12/06/2015

12 juin 2015 - Nouvelles des guerres du Moyen Orient et d’Afrique du nord

Ce blog contient des analyses impartiales basées sur une incroyable masse d'informations synthétisées, parfois stupéfiantes. Rien de tel n'existe en langue française sur les évènements du Moyen Orient et d'Afrique du nord.
Le blog est lu par de nombreux décideurs, députés, chancelleries, services, media et sociétés conseil en géostratégie et sécurité.
L'incroyable enchaînement des faits dramatiques qui se déroulent dans ces régions et qui ont des conséquences sur notre vie, rend nécessaire ce travail d'observation, d'études et d'analyses.
Je souhaite à toutes et à tous une lecture émouvante et instructive.


Front irakien

De nouvelles bases américaines en Irak ?
Le Pentagone envisagerait l'installation de nouvelles bases en Irak dans le but de rapprocher ses conseillers militaires des secteurs où se déroulent les combats entre l’armée irakienne et l’Etat Islamique.
Le colonel Steve Warren, porte-parole du Pentagone, révèle qu’une nouvelle base à al-Taqadoum (province d'Al-Anbar) devrait compter 450 militaires américains. Al-Taqadoum serait la première d'une série de nouvelles bases américaines en Irak.
"Ce que nous faisons à Al-Taqadoum est quelque chose que nous envisageons de faire ailleurs", a déclaré le colonel Steve Warren.
La Maison Blanche a toutefois immédiatement souligné que rien n'était encore décidé. "Il n'y a pas de plans immédiats" pour de nouvelles bases, a souligné le porte-parole de la Maison Blanche, Josh Earnest. 
Le président Barack Obama avait annoncé mercredi 10 juin l’envoi de 450 militaires américains supplémentaires. Ces renforts devraient soutenir la 8e division irakienne engagée dans la reconquête de Ramadi.
Les renforts seront stationnés sur un nouveau site, la base aérienne d'Al-Taqadoum, et comprendront moins d'une centaine de conseillers militaires, le reste étant du personnel de soutien.
Le chef d'état-major inter-armées américain, le général Dempsey, a également évoqué la possibilité de nouveaux sites d'implantation américaine après Al-Taqadoum, au fur et à mesure de la reconquête du pays par l'armée irakienne.
Au fur et à mesure que les troupes irakiennes avanceront et s'éloigneront des bases déjà existantes, il peut être nécessaire d'en établir de nouvelles dans le cadre d'une stratégie du "nénuphar", a-t-il estimé en substance.
"Nous regardons tout le temps si d'autres sites pourraient être nécessaires", a-t-il expliqué. "Je pourrais en voir un dans le couloir Bagdad-Tikrit-Kirkouk vers Mossoul", la grande ville du nord de l'Irak, a-t-il indiqué.

Falloujah
Jeudi 11 juin, le ministère irakien de la défense a déclaré avoir mené des « frappes aériennes dures » contre les Jihadistes de l’Etat Islamique dans la région de Karma près du pont al-Chihah, au nord-Est de Falloujah. Ces raids ont fait plusieurs morts et blessés dans les rangs des Jihadistes.

Qaïm (frontière irako-syrienne)
La cellule des « faucons du renseignement » a tué et blessé plus de 27 miliciens de l’EI, parmi lesquels des hauts dirigeants, dans un bombardement aérien contre une réunion du groupe tenue dans la ville de Qaïm.
Parmi les morts figurent un dirigeant tunisien, un autre syrien, considéré comme un « responsable du dossier du pétrole », un Pakistanais du groupe terroriste Khorassan, un Saoudien –dirigeant militaire.

Iran

Nucléaire iranien – suite du dossier de l’espionnage de la délégation iranienne
L’affaire de l’espionnage de la délégation iranienne sur le programme nucléaire iranien n’en finit pas d’avoir des suites.
Les autorités suisses et autrichiennes ont indiqué, jeudi 11 juin, avoir ouvert, séparément, des enquêtes sur des soupçons d'espionnage informatique dans des hôtels où se déroulaient des négociations sur le dossier nucléaire iranien. Et naturellement, tous les regards se tournent vers Israël. 
L’enquête suisse a révélé que trois des hôtels en Suisse qui avaient accueilli la délégation iranienne avaient été infectés par un virus informatique. L’affaire a également des répercussions en Autriche.
"Des investigations sont en cours" concernant notamment le Palais Coburg, où se sont tenues plusieurs sessions de discussions à Vienne, a déclaré à l'AFP Karl-Heinz Grundbِeck, un porte-parole du ministère autrichien de l'Intérieur, confirmant une information de l'agence nationale APA.
Naturellement, Iraniens et Américains affirment, chacun de leur côté que le secret des tractations n’a pas été violé.
Les précisions sur les méthodes employées ont été données par le laboratoire russe de sécurité informatique, Kaspersky Lab. Selon Kaspersky, c’est un virus baptisé Duqu qui est soupçonné d'avoir été utilisé pour espionner les négociations.
Duqu, que l'on pensait éradiqué depuis 2012, est un logiciel d'espionnage sophistiqué similaire au virus Stuxnet, considéré par nombre d'observateurs comme venant d' « Israël ».
"Notre analyse technique indique que ces nouvelles attaques incluent une version mise à jour du virus Duqu de 2011, que l'on considère parfois comme « un beau-frère » de Stuxnet", indique Kaspersky.
Stuxnet était un virus développé par les Etats-Unis ou "Israël" ou les deux en coopération en 2007, ou même avant. Il avait attaqué à l'automne 2010 le programme nucléaire iranien, en particulier ses centrifugeuses.
Les spécialistes de Kaspersky ont souligné que le nouveau Duqu était très difficile à détecter car il ne change aucun des réglages des ordinateurs et des réseaux informatiques auxquels il s'attaque.

Guerre en Libye

Tripoli
Pour la quatrième fois, des Tunisiens sont attaqués par des milices en Libye.
Les ressortissants et intérêts tunisiens sont visés en Libye, comme d'autres représentations diplomatiques étrangères.
Un diplomate et un employé de l'ambassade tunisienne à Tripoli avaient déjà été détenus en 2014 avant d'être libérés.
En janvier 2015, deux journalistes tunisiens, Sofiène Chourabi et Nadhir Ktari, étaient assassinés par un groupe se réclamant de la branche libyenne de l'Etat islamique (EI).
En mai 2015, Tunis avait du négocier pendant une dizaine de jours pour obtenir  la libération de 254 Tunisiens détenu par une milice membre de Fajr Libya en représailles à l'arrestation en Tunisie de l'un de ses chefs, Walid Glib.
Et ce vendredi 12 juin, ce sont 10 membres du consulat tunisien à Tripoli qui viennent d’être pris en otages.
Le ministère des Affaires étrangères tunisien a aussitôt dénoncé l'intrusion de ce qu’il a appelé une phalange armée au siège du consulat tunisien à Tripoli et la détention de dix fonctionnaires de la mission.
Il a également dénoncé "une violation flagrante de la souveraineté nationale tunisienne et des lois et normes internationales et diplomatiques qui garantissent la sécurité des fonctionnaires et des missions diplomatiques et consulaires."
La diplomatie tunisienne a une nouvelle fois appelé ses ressortissants en Libye à la prudence, à quitter le territoire "si possible", et à ne pas se rendre dans ce pays "dans les conditions actuelles sauf nécessité absolue".
Les assaillants ne sont pas encore formellement identifiés.

Front syrien

Nord d’Alep (nord syrien)
Les rebelles de Jeich al-Fateh auraient repris une partie du terrain perdu face à l’Etat Islamique au nord d’Alep. Ils affirment avoir repris le village d’al-Bal après avoir repoussé une offensive des Jihadistes de l’EI qui cherchent à s’emparer de cette région depuis le mois de mai.
Les villes de Sauran et d’al-Bal avaient été conquises par l’EI lorsqu’ils avaient lancé une vaste offensive sur un front de 25 km au nord et au nord est d’Alep. Mais selon les rebelles, de violents combats se poursuivent à Sauran.

Nord d’Alep
Les combats se poursuivent également entre les rebelles et l’Armée Arabe Syrienne comme en témoigne cette vidéo mise en ligne, vendredi 12 juin, par la brigade rebelle Noureddine Zanki. Un militaire syrien, au moins, a clairement été tué par la chute de l’obus :
https://www.youtube.com/watch?feature=player_detailpage&v=2MWVTADIwJo

Aéroport d’al-Thalah (Sud syrien)
Deux jours après la capture de la base de la Brigade 52 de l’Armée Arabe Syrienne dans la province de Daraa au sud de la Syrie, les rebelles ont commencé leur assaut de la base aérienne d’al-Thalah, éloignée d’une dizaine de kilomètres, jeudi 11 juin.
On trouve sur l’aéroport militaire d’al-Thala un escadron de chasseurs MiG-24 et d’autres avions de génération récente. L’aéroport se retrouve à présent isolé après la chute de la base 52.
Les rebelles ont réussi à faire des incursions à l’intérieur de la base mais ont été repoussés par la résistance des soldats loyalistes faisant feu de toutes leurs armes, y compris au canon de chars. Les attaquants ont été contraints de s’abriter dans des villages voisins. Il semble que les miliciens druzes de la province de Suweida aient aidé l’armée à repousser le rebelles. Les combats auraient fait une centaine de morts parmi les assaillants. Des dizaines de véhicules blindés auraient également été détruits par l’armée loyaliste.
Il apparaitrait que le célèbre général Issam Zahreddine, le commandant de la 104ème brigade aéroportée des Gardes Républicains, qui s’est rendue célèbre dans la défense de Deir ez-Zhor, se trouverait sur place pour assurer la défense de la base.
Après avoir abattu un Mig de l’armée de l’air syrienne, jeudi 11 juin, les rebelles de la brigade Jeich al-Yarmouk, ont tenté de renouveler l’exploit en tirant un MANPAD (missile portatif de défense antiaérienne) contre un autre avion, mais il semble que le tireur ait manqué sa cible. Vidéo :
http://www.liveleak.com/ll_embed?f=59eb091cc1bf

Turquie

La Turquie a demandé au Hamas de diminuer ses attaques militaires contre Israël. C’est ce qu’a révélé le journal israélien Haaretz, soulignant que la demande turque a été transmise à un dirigeant du mouvement, Salah el-Arouri.
Le gouvernement turc avait maintes fois demandé à el-Arouri que le Hamas diminue ses activités contre Israël, soulignant en même temps que le message est parvenu à ce dernier via les renseignements turcs. Israël s’était plaint à plusieurs reprises de la passivité des autorités turques face à l’activisme du Hamas sur son territoire.
La Turquie, déjà soupçonnée de passivité, voire de connivence avec les Jihadistes qui affluent en Syrie, était inquiète d’être également accusée par les Etats-Unis de soutien au terrorisme en raison de son attitude vis-à-vis du Hamas.
Al-Arouri, chargé du dossier de la Cisjordanie au Hamas, vit en Turquie, après avoir été expulsé de Ramallah, il y a cinq ans. D'autres membres du Hamas résident aussi en Turquie. 

Front yéménite

Raids et combats se poursuivent
11 personnes au moins ont été tuées et plusieurs autres ont été blessées lorsqu’un marché a été touché par des bombes dans le gouvernorat de Baqem à Saada.
Une autre frappe de l’armée de l’air saoudienne a touché, vendredi 12 juin, la vieille ville de Sanaa. La chute du missile a détruit trois maisons et tué cinq personnes, dont une femme et un enfant. La vieille ville de Sanaa est un secteur classé par l'Unesco au patrimoine mondial de l'humanité.
Dans un communiqué, la directrice générale de l'organisation onusienne basée à Paris, Irina Bokova, s'est dite "profondément affligée par les pertes de vies humaines et les dommages infligés à l'un des plus anciens joyaux de l'urbanisme islamique au monde".
L’Arabie saoudite a nié être à l’origine de ce tir.
khaledAttiyah.jpgKhalid al-Attiya, Ministre des AE quatari

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Pourtant, le chef de la diplomatie qatarie, Khalid al-Attiya a affirmé que la coalition arabe dirigée par l’Arabie saoudite ne cessera pas ses frappes aériennes contre le Yémen.
La coalition "ne s'arrêtera pas sans application des résolutions du Conseil de sécurité (de l'ONU), et particulièrement la résolution 2216", a déclaré M. Attiya à des journalistes.
Cette résolution adoptée le 15 avril somme les forces populaires d’Ansarullah (Houthis) de négocier, et de se retirer des territoires qu'ils ont conquis. 
La déclaration du ministre qatari des Affaires étrangères intervient après une réunion avec ses homologues des autres pays membres du Conseil de coopération du Golfe (CCG), l'Arabie saoudite, Bahreïn, les Emirats arabes unis, le Koweït et Oman, ce dernier pays ne participant pas aux frappes aériennes.

Frontière saoudo-yéménite
Les affrontements sont toujours en cours de part et d’autre de la frontière saoudo-yéménite. Les bases saoudiennes de Najrane et de Jazzane sont régulièrement prises sous le feu des miliciens chiites d’Ansarullah.
Une base est particulièrement le théâtre de violents combats. C'est la base de Touwaylek. La base aurait été prise ou serait menacée par les Yéménites chiites. Riyad aurait dépêché sur place des dizaines de blindés mais ces renforts auraient du mal à rejoindre la base en raison des embuscades tendues par les miliciens chiites d’Ansarullah.

Un problème humanitaire de plus en plus grave
La guerre au Yémen a fait plus de 2.000 morts et près de 10.000 blessés, dont de nombreux civils.
Plus d'un demi-million de personnes ont été déplacées et la population de ce pays pauvre de la péninsule arabique manque de tout, en particulier de nourriture, d'eau potable, de médicaments et de carburant.
"Que le monde continue à regarder en toute indifférence le désastre humanitaire sans précédent qui se déroule actuellement au Yémen est inacceptable et irresponsable", a affirmé Hanibal Abiy Worku, directeur des opérations de Norwegian Refugee Council (NRC) dans ce pays.

Les négociations à Genève repoussées de dimanche à lundi
L'ONU a prévu de réunir à partir de dimanche à Genève des représentants des parties yéménites en conflit, mais il est peu probable que ces "consultations" aboutissent à une cessation permanente des hostilités.
On apprend d’ailleurs ce soir que les discussions ont été repoussées de dimanche à lundi en raison de l'arrivée tardive d'une délégation.
"En raison de circonstances imprévues une des délégations yéménites n'arrivera que dimanche soir", indique un communiqué de l'ONU, précisant que les consultations ne commenceront donc que lundi matin.
Ce sera la première fois depuis l'intervention saoudienne en mars 2015 que les belligérants se retrouveront à Genève, sous l'égide de l'ONU, pour tenter de sortir de l'impasse et créer les conditions d'une désescalade.
Les discussions, prévues pour durer deux à trois jours, comprendront d'un côté des représentants du camp du président en exil Abd Rabbo Mansour Hadi, et de l'autre celui de la rébellion chiite des Houthis, alliée au parti de l'ex-président Ali Abdallah Saleh.
Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon participera à l'ouverture des pourparlers qui se tiendront ensuite à huis clos, selon un porte-parole de l'organisation.

Jihadisme international

France
L’affaire Merah n’en finit pas de jeter la suspicion sur les relations qu’auraient pu avoir le terroriste avec des agents des services de renseignement français.
Et l’expulsion précipitée vers l’Algérie du père de Merah renforce les interrogations. Il était arrivé en  France sous prétexte de renouveler son titre de séjour qui était arrivé à expiration. Arrêté le 5 juin, il était expulsé le même jour vers l’Algérie.
Cet excès de zèle des autorités françaises à l’encontre d’un témoin essentiel dans le cadre de la plainte déposée par Albert Chennouf, le père d’un des militaires assassiné, a provoqué la colère de ses avocats. Car pour eux, le père du terroriste était un témoin clé et ils soupçonnent les autorités françaises d’avoir cherché à s’en débarrasser au plus vite. Ils pensent que le père de Merah aurait du être interrogé sur les vidéos enregistrées et l’argent que celui-ci était soupçonné d’avoir reçu en échange la disparition de ces mêmes vidéos. C’est pour en savoir un peu plus à ces sujets qu’Albert Chennouf avait tenté d’entrer en contact avec le père de Merah, mais sans succès. Cette expulsion confirme, en tout cas, les déclarations pessimistes que les services de renseignement algérien ont faites à Albert Chennouf : «Désolé, mais vous ne saurez jamais la vérité…»

Quel est cette histoire de vidéos ?
Les avocats d’Albert Chennouf affirment que des vidéos filmées par Mohammed Merah avec son Smartphone au cours de ses négociations avec le RAID étaient en possession de son père. Selon ce dernier, elles prouveraient que son fils a été victime d’un complot et travaillait effectivement pour les services de renseignement français. Le père de Merah avait d’ailleurs porté plainte contre X en juin 2012 pour meurtre sur la base de ces vidéos, avant de renvoyer son avocate. Le terroriste présumé y déclarerait être innocent et s’être fait piégé par son contact au sein de la DCRI…
Or, ces vidéos auraient disparu. Albert Chennouf prétend qu’elles auraient été rachetées
par les services de renseignement français pour la somme de 30.000€. Ce sont les services de renseignement algériens qui lui ont dit alors qu’il se trouvait à Alger en  décembre 2012. « Ils m’ont appris que les documents vidéos qu’avait en sa possession le père de Mohammed Merah lui ont été achetés 30 000€ par les services français de la DGSE en échange de son silence.» Toujours selon Albert Chennouf, les 30.000 euros auraient permis au père de Mohammed Merah de faire l’acquisition d’un terrain de trois hectares en Algérie.
C’est une accusation très grave, mais convaincu que les services de renseignement français cachaient effectivement la nature de leurs relations avec Merah, Albert Chennouf déposait une plainte contre X pour « destruction de preuve ».

Un processus usuel
Mettons nous maintenant dans la logique des services de renseignement. Les agents ont repéré un jeune qui a effectué plusieurs voyages au Moyen-Orient en 2010 et 2011. Ils savent ou ils soupçonnent qu’il a bénéficié d’une formation d’Al-Qaïda, notamment dans les zones tribales au Pakistan. Il aurait également combattu en Afghanistan avec les talibans contre les troupes de l’OTAN. Ils savent qu’il a également voyagé en Syrie, en Jordanie et en Irak. On peut donc le considérer comme un « membre actif de la mouvance jihadiste internationale ». Or ce type est jeune et donne l’impression d’être malléable. Il joue peut être les rambos. Il se fait un film assurément. Quoi de mieux qu’un film d’espionnage ?
Des contacts entre Merah et la DCRI, il y en a eu, assurément. Les relevés téléphoniques de son smartphone ont révélé que le tueur de Toulouse était en contact régulier avec la DCRI. Entre le 22 octobre 2011 et le 19 mars 2012, il a en effet eu huit contacts téléphoniques avec l’agence de renseignement, comme le rapporte le journal Le Point. Les derniers contacts avec la DCRI se situent quelques heures seulement après la tuerie de l’école juive de Toulouse. Toutefois, la nature des liens entre la DCRI et Merah n’a pas été clairement établie à ce jour, alors qu’une enquête interne a été ouverte. Il s’agit d’une affaire délicate car on touche probablement  à une technique usuelle des services, le fait de tenter de « retourner » un membre d’une organisation hostile pour la pénétrer.
Pourquoi Merah a-t-il soudain fait faux bond ? Pourquoi s’est-il soudain lancé dans cette fantasia meurtrière ? En mars 2012 il tue 3 militaires, un à Toulouse, deux à Montauban. Puis il assassine trois enfants et un professeur d’une école juive. Il sera identifié le 20 mars 2012 et le RAID donnera l’assaut de son appartement le lendemain. Mohammed Merah sera tué au cours de l’intervention. Pourquoi ? On ne le saura sans doute jamais.
Retourner un terroriste est une opération délicate et les ratés sont nombreux. En témoigne l’assassinat de 7 membres de la CIA par un terroriste que l’on croyait retourné en Afghanistan.

Jean René Belliard

 

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