PKK, Selahattin Demirtas, Turquie | Lien permanent | Commentaires (0) | | | | |

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