17/07/2015

Blog de Jean René Belliard - 16 juillet 2015

Chers lecteurs
Voici une nouvelle parution du blog de Jean René Belliard. Cette version a été envoyée par newsletter aux abonnés jeudi 16 juillet.
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Jean René Belliard


Egypte

Combats entre la marine égyptienne et des Jihadistes - un navire en feu
Un bateau de la marine égyptienne a pris feu jeudi 16 juillet, sans faire de victimes, lors d'affrontements entre des militaires en patrouille en Méditerranée et des jihadistes au large de la péninsule du Sinaï.
Les militaires avaient repéré les "éléments terroristes" sur la côte de Rafah, à la frontière avec la bande palestinienne de Gaza, et "les ont pourchassés", selon un communiqué du porte-parole de l'armée.
Le navire a pris feu dans un échange de tirs. Il semble que les Jihadistes aient utilisé un missile pour atteindre le bateau.

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Gaza

Frappe israélienne contre le Hamas après un tir de roquette
L'aviation israélienne a frappé jeudi matin 16 juillet des installations du mouvement islamiste palestinien Hamas dans la bande de Gaza après un tir de roquette sur le sud d'Israël depuis ce territoire.
"Mercredi soir, une roquette a été tirée depuis la bande de Gaza, visant des civils dans le sud d'Israël", a déclaré l'armée dans un communiqué.
La roquette est tombée vers les 02H00 du matin dans un terrain vague près de la ville de Hof Ashkelon sans faire de victimes, a précisé l'armée israélienne.
"En réponse à cette attaque, l'aviation de l'armée de l'air israélienne a ciblé des infrastructures terroristes dans la bande de Gaza", a indiqué l'armée. Selon l'agence d'information palestinienne Safa les avions de la Force aérienne de l'armée israélienne ont tiré deux missiles sur un poste d'observation et un centre de communications du Hamas, juste au nord de Jabalia (nord de Gaza). Un autre missile a été tiré sur un centre d'entraînement de la branche militaire du Hamas près d'el-Bureij (centre). Il aurait provoqué des dommages.
Il n'y a pas eu de victimes, selon le communiqué du Hamas. 

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Irak

Province de Mossoul
Des combats entre les Peshmergas kurdes et les Jihadistes de l'Etat Islamique sont en cours à Bartalah, à l'est de Mossoul.
 
Exécution de 17 pêcheurs à Mossoul
L'Etat islamique a exécuté 17 pêcheurs dans la ville de Mossoul.
Le porte-parole du Parti démocratique du Kurdistan (PDK) pour la ville de Mossoul, Saïd Mamouzini, a déclaré à un journal en ligne irakien, mercredi  15 juillet, que "la sanction avait été décidée parce que les pêcheurs refusaient de donner une partie de leur pêche aux militants de l'EI."
Les Jihadistes ont également exécuté plus d'une douzaine de leurs propres hommes, a ajouté Mamouzini.
Le groupe jihadiste a "exécuté 14 de ses hommes à Mossoul, dont deux kurdes, sur des accusations de ne pas avoir respecté ses décisions."
  
Province sunnite d'al-Anbar
Les forces irakiennes affirment avoir tué 19 Jihadistes de l'EI et détruit leur base au cours d'un bombardement aérien dans la province sunnite d'al-Anbar. 
"Nos unités de sécurité continuent leur opération de libération d'al-Anbar, qui a été lancée lundi à l'aube, et a réalisé des gains au sol dans certaines régions ... Nous avons infligé à l'ennemi de lourdes pertes en vies humaines et en équipements," a déclaré  le centre de commandement irakien.

Liban

L'UNRWA (l'agence des Nations Unies pour les Réfugiés) a stoppé l'aide au logement
Des dizaines de familles palestiniennes qui avaient fui la Syrie pour se réfugier au Liban sont désormais sans abri, après que l'agence de secours de l'ONU ait cessé de payer les frais de location pour les réfugiés au début du mois de juillet 2015. 
palestinian-children-yarmuk-syria-lebanon-border-afp.jpgDes enfants palestiniens du camp de Yarmouk attendent à la frontière syro-libanaise

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les familles ont trouvé refuge dans des écoles du camp de réfugiés de Beddawi, situés près de Tripoli, au nord du Liban.
Ils ont juré de ne pas quitter  les lieux jusqu'à ce que l'UNRWA revienne sur sa décision L'UNRWA a stoppé le paiement des aides au logement en raison d'un déficit budgétaire massif. L'agence donnait aux réfugiés entre 150-250 $ par mois.
Le Front Démocratique pour la Libération de la Palestine (FDPLP) a organisé une manifestation mercredi 15 juillet devant le bureau de l'UNRWA du camp de Beddawi.
La manifestation, à laquelle ont assisté les représentants de plusieurs factions palestiniennes, des comités populaires et des réfugiés, a condamné les dernières mesures prises par l'UNRWA en raison des pénuries financières.
Les manifestants ont également exhorté le gouvernement libanais à exercer une pression sur l'UNRWA pour résoudre sa crise financière grâce à l'aide des pays donateurs.

Front libyen

Carte de la Libye montrant la répartition des forces

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Benghazi
Salim Afarit

Afarit.jpgSalim Afarit

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Tandis que l'offensive de l'armée contre les bastions islamistes de Benghazi semble marquer le pas, l'Etat Islamique a revendiqué l'élimination, mercredi 15 juillet, de Salim Afarit al-Naili, le chef de la brigade 21 al-Saika (forces spéciales) dans les combats de Laythi, une place-forte des Islamistes. La brigade 21 combat aux côtés du général Khalifa Haftar. Cet ancien général de Mouammar Kadhafi, disgracié dans les années 70 et considéré comme proche de la CIA, avait pris la tête de l'offensive baptisée "al-Karama" (Dignité en arabe) contre les brigades islamistes de Benghazi en mai 2014. Depuis les combats pour l'élimination des Islamistes de la ville n'a pas cessé.

Revendication de l'EI de l'assassinat d'Afarit.jpgRevendication de l'Etat Islamique concernant l'assassinat d'Afarit

 

 

 

 

 

 

 

Syrte
Les Jihadistes de l'Etat Islamique ont installé de grandes affiches pour rappeler aux femmes le code vestimentaire qu'elles doivent obligatoirement respecter.

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Traduction de l'affiche:
 1. Pas de vêtements transparents
 2. Porter uniquement des vêtements amples
 3. doit couvrir toutes les parties du corps
 4. Pas de grandes marques
 5. Ne pas porter de vêtements masculins ou des éléments portés par les femmes infidèles
 6. Pas de vêtements avec des dessins qui attireront l'attention
 7. Pas de vêtements parfumés
 Mais même si les femmes respectent ce code vestimentaire, elles  ne sont pas autorisése à apparaître en public pendant la journée durant le Ramadan. Et après l'Iftar elles doivent obligatoirement être accompagnées par un membre masculin de la famille pour aller à l'extérieur, bien que cela ne soit pas non plus conseillé.

Front syrien

Région d'Alep
Encore un bombardement sanglant de la localité d'el-Bab contrôlée par l'Etat Islamique.
Onze civils, dont trois enfants, ont été tués jeudi 16 juillet dans un bombardement aux barils d'explosifs mené par des hélicoptères de l'armée de l'air syrienne.
Depuis samedi, au moins 68 civils ont été tués par des bombardements aériens sur cette localité. En mai, plus de 60 civils avaient déjà péri dans des attaques similaires sur la même localité.
Les bombardements de la localité d'el-Bab ont pour objectif de faire baisser la pression exercée par les Jihadistes de l'EI sur  l'aéroport militaire de Kweires, assiégé depuis plus d'un an.
Al-Bab est une ville stratégique car elle est proche des secteurs tenus par le gouvernement à Alep.
 
Province d'Edleb
Jeich al-Fateh (l'armée de la conquête), une alliance de rebelles et de combattants islamistes parmi lesquels on trouve le Front al-Nosra (al-Qaïda en Syrie) a bombardé intensément, pour la deuxième journée consécutive, deux villages chiites, Fouaa et Kafraya, les derniers aux mains du régime dans la province d'Edleb.
Les attaques ont débuté mercredi 15 juillet en représailles à l'offensive lancée par l'armée et les combattants du Hezbollah libanais contre Zabadani, le dernier bastion de la rébellion à la frontière syro-libanaise.
 
Bataille de Hassaké (nord-est syrien)
Mercredi matin 15 juillet, les forces armées syriennes ont commencé la phase 2 de leurs opérations militaires dans la capitale de la province d'al-Hassaké après avoir mis en échec l'offensive de l'Etat Islamique à l'extérieur du centre-ville.
Cela fait trois semaines que les Jihadistes de l'EI cherchent à s'emparer du centre-ville de Hassaké. Ils ont commencé par remporter des  succès sur le terrain en avançant sur trois fronts. Mais ils ont été progressivement repoussés par l'armée arabe syrienne et ont du abandonner la majorité du territoire conquis.
Il aura finalement fallu trois semaines pour que la 154e brigade de la 4ème Division mécanisée de l'Armée arabe syrienne entre à nouveau dans le quartier ouest de la mosquée Al-Nishwa.
L'armée a eu des difficultés pour arrêter la progression des Jihadistes à l'est d la ville, mais les soldats ont quand même réussi à infiltrer les défenses de l'EI.
Après être entrée dans la région occidentale du quariter Al-Nishwa, la 154e brigade de l'armée, appuyée par les Forces de Défense Nationale (FDN), les miliciens assyriens des Forces de Protection Gozarto et le bataillon al-Baas (la branche armée du parti politique baasiste), a réussi à reprendre quatre blocs d'immeubles sur l'axe oriental, et le marché aux moutons (souq al-Ghannem) à l'issue de violents combats, mercredi soir 15 juillet.
Au nord de la capitale provinciale, la célèbre 104ème brigade aéroportée de la Garde républicaine a réussi à sécuriser l'autoroute Hassaké-Qamishli mettant en échec une tentative des Jihadistes d'interrompre la circulation sur cette voie vitale.
Sur l'axe sud, à proximité de la Cité sportive dans le quartier Al-Ghuweiran, la 5e brigade de l'armée des frontières a déjoué une tentative d'infiltration des Islamistes de l'EI. Ceux-ci n'ont pas réussi à franchir la première ligne de défense de l'armée.
A l'ouest de Hassaké, la milice kurde YPG a mené avec succès une opération militaire dans la ville d'al-Abyad qui lui a permis de s'emparer de Jisr al-Abyad (le pont al-Abyad)après de violents affrontements avec l'EI.
Pendant ce temps, les forces aériennes syriennes ont mené 55 raids dans le gouvernorat de  Hassaké. Les principales cibles ont été les villes d'al-Shadadi (sud de Hassaké) et Al-Houl (est de Hassaké). Les frappes aériennes auraient causé des dommages importants à l'Etat islamique, détruisant plusieurs véhicules blindés et tuant des dizaines de Jihadistes
 
Bataille de Palmyre
La 67e Brigade de la 18e Brigade blindée de l'AAS - en coordination avec les Forces de Défense Nationale (FDN) - ont pris l'entier contrôle de la ville d'al-Meshtal à l'ouest de Palmyre, après de violents affrontements avec les Jihadistes de l'Etat islamique, mercredi soir 15 juillet.
 En plus de leur succès à al-Meshtal, la 67e Brigade de l'ASA et les Forces de Défense Natioanle (FDN) ont capturé Qasr al-Khayr, tuant plus de 20 Islamistes et saisissant les armes lourdes qui se trouvaient à l'intérieur de l'enceinte du château.
 Qasr al-Khayr et al-Meshtal sont tous deux situés au sud-ouest de Palmyre; ce qui confirme la stratégie choisie par l'armée syrienne, à savoir de fermer les sorties sud, ouest et nord de la ville, en laissant un seul point de retrait à l'est. 
 Si les Jihadistes sont incapables de stopper la progression des forces armées syriennes autour de Palmyre, ils se retrouveront en état de siège à l'intérieur de la ville dans les prochains jours.
Finalement, la seule chose qui pourrait arrêter la progression des forces armées syriennes aboutissant à la mise en place d'un siège complet de la ville est le risque de voir le groupe jihadiste détruire les monuments historiques et les sites archéologiques avant leur retrait, en représailles à l'attaque de l'ASA.
 
Bataille de Zabadani (frontière libano-syrienne)
Le Hezbollah et l'armée syrienne ont resserré leur étau sur la ville de Zabadani dans le Qalamoun, mercredi 15 juillet. 
Les forces conjointes du Hezbollah et de l'armée syrienne ont détruit à la roquette un véhicule transportant des miliciens rebelles dans le quartier al-Zahra, situé au nord de la ville. L'attaque aurait mis hors de combat tous les passagers du véhicule.
 Pendant ce temps, les avions de guerre syriens ont continué à bombarder les positions des rebelles dans la ville pour soutenir l'armée et les miliciens du Hezbollah engagés dans des combats de rue à l'intérieur de la ville.
Mardi 14 juillet, les forces alliées avaient détruit un tunnel de 360m de long passant sous l'autoroute principale reliant Zabadani au village de Madaya, situé à 8 kilomètres de la frontière du Liban.
 Les rebelles semblent pris au piège dans la ville après que la plupart des voies de sortie aient été coupées dès les premiers jours des combats.
 Les forces gouvernementales ont lancé un ultimatum aux rebelles au cours du week-end leur donnant le choix entre se rendre ou mourir. 43 rebelles auraient répondu à l'appel et se seraient rendus.
 Le Hezbollah aurait perdu 12 combattants depuis le début de la bataille de Zabadani, début juillet, l'armée 16 soldats et on estime que les pertes rebelles se situeraient autour de 200 tués.
 La prise de Zabadani s'ajouterait aux récentes victoires du Hezbollah dans les montagnes situées à l'Est du Liban depuis le début du mois de mai, date à laquelle il a lancé une grande offensive pour chasser les rebelles syriens de la région frontalière.
 Zabadani est située à l'extrémité sud du Qalamoun, à environ 50 kilomètres au nord-ouest de Damas et à 12 kilomètres au nord-est de Masnaa le poste frontière entre le Liban et la Syrie sur la route Beyrouth-Damas.
 
Bachar al-Assad jubile (d'un de nos correspondants à Beyrouth)
Il y a au moins une personne en Syrie qui applaudit des deux mains à la nouvelle de l'accord sur le nucléaire iranien, c'est Bachar al-Assad. Et les déclarations de satisfaction du président syrien mettent quelque peu l'administration Obama dans l'embarras.  
Il a commencé par envoyer au guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, un message dans lequel il qualifiait l'accord sur le nucléaire entre l'Iran et les grandes puissances de "«réussite historique."
Bachad al-Assad a poursuivi en soulignant que cet accord ne ferait que renforcer le travail de l'Iran pour "la paix et la stabilité ... dans la région et dans le monde. Ce qu'Assad voulait en fait exprimer, c'était sa satisfaction de voir l'Iran en mesure de poursuivre son aide à la Syrie, une aide financière et militaire. Cela vaut également pour d'autres causes soutenues par l'Iran comme les milices chiites irakiennes, les Chiites bahreïnis, les Houthis yéménites et, plus que tout autre, le Hezbollah libanais.
L'administration Obama a abandonné ses alliés traditionnels
En élaborant un accord de contrôle des importations d'armements par l'Iran, essentiellement technique, les USA ont donné un avantage à leurs ennemis, l'traditionnels - le soi-disant «Axe de la Résistance" - au détriment de ses alliés traditionnels, les États du Golfe sunnite et leurs satellites, dans ce qui prend de plus en plus la forme d'une nouvelle ère de guerres sectaires et meurtrières au Moyen-Orient, dont la Syrie, l'Irak et le Yémen sont un avant-goût. 
Et comme toujours dans ce genre de conflits, ce sont les civils qui trinquent le plus.
Une manne de 150 milliards de dollars et rien pour contrôler son usage
Staffan de Misruta, l'envoyé spécial de l'ONU pour la Syrie estime que l'Iran a dépensé entre 6 et 35 milliards de dollars par an pour sauver le pouvoir de Bachar al-Assad. Et il n'y a aucun espoir qu'Assad puisse un jour rembourser les prêts iraniens. Et ce soutien lui a été donné par Téhéran alors que l'Iran souffrait des sanctions économiques imposées par les Nations Unies.
Car rien dans l'accord d'une centaine de pages entre l'Iran et les Grandes puissances n'aborde le sujet des 150 milliards de dollars d'avoirs iraniens gelés qui vont être rendus à Téhéran en janvier 2016.
L'argent rendu à l'Iran va servir à financer des organisations considérées comme terroristes par les Américains
L'administration Obama s'imagine sans doute que les Iraniens vont utiliser cette manne financière pour construire des écoles, des hôpitaux et des routes ?  Il aurait été opportun d'inclure l'utilisation de ces fonds dans l'accord car il y a une forte chance qu'une grande partie sera utilisée à financer des entités considérées comme terroristes par les Américains : La Force al-Qods (CGR-QC) des Gardiens de la Révolution islamique, le Hezbollah libanais, qui participent tous les deux à la guerre civile syrienne et qui, à ce titre, sont accusés par leurs adversaires d'avoir commis des crimes de guerre.
Une grande partie du financement iranien en Syrie est allé vers l'armement de groupes majoritairement chiites, notamment la Force de Défense Nationale (FDN) qui est en fait une super-milice construite par et sur le modèle de la force al-Qods (IRGC-QF) pour lutter contre les brigades sunnites au nom de Bachar al-Assad.
Et finalement, l'Etat Islamique n'est qu'une excroissance de cette montée en puissance du sectarisme en Syrie où les rebelles sont sunnites et les défenseurs du régime majoritairement chiites, soutenus par l'Iran et le Hezbollah. C'est la raison pour laquelle des milliers de Sunnites ont rallié l'organisation jihadiste, par rébellion à la main-mise de l'Iran sur le pouvoir syrien.
Un accord qui sert les plus extrémistes dans la région déclare Dubowitz
"En vertu de cet accord les Etats-Unis donnent au régime iranien révolutionnaire une bouée de sauvetage économique pour développer son programme nucléaire au fil du temps, sauver son économie, renforcer l'immunité contre la pression économique future et permettre à l'Iran de dépenser des milliards de nouveaux dollars pour la poursuite des guerres sectaires du Moyen-Orient et l'extension de son influence régionale ", a déclaré Mark Dubowitz, le directeur exécutif de la Fondation pour la Défense des Démocraties, qui a été très critique sur le rapprochement de l'Iran. "Cela ne servira qu'aux plus extrémistes comme Assad, l'Etat Islamique, le Hezbollah, les milices chiites irakiennes, et le régime révolutionnaire iranien lui-même."
Le Hezbollah est certain d'une assistance accrue de l'Iran
Dans une certaine mesure, le secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah, est d'accord avec cette évaluation. En mai 2015, bien avant qu'un accord ait été conclu, Nasrallah avait dit que les bénéficiaires de la Force al-Qods (IRGC-QF) étaient sûrs de sentir les effets bénéfiques après que les sanctions contre l'Iran aient été assouplies ou levées: «Si l'Iran obtient cet argent, que va-t-il en faire ? Une Iran  riche et forte ... sera en mesure de soutenir ses alliés et amis, et les peuples de la région, en particulier la résistance en Palestine, plus que dans n'importe quel moment par le passé. "
Pour  les analystes et dissidents syriens le président américain se trompe lorsqu'il affirme que l'accord permettra de réduire la probabilité d'une guerre au Moyen-Orient. Au contraire, affirment-ils, il peut aggraver les guerres civiles qui ensanglantent plusieurs pays et qui ont provoqué la pire crise humanitaire du 21ème siècle.
La Coalition Nationale Syrienne critique l'accord
Pour la Coalition Nationale Syrienne (un groupement rebelle syrien soutenu par l'Occident), "L'accord avec les puissances mondiales n'a pas traité des activités terroristes de l'Iran dans la région exécutée par ses agents en Syrie, au Liban, en Irak et au Yémen."
La Coalition nationale syrienne a déclaré, le 15 juillet : "En Syrie, l'Iran offre une bouée de sauvetage à Assad par la fourniture d'armes, le financement, la formation, et le paiement des salaires mensuels pour les Afghans et d'autres mercenaires chiites étrangers qui viennent en Syrie pour se battre pour Assad. L'Iran va presque certainement utiliser l'argent nouvellement disponible et les moyens de son économie renforcée pour soutenir ses mandataires et essayer d'affirmer son hégémonie dans la région, causant plus de conflits et d'effusion de sang ".
Barack Obama ne fera plus rien pour trouver une solution démocratique en Syrie
Fait révélateur, Obama n'a pas mentionné la Syrie une seule fois au cours de sa conférence de presse à la Maison Blanche le 15 juillet. La raison est qu'après avoir déclaré à maintes reprises que l'administration Obama cherchait à trouver une solution démocratique  pour remplacer le président syrien, il semble aujourd'hui qu'elle ne fera plus rien pour aider la majorité sunnite syrienne contre le pouvoir syrien.
 
Les premiers combattants rebelles formés par les Etats-Unis viennent d'entrer en Syrie
Le premier contingent de rebelles de l'Armée Syrienne Libre (ASL) formé par les Etats-Unis pour lutter contre l'État islamique a traversé cette semaine la frontière pour entrer en Syrie à partir de leur centre de formation en Jordanie. 

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Un convoi de pick-upsToyota flambant neufs transportant des mitrailleuses lourdes de fabrication américaine et des bidons de carburant a pénétré sur le territoire syrien. Les combattants, au nombre de plusieurs dizaines, sont une partie de la 30e Division de l'Armée Syrienne Libre, selon un responsable américain.
Il est prévu  que la force rejoigne d'autres rebelles "modérés" pour augmenter leur efficacité au combat. "Il est prévu que les nouveaux membres des forces syriennes coordonnent leur action avec les autres forces de l'opposition modérée pour renforcer la confiance entre les organisations qui veulent contrecarrer l'Etat Islamique."  C'est ce qu'a déclaré par e-mail le commandant de Marine, Elissa Smith, un porte-parole du ministère de la Défense.
Le programme de formation-équipement financé par le Pentagone, dont ces combattants font partie, avait été l'objet de violentes critiques, la semaine dernière, lorsqu'Ashton Carter, le secrétaire d'Etat à la Défense, avait déclaré au Comité des services armés du Sénat que le programme avait formé seulement 60 combattants depuis qu'il avait été lancé en mai 2015. Le programme disposait d'un budget de 500 millions de dollars, dont la moitié a été apparemment dépensé.
Carter a déclaré que 7.000 combattants potentiels étaient en cours de recrutement, mais que le nombre de combattants entraînés était effectivement  "beaucoup plus petit que ce que nous avions espéré à ce stade." Ceci, en raison des craintes que des groupes extrémistes tels que l'État islamique cherchent  à infiltrer le programme. C'est pourquoi le processus de sélection pour les combattants est  si rigoureux. Outre une vérification des antécédents, la sélection comprend un test polygraphique et une entrevue avec le contre-espionnage, selon le responsable américain.
"L'une des raisons pour lesquelles le nombre est si petit vient du fait que nous refusons d'agir hors de notre processus de sélection», a déclaré le fonctionnaire américain. Il a ajouté que les combattants formés par les USA ne sont pas de la meilleure qualité parce que les meilleurs rebelles de l'opposition sont occupés à lutter contre les forces loyales au président syrien Bachar al-Assad. 
Ce n'est pas l'opinion du général d'armée Martin Dempsey, président du Joint Chiefs of Staff, qui a déclaré dans une interview que "les évaluations des recrues étaient très bonnes."
Les combattants syriens formés par les Etats-Unis doivent signer un engagement à lutter contre l'État islamique, et non  contre les forces de Bachar al-Assad.
Le programme de formation des rebelles syriens témoigne de l'accroissement de l'implication américaine dans sa lutte contre l'Etat Islamique sur le territoire syrien, après l'engagement de l'armée de l'air U.S. contre des cibles de l'EI, souvent en coordination avec les miliciens kurdes, et les coups de main occasionnels des forces spéciales. Toutefois, le Pentagone a pris bien soin d'éviter tout incident avec les forces fidèles à Bachar al-Assad.
Le général Dempsey s'attend à ce que les rebelles syriens entraînés par les Américains contribuent à limiter l'activité de l'État islamique en Syrie et l'empêche de s'étendre dans d'autres pays voisins. 
"L'avantage relatif que l'EI a aujourd'hui sur le terrain, en particulier en Syrie, va commencer à s'éroder une fois que nous commençons à aligner cette force", a déclaré Dempsey.

Front yéménite

Nouvel incendie dans la raffinerie d'Aden
Un nouvel incendie s'est déclaré jeudi 16 juillet dans la raffinerie de pétrole d'Aden touchée par deux roquettes de type Katioucha tirées par les rebelles chiites houthis.
Une épaisse colonne de fumée s'est formée au-dessus de la raffinerie, visée pour la troisième fois depuis fin juin par les rebelles, et les habitants vivant dans les alentours ont été invités à évacuer les lieux.
Lundi, des tirs de roquettes avaient déjà provoqué un incendie dans des canaux de distribution sur le site de la raffinerie où, selon son porte-parole Nasser al-Chaëf, sont stockées 1,2 million de tonnes de produits pétroliers.
Fin juin, des dépôts de carburant avaient été touchés par une première attaque rebelle.
Les tirs de roquettes de jeudi interviennent alors que les rebelles battent en retraite de certains quartiers d'Aden sous la pression des forces pro-gouvernementales, qui ont partiellement reconquis des secteurs de la ville.

Jihadisme international

France
François Hollande a peut être révélé l'information un peu tôt sans attendre la fin de la garde à vue des membres d'un groupe islamiste composé d'au moins quatre personnes et qui projetait l'assassinat par décapitation d'un gradé de l'armée. Hollande avait déjà annoncé un peu tôt la libération des centaines de fillettes nigérianes, puis la mort du leader jihadiste algérien Mokhtar bel-Mokhtar. Quelqu'un devrait peut être lui conseiller qu'il n'a rien à gagner en termes de popularité à faire de telles annonces à la place des services compétents.
Des explosions de réservoirs de pétrole qui pourraient être de nature terroriste
Mardi 14 juillet deux explosions ont endommagé des réservoirs de pétrole dans le sud de la France, à proximité de Marseille. Les services de sécurité n'excluent pas que les explosions pourraient être le fait d'activistes islamistes qui auraient utilisé du matériel subtilisé sur une base militaire la semaine passée.

Opinions politiques

Député Jacques Myard (France)
"Accord nucléaire avec l'Iran : une chance pour la France si...?"
"La signature de l'accord nucléaire avec Téhéran marque la fin de l'enjeu de la bombe iranienne au Proche et au Moyen-Orient, mais ce règlement va bien au-delà."
"Il signifie le retour assumé par les 5+1 de l'Iran dans l'équilibre géostratégique du Proche et Moyen-Orient."

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Député Jacques Myard

 

 

 

 

 

"Ce retour est certes dénoncé par Israël et l'Arabie Saoudite, mais il est illusoire de croire qu'une solution durable aux divers conflits en cours dans cette zone puisse être trouvée sans prendre en compte l'Iran qui est tout simplement incontournable."
"Dans ce règlement, la diplomatie française, sous prétexte d'obtenir un accord solide et pérenne, a visiblement « traîné des pieds » en adoptant une attitude très dure vis-à-vis de Téhéran pour complaire aux pays hostiles -par principe- à l'Iran chiite."
"La faute de la France a été de laisser apparaître qu'elle choisissait un camp au détriment de l'autre, alors que nos intérêts ne doivent pas être pris en otage en épousant la politique de certains pays anti-Iran."
"Il est urgent que la France rééquilibre sa politique au Proche et au Moyen-Orient et sorte de ses postures."
"La défense de nos intérêts économiques et commerciaux passe par ce rééquilibrage, mais aussi la solution aux conflits en cours, la guerre civile en Syrie, le conflit israélo-palestinien, la lutte contre l'Etat islamique et le terrorisme."
 "Moins de dogmatisme, plus de réalisme et de pragmatisme ne nuiront pas à la diplomatie française."

Jean René Belliard

 

 

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