04/09/2015

Blog sur le Moyen Orient et l’Afrique du nord - 4 septembre 2015

Blog sur le Moyen Orient et l’Afrique du nord
Jean René Belliard, auteur de "Beyrouth, l'enfer des espions", publie une newsletter quotidienne accessible aux abonnés uniquement. Elle donne chaque jour un résumé des principaux évènements qui se déroulent au Moyen Orient et en Afrique du nord, rédigée à partir des informations réunies sur place par une quinzaine de correspondants.
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La crise migratoire

Allemagne
L'Allemagne veut que l'Union européenne durcisse ses règles d'asile pour les citoyens des Balkans de l'Ouest en classant ces pays comme "sûrs", a indiqué vendredi 4 septembre le porte-parole de la chancellerie Steffen Seibert dont le pays est débordé par les demandes d'asile.
"Les pays des Balkans de l'Ouest qui sont sur le chemin de l'Europe et dont une partie ambitionne d'intégrer (l'UE) par définition ne peuvent pas être des pays où il y des poursuites politiques ou des guerres civiles en cours, donc des situations qui nécessiteraient une protection", a-t-il déclaré, interrogé par la presse sur quels pays devaient être classés "sûrs" par l'UE.
Cette liste devra désormais inclure le Kosovo, selon les autorités allemandes, où des troupes allemandes sont encore déployées et bien que le pays n'ait pas sa propre monnaie.
"L'existence d'une monnaie ou la présence de la Bundeswehr ne sont pas des critères de poursuites politiques", a jugé Martin Schäffer, porte-parole du ministère des Affaires étrangères, interrogé lors de cette conférence de presse régulière sur l'inclusion du Kosovo à la liste des pays sûrs.
"Il est évident que tout cela devra être vérifié. Nous attendons la proposition de la Commission européenne (sur la liste des pays jugés sûrs) mais d'après ce qu'on peut lire dans les médias qui veut aussi faire cette proposition pour unir l'Europe" sur la question, a-t-il ajouté.
L'Allemagne réclame une "liste des pays sûrs"
L'Allemagne réclame à l'Europe une liste des pays sûrs, un droit d'asile commun et des quotas de répartition des réfugiés, le pays étant devenu la première terre d'accueil d'Europe. Berlin s'attend à devoir accueillir 800.000 demandeurs d'asile cette année, un record.
Les émigrés "économiques" engorgent les services administratifs allemands
Environ 40% des quelque 200.000 demandes d'asile déposées en Allemagne entre janvier et juillet 2015 l'ont été par des ressortissants de Serbie, d'Albanie, du Kosovo et de Macédoine.
Leur présence en masse a contribué à engorger les services administratifs chargés d'examiner les demandes, en pleine crise migratoire, ralentissant les procédures pour les Syriens, Afghans et Irakiens qui ont de grandes chances de voir leurs demandes approuvées.
Le ministre allemand des AE demande aux Européens de coopérer
Le ministre allemand des Affaires étrangères, Frank-Walter Steinmeier, a appelé, vendredi 4 septembre, les Européens à cesser les "récriminations" et à coopérer pour répondre à la crise migratoire qui divise profondément les dirigeants de l'Union européenne.
"L'Europe n'a pas le droit de se diviser face à un tel défi", a lancé le ministre en arrivant à une réunion avec ses homologues à Luxembourg. "Les récriminations ne vont pas aider à ce que le problème devienne contrôlable", a-t-il estimé.
 
France
Selon un tout récent sondage, 62% des Français sont hostiles à accueillir des migrants, même en provenance de pays en guerre - Ils étaient 73% avant le drame de la noyade de l'enfant Kurde.

Hongrie
Plusieurs centaines de migrants ont quitté vendredi 4 septembre en début d'après-midi la gare principale de Budapest pour tenter de se rendre à pied "en Autriche", après la suspension mardi 1er septembre des liaisons ferroviaires internationales par les autorités hongroises, a constaté un journaliste de l'AFP. budapest_bridge_train.jpg
Les migrants, qui pour certains étaient bloqués dans la capitale hongroise depuis plusieurs jours, ont indiqué vouloir se rendre à pied jusqu'à la frontière autrichienne, située à environ 175 km, alors que Budapest a multiplié les tentatives de les transférer contre leur gré dans des camps de premier accueil.
Poste frontière autoroutier de Rïszke fermé
La Hongrie a provisoirement et partiellement fermé vendredi 4 septembre le poste-frontière autoroutier de Röszke, à la frontière avec la Serbie, après l'évasion de quelque 300 migrants d'un camp de premier accueil de la localité, a annoncé la police hongroise.
"Selon des estimations, 300 immigrants illégaux ont franchi la clôture du centre de rassemblement de migrants de Röszke à 11h30 (09h30 GMT), en deux vagues, et ont couru vers l'autoroute M5", a indiqué la police dans un communiqué, soulignant que "des mesures pour leur interpellation ont été prises".
"Afin d'éviter des accidents, la police a provisoirement fermé le poste-frontière autoroutier de Röszke pour le trafic rentrant", a-t-elle indiqué dans un communiqué, soulignant qu'un itinéraire bis avait été mis en place.
Le Parlement hongrois a renforcé vendredi sa législation anti-migrants, face à un afflux sans précédent de réfugiés transitant par ce pays dans l'espoir de rejoindre l'ouest de l'Europe.
La Hongrie renforce d'urgence sa législation anti-immigration clandestine
Proposée par le gouvernement du Premier ministre Viktor Orban, la nouvelle législation renforce notamment les possibilités de déploiement de l'armée aux frontières et rend l'immigration illégale passible de trois ans de prison.
Des échauffourées entre migrants et manifestants hostiles aux migrants devant la gare de Budapest
Des échauffourées ont éclaté dans la soirée du vendredi 4 septembre entre des migrants et des manifestants hongrois hostiles à la présence de migrants devant la gare de Budapest.
 
Macédoine
Quelque 5.600 migrants et réfugiés sont entrés jeudi 3 septembre en Macédoine depuis la Grèce, soit deux fois plus que le chiffre habituel sur une journée qui oscille entre 2.000 à 3.000 personnes, a annoncé vendredi le Haut-Commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR).

Méditerranée entre Libye et Italie : une trentaine de disparusMigrant_boat_tragedy_AFP_1_0.jpg
Au moins trente migrants partis de Libye ont disparu en mer jeudi 3 septembre quand leur canot pneumatique a commencé à se dégonfler, a annoncé vendredi 4 septembre l'Organisation internationale pour les migrations (OIM) après avoir parlé aux survivants.
Une vedette des gardes-côtes italiens a secouru 91 personnes et retrouvé un corps, mais selon les survivants, conduits jeudi soir sur l'île italienne de Lampedusa, il y avait entre 120 et 140 personnes à bord au départ.

Royaume Uni
Le Royaume-Uni est prêt à "en faire davantage" pour surmonter la crise des migrants en Europe et à accueillir "des milliers de réfugiés syriens supplémentaires", a annoncé vendredi 4 septembre le Premier ministre, David Cameron.
"Face à l'ampleur de la crise et à la souffrance des gens, je peux annoncer aujourd'hui que nous en ferons davantage, en accueillant des milliers de réfugiés syriens supplémentaires", a-t-il dit devant la presse à Lisbonne.

Slovaquie et Tchéquie rejettent l'idée de quotas obligatoires
La République tchèque et la Slovaquie proposent d'ouvrir un couloir ferroviaire pour les réfugiés syriens entre la Hongrie et l'Allemagne, si Budapest et Berlin sont d'accord, ont indiqué vendredi 4 septembre à Prague les ministres de l'Intérieur tchèque et slovaque.
Le Groupe de Visegrad hostile à l'accueil des migrants
Leur entretien s'est déroulé en marge d'un sommet des Premiers ministres du groupe de Visegrad (Hongrie, Pologne, République Tchèque et Slovaquie) consacré à la crise migratoire. Ces pays apparaissent relativement réticents à l'accueil de migrants et notamment aux quotas obligatoires proposés par la Commission européenne et appuyés par l'Allemagne.
"Nous laisserions passer ces trains sans contrôler davantage ces migrants, nous les accompagnerions seulement", a précisé Milan Chovanec, le ministre tchèque de l'intérieur, en ajoutant que ce sera avec "assistance policière".
M. Chovanec a demandé que la Hongrie devra dans ce cas "garantir qu'il s'agit bien de Syriens", rappelant dans ce contexte l'existence d'un trafic de faux passeports de ce pays, en proie à la guerre civile.
Les deux ministres ont saisi l'occasion pour réaffirmer le rejet par leurs pays du principe des quotas automatiques de répartition des migrants entre les pays de l'Union européenne.

 

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 Jean René Belliard

 

20:26 Publié dans Allemagne, Crise migratoire, Groupe de Visegrad, Hongrie, Macédoine, Slovaquie-Tchéquie | Lien permanent | Commentaires (0) | | | | |

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