29/06/2015

29 juin 2015 - Blog de Jean René Belliard sur le Moyen Orient et l’Afrique du nord

Une profonde tristesse à la nouvelle de la disparition de Charles Pasqua. Un homme politique truculent et efficace comme on les aime. Tous ceux qui ont eu à connaître les conflits libanais du siècle passé savent à quel point Charles Pasqua a joué un rôle essentiel, notamment dans l'affaire des otages et des attentats en France. Beaucoup de Français lui doivent la vie et ne le savent pas. Quel dommage qu’il ait passé les quinze dernières années de sa vie dans des querelles juridiques mesquines au regard des services rendus au peuple français.


Loups solitaires ou pas ?
Franchement une  question sans intérêt - d'abord pour ce qui concerne les victimes - ensuite parce que c'est le théâtre d'opérations qui décide du modus operandi : Dans les pays occidentaux, la seule possibilité pour les Jihadistes est d'agir en "loup solidaire" comme on dit...ce qui ne veut rien dire, tandis que dans les pays ravagés par les guerres civiles ou là où la sécurité est aléatoire, les Jihadistes peuvent agir en bandes.
Réflexions dans l’avant  dernière partie du blog.

Egypte

Attentat jihadiste au Caire - le procureur général est décédé
Hicham Barakat,  le procureur général égyptien a été gravement blessé lorsqu'une bombe a explosé à son passage, lundi 29 juin, dans le quartier chic de Héliopolis au nord du Caire. Il est décédé dans la journée à l'hôpital.
Le 21 mai 2015, la branche égyptienne du groupe Etat islamique (EI) avait appelé ses partisans à s'attaquer aux juges en riposte à la pendaison d'hommes reconnus coupables d'avoir mené des attaques au nom de l'organisation jihadiste. Quelques jours plus tôt, deux juges et un procureur avaient été tués par balle dans le nord du Sinaï (est), théâtre d'attentats jihadistes visant habituellement les forces de sécurité.
Hicham Barakat a déféré des milliers d'islamistes devant la justice, avec des centaines d'entre eux condamnés à mort, après la destitution par l'armée du président islamiste Mohamed Morsi en juillet 2013.

Israël

Israël conditionne son aide médicale aux rebelles syriens
Le ministre israélien de la Défense, Moshé Yaalon, a conditionné, lundi 29 juin,  l'aide humanitaire et médicale aux rebelles syriens. Cela dépendra de leur capacité à tenir les jihadistes à distance et à ne pas s'attaquer à la minorité druze.
"Un blessé arrive à la barrière" construite par Israël sur la ligne de démarcation, "vous devez l'aider", a expliqué un porte-parole de Moshé Yaalon à l'AFP. "Il se rétablit, vous le renvoyez et vous lui laissez un message à transmettre: si vous voulez que l'aide humanitaire continue, faites en sorte que les jihadistes restent loin de la barrière et, ensuite, laissez les Druzes tranquilles".
Jusqu'ici, Israël s'était gardé de prendre partie dans le conflit syrien et assurait s'en tenir au droit humanitaire en soignant les blessés qui arrivaient sur la partie du plateau du Golan contrôlé par l'Etat hébreu. Mais il y a une semaine, la guerre en Syrie a débordé sur le Golan et des Druzes, qui sont plutôt favorables à Bachar al-Assad,  ont attaqué deux ambulances. Ils ont  lynché deux blessés syriens, dont un à mort, parce qu'ils croyaient qu'ils étaient membres du Front al-Nosra (al-Qaïda en Syrie).
Israël compte une importante minorité druze surtout dans le nord. La plupart d'entre eux, soit environ 110.000 personnes, ont la nationalité israélienne et sont astreints au service militaire obligatoire, contrairement à d'autres minorités arabes. 20.000 autres Druzes vivent dans la partie occupée par Israël du plateau du Golan. Détenteurs d'un laissez-passer israélien sans avoir la nationalité, ils se considèrent comme Syriens. De l'autre côté de la ligne de démarcation, leurs coreligionnaires se sentent désormais menacés par les groupes rebelles et jihadistes qui ont pris pied dans la région.

Encore une attaque au couteau
Une Palestinienne a blessé au couteau, lundi 29 juin, une soldate israélienne au checkpoint installé par l'Etat hébreu près du tombeau de Rachel, à la frontière entre Jérusalem et Bethléem.

checkpoint tombeau de Rachel.jpgLe check point
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L'assaillante palestinienne a été aussitôt arrêtée. On a trouvé sur elle deux couteaux. Elle est actuellement interrogée par le Shin Bet, le service général de sécurité.

couteau utilisé le 29 juin au checkpoint tombeau de Rachel.jpgL'un des couteaux saisis

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La soldate, blessée au cou a été prise en charge par l'ambulance "Magen David Adom", et transportée à l'hôpital, "Hadassah Ein Kerem". Elle se trouve dans un état stable et ses jours ne sont pas en danger
A l'occasion des célébrations musulmanes du ramadan, Israël a allégé certaines conditions d'entrée dans la Ville sainte pour les Palestiniens de Cisjordanie occupée. Les checkpoints qui entourent Jérusalem sont donc plus engorgés qu'en temps normal.
Les attaques au couteau, qui se multiplient en Israël, ont également fait leur apparition dans des pays occidentaux, comme l'Australie, les Etats-Unis ou le Canada. 

Libye

Après les combats entre Islamistes, les affrontements continuent entre Islamistes et l'armée libyenne du général Haftar
A Derna, une ville islamiste de l'est libyen, es combats entre les Jihadistes de l'Etat islamique et le CCMD (Conseil Consultatif des Moujahiddine de Derna) se sont soldés par l'expulsion des Jihadistes de la ville. Mais Derna n'en a pas fini pour autant avec la violence. De violents combats ont eu lieu à l'ouest de la ville entre les miliciens du CCMD et les soldats libyens commandés par le général Khalifa Haftar. On a appris que Hassan al-Harir, un des commandants des Islamistes du CCMD avait été tué au cours deces affrontements.

Hassan al-Harir commandant tué du CCMD.jpgHassan al-Harir

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Front syrien

Alep
Secteur de Khaldiya. Les rebelles bombardent aux missiles les positions de l'armée syrienne.
Vidéo mise en ligne le 29 juin :
http://www.liveleak.com/ll_embed?f=e1c524d94369
 
Damas
Un obus de mortier tiré par les rebelles a tué trois personnes et en a blessé 12 autres samedi 27 juin sur un marché du nord-est de Damas. Le tir a visé un marché du quartier de Saroudjah.
 
Hassaké
Les combats sont toujours intenses à Hassaké. Les Jihadistes de l'Etat Islamique ont encore envoyé trois voitures piégées contre les positions de l'armée, tuant douze soldats syriens, dimanche 28 juin. Les attaques kamikazes ont eu lieu dans deux quartiers du sud de la ville où se déroulent le gros des combats. L'une d'elle a été contrée par l'armée qui a réussi à détruire un camion piégé avant qu'il n'atteigne sa cible. De leur côté, les Jihadistes ont eu neuf morts dans leurs rangs.
L'armée syrienne a envoyé des renforts dans la ville pour déloger les combattants de l'EI et les raids aériens de l'armée de l'air syrienne n'ont pas cessé d'attaquer les positions des Jihadistes dimanche 28 et lundi 29 juin.
A noter que des membres de la tribu Shaitat ont participé aux combats aux côtés des soldats de l'armée syrienne. La tribu Shaitat est cette tribu dont l'Etat Islamique a exécuté 900 membres pour avoir pris les armes contre lui.
La résistance de l'armée aux assauts des Jihadistes est dirigée par le célèbre général Issam Zaher ed-Din. Il commande le 104ème régiment aéroporté des Gardes Républicains et les éléments armés de la tribu Shaitat.

Général Issam Zaher ad-Din.pngGénéral Issam Zaher ed-Din à droite

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le général Issam Zaher ad-Din à droite.
Lundi 29 juin, dans la matinée, l'armée syrienne annonçait avoir repris le quartier résidentiel de Nachoua pris jeudi 25 juin par l'Etat islamique (EI). Ce quartier se trouve au sud de la ville.
Les forces kurdes ne se sont pas engagées dans les combats, se bornant à défendre les zones sous leur contrôle, en majorité dans le nord et le nord-ouest de Hassaké.
Les miliciens kurdes Asayish ont mis en ligne une vidéo de leur combat à l'intérieur de la ville. Les Asayish sont les forces de sécurité officielles des Kurdes syriens.

Combattant kurde Asayish.jpgCombattants Asayish


http://www.liveleak.com/ll_embed?f=e9dfc0c3714f

 

 

Bataille de Deraa (frontière jordanienne)
La bataille "Tempête du Sud"  pour le contrôle de la ville de Deraa se poursuit et ne tourne pas, pour l'instant, à l'avantage des rebelles.
Les jihadistes du Front al-Nosra (al-Qaïda en Syrie) se retirent de la bataille
On ne sait pas trop ce qu'il s'est réellement passé mais il apparaît que les Jihadistes du Front al-Nosra se soient retirés de la bataille. A priori, cela n'est pas pour déplaire au Pentagone dont les représentants en Jordanie contribuent au commandement de l'offensive. Le problème est que ce retrait a été soudain et non coordonné.
La raison semble la suivante : les avions de l'armée de l'air syrienne sont venus bombarder une réunion de commandants des brigades qui participent à l'offensive "Tempête du Sud" dans la prison Ghazer à proximité des dépôts de céréales al-Naimeh, au sud-est de Deraa. Cette prison centrale avait été prise par l'Armée syrienne libre (ASL) en mars 2014.
Le front dénonce un guet apens
Il y aurait eu cinq victimes parmi les dirigeants du Front al-Nosra. Le Front a alors accusé al-Jeich al-Awwal (la première armée en arabe), qui participe à la coalition du Front du Sud, d'être de mèche avec le pouvoir. Et pour étayer ses accusations, il explique que le lieu de la réunion avait été déplacé trois fois avant de décider en dernier ressort qu'elle se tiendrait dans la prison. Or, quatre minutes avant le raid, le représentant de Jeich al-Awwal a quitté le lieu de la réunion.
« Ce qui s'est passé nous pousse à nous résoudre à nous retirer des tous les accords et de toutes les cellules d'opérations, et à nous contenter de défendre nos sièges », a expliqué le Front al-Nosra.

communique_nosra_tempete_sud.jpgDéclaration du Front al-Nosra

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

A noter qu''un responsable de la cellule de commandement Mok a également été tué au cours de l'attaque aérienne. La cellule est située en Jordanie. Des officiers occidentaux travaillent avec des officiers saoudiens, qataris et Jordaniens, au sein de cette cellule, laquelle planifie et commandite les attaques des milices dans le sud syrien.
Sur le terrain :
Sur le terrain, les rebelles poursuivent leurs bombardements des positions de l'armée syrienne. La vidéo ci-dessous montre le tir de roquettes géantes, visiblement home made :
http://www.liveleak.com/ll_embed?f=fda5395742da
Mais les soldats syriens résistent bien et marquent également  des points. Dimanche 28 juin, profitant sans doute du retrait des Jihadistes du Front al-Nosra. Ils ont repris le contrôle de la centrale électrique, infligeant à leurs adversaires de lourdes pertes.

soldats syriens.jpgSoldats syriens à Deraa
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Province de Homs
Un hélicoptère MIL Mi-8 a été abattu, dimanche 28 juin, par les rebelles dans la province de Homs. L'hélicoptère lançait des barils d'explosifs. Le pouvoir a reconnu la perte de cet hélicoptère.
Vidéo :
http://www.liveleak.com/ll_embed?f=f3681be36101
 
Qalamoun (région frontalière du Liban)
Cette vidéo montre l'attaque et la destruction d'un véhicule du Hezbollah dans le Qalamoun à l'aide d'un missile TOW 9M113 ATGM. L'action a eu lieu le 28 juin dans le Qalamoun occidental :
http://www.liveleak.com/ll_embed?f=f3681be36101

Front yéménite

La raffinerie du port d'Aden à nouveau sous les bombes
Les rebelles chiites houthis ont bombardé, lundi 29 juin, pour la deuxième fois en deux jours, la raffinerie d'Aden.
"Il y a eu aujourd'hui une nouvelle attaque à la roquette qui a visé un réservoir vide", a dit Nasser Shayef, l'un des responsables de la raffinerie. "Heureusement les réservoirs où il y a du pétrole et du gazole n'ont pas été touchés mais nous craignons le pire si le bombardement reprend."
La raffinerie est située dans le secteur de Bouraikah, dans les faubourgs au nord-ouest de la ville. Une première attaque samedi avait déclenché sur un réservoir un incendie qui n'a été maîtrisé que lundi. 

Jihadisme international

"Loups solitaires" ou pas ?
Les autorités françaises ou d'autres pays occidentaux se donnent beaucoup de mal pour savoir si un attentat commis sur son sol est le fait d'un "loup solitaire" ou pas, sans comprendre que cela ne change pas grand chose en fait.
Prenons l'exemple de ce qui s'est passé vendredi 26 juin. Près de 100 personnes ont été tuées en quelques heures le même jour quand trois attaques terroristes ont frappé la France, le Koweït et la Tunisie. De nombreuses autres ont été blessées. Parmi les victimes on trouve un directeur de société à Lyon, des Chiites au Koweït et des touristes en Tunisie.
 On a dit que les attaques avaient une relation avec le mois de Ramadan, qui a commencé le 18 Juin, et l'anniversaire de la création du califat d'Etat islamique, qui a été proclamée le 29 Juin 2014.
 Il  n'y a aucune preuve, en termes juridiques tout au moins,  que les attaques aient été coordonnées entre la France, le Koweït et la Tunisie. On sait que ll'État islamique a revendiqué la responsabilité des attentats qui ont eu lieu au Koweït et en Tunisie. Il n'a rien revendiqué pour ce qui concerne la France. Cela n'a pas une grande importance car l'organisation jihadiste a de nombreuses fois appelé les Musulmans à travers le monde à tuer les "mécréants" et les "infidèles" par tous les moyens à leur disposition. Il est évident que le terroriste qui a décapité un chef d'entreprise et mis un drapeau portant des inscriptions à caractère islamiste (même si ce n'était pas à proprement parlé un drapeau du califat islamique) a été inspiré par l'Etat Islamique.
Etat Islamique ou al-Qaïda ?
Le fait de savoir si un terroriste est plutôt lié à l'Etat Islamique ou al-Qaïda n'est pas non plus important en soi. Les Islamistes qui décident de passer à l'acte dans des pays éloignés des zones de conflit (Irak, Libye, Syrie, Yémen) ne sont pas autant concernés que ceux du champ de bataille pour lesquels s'ajoute la dimension du contrôle d'un territoire. Et là, il y a de fait une concurrence violente entre l'EI et al-Qaïda.
Deux modus operandi  : l'attaque en solitaire
Dans les pays occidentaux, il s'agit plutôt de terroristes isolés (loups solitaires comme on les appelle et qui ne veut rien dire). Même les frères Kouachi ou Koulibali, responsables de l'attaque de Charlie Hebdo ou du supermarché cacher, étaient des "loups solitaires" si on veut. Pourtant, ils obéissaient à la même logique : celle de tuer les blasphémateurs du prophète ou les incroyants. Le bombardement du marathon de Boston en 2013, la fusillade lors d'une exposition à Garland, au Texas, en 2015, l'assassinat de Lee Rigby au Royaume-Uni en 2013, et la crise des otages dans un café de Sydney en 2014 tombent également dans cette catégorie.
L'attaque en groupe
Il y a également les attaques en groupes ou katiba. Ces groupes sont la plupart du temps affiliés à l'une ou l'autre des grandes organisations jihadistes, al-Qaïda ou l'Etat Islamique. Il est évident que des groupes de jihadistes ne peuvent être opérationnels que dans les zones de non-droit, ce qui est rarement le cas dans les pays occidentaux. A part peut être dans certaines banlieues où les forces de l'ordre (et les hommes politiques) ne sont pas toujours très à l'aise pour exécuter leur mission de garantir le droit constitutionnel à la paix et la sécurité.  Les attaques en groupes ont lieu principalement à travers le Moyen-Orient et en Afrique du Nord. On peut citer, par exemple,  l'attaque d'un champ gazier algérien en 2013, l'attaque du Westgate Shopping Mall au Kenya en 2013, et le bombardement par les Shebabs d'une base militaire de l'Union africaine en Somalie, le 26 juin 2015. A noter que cette attaque a eu lieu le même jour que les attentats en Tunisie, en France et au Koweït .
Les attaques terroristes en forte hausse
Les attaques terroristes ont augmenté de 35% entre 2013 et 2014, et les décès de 81%. L'Etat Islamique est responsable du plus grand nombre de ces attaques et de ces décès. Deux affiliés d'al-Qaïda, les talibans afghans et les Shebabs somaliens, suivent derrière l'Etat Islamique. Boko Haram, au Nigéria, est le quatrième groupe terroriste le plus meurtrier.  
En ce qui concerne l'Etat Islamique, ses attaques ont augmenté de 429 en 2013 à 1 083 en 2014. Le nombre des personnes décédées au cours de ces attaques est passé de 1752 à 6286 au cours de la même période.
La stratégie occidentale contre les organisations jihadistes ne fonctionne pas
Pourtant, on n'a pas lésiné sur les moyens pour mettre un terme à l'activité de cette organisation. Une coalition internationale bombarde presque chaque jour les cibles de l'EI en Irak, comme en Syrie. Pourquoi est-elle un échec ? Parce qu'on ne veut pas mettre de soldats sur le terrain - c'est compréhensible. Alors, pour pallier à l'occupation physique du terrain, on a fait appel à des milices qui posent des problèmes soit sur le plan confessionnel soit sur le plan ethnique : les milices chiites en Irak et les milices Kurdes en Irak et en Syrie. Cela contribue à exaspérer la communauté arabe sunnite qui, du coup, se rallie à l'Etat Islamique.
La conclusion est donc évidente. Les stratégies actuelles ne fonctionnent pas. Non seulement on n'a pas affaibli l'Etat Islamique mais la menace s'est étendue à un grand nombre de pays.
85% de Musulmans à travers le monde n'apprécient pas l'Etat Islamique - mais 42 millions l'approuvent
Le problème est que le monde est confronté à une interprétation extrémiste de l'Islam qui aspire à devenir universelle alors que le reste du monde n'en veut pas.  C'est donc à l'intérieur de l'Islam sunnite que le problème doit être discuté et résolu. Selon les résultats d'études récentes, 85% des Musulmans n'approuvent pas l'Etat Islamique. Il reste que plus de 40 millions de Musulmans à travers le monde voient plutôt l'Etat Islamique d'un œil favorable. Cela fait beaucoup de monde !

Déclarations d’hommes politiques

Ahmed Fatfat (député libanais)
Ahmed Fatfat est un député libanais membre du Courant du Futur, un parti sunnite qui fait partie du camp souverainiste dit du "14 mars". Ahmed Fatfat est considéré comme proche de milieux intégristes musulmans.
Il a condamné avec la plus grande fermeté, le 28 juin 2015, les attentats survenus en France, au Koweït et en Tunisie :
« Ce qui s'est produit au Koweït, en Tunisie et en France est un message très douloureux pour tous les Arabes et les musulmans. Il mutile l'image de ces derniers dans le monde entier, d'autant que la bataille pour la modernité n'a pas commencé aujourd'hui, mais il y a près de deux siècles, avec la Nahda (...). Il est inadmissible de revenir actuellement à l'ère de la décadence », a-t-il indiqué.
« Certaines images barbares dont nous sommes témoins dans les mosquées, avec le massacre de fidèles et l'agression contre des touristes (...) n'ont rien à voir avec l'islam. Il s'agit d'une mutilation de l'image de l'islam et des musulmans. Notre lutte vise à défendre cette image de l'islam tolérant et civilisé qui s'est répandu de l'Espagne à l'Inde, qui a construit les premières écoles de médecine en France, dont la culture a rayonné dans l'ensemble du monde. Or, voilà que nous sommes aujourd'hui source de mépris de la part du monde entier, qui nous regarde comme si nous étions une horde de barbares qui ne souhaite que tuer et qui ne peut s'affirmer qu'en coupant des têtes. Je ne pense pas que quiconque d'entre nous en soit fier », a poursuivi M. Fatfat.
Et d'ajouter : « Nous sommes face à une bataille très délicate (...) et devons poursuivre sur la voie de la modération, qui est la ligne principale et essentielle pour cette région et pour les Arabes, toutes communautés confondues (...). Plusieurs incidents qui se produisent en Syrie (...) nous font nous poser des questions : qui a créé cet extrémisme aveugle ? Qui le finance et le soutient ? (...). »
A propos de la guerre civile en Syrie :
« La cause du peuple syrien est juste. Elle est volonté de justice, de liberté, de démocratie, de construction d'une civilisation. Et voilà qu'elle est mutilée et présentée comme terroriste. Le boucher de Damas peut désormais prétendre qu'il protège les libertés face à l'extrémisme, alors que c'est lui qui a créé l'extrémisme », a relevé Ahmad Fatfat, évoquant la connivence entre le radicalisme et le régime syrien lors des événements de Denniyé en 2000 et de Nahr el-Bared.
« Notre bataille doit être claire. Il s'agit de la bataille de la modération, qui signifie le droit, la citoyenneté, l'équilibre et la justice entre les citoyens, la liberté et la dignité », a-t-il noté.
 
Eric Ciotti
Eric Ciotti est un député du Parti Les Républicains. Il a déclaré sur BFMPolitique, dimanche 28 juin, à propos de la lutte contre le terrorisme :
"Nous attendons des actes très concrets. Moi je réclame une stratégie globale, une loi-cadre sur la lutte contre le terrorisme."

Jean René Belliard

 

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