14/06/2015

13 et 14 juin 2015 - Nouvelles du Moyen Orient et d’Afrique du nord

Les miliciens kurdes syriens sont à la veille de chasser les Jihadistes de l'Etat Islamique de la ville de Tal Abyad, à la frontière entre la Syrie et la Turquie, avec l'aide de la coalition internationale. On assiste à l'apparition d'un nouveau pays à l'occasion de la guerre qui ravage la région : le Kurdistan...et c'est précisément ce qui inquiète Recep Tayyip Erdogan,  le président turc.


Algérie

Ghardaïa – nouveaux affrontements entre Mozabites et Arabes
Ghardaïa est une ville oasis située à 600 km au sud d’Alger. C’est le chef-lieu de la province éponyme. Elle est classée au patrimoine mondial de l'Unesco. Située aux portes du Sahara, la ville voit cohabiter depuis des siècles les communautés mozabite (berbères) et chaâmba (arabes), mais depuis 2013 des heurts entre les deux communautés secouent sporadiquement la région. Les différends auraient pour origine des problèmes d’ordre foncier.
Des affrontements entre jeunes des deux communautés ont à noveau éclaté dans la nuit du vendredi 12 au samedi 13 juin et un homme a succombé des suites de ses blessures.  Quatre autres personnes ont été blessées.
Les incidents ont eu lieu dans la ville de Berriane, une localité située dans la vallée du M’zab, dans la province de Ghardaïa.
Les forces antiémeutes sont intervenues pour disperser les deux camps à l’aide de gaz lacrymogène.
Les heurts intercommunautaires dans la région de Ghardaïa ont fait une dizaine de morts au cours des derniers mois, tandis que des centaines de maisons et de magasins, appartenant en majorité à des Mozabites, ont été pillés puis incendiés.
Près de 10.000 policiers et gendarmes sont déployés dans les principales artères de Ghardaïa, une ville de 400.000 habitants, dont quelque 300.000 Mozabites, mais ils ne parviennent pas à empêcher les violences.

Emirats Arabes Unis

Washington va livrer des bombes téléguidées aux Emirats. C’est ce qu’a annoncé l’Agence de coopération sécuritaire du Pentagone au Congrès américain. La livraison porterait sur un montant de 130 millions de dollars.
Le Pentagone avait décidé de livrer aux Emirats arabes unis des centaines de bombes téléguidées dans le cadre d'un contrat de vente d’armements défensifs à ce pays.

Front irakien

Raffinerie de Baiji
Les combats se poursuivent toujours entre l’Armée irakienne et les Jihadistes de l’Etat Islamique pour le contrôle de la raffinerie de Baïji. En début de semaine, une colonne des forces irakiennes avait réussi à faire la jonction avec des soldats retranchés depuis plusieurs mois dans le nord-ouest du site de la raffinerie. Mais ce samedi 13 juin, les Jihadistes ont lancé une attaque contre les positions de l’armée. L’assaut a été précédé par l’envoi de quatre véhicules kamikazes bourrés d'explosifs contre les forces de sécurité et le quartier général des milices chiites dans la localité d'al-Hijjaj, à une dizaine de kilomètres au sud de la ville de Baïji, et située près du site de la raffinerie.

Liban

Ersal
L'armée libanaise a bombardé à l'artillerie lourde le jurd d’Ersal, dans le nord-est de la Békaa. La troupe aurait ciblé des mouvements d’éléments armés. Une décision qui pourrait être lourde de conséquences tant elle apparaît apporter son soutien à l’offensive du Hezbollah dans la même région. On suivra dans les jours prochains les réactions des leaders sunnites, politiques et religieux.

Front libyen

L’Etat islamique vise le sud du pays
Un développement qui pourrait poser un problème sécuritaire à l’armée française installée au Mali – même si la menace est encore éloignée – les Jihadistes de l’Etat Islamique ont demandé aux habitants du district d’al-Jaffrah de respecter la Charia et de faire allégeance au calife autoproclamé Abou Baker al-Bagdadi.

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Derna

Cette ville portuaire de 150 000 habitants, place forte historique des islamistes radicaux dans l'est libyen, est située entre Benghazi et la frontière égyptienne. La ville est devenue au fil du temps un grand nom du jihadisme international.

Un bastion islamiste
De tout le monde arabe, la ville a été la plus grande pourvoyeuse d’hommes pour les guérillas afghane, irakienne ou syrienne. Plusieurs ressortissants de Derna se sont retrouvés, d’ailleurs, dans les cages d’acier de Guantanamo.
L’adhésion des habitants de Derna au jihadisme international n’est pas seulement religieuse. Les gens de Derna affirment avoir été à la pointe du combat contre Kadhafi, et ce, depuis des années. Et pourtant, ils n’ont rien reçu en retour des autorités qui ont succédé à Mouammar Kadhafi. Pire, ils affirment que les anciens du pouvoir de Kadhafi ont repris du service au sein du gouvernement basé à Tobrouk et reconnu par la communauté internationale. Et ça, ils ne l’acceptent pas. Ces gens doivent être jugés, pas « recyclés », affirment-t-ils.

L’assassinat de l’ambassadeur américain met les Islamistes sur le pied de guerre
Après l’assassinat de l’ambassadeur américain, le 11 septembre 2012, lors du sac du consulat de Benghazi, les milices islamistes ont craint être la cible d’attaques américaines ou des forces armées libyennes agissant pour le compte de Washington. L’administration Obama avait, en effet, imputé l’attaque de son consulat à des partisans d’al-Qaïda. Les miliciens islamistes de Derna se sont donc mis sur le pied de guerre, s’attendant à tout moment à être l’objet de frappes aériennes ou d’attaques au sol.

L’opération « Dignité » du général Khalifa Haftar
En mai 2014, le général Khalifa Haftar lançait une opération armée contre les Islamistes de Benghazi. L’opération appelée « Dignité » voulait mettre un terme à la présence des Salafistes dans les rues de la capitale de l’est libyen. Le général, qu’on soupçonnait d’être encouragé par les Américains, ne cachait pas son intention de pacifier l'ensemble du pays et de mettre un terme à l’anarchie des innombrables milices armées qui l'occupaient.

Création du Conseil de la Choura des Moujahiddine à Derna
Derna avait bien l’intention de résister et de s’ériger en place-forte de l’islamisme en Libye. Le 6 avril 2014, les Islamistes de la ville annonçaient la création d’un nouveau groupe destiné à prendre en charge la sécurité de Derna et d’y instaurer la justice selon la loi islamique (charia).
Le nouveau Conseil de la choura des moujahidine invitait dans un communiqué tous les habitants de Derna à rejoindre sa coalition, et s’adressait aux combattants islamistes de Benghazi leur disant: "nous sommes avec vous dans la guerre du criminel Haftar et ses soldats".
"Tout le monde a vu ce qu'est devenue (la ville de) Benghazi, sinistrée, ses institutions détruites, maisons démolies, mosquées et universités brûlées aux mains criminelles des partisans de Haftar".
Le  nouveau groupe nommé « Majless Choura (Conseil consultatif) des jeunes de l'islam à Derna » (ou Conseil de la Choura des Moujahiddine) se livrait aussitôt à une démonstration de force dans la ville, faisant parader dans ses rues plusieurs centaines de miliciens avec des blindés et des combattants portant des drapeaux noirs. 

Derna convoitée par l’Etat Islamique
Des Jihadistes affirmant être affiliés à l’Etat Islamique font bientôt leur apparition dans la ville. Ce qui a fait croire que la ville était devenue la troisième franchise de l’EI en Afrique du Nord, après Jund al-Khilafa, en Algérie, et Ansar Beït al-Maqdess en Egypte.

Combats entre Conseil de la Choura et Jihadistes de l’EI
L’Etat Islamique, fort de ses premiers succès dans la région de Syrte, a cru être en mesure d’exiger la soumission du Conseil de la Choura à son émir autoproclamé Abou Baker al-Baghdadi. Malheur à ceux qui osaient lui résister. La semaine dernière, un commandant du Conseil de la Choura était tué après avoir refusé de se rallier, ce qui a provoqué la colère des gens de Derna et un appel au Jihad contre l’Etat Islamique lancé par le Conseil de la Choura.
Les Jihadistes de l’EI vont alors apprendre à leur dépens que la Libye n’est ni l’Irak ni la Syrie. Car en dehors des liens créés par l’appartenance à une même confession, l’islam sunnite, il y a des liens tribaux encore plus forts et aussi des liens créés par le combat contre Mouammar Kadhafi. Les gens de Derna n’avaient aucune intention de passer sous l’autorité d’un leader étranger, quand bien même celui-ci s’affirmait-il calife !
Obéissant à l’appel au Jihad, les miliciens islamistes du Conseil de la Choura et des habitants armés de Derna ont tourné leurs armes contre les Jihadistes de l’EI, leur infligeant, semble-t-il, une rapide défaite. Samedi 13 juin, les miliciens du Conseil de la Choura s’emparait du palais de justice occupé par les Jihadistes, libérant tous les prisonniers. Les miliciens islamistes de la brigade Abou Salim de Derna tuaient plusieurs Jihadistes au cours de la prise du palais de justice et capturait son commandant yéménite, Abou al-Bara al-Azadi. Ce dernier était arrivé à Derna à la fin de 2014.
L’Etat Islamique confirmait la mort au combat d’Abdelkader Saddaqa, le commandant opérationnel de l’EI à Derna, et d’Ahmad Saad Mansour, un imam pro-Etat Islamique de la  mosquée Ali Ibn Abi Talib de la ville.
La partie semble perdue pour l’Etat Islamique à Derna et la brigade Abou Salim qui fait partie du Conseil de la Choura lançait un ultimatum exigeant la reddition des « jihadistes étrangers ».

Syrte
Les commandants des milices de Misrata – qui font partie de Fajr Libya – ont déclaré la zone entre Abou Grain et Syrte une zone militaire et demandé à tous les civils de l’évacuer. La poussée vers l’ouest des miliciens de l’EI commence à inquiéter sérieusement la ville de Misrata.

Tripoli
L’inquiétude devant la rapide progression de l’Etat Islamique en Libye est suffisamment grande pour convaincre les différentes milices de cesser leurs guéguerres permanentes. C’est ainsi qu’on a appris que la milice de Zenten (pro gouvernement de Tobrouk) qui s’affrontait avec celle de Gharyan (pro gouvernement de Tripoli) a conclu avec sa rivale un accord de cessez-le-feu. Il faut dire qu’il y avait urgence. Les Jihadistes de l’EI ont fait une démonstration de force à Tripoli même, défilant avec un char et des dizaines de pick-ups surmontés d’hommes et de mitrailleuses dans des parties de la ville et le long du rivage. Des images qui rappellent celles mise en ligne par l’EI après sa fulgurante offensive en Irak en juin 2014. La vidéo ci-dessous date l’évènement au 12 juin ;
Vidéo de l’EI :
http://www.liveleak.com/ll_embed?f=4cc6f364d3ca

Front syrien

Alep
Les combats entre rebelles de Jeich al-Fateh (l’armée de la conquête) et les Jihadistes de l’Etat Islamique se poursuivent. Ils auraient fait au moins 29 morts en moins de 24 heures --14 du côté rebelle et 15 parmi les jihadistes de l’EI. Les rebelles de Jeich al-Fateh auraient réussi à reprendre le contrôle de la ville d’al-Bal comme le montre cette vidéo où on voit un char de l’Etat Islamique détruit sur un bord de route, un canon rudimentaire, visiblement construit par les Jihadistes eux-mêmes - ce qui pourrait révéler quelques difficultés d’approvisionnement – et de nombreux corps dont certains gisent depuis de nombreux jours.
De violents combats se déroulent également entre rebelles et Jihadistes de l’Etat Islamique dans les environs de la ville de Marea, un peu plus au sud. Marea est un des principaux fiefs de la rébellion dans cette province que l'EI veut à tout prix capturer. Rappelons que Marea occupe une position stratégique sur la route qui mène à la frontière turque.
L’objectif de l’Etat islamique est d'encercler la ville en occupant les villages alentour.
Vidéo de la brigade Noureddine Zanki (rebelles) tirant au canon B-10 sur des positions tenues par l’EI :
https://www.youtube.com/watch?feature=player_detailpage&v=PSlS6-4I6ro
et
https://www.youtube.com/watch?feature=player_detailpage&v=8-IG_YHXOkA
Vidéo montrant la férocité de la bataille – Un Jihadiste de l’EI a préféré se faire sauter plutôt que de se rendre aux miliciens rebelles de Jeich al-Fateh (l’armée de la victoire) :
https://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=uMSDBsWAX5o


Province de Deraa
La base aérienne d’al-Thalah est toujours sous le contrôle de l’Armée Arabe Syrienne. Cette base est située dans la province druze de Soueida, à proximité de la base 52 qui vient d’être capturée par les rebelles du Front du Sud.
 
Les défenseurs n’avaient pas d’autre choix que de se battre avec l’énergie du désespoir. Seule la route menant à la ville de Souéida était encore praticable.
Les miliciens du Front du Sud n’ont pas réussi à prendre l’aéroport car l’armée s’était solidement retranchée sur les hauteurs qui entourent l’aéroport, notamment la colline de Tel Cheikh Hussein où des combats très violents ont eu lieu.
En outre, des unités d’élite avaient été dépêchées pour défendre l’ouvrage et ont contre-attaqué les groupes rebelles. C’est ainsi qu’une contre-offensive s’est déroulée dans la localité d’Oum-Wala. L’armée de l’air syrienne est également intervenue massivement, bombardant des rebelles, notamment ceux se trouvant sur la base 52 qu’ils venaient de conquérir. On a dit que des éléments armés de la communauté druze auraient également prêté main forte à l’armée. On peut en douter compte tenu de ce qui s’est passé à Soueida et qui est précisé plus bas dans le chapitre « Incident entre Druzes et l’armée syrienne à Soueida.
Quoiqu'il en soit, pour toutes ces raisons, l’aéroport militaire d’al-Thalah a résisté. 

Incident entre Druzes et l’armée syrienne à Soueida
L’armée aurait effectué un tir de mortier et l’obus serait tombé sur la ville de Soueida, provoquant la mort d’au moins une personne. Il semble que les militaires aient voulu faire croire que le tir était le fait des rebelles du Front du Sud, espérant ainsi forcer la communauté druze à prendre fait et cause pour le pouvoir de Damas. Mais les Druzes n’ont pas mis longtemps à découvrir la supercherie.
La tentative d’opération d’intox a mis en colère le leader des Druzes du groupe "cheikhs de la dignité". Il s’agit d’un groupe d'érudits religieux qui a déjà fait montre d’hostilité à l’égard de Bachar al-Assad.
Le leader du groupe a dénoncé cette grossière opération : "Nous mettons toute la responsabilité de cette opération terroriste au cours de laquelle un obus de mortier a été tiré sur Soueida sur le comité de la sécurité dans la province qui n'a pas été à la hauteur de sa responsabilité nationale supérieure", a déclaré Cheikh Wahid Balaous dans un communiqué publié sur Facebook.
Le Cheikh a réclamé l’arrestation du chef de la direction du renseignement militaire pour Souweida, Wafiq Nasser.
Il semble que les Druzes, qui sont restés neutres depuis le début du conflit armé, s’aperçoivent qu’ils vont bientôt avoir à faire avec les miliciens du Front du Sud et il se pourrait qu’ils se préparent à rejoindre le camp de la rébellion, comme leur demande d’ailleurs le leader de la communauté druze libanais, Walid Joumblatt.

Province de Hama
Une nouvelle bataille vient de commencer ce samedi 13 juin. Les affrontements se déroulent pour le contrôle de la barrière de Khirbat Masasinah, dans la province de Hama (centre du pays). La vidéo a été mise en ligne par la brigade des Faucons d’al-Ghab (qui fait partie de Jeich al-Fateh – l’armée de la conquête). L’objectif de cette nouvelle offensive de Jeich al-Fateh est de s’assurer le contrôle d’une vaste zone comprenant les provinces d’Edleb, d’Alep et de Hama. L’aéroport militaire de Hama serait également visé par les bombardements des rebelles.
Vidéo des Faucons d’al-Ghab (Souqour al-Ghab) :
http://www.liveleak.com/ll_embed?f=67c494942d02

Tal Abyad
Tal al-Abyad se trouve au N° 4 sur la carte ci-dessous. La ville-frontière de Tal-Abyad est située à la frontière turque dans la province de Raqqa, un bastion du califat islamique. La population de Tal-Abyad est mixte, kurde et arabe.
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L'objectif des forces kurdes est de prendre le contrôle de la totalité de la route reliant la ville kurde de Kobané (Aïn el-Arab – N° 5 sur la carte), située également à la frontière turque et libérée en janvier 2015, à Qamishli, une localité à majorité kurde frontalière de l'Irak. Elles veulent nettoyer l'ensemble de la frontière nord des jihadistes.
La ville de Tal Abyad est stratégique pour les Jihadistes de l’Etat Islamique car ils utilisent cette ville-frontière comme point de passage pour ses combattants et ses approvisionnements.
Tal Abyad était tenue par les Jihadistes de l’Etat Islamique. L’offensive des miliciens kurdes des Unités de Protection du Peuple Kurde, l’YPG, aidés par plusieurs brigades de rebelles syriens, dont Burkan al-Furat, a débuté jeudi 11 juin par un assaut contre la localité de Soulouk, à une vingtaine de kilomètres au sud-est de Tal Abyad. Les Kurdes ont bénéficié des frappes aériennes des avions de la coalition internationale contre des positions de l’EI. L'offensive kurde et les bombardements aériens ont forcé  les Jihadistes de l’EI à évacuer la ville de Soulouk, samedi 13 juin, non sans avoir disposé de nombreux pièges explosifs dans les maisons et les rues. Les démineurs kurdes sont actuellement en train de les désamorcer. Après la prise de Soulouk, les Kurdes progressaient à l’est et à l’ouest de Tal Abyad et on apprenait, dimanche 14 juin en début de nuit qu'ils avaient réussi à pénétrer dans Tal Abyad.
D'après Hussein Khojer, un commandant des Unités de protection du peuple kurde (YPG), les jihadistes avait pourtant fait exploser deux ponts, dont l'un surplombant une rivière, à quelques centaines de mètres de l'entrée de la ville, pour entraver la progression des miliciens Kurdes, mais cela n'a pas suffi car les Kurdes ont traversé à gué et poursuivi leur avance.
Il ne restait plus que 150 Jihadistes pour défendre la ville et leur moral était au plus bas. Ils avaient menacé d’abandonner le combat et de se retirer de la ville si le commandant n’envoyait pas des renforts au plus vite de Raqqa. Mais l’Etat-major de l’EI leur avait fait comprendre qu’ils ne recevraient pas de renforts par crainte de les voir décimés par la coalition internationale sur la route qui mène de Raqqa à Tal Abyad. Finalement, les Kurdes sont entrés dans la ville dans la soirée du dimanche 14 juin.
Vidéo de l’avancée des Kurdes vers Tal Abyad :
https://www.youtube.com/watch?v=LzypSwSx96g&feature=player_embedded
 
Interrogation sur le comportement turc
Une nouvelle fois, on s’interroge sur le comportement turc vis-à-vis des Jihadistes de l’Etat Islamique. Des témoins auraient vu plusieurs combattants jihadistes en tenue de combat et armés arrivant à la frontière syrienne à partir du territoire turc. Les soldats turcs n’auraient pas bougé.

La Turquie ferme ses frontières aux réfugiés syriens
La situation à la frontière entre la Syrie et la Turquie est dramatique. L’armée turque a repoussé violemment, à l’aide de canons à eau et des tirs de sommation, des civils arabes, kurdes et turkmènes, qui tentaient de gagner le territoire turc pour fuir les combats. Des milliers de réfugiés sont restés coincés derrière les barbelés érigés au niveau du point de passage frontalier turc d'Akçakale.
Il faut reconnaître que la Turquie est le principal pays d'asile des réfugiés syriens qui fuient la guerre civile. Elle en accueille aujourd'hui plus de 1.8 millions et 13.500 sont encore arrivés la semaine dernière sur le territoire turc. Les réfugiés syriens représentent un énorme problème pour la Turquie. C’est la raison pour laquelle le vice-Premier ministre turc, Numan Kurtulmus, a annoncé mercredi 10 juin la fermeture provisoire de cette frontière.
Vidéo des civils bloqués derrière les barbelés à la frontière turque :
http://www.liveleak.com/ll_embed?f=7964062c9088

Dernière nouvelle – La Turquie rouvre sa frontière dimanche 14 juin
Les autorités turques avaient annoncé, mercredi 10 juin, qu'elles allaient fermer localement la frontière, "sauf en cas de tragédie humanitaire".
Il semble qu’elles aient jugé qu’il y avait à présent une tragédie humanitaire car, dimanche 14 juin, dans la soirée, la Turquie a commencé à accueillir sur son territoire des réfugiés syriens fuyant les combats.
Elles ont ouvert le poste frontalier d'Akçakale et des dizaines de réfugiés syriens, beaucoup avec leurs effets personnels entassés dans des sacs, ont commencé à le traverser dans l'ordre, tandis que des milliers d'autres attendaient de l'autre côté de la frontière.

Erdogan, le président turc, exprime son inquiétude
Le président turc, Recep Tayyip Erdogan, a exprimé son inquiétude, dimanche 14 juin, devant  la progression des miliciens kurdes vers la ville de Tal Abyad. Il considère qu'ils pourraient constituer une menace à venir pour la Turquie.
"Ce n'est pas bon signe", a déclaré M. Erdogan à des journalistes de la presse turque dans l'avion présidentiel qui le ramenait d'Azerbaïdjan. "Cela pourrait conduire à la création d'une structure qui menace nos frontières", a-t-il ajouté, ajoutant que "chacun doit prendre en compte nos sensibilités sur ce sujet".
Le président Erdogan a à plusieurs reprises exprimé sa préoccupation face au soutien occidental aux forces kurdes de Syrie, disant craindre une domination des rebelles kurdes du PKK sur le nord de la Syrie.
Le PKK, dont le chef historique, Abdullah Öcalan, purge une peine de prison à perpétuité, a lancé en 1984 une insurrection armée séparatiste qui a fait quelque 40.000 morts en Turquie. En mars 2013, le PKK a décrété un cessez-le-feu unilatéral et son chef Abdullah Öcalan a demandé à ses troupes de déposer les armes. Son mouvement ne réclame plus l'indépendance, mais une large autonomie pour les 15 millions de Kurdes de Turquie (20% de la population).

L’Etat islamique aussi empêche les civils de fuir
Les Turcs ne sont pas les seuls à empêcher les civils de fuir. Les Jihadistes de l’Etat Islamique interdisent également les habitants de Tal Abyad de quitter la ville, dans l’intention, visiblement, de les utiliser comme boucliers humains et gêner les frappes aériennes de la coalition internationale :
Vidéo (langue anglaise). La vidéo est intéressante car elle montre les Jihadistes patrouillant la zone près de la clôture de la frontière pour empêcher quiconque de la franchir et fuir vers la Turquie. On peut voir également les gardes-frontières turcs. Ils observent les Jihadistes, debout sans prendre aucune mesure :
http://www.liveleak.com/ll_embed?f=e299896ed89a

Objectif final : Raqqa ?
Les groupes rebelles syriens qui combattent aux côtés des Kurdes (...) ont indiqué qu'après avoir libéré Tal Abyad, leur intention est de se diriger vers la ville de Raqqa, la place-forte du califat islamique.
Les Kurdes syriens ont repris plus de deux cents localités kurdes et chrétiennes dans le nord de la Syrie depuis le mois de mai 2015.

Front yéménite

Bombardement de plusieurs bases militaires en Arabie saoudite
Vendredi 12 juin en fin de soirée, les miliciens chiites d’Ansarullah (Houthis) ont tiré plusieurs missiles – on parle de 46 – en direction des bases militaires saoudiennes d’al-Doud, al-Dokhan, Nahwaka et chabaka.

Aden
A Aden, les combats se poursuivent entre les forces loyales au président Hadi et les miliciens chiites appuyés par des militaires partisans de l’ancien président Saleh. Les affrontements auraient eu lieu dans la région de Bir Ahmed et auraient fait des morts de part et d’autre. Les partisans de Hadi, ont reçu dans les combats le soutien des avions de la coalition arabe menée par l’Arabie saoudite.

Taëz
Les miliciens chiites d’Ansarullah ont pris le bâtiment de la sécurité de la ville après de violents combats avec les partisans de Hadi et les miliciens du parti al-Islah (pro-saoudien).

Al-Hazm (province du Jawf)
Les combattants chiites Houthis se sont emparés, dimanche 14 juin, de la capitale d'une province du Yémen jouxtant la frontière saoudienne. Il s’agit de la ville d'Al Hazm, dans la grande province désertique du Jawf. Il s’agit d’une victoire importante à la veille de l'ouverture à Genève de pourparlers de paix sous l'égide des Nations unies.

Discussions de Genève
Il y a peu de chances que la réunion de Genève permette de mettre fin à la guerre au Yémen.
Le porte-parole d’Ansarullah, Mohammad Abdel Salam, a affirmé que le représentant onusien n’a pas encore informé son parti des noms des parties politiques qui doivent prendre part à cette réunion.
Les Nations Unies ont annoncé vendredi que les discussions sous l'égide de l'ONU à Genève avec les parties yéménites ont été repoussées de dimanche à lundi en raison de l'arrivée tardive d'une délégation.

AbdelSalam.jpgAbdel Salam

 

 

 

 

 

 

 

Jean René Belliard

 

 

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