11/06/2015

11 juin 2015 - Dernières nouvelles des conflits du Moyen Orient et d’Afrique du nord

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ptolemee@belliard74.com

 


 

Front irakien

Baiji
L’armée irakienne a utilisé de gros moyens pour reprendre la ville de Baiji aux Jihadistes de l’Etat Islamique comme en témoigne cette vidéo montrant un lanceur de roquettes multiples de fabrication russe, le  TOS-1 Thermobaric Rocket Launcher.
Vidéo :
http://www.liveleak.com/ll_embed?f=15b892ea08db

Le général Soleimani bienvenu en Irak
Le général Qassem Soleimani, le chef des forces spéciales iraniennes al-Qods, est le bienvenu en Irak. C’est ce qu’a déclaré le chef du bloc parlementaire chiite Badr, Qassem al-Araji. Il a affirmé que le général Soleimani entrait en Irak  de manière légale et officielle. Il a ajouté que « cet homme mérite qu'on lui  édifie une statue ».
S'exprimant au cours d'une émission diffusée sur la chaine satellitaire irakienne "al-Sumarya", Mercredi 10 juin,  le député chiite irakien a souligné que "Qassem Soleimani est un homme sincère et honnête, il fait partie de ces soldats qui travaillent en catimini", notant que "l'homme offre beaucoup aux Irakiens."

Iran

Négociations sur le programme nucléaire iranien
Le parquet suisse a ouvert en mai 2015 une enquête pénale contre X après les révélations sur une affaire d'espionnage informatique dans des hôtels pendant les négociations sur le nucléaire iranien.
Interrogé sur cette enquête révélée par la télévision publique suisse, le parquet a répondu dans un courriel à l'AFP qu'elle est basée sur "un soupçon de service de renseignements prohibés en Suisse". "Du matériel informatique a été saisi dans le cadre d'une perquisition le 12 mai", a-t-il ajouté.

Front syrien

Deir ez-Zhor - La bataille oubliée
L’enjeu de la bataille est le contrôle de la base aérienne de Deir ez-Zhor, qui est essentielle pour l’approvisionnement de l’armée dans la région. La ville de Deir ez-Zhor est pratiquement encerclée de tous côtés, au milieu d’un territoire entièrement contrôlé par l’Etat Islamique. Les Jihadistes contrôlent la majeure partie de la région à l’ouest, au nord et à l’est de la ville le long de l’Euphrate. Ils contrôlent également le désert au sud oust de Deir ez-Zhor. Seule la route qui relie la ville de Deir ez-Zhor à Hasaké est encore sous le contrôle, vaille que vaille, de l’armée syrienne, aux risques et périls de ceux qui l'empruntent.
La prise de la base aérienne signifierait un massacre de grande ampleur du personnel militaire comme lors de la prise de la base aérienne de Tabqa près de Raqqa, et un sérieux coup au moral de la troupe.
Pour les Jihadistes, la victoire donnerait une continuité territoriale entre Hasaké au nord et Palmyre au sud, ce qui faciliterait l’acheminement de ravitaillement et de renforts. La ville de Deir ez-Zhor pourrait alors servir de seconde place-forte de l’Etat Islamique en Syrie.
Le contrôle de la vallée de l’Euphrate est également un thème de propagande extraordinaire pour l’Etat Islamique, cette vallée étant associée à ‘histoire de l’Islam, un peu comme la Judée et la Samarie pour les Juifs. Ce serait, en outre, la première fois que la vallée de l’Euphrate serait sous l’autorité d’un seul Etat depuis les accords Sykes-Picot qui avait réparti le Moyen Orient entre puissance anglaise et française au lendemain de la première guerre mondiale. Qui plus est, d’un Etat islamique.
C’est pour conserver coûte que coûte cette base aérienne, l’île Sakr sur l’Euphrate et la ville de Deir ez-Zhor que Damas a dépêché sur place la 104ème brigade aéroportée, une unité d’élite des Gardes Républicains commandée par le célèbre général Issam Zahreddine qui a fait de cette bataille une affaire personnelle.
De temps en temps, les Gardes Républicains mettent en ligne une vidéo de leur résistance qu’ils opposent depuis de longs mois aux assauts des Jihadistes de l’Etat Islamique.
Voici la dernière vidéo en date, mise en ligne le jeudi 11 juin :
http://www.liveleak.com/ll_embed?f=b79fc7121e24

Province de Soueida
Après la chute de la base de la brigade 52 de l’Armée Arabe Syrienne, le 9 juin, de nombreux soldats s’étaient réfugiés vers l’aéroport militaire d’al-Thalah.
Il fallait s’attendre à ce que les rebelles les y poursuivent. Les combats ont débuté dés mercredi 10 juin autour de la base. Il semble que les combattants de la coalition du Front du Sud aient réussi à pénétrer à l’intérieur de la base même si les autorités syriennes démentent.
Le contrôle de cette base est important pour la rébellion car l’armée de l’air syrienne l’utilisait pour bombarder les provinces de Deraa et Damas.
Vidéo de l’attaque de la base d’al-Thalah :
http://www.liveleak.com/ll_embed?f=2ec437169f1f
On attend la confirmation visuelle de la prise d’une partie de la base d’al-Thalah par la rébellion. En attendant, on peut confirmer qu’un chasseur-bombardier SU-22 syrien a été abattu à proximité de la base aérienne alors qu’il bombardait les positions rebelles. Il serait tombé à proximité de la localité voisine de Bosra Harir.

aéroport d'al-Thalah.png

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Vidéos mises en ligne par le régiment ‘Ahmoud Houran :
Chute de l’avion :
http://www.liveleak.com/ll_embed?f=97d9e1988e80
et
http://www.liveleak.com/ll_embed?f=e7bc1a602369
et
https://www.youtube.com/watch?v=cm2Jqmup0PQ&feature=player_embedded
et l’épave vue de près :
http://www.liveleak.com/ll_embed?f=6dc56c1d7710

Province d’Edleb
23 Druzes tués par des Jihadistes du Front al-Nosra – Un incident qui a dérapé
Contrairement aux druzes du Sud qui s'en étaient tenus à une certaine neutralité entre la rébellion et le pouvoir, les druzes d'Edleb ont soutenu l’Armée Syrienne Libre dès le début de la révolte. « À cette époque, les combattants de l'ASL installaient leurs familles dans les villages druzes pour aller combattre le régime, explique une source libanaise, proche de Walid Joumblatt. Puis le Front al-Nosra (al-Qaïda en Syrie) a pris le contrôle de la région. La relation entre les druzes et les combattants d'al-Nosra a été assez bienveillante, sans incident. Plus tard, les jihadistes de l'EI ont contrôlé cette région durant plusieurs mois avant d'en être chassés. Or, durant cette période, les druzes d'Edleb ont été protégés par les combattants d'al-Nosra. »
Walid Joumblatt, explique ce correspondant, a toujours fait la différence entre les jihadistes d'al-Nosra et ceux de l'EI. Il explique pourquoi : « Il s'agit évidemment d'un groupe extrémiste, mais il faut admettre que la majorité des combattants d'al-Nosra sont des Syriens, alors que la majorité des combattants de l'EI sont des étrangers ». Et il ajoute que « M. Joumblatt a été le premier à affirmer que les combattants d'al-Nosra ne sont pas des terroristes ».
Alors pourquoi les Jihadistes du Front al-Nosra s’en sont-ils pris aux Druzes de la province d’Edleb, tuant 23 villageois ? Le drame se serait déroulé dans le village de Qalb Lozé, dans la province d’Edleb. Cette province est pratiquement sous l’entier contrôle de Jeich al-Fateh, dont fait partie le Front al-Nosra. Il n’y avait donc aucune raison stratégique à tuer ces gens. A moins que la tuerie n’ait eu pour cause une banale altercation comme il en arrivait souvent entre éléments armés pendant les guerres du Liban. Il parait que le Front al-Nosra voulait s'emparer de la maison d’un Druze qui avait combattu avec l’armée syrienne et qui avait fui vers le Liban, prétextant que les combattants passaient avant les civils. Le détachement du Front al-Nosra était commandé par un Tunisien du nom de Safina. Depuis que ce Tunisien avait pris le commandement du détachement du Front al-Nosra dans la localité, les incidents n’avaient pas cessé de se multiplier. Safina, qui voulait s'accaparer cette maison, aurait eu l’intention de faire une extension au bâtiment. Un voisin, inquiet que cette maison soit la cible des avions de l’armée de l’air syrienne, aurait demandé à écarter la nouvelle construction de son logement. C’est au cours de la dispute que le voisin aurait été tué. Le frère du voisin aurait alors pris les armes et, avec l’aide d’autres druzes, se serait affronté au détachement du Front al-Nosra. Parmi les morts se trouveraient des enfants, des personnes âgées et au moins un combattant d’al-Nosra.
L’incident est très ennuyeux pour le commandement de Jeich al-Fateh (l’armée de la conquête) qui ne tenait pas particulièrement à se mettre à dos la population druze. Safina et son unité auraient été aussitôt remplacés par un détachement du Front al-Nosra de la ville voisine de Harem. Safina est en cours d’interrogatoire même s’il est peu probable que des sanctions soient prises contre lui.

Qalamoun (frontière syro-libanaise)
Les combats se poursuivent tant entre le Hezbollah et les Jihadistes de l’Etat Islamique qu’entre le même Hezbollah et le Front al-Nosra (al-Qaïda en Syrie). Les combats entre la milice chiite libanaise et l’armée syrienne, d’une part et le Front al-Nosra d’autre part se déroulent dans le jurd d’al-Jarajir dans le Qalamoun. Le Front al-Nosra aurait perdu 3 véhicules pickups équipés de mitrailleuses et un bulldozer.
Les hauteurs stratégiques de Bloksat au sud du Jurd d’al-Jarajir ont finalement été occupées par le Hezbollah et l’armée syrienne. D’une superficie de 20 km2 et d’une altitude de 2400 mètres, les hauteurs de Bloksat surplombent le jurd d’al-Jarajir, celui de Qara et d’Ersal.
L’armée syrienne et le Hezbollah ont en outre pris le contrôle des zones d’al-Tamsa, de Wadi al-Ahmar et de Ras al-Kawj et une partie de Wadi al-Kadoumi après le retrait des Jihadistes de l’EI et ceux du Front al-Nosra, les deux groupes islamistes s’accusant mutuellement de trahison.
Vidéo – Le Hezbollah tire au canon sur des concentrations de Jihadistes de l’Etat Islamique :
http://www.liveleak.com/ll_embed?f=2b3721fdbc3f

Jean René Belliard

 

 

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