19/06/2015

19 juin 2015 - Conflits du Moyen Orient et d'Afrique du nord

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Autorité Palestinienne (AP)

Colonie israélienne de Donev / Ramallah
Deux Israéliens ont été visés par des tirs, vendredi 19 juin à 16H30, à l'intersection du quartier A-Parsa dans la colonie de Dolev dans le district de Binyamin, au nord-ouest de Ramallah. L'une des victimes a été très grièvement blessé. Il a été évacué à l'hôpital dans un hélicoptère militaire où il est décédé. Le second est plus légèrement atteint et a été évacué dans une ambulance.
L'attaque est survenue près de la colonie israélienne de Dolev, au nord-ouest de Ramallah. Les deux hommes, des civils, ont été touchés alors qu'ils se trouvaient dans une voiture après avoir effectué une randonnée pédestre pour visiter une source. Selon les premiers éléments de l'enquête. "Un Palestinien s'est approché du véhicule et leur a demandé de s'arrêter, il leur a demandé s'il y avait de l'eau dans la source, puis il a sorti une arme et leur a tiré dessus à bout portant", a indiqué un porte-parole de l'armée, le lieutenant-colonel Peter Lerner.  L'armée a lancé des recherches pour retrouver les auteurs de l'attaque. Pour l'instant, aucune revendication de l'attaque n'a été communiquée.

 

2015-06-19 attaque Ramallah.jpg

Attaque de deux Israéliens

Il faut savoir que les autorités israéliennes ont réduit le régime d'isolement des territoires palestiniens à l'occasion du ramadan.

 

 

 

 

 

Arabie saoudite

La Russie fait des efforts pour améliorer ses relations avec le monde sunnite et signe un accord sur le nucléaire avec l'Arabie saoudite
L'Arabie saoudite et la Fédération de Russie ont signé six accords de coopération dans le domaine de l'énergie nucléaire. Cela a été annoncé lors d'une visite en Russie d'un représentant de la famille régnante du royaume.
Les accords concernent la construction et la gestion par les Russes de 16 réacteurs nucléaires en Arabie saoudite.
En outre, un accord a été signé sur la coopération  entre les deux pays dans le domaine de la recherche spatiale et le développement d'infrastructures.
Salman Ben Muhammad ben Abdel aziz et Poutine.jpg

Le vice-prince héritier, Salman ben Muhammad ben Abdel Aziz a rencontre le président russe, Vladimir Poutine, à Saint-Pétersbourg parle. Ils ont discuté des moyens de développer la coopération bilatérale et d'accroître les échanges entre les deux pays.
En outre, le ministre du pétrole du royaume, Ali Brahimi, s'est entretenu avec le ministre russe de l'Energie, Aleksey Novak,  sur une coopération dans l'industrie du pétrole et du gaz.

 

 


Liban

Ersal
Le Hezbollah a bombardé un groupe de combattants de l'Etat Islamique à Kharbat Hamam, aux abords du jurd d'Ersal  (Békaa). Un dirigeant de l'organisation salafiste et 6 de ses hommes auraient péri au cours de l'attaque. Deux véhicules de l'EI auraient également été détruits par la même occasion.
Le chef du groupe, tué au cours des tirs, s'appellerait Abou Aïcha al-Libi (le libyen). Il s'agit bien évidemment de son nom de guerre.

Libye

Al-Qaïda dément à son tour la mort du chef jihadiste Belmokhtar
Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI) a démenti la mort du chef jihadiste algérien Mokhtar Belmokhtar dans une frappe américaine le week-end dernier en Libye; Un communiqué à ce sujet a été mis en ligne dans la nuit du jeudi 18 au vendredi 19 juin 2015.

Mokhtar Belmoktar.pngBelmokhtar

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


"Le moujahid Khaled Abou al-Abbas est toujours vivant et se porte bien", indique le communiqué d'AQMI posté sur des sites jihadistes. Khaled Abou al-Abbas est l'alias de Belmokhtar.
Dans un communiqué cité jeudi par l'agence privée mauritanienne Al-Akhbar, le groupe Al-Mourabitoune de Belmokhtar avait déjà démenti la mort de son chef dans cette frappe dans l'est de la Libye.
Dans un communiqué mardi, le groupe jihadiste libyen Ansar Ach-Charia avait démenti que Belmokhtar fasse partie des "sept martyrs tués" dans le raid aérien qui avait visé une ferme près d'Ajdabiya, à 160 km au sud de Benghazi.
Le Pentagone s'était également refusé à confirmer la mort de Belmokhtar.
Rappelons que Belmokhtar était responsable  de la prise d'otages meurtrière d'Im Amenas en Algérie, en janvier 2013.
Sa tête a été mise à prix par Washington pour cinq millions de dollars.
En mai 2015, Belmokhtar avait réaffirmé la loyauté de son groupe à al-Qaïda et démenti les rumeurs d'allégeance à l'Etat islamique (EI). C'est un autre dirigeant de l'organisation al-Mourabitoun qui avait annoncé son allégeance à l'Etat Islamique, ce qui a laissé supposer qu'il y pourrait y avoir une scission au sein de ce groupe jihadiste.

communiqué de la mort de Mokhtar Belmoktar.jpg

 

 

 

Communiqué de l'AQMI

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Front syrien

Ouest D'Alep
Mercredi 18 juin, les rebelles syriens ont attaqué avec succès sur de nombreux fronts à travers le pays.
Dans la ville d'Alep,la salle des opérations Jabhat al-Shamiya  (Le Front du Levant) a relancé une offensive qui avait été interrompue au début du mois en raison d'une offensive de l'Etat islamique au nord d'Alep. Cette offensive de l'EI avait forcé les rebelles à détourner leurs forces pour y faire face.
Le gros des combats menés par Jabhat al-Shamiya a concerné les zones situées à l'ouest de la ville d'Alep. Mardi 17 juin, les rebelles ont pris aux forces loyalistes des bâtiments à Layramoun et ils ont poursuivi leur progression, mercredi 18 juin, en occupant une partie d'al-Rashidin et d'al-Jazira. Ils tentent actuellement deprogresser vers Khalidiya.
Il est encore trop tôt pour dire si l'offensive est un simple test des capacités de défense des forces loyalistes ou s'il s'agit d'une véritable offensive destinée à prendre des secteurs contrôlés par l'Armée Arabe Syrienne.
La situation est confuse en ce qui concerne le sort du complexe de recherche militaire près d'al-Rashidin. Les rebelles prétendent l'avoir occupé tandis qu'une source proche du pouvoir prétend le contraire.
Les rebelles ont également pris le contrôle de plusieurs secteurs  du village de Bashkoy, au nord de la ville d'Alep. Le village était entre les mains de l'Armée Arabe Syrienne depuis février 2015. 

Vidéo d'un obus explosant à proximité d'un groupe de rebelles en train de célébrer leur victoire à Khalidiya ;
http://youtu.be/xvXthyzFhxI
Vidéo à l'intérieur d'al-Rashidin avec les combattants :
https://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=pQeSnFWg_Pc
Vidéo des combats à l'intérieur d'al-Rashidin :
https://www.youtube.com/watch?v=Vc99iJXNAhY&feature=player_embedded

Au nord d'Alep - la ville de Sauran
Au nord d'Alep, le Front du Levant (Jabhat ach-Chamiya) poursuivent leurs attaques pour tenter de  reprendre aux Jihadistes de l'Etat Islamique qui s'en sont récemment emparée, la ville de Sauran, dans le nord de la province d'Alep près de la frontière turque.

Province d'Edleb
Dans la province d'Edleb, au nord-ouest de la Syrie, Jeich al-Fateh (l'armée de la conquête) a lancé une nouvelle offensive pour tenter de prendre la ville de Frikka, la dernière position significative du pouvoir dans cette  province entièrement contrôlée par les rebelles. La localité de Frikka et la position de la "scierie» sont aussi les dernières défenses du pouvoir entre Edleb et l'autostrade qui mène vers le gouvernorat de Lattaquié.
Les rebelles ont attaqué, mercredi 18 juin, la montagne de cheikh Khattab et le plateau de Tal A'our qui sont disputés entre l'armée syrienne et les rebelles depuis que ces derniers se sont emparés de la quasi-totalité de la province d'Edleb au printemps dernier.
La coalition rebelle avait  commencé  à attaquer  Frikka au début de cette semaine, mais avait été contrée par une forte résistance des soldats loyalistes. La prise de Frikka ouvrirait la plaine al-Ghab, dont un tiers est déjà occupé par les rebelles, ce qui ouvrirait la voie vers la province de Hama et même vers Hama elle-même, la capitale de la province.
Vidéo de la bataille de Frikka (côté rebellion) - la vidéo a été prise à la tombée de la nuit  au sud ouest de la localité. Il s'agit de l'attaque de la position de la "scierie" :
https://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=n9_G74pdRgg

Israël discute du sort des Druzes syriens
L'appel à l'aide des Druzes syriens : Une véritable menace de Génocide ou une tentative d'entraîner Israël dans le conflit ?
Les principaux médias israéliens discutent activement la situation des Druzes syriens. Les Journaux passent en revue les différentes possibilités d'un engagement d'Israël dans la guerre civile en Syrie pour protéger la communauté druze. Il est également question de la création d'une zone de protection pour les Druzes.
Amos Harel dans "Haaretz", par exemple, a rapporté que les villages druzes situés du côté syrien du plateau du Golan avaient récemment été encerclés. Il affirme que des soldats de l'Armée Arabe Syrienne ont rejoint la rébellion sunnite après avoir tué leur commandant et des officiers druzes. Bien que les chefs de la rébellion aient ordonné à leurs combattants de ne pas attaquer les Druzes, ceux-ci se sentent menacés par les miliciens sunnites.
C'est pourquoi, cheikh Muafak Tarif, le chef spirituel des Druzes israéliens, a récemment exhorté le gouvernement israélien de protéger les coreligionnaires syriens. Selon lui, il n'y a que deux options - soit une intervention pour protéger les Druzes, soit un génocide . 
 Pour Amos Harel, les Druzes israéliens sont juste bons à répandre leur sang quand Israël a besoin d'eux mais que lorsqu'ils appellent à l'aide, le gouvernement israélien leur tourne le dos.
Tout le monde ne partage pas l'opinion d'Amor Harel. Ron Ben Yishai, par exemple, écrit dans "Yediot Ahronot" que la décision d'aider les Druzes n'est pas aussi évidente . Il note que les Druzes de Syrie sont des alliés du président Bachar al-Assad. Il les soupçonne de vouloir  attirer Israël dans la guerre civile pour, en fait, sauver le pouvoir de Bachar al-Assad. C'est dans ce but qu'ils répandraient de fausses informations pour influencer les druzes israéliens.
Pour Erel Segal, dans NRG, le temps est probablement  venu de créer un Etat national druze. Il se souvient que l'idée est apparue au moment de la guerre des Six Jours (1967). Yigal Allon, alors vice-premier ministre israélien, avait proposé de créer un Etat tampon entre les Druzes d'Israël et la Syrie. L'idée a été rejetée. Avant lui, les Français avaient également pensé, au temps de leur mandat sur la Syrie et le Liban, de créer un Etat druze. C'était en 1920.
Les Druzes eux-mêmes n'avaient pas eu jusqu'ici d'aspirations autonomistes, mais les choses pourraient changer aujourd'hui qu'ils sont confrontés à la menace des Arabes sunnites.

Qatar

Déclarations de bonnes intentions entre l'Iran et le Qatar

Les deux pays sont dans des camps opposés en Syrie et au Yémen. Téhéran est l'allié du président syrien Bachar el-Assad et des rebelles chiites au Yémen, alors que Doha appuie les rebelles syriens et participe à la campagne aérienne menée par l'Arabie saoudite pour contrer l'avancée des insurgés Houthis au Yémen.
Pour l'Iran, le Qatar financeles groupes radicaux en Syrie comme l'Etat islamique et le Front Al-Nosra lié à al-Qaïda. Pour le Qatar, l'Iran est une menace pour l'ensemble du monde arabe.
Et pourtant, le président iranien Rohani et l'émir qatari, Cheikh Tamim Ben Hamad al-Thani se sont entretenus par téléphone, jeudi 19 juin dans la soirée, à l'occasion du début du ramadan. 
Les deux hommes ont fait montre de courtoisie et appelé à la fin des violences dans la région durant tout le mois du ramadan.
 "Il peut y avoir des différends sur certaines questions mais les deux pays, en tant qu'amis, frères et voisins, doivent dépasser ces obstacles", a affirmé l'émir du Qatar, qualifiant les relations entre l'émirat riche en gaz et l'Iran, puissance régionale chiite, d'"historiques et fortes".
M. Rohani a pour sa part rappelé le "grand potentiel (de relations) économique et politique" entre les deux pays.

Tunisie

La Tunisie ferme son consulat à Tripoli (Libye)

Les dix fonctionnaires du consulat tunisien de Tripoli (Libye), enlevés le 12 juin 2015  par une milice armée libyenne, ont été libérés. C'est ce qu'a annoncé, vendredi 19 juin, le chef de l'a diplomatie tunisienne, Taïeb Baccouche.
"Tous ont été libérés et arriveront aujourd'hui" vendredi en Tunisie, a-t-il indiqué à la radio. TroisTunisiens avaient déjà été libérés mercredi 12 juin.
Les fonctionnaires tunisiens étant libérés, la Tunisie a décidé de fermer jusqu'à nouvel ordre son consulat à Tripoli.

Front yéménite

Les négociations de Genève terminée sans résultats
Il n'y a pas eu  d'avancée dans les pourparlers inter-yéménites à Genève. L'ONU, qui tente depuis le 15 juin de négocier un ramener la paix au Yémen, a révisé à la baisse ses objectifs en proposant de parvenir seulement à des "cessez le feu locaux", faute d'une trêve générale.
"Nous ne voulons pas d'un cessez le feu temporaire (...) nous voulons un arrêt des combats", a cependant affirmé Yasser al Awadi, membre de la délégation houthie, qui se dit opposé à des accords locaux.
"C'est injuste d'appeler à un cessez le feu pour une zone particulière", estime-t-il. Quant à une trêve pendant le mois de Ramadan comme demandée par l'ONU, "c'est une décision que doit prendre l'Arabie saoudite"
Les Houthis ont par ailleurs accusé la Turquie d'avoir contribué à saboter les négociations de paix.
Dernière information, la délégation russe a refusé de participer au retrait de la ville portuaire d'Aden des miliciens chiites d'Ansarullah et des soldats fidèles à l'ancien président Saleh, allié des Houthis,  La délégation russe présente à Genève a expliqué qu'elle craignait que les miliciens d'Al-Qaïda remplissent le vide.
Pendant ce temps, l'émissaire des Nations unies, Cheikh  Ismail Ould Ahmed, fait la navette entre la délégation des rebelles qui reste dans leur hôtel en ville, et le siège de l'ONU où il a vu plusieurs fois la délégation représentant le président Hadi.

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Le blocage porterait sur un refus de l'Arabie saoudite et ses alliés de rencontrer tous les membres de la délégation de Sanaa. Celle-ci est composée d'une vingtaine de personnes et l'Arabie saoudite exige qu'elle soit réduite à sept membres, ce que refuse la délégation houthie.
Cheikh Ismaïl Ould Ahmed, l'envoyé spécial de l'ONU à Genève, reste toutefois optimiste.
Un accord sur un éventuel cessez-le-feu au Yémen "a besoin de plus de consultations, mais peut être conclu assez rapidement", a-t-il déclaré vendredi 19 juin.
Au cours d'une conférence à l'issue des consultations à Genève sur le Yémen, qui se sont terminées vendredi "sans résultat", le diplomate a indiqué que si un nouveau round était organisé, un accord sur un cessez-le-feu pourrait être atteint "assez rapidement". Aucune date n'a cependant été fixée pour de nouvelles consultations.

A propos du lancement d'une chaussure contre le chef de la représentation houthie à Genève, Hamza al-Houthi, par une femme se présentant comme une journaliste, on en sait un peu plus aujourd'hui.  Il s'est avéré que cette femme, identifiée sous le nom de Zikra al-Arasi, n'était pas originaire d'Aden (sud) comme elle l'a prétendu mais de la région d'Ibb (centre), ce qui change tout en ce qui concerne ses motivations.


Frontière saoudo-yéménite
Sur le terrain, les miliciens d'Ansarullah ont attaqué la position  militaire saoudienne d'al-Manjara dans la région frontalière d'al-Touwal.
Le centre de commandement de la base aurait été touché par les tirs yéménites.

Jean René Belliard

 

 

 

 

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