28/08/2015

28 août 2015 - Nouvelles du Moyen Orient

Jean René Belliard, auteur de "Beyrouth, l'enfer des espions", publie une newsletter quotidienne accessible aux abonnés uniquement. Elle donne chaque jour un résumé des principaux évènements qui se déroulent au Moyen Orient et en Afrique du nord, rédigés à partir des informations réunies sur place par une quinzaine d correspondants, ainsi que par l'étude quotidienne des blogs, des messages sur les réseaux sociaux et des principaux organes de presse des pays de cette région.

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Extrait de la newsletter du 28 août 2015 :

Front syrien
La progression de l'Etat Islamique au nord d'Alep jette le doute sur les intentions des Turcs et des Américains
Mevlut Cavusoglu, le ministre turc des Affaires étrangères, avait annoncé que les pourparlers entre Ankara et Washington s'étaient conclus par un accord, le dimanche 23 août, et que les opérations contre Daech allaient bientôt commencer. Les opérations militaires entreprises par les deux alliés devaient consister à fournir une couverture aérienne pour aider les rebelles syriens que Washington considère comme "modérés" à lutter contre les Jihadistes de l'EI dans une zone située le long de la frontière turque.
L'offensive de l'EI ne provoque pas une forte réaction des Turcs et des Américains
On n'a rien vu de tel ces deux derniers jours alors que les Jihadistes de l'Etat Islamique se sont lancés à l'assaut contre les positions de Jabhat al-Shamiyya (Front du Levant), des rebelles "plus fréquentables que l'EI", contre la ville de Marea, au nord de la ville d'Alep et à 20 km de la frontière turque.
On aurait pu s'attendre à une violente réaction des armées de l'air américaines et turques pour stopper l'avancée de l'EI. Il y a bien eu un raid mené par les USA à proximité des villages pris par l'EI mais pas suffisant pour anéantir les groupes d'assaut jihadiste.
Alors, qu'en est-il de cette fameuse "zone d'exclusion" contre l'Etat Islamique, une zone qui devait faire 98km de long et 40km de large ? Américains et Turcs se sont ils vraiment mis d'accord comme l'affirme Mevlut Cavusoglu ? Ou existe-t-il encore des divergences entre les deux pays sur la véritable finalité de la "zone d'exclusion" ?
En attendant, les Jihadistes ont progressé, même si des renforts de la rébellion "plus fréquentable que l'EI" ont réussi à reprendre une partie du terrain perdu. Vendredi 28 août, les Jihadistes de l'EI réussissaient à s'emparer des silos à blé situés à l'est de Marea.
L'offensive de l'Etat Islamique, qui cherche depuis des mois à s'emparer de la zone située entre la frontière turque et la ville d'Alep, affaiblit la rébellion qui doit se battre à la fois contre les forces loyalistes retranchées dans la ville d'Alep et les Jihadistes.
Vidéo (côté rébellion) de la banlieue de Marea :
https://www.youtube.com/watch?v=aJc07MHbvWA&feature=p...
Vidéo (côté Front du Levant) des combats dans la région de Marea :
https://www.youtube.com/watch?v=OvpKt4zk_Vc&feature=p...

Les Kurdes mettent à l'épreuve la volonté turque de lutter contre l'Etat Islamique
Les unités de protection du peuple kurde syrien (YPG) ont lancé une offensive contre l'Etat Islamique à l'extérieur de Jarablous, testant les plans de la Turquie d'établir une «zone de sécurité» pour savoir si celle-ci est destinée à écarter l'Etat Islamique ou à empêcher les forces kurdes de s'étendre le long de la frontière turque.
"L'YPG a mené à bien sa première opération de violer les lignes défensives de l'EI à l'ouest de l'Euphrate, jeudi soir, tuant 12 des membres du groupe à l'Est de Jarablous," ont annoncé les Kurdes
Les combattants kurdes auraient franchi clandestinement l'Euphrate en bateau et débarqué sur la rive ouest à l'est de Jarablous, où de violents affrontements ont aussitôt éclaté avec les Jihadistes de l'Etat Islamique. Après l'attaque éclair, les Kurdes ont retraversé le fleuve pour regagner leur base sur la rive orientale.
En représailles, l'Etat Islamique a bombardé au mortier et à l'artillerie lourde les villages kurdes à l'ouest de Kobane (Aïn el-Arab en arabe) sans faire de victimes.
Quelques jours avant le raid, le commandant général des YPG s'était vanté que les forces kurdes pouvaient "libérer Jarablous," contestant directement les plans d'Ankara d'établir sa propre zone de sécurité à la frontière turque et qui inclut cette ville.

Jean René Belliard

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