30/06/2015

30 juin 2015 – Dernières nouvelles du Proche Orient et d’Afrique du nord

Un développement qui aurait pu avoir de graves conséquences : les Yéménites chiites et des militaires fidèles de l'ancien président Saleh ont envoyé un missile Scud qui a atterri à proximité de Riyad.


Arabie saoudite

Nucléaire iranien - L'Arabie saoudite ne croit pas à la sincérité de Téhéran
Le royaume saoudien fait partie des pays les plus réservés sur l'accord que cherchent à conclure l'Iran et les 5+1 (États-Unis, Russie, Chine, France, Royaume-Uni et Allemagne).
En principe, si un accord est signé, Téhéran devra réduire ses capacités nucléaires en se débarrassant d'un grand nombre de ses centrifugeuses - qui permettent d'enrichir l'uranium - en échange de la levée des sanctions internationales qui étouffent son économie.
Mais avec les autres monarchies sunnites du Golfe, Riyad craint qu'il n'empêche pas l'Iran de se doter, à terme, d'une bombe nucléaire sous couvert d'un programme présenté comme uniquement civil par Téhéran. S'y ajoutent les inquiétudes d'un rapprochement entre Washington et l'ennemi héréditaire des Saoudiens : l'Iran.
 
Depuis quelques temps, on est passé à Riyad des craintes aux menaces voilées
La première menace qu'a brandie Riyad s'adresse à Washington. En multipliant les contacts et les contrats avec des pays comme la Russie et la France, les Saoudiens veulent signifier aux Américains qu'ils ne les considèrent plus comme des alliés privilégiés.
La deuxième menace porte sur le nucléaire lui-même. En mars 2015, le prince saoudien Turki al-Fayçal, alors à la tête des Renseignements du royaume, avait averti que l'Arabie saoudite, pourrait formuler des exigences à l'issue d'un éventuel accord international avec Téhéran. « J'ai toujours dit que, quelle que soit l'issue de ces négociations, nous voudrons la même chose », avait déclaré le prince à la BBC.
 
Volonté de se doter d'un programme nucléaire civil
Depuis quelques mois, l'Arabie saoudite a entrepris les premières démarches pour mettre en place son propre programme de développement de l'énergie nucléaire à des fins civiles. Riyad et Paris ont ainsi annoncé mercredi 24 juin 2015 le lancement d'une étude pour l'installation de deux réacteurs nucléaires EPR dans le royaume, dans le but, soi-disant de diversifier ses sources d'énergie alors que le pays est le premier pays producteur de pétrole.
Cet accord fait suite à celui signé en 2015 avec la Russie sur un programme de coopération économique et des échanges scientifiques sur l'énergie atomique civile, et avec la Corée du Sud pour un accord de coopération nucléaire.
L'Arabie saoudite n'est pas seule à vouloir se doter de centrales nucléaires. Mes Emirats arabes unis, vont également se doter de quatre réacteurs nucléaires sud-coréens, dont le premier sera opérationnel en 2017.
 
Peu de chance de voir Riyad développer une arme nucléaire
Pour l'instant, il y a peu de chances que l'Arabie saoudite puisse se doter ou même vouloir se doter de l'arme nucléaire, mais le message est clair...et politique.

Front irakien

Moktada Sadr au calife autoproclamé Abou Baker al-Bagdadi : le repentir ou la lapidation
Le chef du mouvement sadriste (chiite), Sayed Moqtada Sadr, a appelé le dirigeant de l'Etat Islamique, Aboubakr Bagdadi, au « repentir ou bien il sera lapidé avec ses adeptes ».
"Le terroriste Aboubakr qui s'est proclamé calife des musulmans contre leur gré, prétend représenter l'Islam alors qu'il n'a rien à voir avec l'Islam. As-tu jamais entendu, Aboubakr, que le prophète Mohammad ait tué un musulman -- qui croit à l'Unicité de Dieu et qui scande « Dieu est le plus grand de tous » -- ou qu'il ait menacé de faire noyer ou de bruler quiconque ? Le prophète a-t-il ordonné un jour de détruire une mosquée, ou de légitimer le meurtre des enfants et des femmes, ou d'attaquer les civils et d'expulser les minorités adeptes d'autres religions ? ».
Sayed Moqtada Sadr a placé le dirigeant de l'Etat Islamique devant deux choix : « Soit tu suis le chemin de la sagesse, soit tu seras lapidé avec tes adeptes. Saches que les adeptes de la famille du prophète -- que la paix de Dieu soit sur lui- sont interdits d'intimider, de terroriser, et de piéger [les voitures]. Si cette interdiction n'avait pas existé, nous aurions fait de vous ce que vous faites contre nous».
« Ce que font Bagdadi et sa bande terroriste criminelle s'inscrit dans le cadre de l'agenda du sinistre trio : Israël, les Etats-Unis et la Grande-Bretagne », a ajouté dans son communiqué, appelant les combattants irakiens à multiplier leurs opérations contre « les adeptes de Bagdadi jusqu'à ce qu'ils annoncent leur repentir et prêtent allégeance à Dieu, à son Messager et à sa famille ».
Dimanche, Sayed Sadr s'est rendu au Koweit pour présenter ses condoléances au prince cheikh Sabbah Ahmad Jaber Sabbah  pour les victimes de l'attentat terroriste « qui a visé la mosquée de l'imam Sadek, faisant des dizaines de victimes innocentes », un attentat qui a été revendiqué par l'Etat Islamique.
Selon le site CNN en arabe, Sayed Sadr a dit à l'issue de sa rencontre avec le prince Sabbah : « de tels actes terroristes contre le Koweit vont unir davantage le peuple koweitien et le pousser à rejeter le sectarisme... ce qui frappe le Koweit frappe l'Irak. Nous constituons le même prolongement et nous sommes au service de la religion, de l'unité, et nous allons combattre ensemble le terrorisme».

Israël

Quatre Israéliens blessés par des tirs - l'un d'eux est décédé
Quatre Israéliens ont été blessés, lundi 29 juin vers 23H par des tirs provenant d'un véhicule. Les victimes étaient dans une voiture à l'arrêt.
Un des blessés est dans un état grave, voire critique. Il devait mourir dans la soirée.
Les tirs se sont déroulés à un carrefour proche de la colonie de Chvout Rahel (district Benjamin) dans le nord de la Cisjordanie.
Les quatre blessés, des hommes entre 25 et 30 ans, ont été évacués par les ambulances Magen David Adom vers des hôpitaux "Shaare Zedek" et "Hadassah Ein Kerem" à Jérusalem.
Immédiatement après l'incident, l'état d'urgence a été déclaré dans les colonies de Migdal, Rehilim et Nofei Néhémie. Des suspects auraient été arrêtés mardi 30 juin dans la matinée.

Front syrien

Deir ez-Zhor : Acte barbare de l'Etat Islamique
Pour la première fois, deux femmes ont été décapitées en Syrie par les jihadistes de l'Etat islamique (EI). Les juges islamistes les avaient accusées de sorcellerie. L'une des femmes a été décapitée avec son mari à Deir ez-Zhor. L'autre femme a été décapitée, également avec son mari, à al-Mayadin (sud-est de Deir ez-Zhor).
 
Qalamoun (région frontalière du Liban)
Il semble que le Hezbollah ait l'intention de lancer une grande offensive contre Zabadani, l'une des plus grandes villes du Qalamoun. Zabadani est l'un des derniers bastions des rebelles syriens le long de la frontière avec le Liban.
Le Hezbollah chiite libanais est en train d'acheminer du personnel combattant et de grandes quantités d'armes et de munitions sur le versant libanais du  massif du Qalamoun, proche de la ville de Zabadani.
L'action du Hezbollah semble avoir été décidée après l'échec des négociations avec les rebelles pour obtenir leur retrait de la ville.
L'offensive, qui devrait commencer dans les prochains jours, a pour objectif de chasser les factions rebelles syriennes qui se sont maintenues dans la ville malgré le siège instauré par l'armée syrienne et les miliciens chiites libanais.
Prendre Zabadani permettrait de restreindre les mouvements des rebelles dans la région du Qalamoun, des mouvements d'autant plus aisés que le terrain est accidenté. Le
Zabadani est située à 50 kilomètres au nord de Damas. La ville est considérée comme stratégique par le pouvoir syrien et le Hezbollah en raison de sa proximité de la capitale syrienne et de la frontière libanaise. 
 
Tall Abyad
La localité de Tall al-Abyad, à la frontière avec la Turquie, est à nouveau la cible d'une attaque de l'Etat Islamique. Cette ville frontière avait été conquise par les Kurdes de l'YPG il y a moins de huit jours, ce qui avait provoqué l'afflux massif de près de 20.000 réfugiés syriens vers le territoire turc et provoqué la colère du président turc, Erdogan, accusant les Kurdes de procéder à un nettoyage ethnique dans la région. Les Jihadistes de l'EI sont à nouveau entrés dans des secteurs situés à l'est de la ville.
Une vidéo montre les Jihadistes plantant des mines à la frontière turque :
http://www.liveleak.com/ll_embed?f=c4a4e6fef9b1
 
Jarablous
Une autre localité située sur le fleuve Euphrate et à la frontière avec la Turquie est contrôlée par l'Etat Islamique depuis des mois. Cette fois-ci, ce sont les avions de la coalition internationale qui se sont acharnés sur la ville. Les avions de guerre ont effectué des raids quatre jours de suite. Les attaques aériennes se sont même intensifiées au cours de la nuit quand 10 bateaux chargés de Jihadistes ont tenté de traverser le fleuve.
La coalition internationale a effectué  27 raids dans la région de Jarablous. Ils ont attaqué 21 unités, 10 bateaux, 21 véhicules, 9 positions de combat, 2 bunkers, 3 positions de mortier, et 2 aires de repos. Des frappes aériennes contre des cibles de l'EI ont également eu lieu dans la région d'Alep. 

Tunisie

Attentat de Sousse : Un impact économique de 450 millions €
L'impact économique pour la Tunisie de l'attentat sanglant contre un hôtel en bord de mer pourrait atteindre plus de 450 millions d'euros en 2015, a déclaré lundi la ministre du Tourisme Selma Elloumi Rekik.
Le tourisme en Tunisie représente près de 7% du PIB et assure plus de 400.000 emplois directs et indirects.
"Il y a des évaluations qui sont faites. On ne peut pas donner de chiffre exact mais il faut compter au moins, (pour) l'impact sur le PIB, (qu') il y a un manque à gagner d'au moins un milliard de dinars pour l'année", a-t-elle répondu à une question sur les pertes après l'attentat de vendredi.
"C'est un minimum je pense, mais ça reste toujours une estimation", a-t-elle ajouté lors d'une conférence de presse alors que le budget de l'Etat tunisien pour 2015 est de près de 29 milliards de dinars (13,3 milliards d'euros).
La ministre annonçait une série de "mesures d'urgence" visant à soutenir les professionnels du secteur touristique, comme des "prêts exceptionnels (...) pour financer l'activité des établissements touristiques pour les saisons 2015 et 2016".
Mme Elloumi a également indiqué que le gouvernement avait décidé de supprimer la taxe de sortie du territoire de 30 dinars (13,7 EUR) imposée l'an dernier aux étrangers non-résidents. Cette suppression ne pourra toutefois intervenir qu'une fois approuvée par le Parlement.
En outre, les touristes venant en voyage organisé de Chine, d'Inde, d'Iran et de Jordanie pourront désormais obtenir un visa à leur arrivée à l'aéroport, selon la ministre.
"Si ce secteur s'écroule (...), l'économie s'écroule", a mis en garde la ministre. 

Front yéménite

Attentat à Sanaa contre une cible chiite
Au moins 28 personnes, dont huit femmes, ont été blessées dans un attentat dans la nuit du lundi 29 au mardi 30 juin. La cible était la la résidence à Sanaa de deux frères, des dirigeants de la rébellion chiite des Houthis où se déroulait une veillée funèbre. La veillée avait réunie les familles et les amis des victimes d'un précédent attentat. L'attaque a eu lieu près de l'hôpital militaire, dans le quartier Chaoub.
L'attentat, à la voiture piégée, a été revendiqué par le groupe Etat islamique (EI) dans un communiqué mis en ligne sur internet.
Revendication de l'Etat Islamique :

revendication de l'EI du 30 juin 2015.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Tir d'un missile Scud contre Riyad (Arabie saoudite)
Scud.jpg 

Il s'agit d'un développement très grave du conflit entre l'Arabie saoudite et les Chiites yéménites. Les forces yéménites fidèles de l'ancien président Saleh et alliées aux houthis ont  procédé au tir d'un missile Scud contre la base d'al-Salil de l'armée saoudienne dans la province de Riyad.
"Le missile a touché sa cible avec précision", a affirméle porte-parole militaire des militaires alliés aux Houthis, Charaf Ghaleb Luqman.

 

Jihadisme international

Norvège
Il semble que même la bienveillance scandinave ait une fin en ce qui concerne le traitement administré aux Jihadistes qui reviennent au pays.
Une peine de huit ans de prison vient d'être requise, mardi 30 juin, contre un jihadiste norvégien jugé à Oslo pour "soutien à une organisation terroriste". Il était poursuivi pour avoir combattu en Syrie.
Ce musulman de 24 ans, qui s'appelle Ishaq Ahmed selon la chaîne TV2, était parti pour la Syrie en octobre 2013. D'après l'accusation, il y a rejoint l'organisation État islamique avant de passer à Jabhat al-Nosra (Front al-Nosra), la branche syrienne d'al-Qaïda.
Des photos envoyées à un ami via Facebook, où il pose avec des armes de guerre, étaient une preuve à charge bien que le prévenu ait clamé son innocence, affirmant qu'il n'était en Syrie que pour des raisons humanitaires.
"Nous ne voyons pas de trace d'évocation d'un travail humanitaire ou de tentative de se procurer du matériel médical", a affirmé le procureur Geir Evanger.
Début 2014, blessé par balle à une jambe, Ishaq Ahmed avait franchi la frontière avec la Turquie et contacté l'ambassade norvégienne pour demander son rapatriement.
C'est le deuxième procès en Norvège pour soutien à une organisation terroriste en lien avec la guerre en Syrie. Lors du premier, trois hommes âgés de 25 à 30 ans avaient été condamnés en mai à des peines de quatre ans et neuf mois, quatre ans et trois mois, et sept mois de prison ferme.
 
Suède
Une jeune fille de 15 ans, disparue depuis le 31 mai 2015, a téléphoné à sa famille pour dire qu'elle était à Homs en Syrie avec son ami.
L'adolescente a expliqué qu'elle avait l'intention de rejoindre le Front al-Nosra (al-Qaïda en Syrie).
Les Suédois sont de plus en plus préoccupés par le nombre croissant de jeunes filles qui quittent l'un des pays les plus sûrs au monde pour rallier des groupes radicaux au Moyen-Orient. Une trentaine serait partie en Irak et en Syrie en 2014.
 La semaine dernière, le gouvernement suédois qu'il préparait une nouvelle législation visant à interdire à ses ressortissants de se battre dans des conflits armés au sein d'organisations terroristes comme l'Etat Islamique.
"Il est totalement inacceptable que des citoyens suédois rejoignent, financent ou se battent pour l'Etat Islamique," ont  écrit dans un article commun pour le journal Dagens Nyheter, le ministre de la Justice, Morgan Johansson, et le ministre de l'Intérieur, Anders Ygeman.

Paroles d’hommes politiques

Walid Joumblatt (Leader druze libanais)
Commentant la série d'actes terroristes qui ont frappé vendredi 26 juin 2015 plusieurs capitales et villes du monde, le chef du Rassemblement démocratique, Walid Joumblatt, a estimé lundi 29 juin que « nous vivons une guerre de valeurs et non de civilisations », expliquant qu'il s'agit d'« une lutte profonde entre les valeurs d'égalité, d'ouverture, de liberté, de pardon, et celles du blocage religieux, du sectarisme intellectuel et du fanatisme ».

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