10/06/2015

10 juin 2015 - Nouvelles des conflits du Moyen Orient et d’Afrique du nord

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Autonomie Palestinienne (AP)

Jénine
Un Palestinien a été tué mercredi matin 10 juin dans un affrontement avec les forces israéliennes dans le camp de réfugiés de Jénine, dans le nord de la Cisjordanie.
Ezzedine Ghora, 21 ans, a été touché par deux balles au bras et dans la poitrine, et est décédé pendant son transfert à l'hôpital.
Selon un communiqué de la police israélienne, une unité de garde-frontière se trouvait au camp de réfugiés de Jénine pour mener des arrestations.
"Au moment de quitter le camp, cette force a identifié un suspect qui tentait de leur jeter un engin explosif".
L'un des gardes a alors tiré dans sa direction et l'engin a sans doute explosé près du suspect, précise le communiqué.
Le camp de réfugiés de Jénine est régulièrement le théâtre d'affrontements entre Palestiniens et soldats israéliens, qui mènent régulièrement des campagnes d'arrestation dans cette ville.
Selon un décompte de l'ONU, l'armée israélienne a tué 10 Palestiniens en Cisjordanie depuis le début de l'année 2015.

Egypte

Louxor
Après une attaque des Islamistes sur le site touristique des Pyramides, près du Caire, voilà maintenant une tentative d’attentat contre un autre haut-lieu touristique de l’Egypte. L'attaque a eu lieu mercredi 10 juin à Louxor.
Les informations divergent sur les circonstances de l’attaque. Selon certains rapports, un groupe de Jihadistes aurait essayé de franchir le check-point sécuritaire à l'entrée du temple antique avec des armes légères et une voiture piégée. Selon un autre, les Jihadistes voulaient attaquer un bus avec des touristes, mais ils ont été stoppés par la police.
Au moins deux assaillants ont été tués par les forces de sécurité près du célèbre temple de Karnak à Louxor, dans le sud de l'Egypte.
Un policier a été blessé et deux autres assaillants ont été arrêtés. Deux engins explosifs ont du être désamorcés. Un des assaillants aurait réussi à faire exploser une bombe qu'il portait sur lui à 500 mètres du temple. Pendant la durée de l’attaque, la police a bloqué les touristes à l'intérieur du temple pour les protéger et aucun d’entre eux n’a été blessé.
Rappelons que Louxor a déjà été le théâtre de l’une des plus grandes attaques islamistes de l'histoire de l'Egypte. Le temple d'Hatchepsout, dans la vallée des Rois, a été attaqué par des militants islamiques qui ont abattu 58 touristes étrangers.

Sinaï
Le groupe Wilayat Sinaï (Province du Sinaï), la branche égyptienne de l'Etat islamique (EI), a tiré mardi des roquettes en direction d'un aéroport utilisé par la force multinationale chargée de contrôler le respect du traité de paix israélo-égyptien dans le Sinaï.
L'attaque, revendiquée par la Province du Sinaï sur ses comptes Twitter, n'a pas fait de blessés.
Selon certaines sources, les roquettes sont tombées dans le périmètre de l'aéroport situé dans le nord de la péninsule, alors que d'autres ont déclaré qu'elles n'avaient pas atteint leur cible.

Front irakien

Tikrit
Les fouilles pour retrouver les corps de centaines de soldats et miliciens exécutés par l’EI à la suite de l’offensive jihadiste et la prise de la ville de l'été 2014, se poursuivent. Les autorités ont exhumé pour le moment 597 corps dans des fosses communes creusées sur la base Speicher, à la limite nord de Tikrit.
Il s’agit pour la plupart des personnes suppliciées de jeunes recrues, essentiellement chiites, rassemblées dans le camp militaire de Speicher et exécutées une à une en  juin 2014. L’EI avait mis en ligne les images de ces exécutions, ce qui avait provoqué l'effroi et la colère au sein de la communauté chiite.
C’est à la suite de ces images d’exécutions que l'ayatollah Ali al-Sistani, la plus haute autorité chiite en Irak, avait appelé à la mobilisation des chiites pour soutenir les forces gouvernementales contre les jihadistes sunnites.
Selon les estimations, 1.700 personnes auraient exécutées par les Jihadistes au moment de la chute de Tikrit.

Israël

Les négociations sur le nucléaire iranien piratées par les Israéliens
Le "Mossad" aurait infecté les ordinateurs des hôtels européens où se déroulaient les négociations avec l'Iran sur son programme nucléaire.
C’est ce qu’affirment deux journalistes, Edam Entusa et Dani Yadrona dans le Wall Street Journal du mercredi 10 juin. Ils affirment que les services de renseignement israéliens auraient infecté les réseaux informatiques des trois hôtels européens, qui hébergeaient les membres de la délégation iranienne lors des pourparlers sur le programme nucléaire iranien. Les journalistes ont basé leurs affirmations sur les rapports établis par les experts du laboratoire russe Kaspersky, ainsi que l'armée américaine.
Les ordinateurs auraient été infestés par le virus Duqu 2.0 probablement développé par le Mossad.
Le laboratoire russe Kaspersky affirme que le virus Duqu 2.0 a permis aux agents du Mossad de prendre le contrôle du réseau informatique des hôtels pour écouter les conversations, voir les documents électroniques et gérer leurs caméras de surveillance.
Naturellement, le vice-ministre de la Défense, Rabbi Eli Ben-Dahan, a affirmé au cours d’une interview à la radio "Bet Reshet" que ces accusations n’étaient pas sérieuses.
Le Président du Forum israélien pour la sécurité de l'information, Avi Wiseman, a également commenté pour la radio "Reshet Bet" les informations publiées par le laboratoire Kaspersky. Il affirme ne rien savoir à propos de l’utilisation de logiciels malveillants pour surveiller les  membres de la délégation iranienne. Il ne pense pas non plus que le virus ait été développé en Israël.

Koweït

La lune de miel entre la France et les pays sunnites de la Péninsule arabique (Arabie saoudite, Qatar, Emirats Arabes Unis – et maintenant Koweït) se poursuit et permet à la France d’emporter d’importants et lucratifs contrats d’armement. Le dernier « gros contrat » en date porte sur la vente d’hélicoptères « Caracal ». Le Koweït "a exprimé le souhait d'équiper" ses forces aériennes de 24 hélicoptères lourds de type Caracal, fabriqué par Airbus.
Le contrat, qui s'inscrit "dans le cadre du partenariat de défense qui unit la France et le Koweït", devrait être signé assez rapidement.
Utilisé par les forces spéciales françaises, le Caracal est un hélicoptère servant à la fois au combat et au transport de troupes.

Liban

Bekaa – L’Etat de guerre s’installe et pour longtemps
Le Hezbollah avait réussi à repousser les Jihadistes du Front al-Nosra (al-Qaïda en Syrie) hors du jurd entourant Ersal. Mais ce faisant, il a laissé le champ libre aux Jihadistes de l’Etat Islamique. Ceux-ci sont arrivés du nord pour s’introduire dans le jurd montagneux situé à l’est d’une ligne Ersal - Ras Baalbeck et Qaa, à proximité de la frontière entre le Liban et la Syrie.
L’arrivée des Jihadistes de l’Etat Islamique créée une situation encore plus explosive et il est certain qu’il ne sera pas aussi facile pour le Hezbollah de chasser l’EI de la région.
Mardi 9 juin à l’aube, les Jihadistes de l’EI ont mené un assaut contre la milice chiite dans les jurds de Qaa et de Ras Baalbeck. Six miliciens du Hezbollah ont perdu la vie dans les combats.
Des affrontements violents ont eu lieu entre Jihadistes et Hezbollahis dans la région du Kahf, à l'est du jurd de Ras Baalbeck, notamment pour le contrôle des positions de Qornet el-Samarmar et Qornet el-Mazbaha dans le jurd de Ras Baalbeck. Les affrontements se sont également étendus jusqu'à la région de Naamate, dans le jurd du Qaa.
Au cours des combats, cinq véhicules appartenant aux jihadistes de l'EI auraient été touchés par des tirs du Hezbollah à Zoueitiné et Jeb al-Jarad, ainsi qu'un site de lancement de roquettes à Qornet al-Kahf.
Le Hezbollah aurait repoussé, en soirée, une attaque de l’EI dans le jurd de Ras Baalbeck. Les Jihadistes auraient laissé quatorze corps sur le terrain, dont celui d’un de leurs « émirs ».
Des combats entre l’EI et le Hezbollah auraient également eu lieu dans le jurd d’Ersal où l’un des dirigeants du groupe jihadiste dans le Qalamoun, un ressortissant saoudien appelé Walid Abdel Mohsen al-Omari, aurait été tué. D’autres Jihadistes auraient été mis hors de combat par la milice chiite à Chaabet el-Mahbas, dans le jurd d’Ersal. Enfin, des mines plantées par le Hezbollah sur les hauteurs de Ras Baalbeck auraient également fait des victimes parmi les Jihadistes.
Vidéo des combats dans les montagnes entre le Liban et la Syrie – côté Hezbollah :
http://www.liveleak.com/ll_embed?f=f291c07354df

Pour le leader du Hezbollah, c’est le début de la guerre avec l’Etat Islamique
Pour le secrétaire général du Hezbollah, Sayed Hassan Nasrallah, les combats qui viennent de débuter dans la Bekaa sont le début de la guerre contre Daesh au Liban. "Nous sommes déterminés à anéantir la présence des takfiristes à la frontière libanaise", a-t-il assuré.

Voici les principaux points de son discours :
Durant les derniers jours, on a assisté à de grands exploits dans le Qalamoun. Je peux dire que les sommets des montagnes dans cette région sont entre les mains de l’armée syrienne et des combattants de la résistance islamique (Hezbollah).

La guerre a commencé
La guerre contre Daesh dans le Qalamoun et dans la région montagneuse orientale (du Liban) a commencé. C’est eux qui ont commencé (en attaquant mardi 9 juin plusieurs positions du Hezbollah au Liban), mais nous sommes déterminés à poursuivre le combat jusqu’à l’anéantissement de la présence takfiriste cancérigène le long de nos frontières, quelques soient les sacrifices.
Hier, des centaines de Daeshistes ont attaqué plusieurs positions des moujahidines du Hezbollah dans le jurd de Ras Baalbek. Ils ont supposé que ce front là allait être calme et voulu profiter de cette attaque brusque pour occuper nos bases et s’emparer de positions cruciales à la frontière, aidant à leur expansion dans la région.
Les Moujahidines ont combattu avec courage et bravoure et repoussé cette attaque en tuant des dizaines de Daeshistes, alors que d’autres ont fui sans parvenir à prendre avec eux les cadavres de leurs amis abandonnés sur le champ de la bataille. La résistance a quant à elle offert avec fierté plusieurs martyrs lors de cette bataille.
Et puis, à Ersal, le Front al-Nosra a subi une grande défaite face aux combattants du Hezbollah. Certains médias cherchent en vain à hausser le moral des miliciens du Front al-Nosra qui ont été vaincus.
Nous annonçons notre engagement et la volonté ferme de repousser tous les takfiris de nos frontières et des environs de nos villages. Et j’assure que leur sort sera voué à la défaite.
La question est une question de temps, et nous ne sommes pas pressés, nous travaillons avec sérénité afin de  réaliser cet objectif et cette fin.
Celui qui détient la volonté et la confiance et traite avec de tels moujahidines, celui-là n’aspire qu’à la victoire définitive.
 
L’armée se déploie à Qaa et Ras Baalbeck
L’armée libanaise marche sur des œufs. Elle entend assurer la sécurité des frontières sans, toutefois, apparaître comme donnant un coup de main aux miliciens chiites du Hezbollah contre les Jihadistes sunnites. Il en va de la paix civile au Liban où les nerfs des deux communautés sont à fleur de peau tout en espérant éviter un bain de sang dans un pays qui a déjà eu son lot de violences confessionnelles.
Pour l’instant, l’armée se contente de se déployer en masse, avec ses blindés, à Qaa et Ras Baalbeck, deux localités dont la population est en majorité chrétienne. La seule activité militaire notable a été le bombardement par des hélicoptères de groupes jihadistes qui s’approchaient de Ras Baalbeck. Un avertissement sans doute !
Les habitants de Qaa et de Ras Baalbeck sont rassurés par la présence militaire. Seul le bruit de bombardements lointains, au-delà des collines qui surplombent à l’est, leur rappelle que la guerre est à leur porte et qu’il vaut mieux pour eux ne pas sortir des limites de la ville.
Les habitants d’Ersal sont plus inquiets. « La situation nous fait peur, a déclaré un habitant à un quotidien libanais. Nous craignons surtout que l'EI soit complice du régime syrien et qu'il ait tenté mardi (9 juin), en attaquant le Hezbollah dans les régions du Qaa et de Ras Baalbeck, d'entraîner l'armée libanaise dans ce conflit. Nous craignons en fait qu'ils ne répètent ce scénario à Ersal afin d'embraser la ville. »
Cet habitant sunnite a toutefois tenu à adresser un avertissement au Hezbollah : « les habitants d’Ersal répètent sans cesse qu'ils sont prêts à accueillir l'armée dans leurs propres maisons, mais qu'ils préfèrent mourir que de voir d'autres formations pénétrer dans la localité... »

Vidéo (langue anglaise) de la bataille pour le contrôle du jurd de Flita (frontière entre le Liban et la Syrie). Cette vidéo explique la bataille à partir du point de vue du Hezbollah :
http://www.liveleak.com/ll_embed?f=e087bbdac2c1

Libye

Derna
On connaît déjà le scénario. Après avoir pris pied dans un pays, les Jihadistes de l’Etat Islamique exigent de toutes les organisations qui se réclament de la mouvance islamiste de prêter allégeance au calife autoproclamé Abou Baker al-Bagdadi. Tous ceux qui refusent risquent tout simplement une exécution sommaire. C’est le sort qu’a subi un leader du groupe de coordination islamiste, Majlis ash-Shura (Conseil de la shoura des Moujahiddine). Cet assassinat d’un des leaders islamiques de Derna, une place-forte traditionnelle des Islamistes libyens, a aussitôt provoqué de violents affrontements entre combattants islamistes et Jihadistes de l’EI, faisant une vingtaine de morts. 
Les forces loyales au gouvernement reconnu par la communauté internationale sont alors intervenues pour effectuer des frappes aériennes contre les positions de l’Etat Islamique à Derna. Un avion a bombardé de la base de Benghazi pour bombarder des positions de l’EI et aider les combattants islamistes de Derna dans leur lutte contre l’EI. Ouf ! J’espère que vous arrivez à suivre. C’est un peu comme en Syrie, lorsque l’Etat Islamique affronte les Jihadistes du Front al-Nosra (al-Qaïda en Syrie).
Les combats à Derna ont duré jusqu'à mercredi 10 juin. Salem Derbi, un leader du Majlis, deux autres dirigeants et 18 combattants de l’Etat islamique auraient été tués. Du coup, le Majlis al-Shura a déclaré le jihad, ou la guerre sainte, contre État islamique.
"Nous, les moudjahidines du conseil de Derna, avons demandé aux militants de l'État islamique d'arrêter leurs actes criminels, mais ils ont commis encore plus de crimes," a indiqué un communiqué du Majlis.
Aujourd’hui, les Jihadistes de l’État islamique contrôlent l'ensemble de la ville de Syrte, au centre, et celle de Harwa à l'est. Le groupe a mené des attaques pour s’emparer des champs pétroliers (tout comme en Syrie) et contre des ambassades. Il a également revendiqué le meurtre de dizaines de chrétiens venant d’Egypte et d’Ethiopie.

Front syrien

Base 52
La chute de la base 52, la deuxième plus grande base militaire de la Syrie, a permis aux rebelles de mettre la main sur une gigantesque quantité d’armements et de munitions. L’urgence pour les rebelles est d’enlever ces armements au plus vite pour les soustraire aux bombardements de l’armée de l’air syrienne :
Vidéo mise en ligne par les Moujahiddine Hauran :
http://www.liveleak.com/ll_embed?f=fb5c38613ab9
et
http://www.liveleak.com/ll_embed?f=eaff193d903e

Pour Walid Joumblatt, leader druze libanais, la chute de la base 52 scelle le sort de Bachar al-Assad
Le chef du Parti socialiste progressiste (PSP) Walid Joumblatt a estimé mercredi 10 juin sur son compte Twitter que le régime syrien était "fini après la chute de la base de la Brigade-52 et d'autres zones dans le nord de la Syrie et ailleurs".
"Le peuple syrien est en train de gagner et le régime est fini", ajoute-il.

Les Russes préparent-ils l’après-Assad ?
Les Russes ont jusqu’ici soutenus contre vents et marées le pouvoir de Bachar al-Assad. Il y a à cela une bonne raison : Les Russes disposaient d’installations portuaires à Tartous et entendaient bien y rester. Mais les récents revers de l’Armée Arabe Syrienne, et surtout la chute de la base 52, semblent avoir convaincu les militaires russes qu’il était peut être temps de trouver d’autres terres plus hospitalières.
Or, depuis l’élection du président Abdel Fattah al-Sissi, la Russie a entamé un rapprochement avec l’Egypte. Et depuis mercredi 10 juin, les forces navales égyptiennes mènent un exercice conjoint avec la Marine russe en Méditerranée. Ces manœuvres sont prévues pour durer jusqu’au dimanche 14 juin.
Le croiseur lance-missiles Moskva, navire-amiral de la flotte russe de la mer Noire, prend part à ces exercices, de même qu'un bâtiment de débarquement, un bateau lance-missile et un pétrolier ravitailleur de la marine russe. L'Egypte a pour sa part déployé deux frégates, deux bateaux lance-missile et un pétrolier ravitailleur.
Ces manœuvres navales, baptisés "Pont de l'amitié 2015", sont les premiers exercices militaires conjoints entre la Russie et l'Egypte.
Les Américains semblent s’inquiéter de ce rapprochement entre l’Egypte du général Abdel Fattah al-Sissi, dont les relations avec Washington s’étaient détériorées après le renversement du président élu issu des Frères musulmans, Mohammed Morsi, et la Russie ostracisée par l’Occident en raison de son rôle dans la crise ukrainienne. C’est sans doute pour se rapprocher du pouvoir égyptien que l’administration Obama a refusé de recevoir une délégation des Frères Musulmans en visite aux Etats-Unis.

Sur le terrain

Damas
L’Etat islamique (EI) a fait sauter avant l'aube, mercredi 10 juin, un gazoduc alimentant la capitale syrienne.
L'attaque a eu lieu peu après minuit dans l'est de la province de Homs près de l'aéroport militaire T-4. Ce gazoduc transportait le gaz jusqu'aux banlieues de Damas et de Homs pour produire de l'électricité et fournir du chauffage pour les particuliers.
L’objectif de cette attaque est visiblement de réduire les ressources, déjà très faibles, du gouvernement syrien. Les revenus provenant de l’exploitation des gisements de gaz et de pétrole ont été pratiquement réduits à néant après la récente offensive de l’EI dans la région de Palmyre, les Jihadistes s’étant emparés des puits d’hydrocarbures qui se trouvaient dans ce secteur.

Province de Deraa
Après la prise de la base 52, c’est maintenant une nouvelle base du régime qui est attaquée depuis le  10 juin. Il s’agit de l’aéroport militaire d’al-Thalah.
Vidéo mise en ligne par la Brigade al-Mouhajirin wal Ansar, une brigade principalement tchétchène – La vidéo montre la destruction d’un char T-55 par un missile antichar TOW :
http://www.liveleak.com/ll_embed?f=6abaa8bb3e4a

Des lance-missiles français utilisés lors de la prise de la base 52
Des lance-missiles français Apilas ont été utilisés par les rebelles lors de l’offensive contre la Base 52. Ces armes avaient été vendues aux Jordaniens et aux Séoudiens.
Missiles Apilas.png

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Une Vidéo mise en ligne par la brigade ‘Amoud Houran (Front du Sud) montre un combattant portant ce lance-missile :
https://www.youtube.com/watch?v=Rxf74U5L6D0&feature=player_detailpage

Front yéménite

Moukalla
Trois membres présumés d'al-Qaïda dans la Péninsule Arabique (AQPA) ont été tués par le tir d'un drone dans la ville de Moukalla, au sud-est du Yémen.
Le drone a tiré quatre missiles sur trois activistes d'al-Qaïda qui se tenaient près du port de Moukalla, les tuant sur le coup, mardi soir 9 juin. Une "figure de premier plan" du groupe ferait partie des victimes.
Profitant du chaos qui règne au Yémen, al-Qaïda dans la péninsule arabique (AQPA) s'était emparée début avril 2015 de la ville portuaire de Moukalla, dans la province du Hadramout.
En dépit de la situation très instable au Yémen, les Etats-Unis ont affirmé leur détermination à continuer à combattre AQPA, considéré par Washington comme la branche la plus dangereuse du réseau extrémiste sunnite. Les Etats-Unis sont le seul pays à disposer de drones dans la région.

Jihadisme international

Tadjikistan
Le procureur général Yusuf Ahmedov, du Tadjikistan, a révélé que 400 citoyens de ce pays d'Asie centrale avaient rejoint les rangs de l’Etat Islamique en Irak et en Syrie. Ils sont âgés entre 18 et 35 ans. Il a précisé qu’une soixantaine d’entre eux s’étaient rendus dans ces deux pays avec leur famille et que 60 d’entre eux avaient perdu la vie dans les combats et les bombardements.
Le 30 mai 2015, les responsables américains ont confirmé que le colonel Gulmurod Khalimov, le chef de l'unité OMON des forces spéciales du Tadjikistan, avait fait défection au profit de l’EI.
Khalimov a participé, entre 2003 et 2014, à cinq stages de formation anti-terroriste aux États-Unis et au Tadjikistan, grâce au programme d’aide à la lutte contre le terrorisme du Département de la sécurité diplomatique de l'État. Aujourd’hui Khalimov appelle dans une vidéo récemment mise en ligne à des attaques terroristes contre les Etats-Unis.
Selon un rapport d'Octobre 2014 du Conseil de sécurité de l'ONU, 15.000 étrangers auraient afflué vers la Syrie et l'Irak pour combattre dans les rangs de l’EI ou d'autres groupes jihadistes.
Les pays européens sont particulièrement vulnérables en raison du grand nombre de ressortissants de leurs pays à avoir rejoint les rangs de l’EI ou d’al-Qaïda en Syrie et en Irak, de leur proximité géographique et surtout des compétences militaires que ces jihadistes ont acquises et qui pourraient les rendre très dangereux à leur retour dans leur pays d’origine.

Coalition internationale

Etats-Unis
Le président Barack Obama a autorisé mercredi 10 juin le déploiement de 450 soldats américains supplémentaires en Irak pour accélérer la formation des troupes irakiennes engagées dans la lutte contre l’Etat islamique.
3.100 soldats américains se trouvent déjà en Irak mais ne participeront pas aux opérations de combat au sol.

Réaction des lecteurs

Madame SSB (d'Alep)
Wi bien sur vous devez continuer votre activité elle est très utile et sonne dans le vrai moi je suis a halep (Alep) pas bokou dinfos en français.
Salutations
Monsieur M.L.
Lecteur quotidien de votre blog, je suis intéressé par votre newsletter.
Bien cordialement
Madame F.R.
Merci de bien vouloir m’inscrire pour continuer à recevoir vos informations et vos analyses sur les évènements du Moyen Orient et d'Afrique du nord par newsletter.
Votre synthèse me permet de mieux comprendre ces évènements … beaucoup d’informations que l’on ne trouve pas dans la « presse ouverte » !
Monsieur J.P.
Lecteur assidu et toujours intéressé de votre blog, je pourrais être intéressé par un abonnement.
Monsieur A.M.
Je suis vos updates depuis de nombreux mois maintenant, et les considère d'une qualité exceptionnelle. Sans parler du temps et de l'abnégation nécessaire pour les produire (veille, collecte rédaction etc). Je serai très heureux de pouvoir poursuivre quotidiennement une lecture si enrichissante !
Monsieur W.J.
Je serai très heureux de pouvoir continuer à suivre vos remarquables informations et commentaires Merci
Monsieur B.L.
Je souhaite continuer recevoir les nouvelles du blog. Merci de me conserver dans votre liste de diffusion.
Bravo pour l'excellent travail.
Cordialement
Monsieur S.R.
Votre impartialité et vos fines analyses sont un gage de qualité indéniable. La masse d'information synthétisée est stupéfiante. Rien de tel n'existe en langue Française : continuez !
Soyez sûr d'être lu dans les chancelleries ou repris par les Services.
De plus, vu l'incroyable enchaînement des faits imprévus qui se déroulent à une vitesse incroyable, votre travail doit être excitant mais n'en est pas moins nécessaire. Ex : la chute de la base 52 en 24H (!!). Qui aurait pu le prévoir ? Personne.
Bref, vous nous êtes nécessaire : nous ne pouvons trouver un suivi éclairé régulier et sourcé nulle part ailleurs.
Votre travail n'en est que plus méritant et appréciable.
Cordialement.

Jean René Belliard

 

 

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