25/06/2015

25 juin 2015 - Blog d’information sur les évènements du Moyen Orient

L’Etat Islamique est reparti à l’offensive contre des localités d’où ses adversaires pensaient l’avoir chassé définitivement. A Kobane comme à Hassaké, dans le nord syrien, les combats ont repris à grande échelle. La tactique de l'EI n'a pas changé : attaques suicides et exécutions filmées pour être diffusées sur les réseaux sociaux.


Front irakien

Ramadi
Des jihadistes de l'Etat islamique (EI) ont fait exploser une voiture piégée et ouvert le feu sur des soldats irakiens jeudi dans le secteur de Nadhim al-Taksim, dans la province sunnite d'al-Anbar. 14 militaires ont été tués et 27 autres blessés.

Iran

Les négociations sur le nucléaire iranien pourraient se prolonger après le 30 juin (suite)
Les négociations internationales pour trouver un accord sur le programme nucléaire iranien pourraient se prolonger au-delà de l'échéance fixée au 30 juin, a indiqué jeudi 25 juin un diplomate américain.
"On ne le fera peut-être pas pour le 30 juin, mais on en sera proche", a confié ce haut responsable du département d'Etat à la veille du départ pour Vienne de son ministre John Kerry, pour participer à la dernière ligne droite des tractations entre les grandes puissances et l'Iran.

Israël

Lynchage de blessés syriens (suite)
La police israélienne a annoncé jeudi 25 juin avoir arrêté trois nouveaux suspects après le lynchage lundi dans la partie du Golan annexée par Israël de deux blessés syriens par 150 à 200 Druzes. Les rebelles syriens avaient été pris en charge par une ambulance israélienne pour être soignés dans un hôpital.

Liban

Tortures dans la prison de Roumieh (suite)
Le premier juge d'instruction militaire, Riad Abou Ghida, a émis jeudi 25 juin des mandats d'arrêt à l'encontre des cinq agents des Forces de sécurité intérieure (FSI) détenus dans le cadre de l'enquête sur les vidéos relatives aux sévices subies par des détenus islamistes à la prison de Roumieh, rapporte la LBCI.
Deux vidéos montrant des gardiens tabassant des prisonniers en les frappant avec des tuyaux en plastique ont suscité un tollé sur les réseaux sociaux durant le week-end.

Front syrien

L'Etat Islamique repart à l'offensive dans le nord syrien
L'Etat islamique est reparti à l'offensive contre deux villes clés du nord de la Syrie : Aïn el-Arab (Kobane en Kurde) et Hassaké.
Kobane
Les jihadistes de l'Etat islamique sont entrés à nouveau, jeudi 25 juin, dans la ville kurde syrienne de Kobané (Aïn el-Arab en arabe). Ils avaient déjà tentés de s'emparer de la ville à partir de septembre 2014 mais avaient été repoussés en janvier 2015 à l'issue d'une résistance héroïque des miliciens kurdes de l'YPG appuyés par les avions de la coalition internationale patronnée par les Etats Unis.
La ville n'est plus aujourd'hui qu'un champ de ruines et seuls quelques habitants sont revenus occuper leurs maisons ou ce qu'il en reste.
La menace jihadiste pèse à nouveau sur la ville ce jeudi 25 juin. Selon leur habitude, les Islamistes ont accompagné leur attaque par plusieurs  attentat suicides.  La première voiture kamikaze bourrée d'explosifs  a coûté la vie à au moins huit personnes et blessé 38 autres. Le Jihadiste est arrivé à partir du poste frontière syro-turc de Mursitpinar. Aussitôt après l'explosion, les Islamistes  se sont lancés contre les forces kurdes vers le centre de la ville et notamment le quartier de Kaniya Kurda près de l'hôpital du secteur de Gamarg où les combats ont fait rage toute la journée.
L'assaut des Islamistes a été lancé de trois côtés à la fois, y compris à partir de la Turquie. Ils étaient habillés en uniforme des miliciens kurdes de l'YPG et de l'Armée Syrienne Libre. De nombreux Jihadistes portaient des ceintures d'explosifs, prêts à se faire sauter au milieu de leurs adversaires. Deux autres voitures kamikazes ont d'ailleurs été lancées contre les positions druzes,
Les Kurdes ont aussitôt dépêché des renforts pour faire face à l'assaut de l'Etat Islamique.
Les Kurdes et le pouvoir syrien accusent naturellement la Turquie d'avoir facilité l'entrée des Islamistes dans la ville de Kobane à partir de leur territoire.
Par ailleurs, on a appris que 20 Kurdes avaient été exécutés par les Jihadistes dans un village proche de Kobane.
Hassaké
Capitale de la province du même nom, au nord est de la Syrie, la ville de Hassaké est divisée entre une zone contrôlée par les forces loyalistes et une zone contrôlée par les miliciens kurdes de l'YPG.
L'EI avait lancé le 30 mai 2015 une offensive pour tenter de capturer la ville mais avait été mis en échac après de violents combats avecl'armée et les forces kurdes.
Mardi 23 juin, les Jihadistes de l'Etat Islamique avaient lancé une triple attaque kamikaze contre ses adversaires à Hassaké. C'était le prélude d'une nouvelle offensive contre la ville et il semble que les Jihadistes aient réussi à s'emparer de plusieurs secteurs de la ville au cours de la nuit du mercredi 24 au jeudi 25 juin. Les quartiers tombés entre leurs mains sont situés dans le secteur contrôlé par le gouvernement syrien. Les combats de la nuit auraient été très meurtriers et des dizaines de soldats et de Jihadistes auraient perdu la vie au cours des affrontements.
 
Damas
Les Jihadistes de l'Etat islamique (EI) ont décapité 12 hommes présentés comme membres de groupes rebelles rivaux dans la région de Damas.
Ils ont diffusé les images de ces décapitations. Sur la vidéo diffusée jeudi 25 juin, on peut voir la "confession" de certaines des 12 victimes, dont trois disent être membres de Jaïsh al-Islam, l'un des principaux groupes rebelles dans la région de Damas, et un quatrième du Front Al-Nosra, branche syrienne d'al-Qaïda.
Vêtus d'une tenue orange, les 12 hommes, que l'EI affirme avoir capturés lors d'une bataille, sont menés en ligne dans le désert où ils sont égorgés puis décapités. Ils ne portent pas de barbes, bien qu'ils disent appartenir à des groupes rebelles islamistes, ce qui laisse penser que les jihadistes les ont rasés en signe d'humiliation.
 
Deraa (Sud syrien)
J'ai indiqué hier qu'un chef rebelle avait annoncé l'imminence d'une offensive contre la ville de Deraa tenue par les forces loyalistes.
Les rebelles de la Coalition du Front du Sud semblent être passés à l'action ce jeudi 25 juin. Ils ont lancé une attaque contre les secteurs loyalistes de la ville en commençant par le secteur de Kherbet G`azalea. Leurs instructions sont ensuite de remonter vers le nord.
Les troupes loyalistes sur place sont les rangers de l'AAS et la 15ème division des Opérations Spéciales.
Parmi les groupes qui participent à l'offensive du côté des rebelles, on trouve la branche syrienne d'al-Qaïda, le Front al-Nosra, ainsi que le groupe islamiste Ahrar ach-Cham. Pour l'instant, les affrontements se limitent à des bombardements à l'artillerie et aux mortiers des positions tenues par l'armée syrienne. 
Le pouvoir n'a pas l'intention d'abandonner la ville de Deraa et l'armée de l'air syrienne a procédé à 300 raids aériens contre des positions rebelles au cours de dernières 12 heures.
 
Tir d'une roquette sur la Jordanie depuis la Syrie
Est-ce pour punir la Jordanie d'abriter le centre de commandement des rebelles de la coalition du Front du Sud qu'une roquette a été tirée ce jeudi 25 juin ?
La roquette tirée depuis la Syrie s'est abattue à Al-Ramtha, au nord de la Jordanie. Elle a tué un jeune homme de 20 ans et en a blessé quatre autres. 

Front yéménite

Les miliciens chiites prennent d'assaut un poste frontière saoudien
Une vidéo mise en ligne le 24 juin montre les miliciens chiites d'Ansarullah prenant d'assaut un poste saoudien à la frontière entre l'Arabie saoudite et le Yémen et le détruisant :
https://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=84udsqqJr30
 
Les morts s'accumulent à la frontière entre l'Arabie saoudite et le Yémen
Plus de 40 personnes, la plupart des militaires, ont été tuées à la frontière entre l'Arabie saoudite et le Yémen depuis le 26 mars 2015, date à laquelle a commencé la campagne aérienne sous commandement saoudien contre les Houthis au Yémen.
Deux soldats des forces terrestres ont trouvé la mort mercredi 24 juin à l'heure de la rupture du jeûne musulman du ramadan, à la suite d'un tir d'obus en provenance du territoire yéménite dans la secteur de Jazan.
Un garde-frontière a aussi été tué au poste frontalier d'Alab, dans la région d'Assir.
Lundi 22 juin, un sous-officier des Emirats arabes unis, qui participe à la coalition, a été tué dans des échanges de tirs avec les rebelles chiites Houthis dans le secteur de Najrane. C'est ce qu'a annoncé un communiqué publié par l'agence officielle saoudienne SPA. Les Houthis ont démenti cette version. Ils affirment que l'officier émirati avait été tué dans la ville portuaire d'Aden (sud).
Et d'ajouter: « le sous-officier émirati faisait partie de 11 soldats émiratis arrivés il y a quelques jours à Aden ».
« Il a été tué lors d'affrontements avec l'armée et Ansarullah dans la région de Bir Fadl ».

...et à Aden
Quatre civils ont été tués et une trentaine d'autres blessés jeudi 25 juin à l'aube par des tirs des rebelles chiites Houthis sur des quartiers tenus par les forces fidèles au président Abd Rabbo Mansour Hadi.
Des obus de mortier ont touché la résidence universitaire de la ville où des centaines de déplacés avaient trouvé refuge, tuant deux civils et blessant de nombreuses autres personnes, dont des femmes et des enfants.
D'autres obus ont explosé près d'un restaurant, tuant deux personnes et en blessant 16 autres.
Les combats n'ont jamais cessé à Aden entre d'un côté les miliciens chiites Houthis et leurs alliés, des militaires fidèles à l'ex-président Ali Abdallah Saleh, et de l'autre des comités de "résistance populaire". Ces comités sont formés de combattants sudistes, de militaires loyaux au président Abd Rabbo Mansour Hadi, de miliciens tribaux sunnites et de simples volontaires.
Ces comités opposent une farouche résistance aux rebelles houthis pour les empêcher de prendre le contrôle d'Aden.
La population civile souffre énormément de ces combats. Elle manque de tout et n'a pas accès aux soins médicaux. les conditions d'hygiène sont pitoyables et des maladies comme la dengue, le typhoïde et le paludisme ont fait leur apparition.
 
L'armée de l'air U.S. poursuit ses attaques de cibles d'al-Qaïda
Quatre membres présumés d'al-Qaïda ont été tués dans une attaque de drone américain dans le sud-est du Yémen.
L'attaque de drone s'est produite mercredi soir 24 juin. Le drone a pris pour cible une voiture transportant quatre hommes dans un camp militaire de la ville de Moukalla, capitale de la province du Hadramout, tombée en avril 2015 aux mains d'al-Qaïda.  Les quatre Jihadistes, dont un chef local, ont été tués.
Ce même mercredi soir, un autre véhicule d'al-Qaïda a été visé par une attaque de drone dans la ville de Ghil Bawazir, de la même province, mais on ignore s'il y a des victimes.

Jihadisme international

Australie
J'ai parlé hier de la répulsion et la colère des Australiens lorsqu'ils ont vu le fils d'un Jihadiste portant à la main la tête d'un soldat syrien décapité. Il s'agissait du fils (9 ans) de Khaled Charrouf, d'origine libanaise.
Khaled Charrouf et un autre "Australien", Mohammed Elomar, auraient été tués par une attaque de drone la semaine passée. Le corps d'Elomar aurait été retrouvé après l'attaque, pas celui de Charrouf.

Elomar et Charrouf.jpg

Elomar et Charrouf

 

 

 

 

 

 

 

 

Jean René Belliard

 

 

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